12 mécanismes de défense inconscients - Partie 1

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Les mécanismes de défense sont naturels, ce sont eux qui nous permettent de surmonter des situations. Lorsqu'ils ne sont plus adaptés, le sujet peut perdre son équilibre.

24 JUIL. 2017 · Lecture : min.
12 mécanismes de défense inconscients - Partie 1

Nous avons tous des mécanismes de défense, que nous nous sentions totalement sain d'esprit ou que nous ressentions un mal-être. Agressivité, discours incohérents, timidité, comportement imprévisible... Il s'agit là de mécanismes de défense que nous utilisons pour nous protéger. Les analyser est crucial pour une meilleure compréhension des autres et de soi-même.

Lors d'une situation difficile, on a naturellement tendance à se protéger en utilisant des mécanismes de défense : il s'agit de mécanismes psychologiques inconscients qui nous permettent de réduire des tensions psychiques, notamment l'anxiété qui surgit face à des stimuli potentiellement dangereux pour le corps humain, la personnalité et l'organisme en général.

Leur fonction est double, car en plus de protéger la cohésion de l'appareil psychique, ils permettent de faciliter l'adaptation du sujet au monde externe. En général, on les utilise quotidiennement et de façon banale. Ces mécanismes de défense engendrent les fameux "traits de caractère" des individus sains.

Sigmund Freud, développant la psychanalyse, fut l'un des principaux défenseurs de cette construction. Théorisée plus précisément par la suite par Anna Freud dans la Psychologie du Moi, ses bases proviennent tout de même de la théorie freudienne.

"Les mécanismes de défense représentent la défense du moi contre les pulsions instinctuelles et les affects liés à ces pulsions" (Anna Freud, 1936).

Les mécanismes de défense les plus courants sont : la régression, la négation, la dissociation, la formation réactionnelle, la déplacement, la rationalisation, l'isolement, l'identification, la sublimation, l'annulation, la compensation...

La psychanalyse est une praxis formulée par Sigmund Freud (1856 - 1939) pour le traitement de troubles psychopathologiques à partir du dialogue entre le patient et le psychanalyste. Avec plus d'un siècle de vie, elle a laissé des marques indélébiles dans l'histoire et la culture de l'humanité.

La praxis n'est pas dénuée de polémiques et son développement a connu de nombreuses bifurcations et influences vers d'autres théories psychologiques, comme la thérapie cognitivo-comportementale ou la Psychologie du Moi.

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Qu'est-ce qu'un mécanisme de défense en psychologie ?

Au début de ses théories, Freud conçut la scission de la conscience (élaboration théorique préalable à la conception de l'inconscient) comme un mécanisme de défense et suppose que l'appareil psychique utilise ce système de défense pour éviter toute source de déplaisir.

La défense fonctionne de manière temporaire : le sujet oublie l'inconciliable et continue sa vie normalement. Mais il arrive que la structure s'effondre lorsque les mécanismes de défense ne sont plus adaptés : c'est alors que le sujet développe des syndromes.

Ceci est la base du concept. Anna Freud l'a révisé de nombreuses années après, ajoutant qu'il s'agit de différentes modalités partiellement inconscientes que le Moi met en avant pour supprimer ses excitations internes, ses souvenirs et ses fantaisies.

Quels sont les types de mécanisme de défense et en quoi consistent-ils ?

Avant de dresser une liste des mécanismes, il est nécessaire de bien comprendre qu'elle n'est pas exhaustive et qu'en général, on n'utilise pas uniquement un mécanisme, mais plusieurs simultanément et pour divers souvenirs et expériences.

Il est aussi important de mentionner que les mécanismes sont des défenses "secondaires", mais que la "répression"agit avant et fait oublier les souvenirs et expériences déplaisants ce qui fait que, avant de surgir de nouveau à la conscience, le Moi se défend en utilisant ces outils psychiques.

La répression

Mécanisme fondateur de l'appareil psychique, il opère en deux instances distinctes : la répression primaire et la répression secondaire. Il permet d'éviter délibérément de penser à une expérience et est une réponse face au stress.

  • La répression primaire

Elle intervient uniquement dans l'Inconscient et permet l'inscription dans la psyché de la représentation de la pulsion sexuelle, ce qui permet au sujet d'être capable de désirer et de chercher l'exécution de son désir.

On pourrait dire que c'est la création d'un vide ou d'une faute grâce à la laquelle le sujet pourra désirer la compléter, tout en donnant à l'appareil psychique la force pour maintenir inconscients les souvenirs qui lui rappellent que cette faute existe.

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  • La répression secondaire

Aussi appelée répression proprement dite, elle survient lorsqu'une représentation devient intolérable pour le Moi. L'appareil psychique la réprime, la rendant inconsciente afin que le sujet "l'oublie", ou plutôt, ne se rappelle pas de son existence.

Le Moi continue son chemin comme si l'évènement n'était jamais survenu jusqu'à la chute de la défense, après quoi il essaie à nouveau de réprimer la représentation ou met en place d'autres mécanismes pour la maintenir dans l'oubli.

La forclusion

Selon Jacques Lacan, ce mécanisme est comme une répression mais bien plus radicale et se trouve au même niveau (c'est-à-dire préalablement au retour de ce qui a été réprimé). On peut le rapprocher de la dénégation.

La forclusion intervient lorsque le sujet se trouve face à une représentation ou un signifiant qui lui cause tant d'anxiété qu'il est incapable de la réprimer, mais pour pouvoir faire cela il a d'abord besoin d'accepter son existence. Autrement dit, la personne a intégré la réalité mais la renie.

Le sujet rejette cette expérience de telle manière qu'il refuse son existence même, produisant la forclusion de ce signifiant, lequel n'entre jamais dans le cumul de représentations inconscientes.

La formation réactionnelle

Le sujet, avant le retour d'une représentation réprimée, manifeste son opposition totale comme une manière de se défendre face à ce conflit ou à cette menace.

Par exemple, un enfant déteste son petit frère ou sa petite soeur mais se sent coupable de ces sentiments et les réprime. Lorsque la répression échoue, le benjamin manifeste un intense amour et une surprotection vers son aîné même si les actions de ce dernier envers le benjamin sont toujours marquées par la haine.

La régression

Elle survient lorsque, face à l'anxiété ou à un conflit émotionnel ou une représentation, le sujet régresse vers des comportements antérieurs ou infantiles, dans lesquels ses besoins étaient satisfaits, phase dans laquelle il est resté bloqué par son histoire.

Prenons l'exemple d'un adulte se trouvant dans une situation conflictuelle au travail et qui s'en trouve malade. En conséquence, il ne peut pas se rendre au travail, tout en requérant des soins et de l'attention, de la même façon qu'un enfant qui n'est pas encore autonome.

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La projection

Elle intervient lorsqu'une représentation réprimée se projette à l'extérieur de manière défigurée. Le sujet, au lieu de reconnaître ladite perception ou pensée, l'attribue à un agent externe.

Freud aborde la projection de manière grammaticale, prenant comme exemple l'énoncé "je l'aime" et ses possibles contradictions :

  • Contradiction de verbe : l'énoncé se transforme en "je le hais" et sa projection sera "il me hait et me persécute"
  • Contradiction d'objet direct : l'énoncé se transforme en "je l'aime elle" et sa projection sera "elle m'aime"
  • Contradiction de sujet : l'énoncé se transforme en "elle l'aime" et sa projection sera "il l'aime".

Par exemple, lorsqu'une personne se sent agressée par une maladie, elle va déplacer ses sentiments sur l'équipe médicale qui l'entoure (critiques, insultes, ne pas se laisser faire). Ici, il s'agit de personnalités souvent fragiles et qui manquent de structuration.

La rationalisation

Elle consiste en la justification des actions que nous réalisons et dont nous ne voulons pas reconnaître le motif. Le sujet donne des raisons variées (parfois à moitié vraies) pour expliquer son comportement, cachant aux autres et à lui-même ses motivations inconscientes et réprimées.

Par exemple, une personne ayant un désir inconscient de suicide pourrait commettre des actions dangereuses et les justifier pour ne pas reconnaître le besoin de se faire du mal, comme traverser la rue alors que le feu piéton est rouge et rationaliser en se disant qu'il est pressé ou en retard.

Retrouvez six autres mécanismes de défense dans la seconde partie de cet article !

Photos : Shutterstock

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3 Commentaires
  • Kawtar

    Est ce que la "PROJECTION" est le même mécanisme qu'utilise le Pervers Narcissique?

  • Taibi

    Cours intéressant pertinent donne envie à le suivre et le partager. Merci de votre collaboration.

  • Lydia

    Plus qu’intéressant et très technique , certains termes mériteraient des exemples plus concrets des exemples de la vie réelle et comme ça il serait plus simple de comprendre tous ces termes qui enrichissent ma soif d'apprendre. Merci

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