A propos des Troubles Obsessionnels Compulsifs (TOC)

Cause des TOCs, quelle est leur origine ? Découvrez les 7 points que l'on retrouve de manière invariante dans leur cause, et des pistes pour les débusquer et les traiter.

4 AVRIL 2016 · Dernière modification: 5 AVRIL 2016 · Lecture : min.

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A propos des Troubles Obsessionnels Compulsifs (TOC)

À propos des Troubles obsessionnels compulsifs 

C'est principalement à mes yeux un mécanisme « de défense par déplacement »bien connu en psychologie, et qui permet de mettre loin de la conscience le temps du TOC, ce qui s'est imprimé à l'époque, et qui est une violence intériorisée qui n'a pas pu s'exprimer.

Toutes les personnes que j'ai accompagnées qui avaient des TOC étaient des personnes très fortes de caractère, avec ce besoin de garder « bonne figure » en toutes circonstances.

Et le TOC s'est toujours révélé le résultat d'un déplacement de violences subies et non énoncées à une époque, donc intériorisées, qui par la suite ont pu donner lieu à des TOC ; les TOC étant la solution pour le cerveau d'échapper à cette violence intériorisée qui n'a pas pu s'exprimer.

Comment fonctionne le TOC ?

Son principe : la violence dont il est question est une situation qui s'est répétée à de nombreuses reprises, telle que par exemple des remarques désobligeantes de la part de demis frères ou de demies sœur à l'égard d'un enfant plus jeune issu d'un remariage par exemple, le vexant à propos de sa proximité avec un parent, moins affectueux avec ces demi frères ou sœurs par le passé. La personne ainsi «agressée» par ses frères et sœur s'est sentie atteinte dans son estime, et en même temps, la mère n'a pas pris sa défense, ne voulant pas rajouter de « l'huile sur le feu » au sein de ses enfants.

Ainsi le ressentie de violence est double ici (tel que ressentie par cette personne) : avec les frères et sœurs et de fait avec la mère de par son silence amplifiant le ressentie de solitude de l'enfant. Et comme l'enfant n'a pas exprimé ses ressentis à sa mère car son alliance est très forte avec elle, il a intériorisée cette violence sans jamais l'exprimer. Plus tard, soit à l'adolescence ou bien plus tard une fois adulte, la personne va voir des TOC surgir dans des situations où elle se sent réellement ou symboliquement en lien avec les autres, et a du mal à prendre sa place dans la relation. Exemple : au volant d'une voiture à un stop, un premier TOC apparait : elle regarde dix fois à droite et à gauche alors qu'aux premiers coups d'œil elle a repéré que le passage était libre.

Jusqu'à ne plus pouvoir conduire seule, paniquée et ayant trop peur d'occasionner un accident. Ainsi elle pourra même refaire plusieurs fois le même trajet avec un ami à son bord pour s'assurer qu'elle n'a commis aucun accident. (Attention ici à ne pas confondre avec des phobies qui se manifestent sans répétition de gestes répétés comme les TOCs).

Ce qui est à l'œuvre dans le TOC proprement dit dans sa manifestation c'est au cours d'une rencontre avec l'autre dans la vie réelle la possibilité d'une sidération ou d'une non compréhension soudaine qui pourrait faire basculer la relation dans une violence relationnelle. Ce qui déclenche le TOC c'est d'un côté, juste avant le TOC, une rencontre momentanée ou un lien de proximité assez fugace ou potentiellement violent, et de l'autre la correspondance symbolique avec la sidération lors de la manifestation de la violence de l'époque, ici le passage des voitures « chacun son tour » au stop fait référence dans la psyché de la personne à un passage où les conducteurs peuvent ne pas se comprendre, et peuvent se rencontrer dans un accident, en résonance avec les situations de sidération où ses frères et sœurs l'agressaient soudainement (et sans que sa mère ne la défende jamais).

Il est à noter la difficulté ou l'impossibilité de l'enfant à exprimer ses ressentis envers ce parent ou ce proche " l'agresseur" de peur de lui causer un mal incurableou de le perdre à tout jamais. Et de ce fait la personne atteinte de TOC est souvent dans une culpabilité en lien avec ce ressentie de violence, qui la met dans la responsabilité de cette relation blessée ou toxique, culpabilité de l'enfant de s'être sentie responsable des situations conflictuelles, dès lors que la charge émotionnelle n'a pas été exprimée.

L'expression de la violence relationnelle intériorisée n'est jamais chose évidente ou facile pour une personne atteinte d'un TOC car comme dit plus haut, ces personnes font toujours « bonne figure », ce qui présente bien des avantages en de nombreuses circonstances, mais qui ici se retourne contre elle.

Et cette posture imprimée dans le passé a pour effet d'enfouir la violence ressentie dans l'enfance au fond de la psyché de la personne et cette violence ressortira plus tard sous forme de TOC.

Quel est le chemin pour sortir du TOC ?

Il faut aller explorer ces situations profondément enfouies dans le passé de la personne, et qui sont autant de vécus d'impuissance, de solitude, de ressentie de violence qui n'ont pu être exprimés, et n'ont pu être dits, et enfouis sous une alliance indéfectible avec son entourage d'origine. Donc pas chose facile. Rappelons que l'alliance familiale pour un enfant s'impose naturellement à lui à priori, surtout s'il est enfant unique ou l'ainé, ou s'il a joué un rôle de para foudre émotionnel pour son parent à un moment donné.

Tout l'art de l'accompagnement est d'être vigilant sur ces situations ressenties comme injustes (parfois c'est la colère répétée d'un parent contre l'enfant et qui l'a mis en sidération, puis refoulée par l'enfant à maintes reprises) et qu'il est d'autant plus difficile de mettre à jour que la culpabilité de l'enfant à l'époque fait écran à la remémoration des évènements traumatisants.

Un patient résume bien le chemin de guérison : « La clé du chemin de guérison c'est la paix avec soi et avec les autres. Prendre sa place n'est nullement devenir à son tour agresseur envers ce parents/proche qui a commis inconsciemment ces violences mais de rééquilibrer la relation, prendre sa place et être en paix. »

Un autre exemple montre bien le mécanisme du TOC : des parents se disputaient régulièrement violemment avec des hurlements dans une cuisine, et les enfants assis sur le canapé du salon à regarder la TV entendaient tout, mais ne bougeaient pas, terrorisés par ces hurlements, donc témoins de cette violence, non dirigée contre eux, mais fortement anxiogène. Des TOC vont apparaitre dans la vie de l'ainée des deux enfants, qui tenait à protéger sa petite sœur de la mauvaise ambiance, mais qui n'en pipait pas mot à ses parents. Ainsi cette sidération ressentie par elle lors des hurlements des parents est ressortie sous forme de TOCs à la fin de son adolescence.

D'une manière générale, une fois que les TOCs ont surgis, toute situation qui met la personne en résonance de proximité avec les autres peut la faire basculer dans un ressentie de proximité subie ou imposée avec les autres et à ce moment-là faire émerger un TOC, par résonance avec la sidération ou le sentiment de ne pouvoir bouger ou de se défendre à l'époque des situations de violence.

Sept éléments clés dans le TOC :

  1. Tout d'abord une atmosphère favorable pour l'enfant ou la personne, avant les épisodes de violences ressentis par la personne (car sinon nous serions dans des cas de maltraitance faisant appel à d'autres mécanismes de défense).
  2. Le lien d'intimité avec la personne auteur des violences verbales ou psychique doit être très fort : un parent, des frères et sœurs, une personne très proche de l'enfant ou de la personne, ou une situation de solidarité avec l'entourage de la personne, qui empêche l'enfant ou la personne d'exprimer son ressentie de peur de rompre le lien.
  3. Cette atmosphère favorable ou de paix, va, de manière répétée, basculer dans de la violence et ainsi alterner paix/violence; cette alternance s'effectuent de manière soudaine et sans qu'aucun indice d'anticipation de cette violence ne puisse prévenir. Cette alternance de moments paisibles et de violence va se produire alors qu'il y a une grande complicité pendant les moments de paix, et ainsi la sidération va être d'autant plus importante, et cueillir « à froid » la personne alors que rien ne la prédisposait à anticiper cette violence. Et plus cette sidération va être importante plus les TOC seront importants et nombreux plus tard.
  4. Ces violences peuvent n'avoir été que verbales et ne pas être dirigées contre l'enfant ou la personne directement.
  5. L'impossibilité pour l'enfant d'exprimer ses ressentis étouffants et culpabilisants au point de refouler cette violence qui va réapparaitre plus tard sous forme de TOCs.
  6. Ainsi nous sommes en présence de violence intériorisée et non exprimée de part une alliance familiale ou une situation de solidarité assez forte pour que l'expression du malaise ne puisse s'opérer, jusqu'à la culpabilité qui envahit la personne et qui ressort sous forme de TOCs.
  7. et ensuite le TOC proprement dit : déplacement de cette charge émotionnelle non exprimée sur une activité « neutre » pour le cerveau : répéter des opérations mentales ou physiques qui détache la personne de son ressentie de violence intériorisée, le temps du TOC. Au moins le temps du TOC, cette violence n'est pas ressentie au niveau superficiel de la conscience. Or toute situation de proximité subie peut faire apparaitre un TOC.
  8. il n'y a pas grand intérêt à mon sens à classer les TOCs par catégorie, exemple, la survenue des TOC à l'occasion du lavage des dents, ou la fermeture d'une porte, dans le métro, en voiture, etc ,c'est cette violence refoulée qu'il faut plutôt mettre à jour.

Comment guérir du TOC ?

En mettant à jour la violence ressentie et enfouie, et en l'exprimant et en se dégageant de ce phénomène de sidération ou de ce ressentie de ne pouvoir se sortir des situations de violence de l'époque. Mécanise courant chez les personnes qui gardent « bonne figure » en toutes circonstances. Une fois ces ressentis de violence mis à jour, c'est un travail classique de désensibilisation émotionnelle qui s'accompagne très bien par la DEMOKA (voir plus haut).

Il s'agit de remettre la situation dans sa perspective émotionnelle et ressentir le trop-plein émotionnel de l'époque pour la personne atteinte d'un TOC. Et c'est ce basculement qu'il est subtil d'accompagner : entre l'alliance bénéfique en soi à priori avec l'entourage de l'époque, et qui s'impose naturellement chez l'enfant ou la personne dans la situation de solidarité vécue, et le ressentie de prendre trop sur soi, d'être transie, sidéré, et de ne pouvoir s'exprimer au nom de l'alliance, il y a une petite plage de conscience bien ténue tant que le conflit est verrouillé par la culpabilité, ou l'alliance.

Et quand les situations violentes se sont produites avant 7/8 ans, les ressentis archaïques sont d'autant plus difficiles à libérer que l'alliance fait opposition à cette expression, autant dire le chemin peut être est plus ou moins long, mais alors la DEMOKA (Déprogrammation par les Mouvements oculaires, Kinesthésiques et auditifs), technique canadienne, proche de l'EMDR, permet d'aller au plus vite dans la désensibilisation à l'image de violence intériorisée.

Mais en gardant le cap sur ces résonances symboliques (et les 7 points cités plus haut) on est sûr de tenir la cause des TOCs à mes yeux.

Des TOCs peuvent surgir ou être ravivés au décès d'un proche, simultanément de la personne atteinte des TOCs et de la personne auteur des violences à l'époque, le mécanisme est facile à comprendre : le lien de proximité avec le défunt était commun à la personne atteinte des TOCs et l'auteur des violence, il s'opère alors un rapprochement et une intimité symbolique réitérée entre l'auteur des violences et la personne sujet aux TOCs, et par résonance la peur de la sidération ou de la violence est ravivée symboliquement, les TOCs apparaissent.

Soulignons enfin qu'un ressentie de violence, de solitude, d'agression, de non soutien, sera ressentie par une personne et non par une autre en fonction des dispositions émotionnelles de chacun, et dans le même environnement, des enfants ne seront pas sensibles aux mêmes situations, le subjectif est maitre en ce domaine comme dans toutes les relations humaines. Malgré tout, une atmosphère, des indices concordants, ont des chances de répéter les mêmes effets, bien que ressentis différemment selon les individus…

Photos : Shutterstock

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Écrit par

Henri-Pierre Bru

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Commentaires 1
  • Chipaux christelle

    Bonjour, j'ai trouvé vos explications très recherché et compréhensible. Mais j'aurai aimé en savoir plus, par exemple le toc pour les personnes qui ne supporte pas leur peau et doit constamment mettre de la pommade pour se sentir un peu mieux ? Cordialement.

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