Burn-out : les erreurs qui aggravent la situation (sans s’en rendre compte)
Dans le burn-out, certaines réactions, pourtant logiques sur le moment, peuvent aggraver la situation sans qu’on en ait conscience. Comprendre ces erreurs permet déjà de sortir d’un fonctionnement qui entretient l’épuisement.
Burn-out : les erreurs qui aggravent la situation (sans s'en rendre compte)
« Ça va passer. »
C'est souvent ce que l'on se dit au début.
On pense qu'il suffit de tenir encore un peu, de récupérer pendant les vacances ou de faire davantage d'efforts pour retrouver son niveau habituel.
Pourtant, dans le burn-out, certaines réactions, pourtant compréhensibles, peuvent progressivement aggraver la situation.
Ces comportements ne viennent pas d'un manque de volonté ou d'un défaut personnel.Ils correspondent souvent à des stratégies mises en place pour continuer à fonctionner malgré l'épuisement.
Le problème est qu'elles entretiennent parfois le déséquilibre au lieu de le résoudre.
Continuer à tenir coûte que coûte
Face à la fatigue, beaucoup de personnes continuent à fonctionner comme avant.
Elles maintiennent le rythme :
- terminent leurs tâches,
- répondent aux demandes,
- prennent sur elles,
- et repoussent leurs limites.
Ce fonctionnement peut sembler responsable ou professionnel.Mais il a un coût important.
Les recherches montrent que le surengagement prolongé augmente fortement le risque de burn-out, notamment lorsque les efforts fournis ne sont pas compensés par suffisamment de reconnaissance ou de récupération.
(Siegrist, 1996)
Le problème n'est donc pas le fait d'être investi dans son travail.C'est le fait de continuer à fonctionner sans ajustement alors que les ressources diminuent progressivement.
Minimiser les signaux d'alerte
Avant le burn-out, des signaux apparaissent souvent :
- fatigue chronique,
- irritabilité,
- troubles du sommeil,
- perte de motivation,
- difficultés de concentration,
- ou sensation de tension permanente.
Pourtant, ces signaux sont fréquemment banalisés :
- « c'est juste une période compliquée »,
- « ça ira mieux après les vacances »,
- « tout le monde est fatigué ».
Le problème n'est pas l'apparition des signaux.C'est le fait de les ignorer durablement.
Plus ils sont minimisés, plus le risque d'épuisement profond augmente.
Penser que le problème vient uniquement de soi
Une autre erreur fréquente consiste à conclure :
- « je ne suis pas assez solide »,
- « je gère mal mon stress »,
- « je devrais être capable de faire face ».
Cette interprétation entretient souvent la culpabilité.
Or, les travaux de Christina Maslach montrent que le burn-out résulte généralement d'un déséquilibre entre les exigences du travail et les ressources disponibles, et pas simplement d'une fragilité individuelle.
(Maslach & Leiter, 2016)
Lorsque toute la responsabilité est ramenée à soi-même, il devient difficile d'identifier les facteurs professionnels ou organisationnels qui participent à l'épuisement.
S'isoler progressivement
Quand les difficultés augmentent, beaucoup de personnes se replient.
Elles évitent d'en parler :
- par peur d'être jugées,
- par honte,
- ou parce qu'elles pensent devoir gérer seules.
Cet isolement peut pourtant renforcer le sentiment d'impuissance.
Le burn-out pousse souvent à réduire les échanges sociaux alors que le soutien relationnel constitue justement un facteur protecteur important.
Partager ce que l'on vit ne résout pas tout, mais permet souvent de prendre du recul et de sortir du sentiment d'être seul face au problème.
Se reposer sans rien changer
Le repos est indispensable.Mais il ne suffit pas toujours.
Certaines personnes espèrent qu'après quelques jours ou quelques semaines d'arrêt, tout reviendra « comme avant ».
Pourtant, le burn-out ne concerne pas uniquement la fatigue physique ou mentale.
Il touche également :
- le rapport au travail,
- les modes de fonctionnement,
- les limites personnelles,
- les exigences internes,
- et parfois le sens donné à l'activité professionnelle.
Sans travail sur ces dimensions, il est fréquent de retrouver rapidement les mêmes mécanismes après la reprise.
Vouloir repartir trop vite
Après une période d'arrêt ou de récupération, il peut exister une forte envie de reprendre rapidement son ancien rythme :
- rattraper le retard,
- montrer que tout va bien,
- ou prouver que l'on est toujours capable.
Cette reprise trop rapide peut cependant relancer l'épuisement.
Le corps et le mental ne récupèrent pas toujours au même rythme.Même lorsque la fatigue diminue, les ressources psychologiques restent parfois fragiles.
Ignorer la perte de sens
Un aspect souvent sous-estimé du burn-out est la perte de sens.
Certaines personnes continuent à travailler, mais sans comprendre pourquoi :
- elles ne se reconnaissent plus dans ce qu'elles font,
- ont le sentiment de fonctionner « automatiquement »,
- ou ne retrouvent plus ce qui donnait auparavant de la valeur à leur activité.
Cette perte de sens accentue fréquemment le détachement et l'usure psychologique.
Ce que ces erreurs ont en commun
Toutes ces réactions ont un point commun :elles permettent souvent de tenir à court terme… mais entretiennent le problème à long terme.
Elles sont compréhensibles, humaines, parfois même encouragées par l'environnement professionnel.
Mais elles empêchent progressivement la récupération.
Sortir de la spirale
Prendre conscience de ces mécanismes constitue déjà une étape importante.
Cela permet :
- de sortir de la culpabilité,
- de comprendre ce qui entretient l'épuisement,
- et d'envisager des changements plus durables.
Le burn-out ne se résout pas uniquement en « tenant plus fort ».Il implique souvent de revoir la manière dont on fonctionne, dont on récupère et dont on se positionne face au travail.
Quand consulter ?
Il peut être utile de consulter lorsque :
- vous avez l'impression de tenir difficilement,
- les mêmes difficultés reviennent malgré le repos,
- vous vous reconnaissez dans plusieurs des mécanismes décrits,
- ou vous ne savez plus comment retrouver un équilibre.
Être accompagné permet de prendre du recul, de comprendre ce qui se joue et de construire des ajustements adaptés à votre situation.
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