Ce que 15 ans rn RH m'ont appris sur la souffrance au travail
Psychopraticienne, RH et souffrance au travail : ce que 15 ans m'ont appris pour développer ma pratique professionnelle en cabinet
Ce que quinze ans en ressources humaines m'ont appris sur la souffrance au travail
Par Alexandra Lange, psychopraticienne à Paris 12 et Vincennes
Avant d'ouvrir mon cabinet, j'ai passé une grande partie de ma vie professionnelle dans les ressources humaines — jusqu'à exercer la fonction de DRH.
Ce parcours, je ne l'ai pas mis de côté en devenant psychopraticienne. Il est au cœur de ma pratique. Non pas comme un titre sur un CV, mais comme une expérience vécue du monde du travail — de ses exigences, de ses silences, et de ce qu'il fait aux personnes qui s'y investissent pleinement.
Ce que l'on voit depuis un poste RH
Dans les ressources humaines, on est souvent le dernier rempart avant que quelque chose ne se brise.
On reçoit des personnes qui ne dorment plus. Des managers épuisés qui ne savent plus pourquoi ils font ce métier. Des collaboratrices brillantes qui doutent d'elles-mêmes en silence depuis des années. Des gens qui continuent — parce qu'ils ne savent pas faire autrement, parce qu'ils ont peur, parce qu'ils se disent que ça va passer.
On apprend à lire ce qui ne se dit pas. Les non-dits dans une salle de réunion. La fatigue derrière la performance. L'isolement derrière l'efficacité. La personne qui sourit en réunion et s'effondre le soir chez elle. Celle qui "gère" tellement bien que personne ne se demande comment elle va, vraiment.
On apprend aussi à reconnaître les signaux faibles — ces petits glissements qui précèdent un burn-out, une démission intérieure, une rupture. Le retrait progressif. Les erreurs inhabituelles. La fatigue qui ne se répare plus avec un week-end.
C'est une école du réel, exigeante et souvent solitaire. Elle m'a appris à être présente à ce qui se passe sous la surface.
Ce que cela change dans l'accompagnement thérapeutique
Quand une femme vient me voir en me parlant de surcharge, de pression hiérarchique, de sentiment d'illégitimité ou d'épuisement après des années à tout porter — je comprends de quoi elle parle. Pas seulement de manière théorique.
Je connais la réalité d'une organisation. Je sais ce que signifie tenir un poste tout en gérant une vie personnelle, naviguer dans des dynamiques de pouvoir, absorber les tensions d'une équipe, porter des décisions difficiles, ou ne pas oser dire que l'on n'y arrive plus parce que l'on a toujours été celle sur qui l'on compte.
Je sais aussi ce que coûte de maintenir une façade professionnelle impeccable quand, à l'intérieur, quelque chose s'est fissuré depuis longtemps.
Cette compréhension du contexte professionnel me permet d'aller plus vite à l'essentiel. Sans que la personne ait à tout expliquer, tout justifier, tout traduire. Elle peut nommer les choses avec ses mots — hiérarchie toxique, réunion impossible, charge de travail absurde, sentiment d'être invisible ou au contraire trop visible — et être comprise sans détour.
Ce n'est pas anodin. Beaucoup de femmes me disent avoir renoncé à parler de leur travail en thérapie parce qu'elles passaient trop de temps à contextualiser. Ici, ce n'est pas nécessaire.
Une approche qui unit le dedans et le dehors
La souffrance au travail n'est jamais uniquement professionnelle. Elle touche l'estime de soi, les relations, le sens que l'on donne à sa vie, la façon dont on s'est construit — parfois depuis très longtemps.
Une femme qui n'arrive pas à poser ses limites au bureau a souvent appris très tôt qu'il était dangereux de dire non. Une personne qui s'épuise à vouloir tout contrôler dans son équipe porte peut-être une anxiété bien plus ancienne que son poste actuel. Quelqu'un qui doute en permanence de sa légitimité a rarement commencé à douter en prenant ses fonctions.
À l'inverse, une fragilité personnelle — une hypersensibilité, une histoire familiale, un manque de confiance profond — se manifeste souvent en premier dans la sphère professionnelle, là où les exigences sont visibles et les jugements immédiats.
La psychopratique travaille précisément à cet endroit : comprendre comment ces deux dimensions se nourrissent l'une l'autre, identifier ce qui appartient à l'histoire personnelle et ce qui relève du contexte, et retrouver un équilibre qui tienne dans la durée — pas seulement une adaptation de surface.
À qui cela s'adresse
Cet accompagnement peut être particulièrement utile si vous traversez :
- un épuisement professionnel ou un burn-out, avéré ou en cours
- une période de doute sur votre place, votre légitimité, votre avenir professionnel
- une difficulté à poser des limites, à déléguer, à dire non
- un sentiment de vide ou de perte de sens après une réussite ou une promotion
- une transition professionnelle qui réveille des questions plus profondes
- une fatigue de devoir toujours "assurer" sans pouvoir montrer que vous vacillez parfois
Commencer sans savoir exactement pourquoi
Vous n'avez pas besoin d'être "en crise" pour venir consulter. Vous n'avez pas besoin d'un diagnostic, d'un événement déclencheur précis, ni de savoir exactement ce que vous cherchez.
Parfois, ce qui amène quelqu'un en séance, c'est simplement la sensation que quelque chose ne tient plus tout à fait — une fatigue qui dure, une irritabilité inhabituele, une envie de disparaître un peu. Ou juste l'intuition que ce serait bien d'avoir un espace pour soi, où déposer ce que l'on porte sans avoir à rassurer l'autre en retour.
La première séance est un temps pour faire le point, sans engagement. Vous pouvez venir sans savoir exactement quoi dire. C'est souvent là que les choses commencent à se clarifier.
Les informations publiées sur Psychologue.net ne se substituent en aucun cas à la relation entre le patient et son psychologue. Psychologue.net ne fait l'apologie d'aucun traitement spécifique, produit commercial ou service.
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