Comment choisir sa psychothérapie individuelle ?
Le monde des psychothérapies, une "jungle" pour les patients ? Quelques questions à se poser avant de choisir son approche thérapeutique !
La "jungle" des approches psychothérapeutiques
Le monde des psychothérapies ne cesse de se développer. Régulièrement, apparaissent de nouvelles approches psychothérapeutiques. Bien souvent, il s'agit de déclinaisons d'approches déjà existantes. Mais il est difficile pour un patient, non averti, de s'y retrouver. TCC, ACT, EFT, TCE, PNL, thérapie des schémas, thérapie Mosaïc, Gestalt, EMDR, hypnose, thérapie systémique, analyse transactionnelle, thérapie analytique, psychanalyse…
Que de sigles et de noms !
Comment se décider parmi toutes ces propositions ?
Parfois, le patient est aidé par un professionnel de santé – un médecin psychiatre par exemple – qui lui recommande une approche psychothérapeutique particulière. Souvent, il y a les avis des proches, ou les résultats des recherches sur internet. Malgré tout cela, dans de nombreux cas, le patient a du mal à savoir où aller…
Ici, je vous propose quelques pistes pour vous orienter !
1. Quelle est votre problématique
Commençons par le commencement. Quelle est votre problématique ?
Manquez-vous de confiance en vous ? Êtes-vous anxieux ? Avez-vous des insomnies ? Avez-vous fait un « burn out » ? Avez-vous été agressé ? Vous sentez-vous déprimé ? Avez-vous peur de l'avion ? Les problématiques sont innombrables. Mais c'est par la vôtre qu'il faut commencer.
Pas question de réaliser ici un tableau de correspondance entre problématique et méthode thérapeutique. En revanche, regardez si la thérapie que vous envisagez est adaptée pour votre problématique. L'IA peut éventuellement être intéressante pour cela. Et, même si vous êtes guidé par un professionnel de santé vers une approche thérapeutique particulière, demandez-lui des précisions. Demandez-lui aussi s'il pense à d'autres méthodes qui pourraient convenir.
Et, si vous cherchez par vous-même une psychothérapie, interrogez le thérapeute que vous envisagez de consulter sur son aptitude à traiter votre problématique. Cela relève de sa responsabilité professionnelle de vous expliquer les forces et les limites de son approche thérapeutique. Un petit conseil : méfiez-vous de celui-ci qui vous assure qu'il peut tout traiter ! Et, plus encore, de celui qui prétend qu'il peut tout traiter tout seul !
Petit rappel pour finir sur cette question : dans toutes les situations, vous restez libre du choix de l'approche thérapeutique et, évidemment, du thérapeute.
2. Qu'est-ce que vous attendez de votre thérapie ?
Vous avez donc à peu près bien cerné quelle est votre problématique, et si la thérapie que vous envisagez y correspond. La réflexion n'est sans doute pas finie.
Une autre question se pose : qu'attendez-vous de votre thérapie ?
En effet, quand on s'engage dans une thérapie, beaucoup de choses se jouent. Il y a souvent, d'un côté, la problématique et, de l'autre, les attentes. Les deux ne collent pas toujours parfaitement.
Quelques idées pour déterminer dans quel cas vous vous situez peut-être :
- Je veux que ma problématique soit résolue, pas raconter ma vie.
- Je veux avant tout être soutenu dans ce que je vis, ce qui me fait souffrir.
- Je veux simplement que cette problématique disparaisse, mais pas évoquer d'autres difficultés que j'ai repérées.
- Je veux que cette problématique soit résolue mais, au fond, je souhaite aussi parler d'autres choses que je vis.
- Je veux être totalement transformé après ma thérapie.
- Etc.
Pourquoi mettre ainsi à jour ses attentes ?
Pour affiner encore votre choix de l'approche thérapeutique. Cela peut aussi éviter des déceptions, voire des reproches à l'égard de votre thérapeute. Rassurez-vous : il est heureusement possible de découvrir de nouveaux objectifs au cours d'une thérapie. Néanmoins, là encore, chaque approche thérapeutique a ses forces et ses limites. Et il est souvent compliqué de repartir de zéro avec un nouveau thérapeute, si cela s'avère nécessaire.
3. Quel investissement êtes-vous prêt à faire dans votre thérapie ?
Pour finir, je vous propose une dernière question à vous poser : à quel investissement êtes-vous prêt ?
Bien entendu, ici, il est question d'investissement financier. A priori une thérapie longue est plus chère qu'une thérapie brève. S'engager par exemple dans une psychanalyse – qui pour certains n'est pas une psychothérapie d'ailleurs ! – devrait vous coûter plus cher que de prévoir quelques séances d'hypnose. Cet investissement financier est évidemment à prendre en compte dans le choix de l'approche thérapeutique.
Mais, parler d'investissement est aussi parler de ce que je suis prêt à mettre de moi-même dans ma thérapie. Jusqu'à quel point suis-je prêt à aller dans ma thérapie ? Quel sera mon investissement personnel ? En effet, une chose est d'avoir des attentes, plus ou moins élevées. Une autre est de se demander jusqu'où vous êtes prêt à vous investir.
Prenons une situation très simple, caricaturale, pour le faire comprendre. Un patient est fumeur ; il vient voir un hypnothérapeute pour arrêter de fumer. Et, pour lui, cela doit être efficace et rapide. Un patient est fumeur. Il souhaite certes arrêter de fumer, mais il aimerait aussi comprendre comment il en est arrivé à fumer un paquet de cigarettes par jour. Il aimerait comprendre pourquoi il se jette sur ses clopes dans certaines circonstances, en fumant plusieurs à la suite, alors qu'il peut parfois rester plus d'une heure sans fumer. Il s'engage dans une psychanalyse qui durera quelques années. L'un s'investit a minima et l'autre à fond.
Et vous, comment voulez-vous vous investir dans votre thérapie ?
A chacun sa thérapie
Pour conclure cette petite réflexion, je précise qu'il n'y a pas de hiérarchie à installer entre les différents patients. Vous vous orientez vers la thérapie que vous souhaitez, comme vous le souhaitez, et comme vous le pouvez (même si je propose ici de vous poser quelques questions avant de choisir). La thérapie est au service du patient. Pas l'inverse. Il n'y a pas le bon patient, avec plein d'attentes, et super-investi. Et le mauvais, concentré sur sa problématique, et souhaitant ne pas s'en écarter. A chacun son chemin thérapeutique.
Il reste tout de même à tenir compte de ce qui est nécessaire pour que l'approche thérapeutique puisse fonctionner. C'est alors au thérapeute de vous l'indiquer et, éventuellement, à vous de bouger un peu pour que la psychothérapie soit efficace.
Bonne réflexion !
Philippe Lemoyne
Praticien en psychothérapie – Thérapeute de couple
Les informations publiées sur Psychologue.net ne se substituent en aucun cas à la relation entre le patient et son psychologue. Psychologue.net ne fait l'apologie d'aucun traitement spécifique, produit commercial ou service.
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Bonsoir Aujourd'hui j'ai demandé et souhaité arrêter les séances de psychologue ? C'était la quinzième et je ne trouvais pas que ça m'apportait quelque chose ? C'était sur les conseils de mon médecin généraliste qui me connait quand même bien ! Et par rapport à mon alimentation et ma Diététique voir surpoids et obésité ! Mais moi ça va " je contrôle"¿ Enfin Presque surtout pour l'alcool.... Ma compréhension de la digestion et de l'alimentation ma beaucoup plus aider par le web