Comment expliquer que l'on souffre d'un problème psychologique ?

Quels sont les bénéfices et conséquences d'expliquer que l'on souffre d'un trouble psychologique ?

17 JUIL. 2018 · Lecture : min.

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Comment expliquer que l'on souffre d'un problème psychologique ?

Le stigma social qui entoure les personnes souffrant de maladies mentales est l'un des plus gros soucis auxquels les patients font face et est probablement l'un des plus gros freins à la récupération, limitant aussi la réintégration socio-professionnelle.

Pourtant, lorsque l'on est au contact direct avec les personnes souffrant de trouble mental, on réussit à réduire les préjudices sociaux, en éliminant ou modifiant les attitudes et croyances négatives, les mythes à propos des troubles mentaux, et on réduit la peur, le rejet et la discrimination. De même, la divulgation volontaire, c'est-à-dire reconnaître publiquement que l'on a un trouble mental et que l'on est traité pour cela, semble être un antidote dans la lutte contre le stigma social. Ceci étant, ce n'est pas quelque chose d'aisé, et peut même devenir une arme à double tranchant si l'information n'est pas bien gérée.

Le U.S Department of Health and Human Services a publié un guide intéressant à propos de la divulgation volontaire afin de combattre le stigma social associé aux troubles mentaux, expliquant de quoi il s'agit, les bénéfices et les risques, comment l'annoncer, etc.

Comment expliquer que l'on a un trouble psychologique ?

La divulgation volontaire est un processus de prise de décisions subjectives et personnelles. Malheureusement, il n'existe pas une formule magique et unique expliquant comment réaliser cette annonce, car cela dépend de la personne qui souffre du trouble, mais aussi du contexte dans lequel elle souhaite révéler ou non le problème qu'elle vit, ainsi que des personnes qui l'entourent.

Effectivement, le fait d'expliquer aux autres que l'on a un problème psychologique et que l'on reçoit un traitement spécifique ne doit pas être un processus du tout ou rien, car on peut choisir à qui on le dit, à combien de personnes, et où. Cela peut sembler peu de choses, mais c'est là que réside toute la différence entre divulgation volontaire sélective et divulgation volontaire aveugle. Cette dernière suppose un changement profond dans l'attitude, impliquant que la personne a normalisé la maladie mentale et n'a pas honte d'en souffrir. La révélation sélective ou aveugle ne sont pas bonnes ou mauvaises en tant que telles, et choisir l'une ou l'autre dépend plus d'une série de critères qui peuvent guider le processus de prise de décision. Décider d'en parler ou non, et à qui, suppose d'évaluer les bénéfices et les coûts que cela peut impliquer pour soi-même : par exemple, arrêter de se cacher, recevoir du soutien social, sentir que l'on lutte contre les stéréotypes, mais aussi risquer le rejet, les commérages, etc.

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Voici quelques astuces qui peuvent guider le processus de prise de décision :

  • Pour commencer, il est conseillé d'en parler à une personne de confiance, que l'on sait tolérante et compréhensive.
  • Seule la personne qui a cette maladie sait à quel moment elle peut en parler.
  • Il peut être utile d'en savoir plus sur le trouble mental dont l'on souffre afin de pouvoir répondre aux questions que les personnes pourraient poser.
  • Pratiquer à travers le jeu de rôle ce que l'on compte dire permet aussi de s'entraîner à repousser les remarques négatives.
  • Si on doit en parler à un supérieur ou à un chef, il est important d'attendre de se sentir suffisamment à l'aise dans son travail et de se sentir prêt.
  • Il faut rappeler que la personne concernée a le contrôle de ce qu'elle souhaite dire, à qui et à quel moment.
  • Parfois, en parler peut être particulièrement gratifiant et libérateur.
  • La révélation peut être un moyen d'augmenter la confiance en soi et de lutter contre le stigma social et la discrimination.
  • Il est aussi important de savoir que partager ces expériences peut devenir un exemple que l'amélioration et la récupération sont possibles, mais aussi que l'on peut vivre avec.

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Un autre aspect important dans le processus de la prise de décision de la révélation ou non est le contexte. Le cercle professionnel est probablement l'un des environnements où révéler son trouble est le plus complexe, pour les conséquences que cela peut avoir. En cela, le guide conseille de considérer les aspects plus personnels (sa capacité propre à gérer les discriminations et le préjudice, l'historique de travail, etc.), mais il faut aussi prendre en compte des considérations liées à l'entreprise (si le préjudice est probable ou non, si l'entreprise a une politique d'emploi de personnes en situation de handicap, les commentaires qui peuvent être faits sur les personnes qui ont des troubles, etc.) et sociales (si par exemple les médias ont parlé récemment en mal d'un cas de trouble mental, ou au contraire si une attitude positive se fait vers cette réalité). De même, si on décide de révéler son trouble, on peut le faire de manière très générale (dire que l'on a un problème de santé) ou plus spécifique (parler du diagnostic exact).

Comment révéler à son ou sa partenaire que l'on a un trouble psychologique ?

Révéler à son ou sa partenaire que l'on souffre d'un trouble psychologique peut aussi supposer un processus de prise de décision difficile et complexe. Bien que le ou la partenaire doive savoir ce qu'il se passe, mieux vaut ne pas se précipiter pour transmettre l'information. Le guide offre d'ailleurs une règle qui peut s'avérer utile : "n'en parlez pas au premier rendez-vous, mais n'attendez pas non plus que cela affecte la confiance de votre partenaire".

Il n'y a aucun doute sur le fait que parler du fait que l'on souffre d'un trouble mental est un processus bénéfique et positif, mais aussi très difficile. Comme le défend le guide, plus il y a de contacts et d'ouverture envers la maladie dans notre société, plus la réduction du stigma social et la discrimination se réduiront. N'hésitez pas à en parler à un professionnel qui pourra vous éclairer, vous aider à trouver les mots pour l'annoncer à votre entourage si vous le souhaitez et à réduire l'anxiété liée à ce moment.

Photos : Shutterstock

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Psychologue.net

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