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Comment faire face à l'hypocondrie ?

Article révisé par le Comité Psychologue.net

L'hypocondrie est un syndrome caractérisé par une anxiété excessive voire obsessionnelle d’être atteint d’une maladie grave.

13 févr. 2018 · Lecture : min.

L'hypocondrie est un trouble psychologique où la personne croit, de façon non fondée, qu'elle souffre d'une maladie, souvent grave. L'hypocondrie est, par essence, une attitude que l'individu adopte face à un symptôme. La personne hypocondriaque se soumet constamment à une analyse minutieuse et préoccupée, voire obsessionnelle de ses fonctions physiologiques basiques, les voyant comme une source de maladie biologique.

La caractéristique essentielle de l'hypocondrie est la préoccupation et la crainte de souffrir ou la conviction d'avoir une maladie grave, et ce à partir de l'interprétation personnelle de sensations corporelles ou d'autres signes qui apparaissent sur le corps.

Dans ce trouble, la peur est néanmoins pathologique dans le sens où elle est anticipée et le cheminement de la pensée erroné.  Exemples : « J’ai mal au ventre donc j’ai un cancer de l’estomac » ; « j’ai des migraines, donc j’ai un cancer du cerveau », etc.   

Qui sont les hypocondriaques ?

Si "le Malade Imaginaire" de Molière utilise l'hypocondrie pour servir des ressorts comiques et provoquer le rire chez les spectateurs, l'hypocondrie est en réalité une panique irrationnelle de la maladie. C'est une attitude qui dérive en trouble pathologique, en centrant l'attention continuellement sur les différents symptômes que tout corps humain perçoit sur son propre fonctionnement. Il suffit de lui prêter attention pour noter les battements du coeur, les bruits intestinaux, les mouvements réflexes, la transpiration, le chaud ou le froid, la tension, l'eczéma, les protubérances, etc. Pour l'hypocondriaque, ce sont des symptômes qu'il attribue à une maladie grave. Pour autant, ce ne sont pas des malades imaginaires dans le sens où ils n'inventent pas leurs douleurs. Mais les hypocondriaques focalisent leur attention de manière tellement obsessionnelle sur leur physiologie qu’ils sont toujours en alerte à la moindre manifestation. Au final c’est souvent l’anxiété qui va développer le symptôme, et non le contraire.

S'occuper de sa santé est quelque chose de normal aujourd'hui. Pour les hypocondriaques, c'est une obsession. Ils passent de l'occupation à la préoccupation en passant toutes les journées dans l'attente du symptôme. Il s'agit souvent de personnalités très anxieuses, connues dans la terminologie clinique comme "cluster C", c'est-à-dire anxieuses-craintives, caractérisées par des conduites perfectionnistes, des pensées rigides et une inflexibilité lorsqu'il faut opérer des changements dans le comportement. Ceci étant, toutes les personnes qui souffrent d'anxiété n'auront pas forcément des pensées hypocondriaques, parfois l'hypocondrie peut être associée à une période dépressive.

Certains développeront une hypocondrie à la suite d’une maladie grave dans leur passé, leur enfance même s’ils en sont guéris, mais garderont les stigmates émotionnels et la peur que cela se reproduise et seront à l’affût de la moindre perception de leurs sensations.

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Les hypocondriaques développent une façon d'être qui tourne autour de leurs sujets d'inquiétude. Cependant, la clé ne réside pas seulement dans la personnalité, mais aussi dans la façon dont on a appris à résoudre les difficultés de l'existence. Certains expulsent leurs craintes en les rejetant vers les autres, avec les conséquences que cela implique. D'autres chargent sur eux-mêmes leur peur face aux obstacles de la vie, et le font avec des pensées obsessionnelles. La solution devient alors le problème.

Vivre, c'est devoir faire face à certains problèmes. En anticipant des scenarii de maladies graves possibles, on a le sentiment de commencer à résoudre un problème, l′impression de garder le contrôle en évacuant l′incertitude. Anticiper devient un jeu mental, une rationalisation incessante permettant de maintenir une illusion de contrôle. Pourtant, il arrive que ce soit tout le contraire qui se produise, puisque l'incertitude se base sur l'ignorance du résultat final, ce qui fait que ce qui se prétend une solution devient en réalité un problème obsessionnel accompagné d’une anxiété constante.

En confondant éventualité et impossibilité, la personne hypocondriaque formera sur chaque symptôme ou manifestations physiques le soupçon d'une future perturbation grave, et devra aller voir rapidement un médecin afin qu'il confirme son auto-diagnostic. Le rendez-vous chez le médecin pourra souvent permettre de faire baisser le niveau de l'anxiété, mais cette solution se transformera à nouveau en problème lorsque l'individu répétera l'unique conduite qui lui permet d'éviter la rumination. Chaque situation répétée anticipe la suivante et se renforce. La complexité du cas fait aussi que, même après des examens qui montrent qu'il n'y a pas de maladie, les pensées n'autoriseront pas la personne à lâcher prise et à profiter de sa santé bien réelle. Elle recommencera rapidement à ruminer sur la possibilité d'une autre maladie et ainsi de suite.

Il est important de dire que ce n’est pas la douleur elle-même qui inquiète l’individu, mais la manière dont il pense à sa douleur. Contrairement à la fibromyalgie où les personnes souffrent réellement physiquement, l’hypocondriaque a une distorsion mentale au sujet de ses symptômes.

L'hypocondrie en société

L'hypocondrie est un trouble en général assez mal vu dans la société. En effet, l'idée généralement admise est qu'il s'agit de personnes qui "font semblant", qui n'ont pas réellement mal mais ont un besoin d'attention si fort qu'elles s'inventent des douleurs afin que l'on s'occupe d'elles. En définitive elles apparaissent comme des personnes qui se complaisent dans ce statut de souffrance.  

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Or, il s'agit d'un trouble psychologique fort, on ne devient pas hypocondriaque par envie. L'hypocondriaque ne fait pas semblant, mais c'est surtout l'anxiété de son ressenti qui fait qu'il s'inquiète pour sa santé. Les symptômes existent réellement, mais l’individu les amplifie par son anxiété, car c’est sa manière de penser qui est une distorsion de la réalité.

Le pouvoir de l'esprit

L'entremêlement de l'hypocondrie met en évidence certaines clés en rapport avec notre structure mentale. La plus révélatrice est sa capacité de matérialiser et somatiser ce que nous pensons, ce qui nous perturbe. Combien d'enfants se sont provoqué un état de fièvre ou de nausée pour ne pas aller à l'école (souvent inconsciemment, en relation avec l'angoisse de l'école). 

L’hypocondrie se développe à partir d’une hypervigilance cognitive et sensorielle, accompagnée d’un trouble anxieux généralisé qui crée ses propres symptômes.

Pour résoudre ce problème, il faut apprendre à penser de manière différente et éliminer ces peurs qui viennent de loin. En ce sens, un thérapeute peut fortement vous aider à traiter les comportements négatifs, qui vous empêchent d'avancer. Une approche thérapeutique psycho-corporelle est préconisée associée à des techniques de gestion du stress (EFT, TCM,…). Il ne faut pas oublier qu’il sera préférable d’aller à l’origine de ce trouble pour que cela soit efficace. On ne devient pas hypocondriaque par hasard.

Certains facteurs peuvent développer l’hypocondrie :

  • Un traumatisme intra-utérin ou de naissance ;
  • Une maladie grave dans l’enfance ;
  • Des parents anxieux et d’une santé fragile.

Photos : Shutterstock

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