Comment transformer le regret en force positive

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Faites le test et découvrez si vous avez tendance à regretter les choses, et que faire pour transformer le regret en force.

19 juin 2018 · Lecture : min.
Comment transformer le regret en force positive

Test : comment percevez-vous le changement ?

Lorsque vous rencontrez quelqu'un...

  • A) Vous pensez "est-ce que je peux lui faire confiance"?
  • B) Ne m'appelez pas, j'ai déjà des meilleurs amis
  • C) Ça pique ma curiosité

On vous a changé de service...

  • A) J'ai fait quelque chose de mal ?
  • B) Je m'en moque, le travail est toujours le même
  • C) Peut-être que je vais avoir de nouvelles opportunités

La sortie du week-end est annulée...

  • A) Je sens venir la panique : et maintenant ?
  • B) J'en profite pour rester me reposer à la maison
  • C) C'est l'occasion parfaite pour faire cette escapade que je remets sans cesse à plus tard

C'est le moment de ranger la maison

  • A) Qu'il est pénible de devoir jeter des choses !
  • B) Si je dois jeter des choses, c'est uniquement ce qui n'est pas indispensable
  • C) Me défaire de choses inutiles m'aide à me sentir bien.

Vous avez un voyage d'affaires imprévu

  • A) Qui va donner à manger au chat ?
  • B) J'invente une excuse et je refuse la possibilité du voyage
  • C) Super ! C'est parti !

Vous avez tendance à oublier des choses sans le vouloir

  • A) Je vais prendre des compléments alimentaires pour la mémoire
  • B) Je m'en rends compte car les autres me le disent, mais ça ne m'affecte pas
  • C) Je le remarque mais je ne me juge pas

Les surprises...

  • A) Me rendent nerveux(se)
  • B) Je les déteste
  • C) J'adore !

Résultats du test

  • Vous avez une majorité de A

Tout surprise ou imprévu vous génère de l'anxiété car vous avez peur de perdre le contrôle. Vous vivez en évitant les changements et essayez d'avoir le contrôle sur tout. Vous ne vivez pas sereinement tout ce qui est nouveau.

Si vous réussissez à vous calmer un moment, vous pourrez voir les avantages de la nouveauté, et même vous rendre compte que parfois, ces situations sont meilleures que les plus anciennes et connues.

Il est important que vous compreniez que la peur est l'antichambre de la nouveauté et que, en réalité, la réelle crainte est celle de ce côté mystérieux et obscur qui nous habite, dont nous nions souvent l'existence.

  • Vous avez une majorité de B

Vous avez des idées fixes et ne voyez pas la nouveauté s'approcher. Vous avez tendance à ne pas vouloir ouvrir la porte au changement et, bien qu'il ait déjà commencé, vous préférez le nier. Vous préférez suivre votre routine et refuser de la changer même lorsqu'une opportunité surgit.

Prudence ! La vie change constamment et rester accroché à ses certitudes ne permet pas de se développer et de découvrir jour après jour que nous sommes différents, et que nous faisons toujours ressortir à la lumière une nouvelle version de nous-même. Le calme avant la tempête !

  • Vous avez une majorité de C

Vous êtes souple et ouvert(e) aux changements. Et s'il n'y a pas de signes de nouveauté, vous la créez vous-même. Vous êtes ouvert(e) à la nouveauté, et cette flexibilité vous permet de l'accueillir de façon positive, en sachant tirer le meilleur de la situation.

Vous avez un esprit aventureux et êtes toujours disposé(e) à affronter tout imprévu. Vous savez vous adapter aux circonstances sans vous laisser envahir par l'anxiété, et vivez les changements comme des opportunités de croissance et de développement.

Vous êtes en parfaite harmonie avec votre monde intérieur et respectez ce que vous ressentez réellement.

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Qu'a-t-on le plus de risques de regretter ?

Saviez-vous que nous ne regrettions pas de faire des choses, mais de ne pas les faire ? Et oui, d'ailleurs, les regrets sont un sentiment typique lorsque l'on n'a pas fait quelque chose, contrairement aux remords qui surgissent à la suite d'une action.

Ainsi, on regrette de ne pas avoir assez travaillé à l'école, de ne pas avoir su tirer avantage de certaines opportunités, ou encore de ne pas avoir passé plus de temps avec sa famille et ses amis. Les chiffres sont très parlants : d'après Richard Wiseman, 75% des personnes regrettent de n'avoir pas fait quelque chose, alors que 25% ont des remords sur certaines actions, comme avoir fait des mauvais choix de carrière, s'être marié avec quelqu'un que l'on n'aimait pas, ou avoir un enfant à un moment inopportun.

Comment utiliser le regret ?

Le regret peut modeler les personnes et modifier leur itinéraire de vie. Neal Roese, psychologue et professeur de marketing, affirme que le regret est une force puissante de l'être humain. Loin d'être négatif, il a au contraire une influence positive sur le comportement futur.

Avec son équipe, il a découvert que, contrairement à ce que l'on pourrait penser, les gens voient les émotions négatives de façon favorable et défavorable à la fois. D'ailleurs, le regret est l'une des émotions que l'on voit plutôt positivement que négativement.

Pour Neal Roese, le regret est utile pour se motiver à agir et ainsi changer son futur. Pour lui, le cerveau humain fait taire le regret lorsque rien de plus ne peut être exécuté. Lorsqu'il y a une opportunité de changer les choses, le regret permet justement de le faire (par exemple en essayant de discuter avec un ami pendant une querelle).

Neal Roese a découvert que les individus valorisaient beaucoup le regret. Les étudiants, notamment, ont répondu que le regret les aidait à prendre de meilleures décisions dans le futur, bien plus que toute autre émotion négative. C'est la seule émotion négative qui remplit les cinq critères d'une émotion :

  • aider à donner du sens au monde,
  • empêcher des comportements futurs,
  • gagner en perspicacité,
  • tendre à l'harmonie sociale
  • améliorer l'approche des choses.

"Je crois que la plus grande surprise est que les gens ont une reconnaissance de la façon dont le regret a des bons et mauvais côtés. En tant que psychologues, nous pensons que les individus perçoivent les émotions négatives comme de mauvaises expériences, mais la vérité est qu'il apprécient le pouvoir des émotions négatives autant que des positives", Neal Roese.

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Comment dépasser le regret ?

Notre cerveau ne veut pas être submergé par le regret 24h/24, il nous aide donc à rationaliser : "j'aurai dû quitter ce travail avant, mais au moins j'ai beaucoup appris sur moi-même", "je n'aurai pas dû me marier, mais au moins j'ai des enfants que j'aime". Mais si notre cerveau nous aide à rationaliser des actes passés, qu'en est-il lorsqu'il n'y a pas eu d'actes, puisque le regret concerne des choses que nous n'avons pas faites ?

"Pourquoi les gens regrettent l'inaction plus que l'action ? L'une des raison est que notre système immunitaire psychologique a plus de difficultés à créer des vues positives et crédibles de l'inaction plutôt que de l'action... Lorsque notre inaction nous conduit à rejeter une proposition de mariage d'une personne qui est plus tard devenue une vedette, nous ne pouvons pas nous contrôler en pensant à toutes ces choses que nous avons appris de l'expérience car... il n'y en avait pas", Dan Gilbert, expert en bonheur à Harvard.

Pour dépasser le regret, les chercheurs montrent que nous devons nous poser deux questions :

  • Demandez-vous : "qu'est-ce que je peux apprendre de cela?"

Le regret a un but : il nous dit que quelque chose peut être réparé. D'ailleurs, il est plus intense lorsqu'il s'agit d'un problème qui a une solution, lorsqu'on peut faire quelque chose pour ça. Les chercheurs appellent cela "raisonnement hypothético-déductif ascendant", qui signifie que l'on compare les alternatives et que nous apprenons ainsi à modifier les comportements futurs en opérant une révision du passé.

  • Demandez-vous : "comment cela aurait pu être pire?"

Le raisonnement hypothético-déductif est utile, mais il ne doit pas nous faire tomber dans une spirale du regret. Il faut donc passer du raisonnement ascendant au raisonnement hypothético-déductif descendant, en se demandant "comment les choses auraient-elles pu être pires ?"

D'après les chercheurs, cette question tue le sentiment négatif associé au regret, et transforme la déception en gratitude. Ainsi, on peut transformer le "je ne peux pas croire que j'ai abîmé ma voiture, je suis tellement stupide!" en "j'ai eu énormément de chance de ne pas mourir ou être blessé dans cet accident".

Comment éviter les regrets futurs ?

Nous devons comprendre que la rationalisation nous aide à dépasser ce que nous avons mal fait, ou que nous n'avons pas fait. Le regret est rarement aussi mauvais que ce que l'on a anticipé, et on réussit en général à le dépasser rapidement. Mais il est vrai que l'on peut ressentir une douleur vive et pendant des années à propos de choses que nous n'avons pas fait. Et d'ailleurs, lorsque l'on demande à des personnes plus âgées un conseil de vie, elles répondent souvent "dites oui aux opportunités".

Et c'est ce que nous devons nous efforcer de faire : si l'opportunité ne risque pas de nous tuer, de nous mener en prison ou de détruire nos relations, prenons notre courage à deux mains et lançons-nous. La culpabilité d'avoir fait des choses stupides s'efface petit à petit, alors que le regret de n'avoir pas essayé est bien plus problématique. Nous devons passer moins de temps sur nos peurs, et plus de temps à penser à ce que l'on veut faire de nos vies. C'est ainsi que nous profiterons plus de nos vies, car dire "oui" amène au bonheur.

Photos : Shutterstock

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