Confinement et anxiété

La propagation du virus et les mesures de confinement soumettent les personnes à des situations émotionnelles difficiles à gérer voire à de réelles souffrances psychiques.

4 AOÛT 2020 · Lecture : min.

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Confinement et anxiété

La propagation du virus et les mesures de confinement soumettent les personnes à des situations émotionnelles difficiles à gérer voire à de réelles souffrances psychiques.

Afin de préserver notre santé mentale, il est essentiel de se poser la question de comment décidons-nous de vivre cette période ? Une prise de recul indispensable pour ne plus subir les évènements et avoir l'impression de réinvestir au mieux sa vie.

Contexte

Vie en vase clos, télétravail, présence du conjoint et des enfants H24, école à la maison, restriction des activités sociales, déplacements limités, sont autant de changements d'habitudes propices aux tensions.

Sans compter la peur d'être contaminé ou qu'un proche soit touché, ni de ne pas savoir combien de temps cela va durer.

Tous ces facteurs engendrent incertitudes et inquiétudes qui peuvent être extrêmement angoissantes.

En cas de confinement, l'action est réduite à sa plus simple expression, nos dépenses physiques sont limitées et notre liberté est circonscrite.

Tous ces facteurs favorisent l'apparition du stress.

Comment fonctionne le stress ?

Il faut comprendre que le stress est un mécanisme de protection. Suite à un stimulus, et face à une situation que notre organisme perçoit comme dangereuse, notre corps enclenche tout un ensemble de réactions destiné à notre sauvegarde.

Ce mécanisme a permis à nos ancêtres de survivre en échappant aux dangers, en s'adaptant à l'environnement, aux changements et à l'évolution.

Notre cerveau est donc ainsi programmé pour nous faire prendre conscience des risques et d'engager les actions salutaires.

En outre, les pensées négatives répétées créent des nouveaux chemins neuronaux, des habitudes qui peuvent entrainer peur, souffrance et anxiétépouvant aller jusqu'à la dépression et la maladie.

L'anxiété est un envahissement de l'esprit de pensées négatives.

Bien prendre conscience que toutes ces agitations ne sont qu'illusoires. En effet, la peur n'existe pas dans l'instant présent, elle n'est que projection et ne s'appuie que sur des hypothèses ou des expériences du passé.

Une impression de vide peut être ressentie le temps de s'habituer à la situation. Ce temps de latence peut durer 2 à 3 semaines, c'est le temps que le cerveau met à accepter un changement et accepte de mettre en place une nouvelle habitude.

L'inactivité et l'ennui sont des facteurs aggravant, en permettant à l'esprit de continuer de vagabonder

« Notre cerveau agit comme du Velcro sur les expériences négatives, et comme du Téflon sur les expériences positives. »

On comprend bien que ce mode de fonctionnement favorise le stress et l'anxiété.

Ce qui se passe

Selon une enquête à grande échelle en Chine (52 000 personnes) en sortie de confinement, met en évidence 2 temps de vivance de cette expérience inédite.

D'abord, un temps de surprise, d'inconnu où une impression de vide peut être ressentie le temps de s'habituer à la situation. Très rapidement après la sidération, on cherche à s'adapter, on organise le futur confinement (enfants, école, télétravail, courses…).

Puis, dans un second temps, le cerveau accepte le changement et met en place de nouvelles habitudes. Une vie différente s'organise. Nous y sommes.

Ce qui devait être fait a été fait au mieux. Nous entrons dans une phase de latence, d'attente de sortie de crise.

Les angoisses actuelles émergent (peur de la maladie, impact économique de la crise, etc…). Autant d'interrogations, de scénarios-catastrophe, l'esprit s'emballe. La peur s'installe, on juge, on perd son bon sens, on fait de cas particuliers notre généralité. Bref, de la subjectivité à l'état pur.

C'est aussi dans ce bouillon de culture (humour), que vont s'exprimer les angoisses du passé non résolues, que vont s'exacerber les rancunes contre les proches.

En cas d'isolement, rien ne vient entraver la course folle de nos pensées.

C'est le moment idéal pour mettre de la conscience sur notre processus de réflexion. Tenter d'intégrer dans ses ressentis que tout ce qui se vit maintenant, n'est que le produit de notre esprit. Ce mécanisme peut procurer une détresse infinie, dont il est très difficile de se prémunir seul.

Surtout, ne restez pas seul avec cette souffrance, parlez-en à thérapeute compétent qui consulte par téléphone ou par visio. Il vous aidera à mettre de l'ordre dans vos pensées, à vous apaiser et tenter de mettre à profit cette période de repli sur soi.

Car, c'est aussi une formidable opportunité de faire autrement, de changer ce qui doit l'être.

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Écrit par

Nathalie Schneck

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