De la difficulté à aller consulter...

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Ces mots cachant ces maux... qu'on ne peut nommer encore, amènent à... "Aller consulter..." "Devoir aller consulter..." Penser que l'Autre doit aller consulter..."

2 AVRIL 2019 · Lecture : min.
De la difficulté à aller consulter...

« ...parler, s'entendre parler, écrire en parlant, dessiner ou peindre en parlant, parler entre deux actions créatrices... tant de manières de s'exprimer, mais avant d'y parvenir, il y des étapes : se décider à appeler le psychanalyste ou le thérapeute, prendre l'itinéraire sur internet, fixer ce rendez-vous qui fait peur ou angoisse et concernant lequel le patient doute toujours un peu au début, avant que de rencontrer son thérapeute... se rendre au rendez-vous, le jour J, celui de sa rencontre avec le thérapeute, cet autre étranger à qui le patient va "devoir" confier tout de sa vie, de ses secrets les plus intimes...

Oser dire ce qui le dérange, l'obsède, le perturbe, l'angoisse...la torture toutes les nuits, ou qui le jour le rend incapable d'aller travailler, de sortir de son lit, ou encore de rencontrer du monde... Ce monde qui lui fait peur, qui l'inquiète mais qu'il a tant envie d'explorer pourtant tout au fond de lui... Tant de raisons, qui font qu'au final, le patient prend son véhicule, monte dans un bus, ou se déplace à pied, parfois durant une heure d emarche à penser, anticiper ce qu'il va dire, imaginer par quel bout de son histoire ou de sa problématique il va commencer... à raconter, à se raconter... auprès du thérapeute. Puis, il arrive à la porte et sonne.

Le Thérapeute lui ouvre de suite, ou bien le fait s'installer à patienter un peu dans la salle d'attente du cabinet. Ce cabinet accueillant, paisible et dans lequel le patient espère trouver calme et repos, intimité et concentration, ressourcement. ça y est, il entre, le "Psy" le fait entrer avec ou sans lui serrer la main, cela dépend des spécialistes... cela dépend des personnalités, et le patient est sensible à la personnalité et à la démarche thérapeutique du spécialiste qu'il choisit, ou qu'il choisira à nouveau, car il peut en changer si celui qu'il vient voir la première fois ne lui semble pas correspondre à ses besoins, ou s'il ne se sent finalement plus prêt à aller plus loin dans une thérapie, maintenant. Mais généralement, lorsque le "feeling" passe avec un psychanalyste, un psychothérapeute, le deuxième rendez-vous se prend sans difficulté, puis les suivants de la même façon et le patient avancera aidé, guidé dans le soin psycho-thérapeutique par le professionnalisme, la rigueur, la bienveillance et la patience du thérapeute. Enfin, la séance commence... "Par quel bout vais-je commencer...?" "Que vous dire...?" "Je ne sais pas comment commencer...?" nous dira souvent le patient...

Alors nous l'aidons, le Psychanalyste, le spécialiste l'aide... Il peut être amené à lui poser quelques questions lorsqu'il est compliqué de commencer pour le patient. Et ça se passe bien ainsi... Rassuré, le patient développe maintenant de plus en plus ce qu'il a à raconter, son anamnèse se fait progressivement de la part du thérapeute qui pose parfois des questions pour mieux comprendre la situation et la Vie du patient, son passé, son présent et son futur éventuellement si cela vient des le premier rendez-vous, des la première séance. Le Psychanalyste, ce que je suis, laissera le Patient aller à son rythme, respectant ainsi le temps d'évolution du patient. Oui, aller consulter, prendre la décision de consulter, conseiller à quelqu'un ou se dire qu'un proche aurait besoin de consulter mais que l'ouverture ne se fait pas pour des tas de raisons diverses, donne la réponse à la question du "Est-ce nécessaire...?", "Suis-je fou, ou folle...L'est-elle... L'est-il...?"...A partir du moment où l'idée germe dans l'esprit d'un individu, c'est qu'il y a besoin de résoudre une question au moins.

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Voici la démarche d'un patient, ou celle de son entourage... Le besoin ressenti, et les nécessités d'accompagnement à certaines évolutions ou/et prises de décisions peuvent aussi contribuer à aller voir un spécialiste du psychisme. Mais d'autres raisons peuvent amener à comprendre que cela ferait du bien à l'intéressé : angoisses, problèmes relationnels, dépression, colère, rupture sentimentale, doutes existentiels, obsessions, Troubles obsessionnels compulsifs ou TOC, traumatisme de différentes natures et de différents degrés..., problèmes de poids, question d'identité sexuelle, troubles sexuels, problèmes de couple, thérapies familiales...etc... etc... À tout âge, cela peut être nécessaire et bénéfique et régler les relations à soi et au monde et ça, c'est crucial pour se sentir bien et Libre intérieurement et trouver ce chemin vers la Liberté d'Être.

Finalement, en séance psychanalytique, deux versions existent, la thérapie psychothérapique où le patient travaille restant assis face au thérapeute, ou bien semi-tourné, et la position allongée menant à une psychanalyse. Le thérapeute sentira si le patient devrait passer plus par un type de soin plutôt que l'autre. Et dans les deux cas il ne faut appréhender en rien la séance. La séance, c'est toujours le patient qui la mène, grâce à ce qu'il amène à chaque séance, grâce à ce qu'il apporte comme questionnements et sujets d'écoute pour le psychanalyste. Lorsque la patiente parle, il s'entend parler... Il entend ses propres mots et maux et pensées et c'est cette situation qui lui permet de trier ses idées, car il entend enfin à haute voix les voix retenues dans le silence de sa mémoire, de sa bulle intérieure, de son crâne qui raisonne de sons de pensées tuent. Libérer ce qui est retenu c'est une grande partie du travail en séance et c'est le but premier d'une thérapie. Finalement... c'est de s'entendre lui-même peut-être que le patient crée de rencontrer en séance...? C'est pourtant libérateur et c'est exactement ce que ses oreilles entendent qui va lui permettre de dépasser ses blocages et apporter ses prises de conscience en même temps que son apaisement psychique et sa décontraction corporelle.

L'intérêt d'une thérapie n'est donc pour le patient pas uniquement de livrer tout de lui, c'est de comprendre que celui-ci fait un énorme travail de tri, d'évacuation de la colère, de synthèse de ses idées et sensations, pulsions, et tendances lorsqu'il libère les mots, lorsqu'il s'entend parler et canalise ainsi ses énergies, libère les énergies et pulsions par la parole. C'est ainsi qu'il se rencontre enfin, qu'il rencontre sa part d'ombre et de lumière. Là est toute la clef d'une thérapie, et c'est ce que le patient doit envisager premièrement et sur quoi il peut se rassurer et se faire confiance dans son souhait de consulter un spécialiste, comme dans toute pratique médicale lorsqu'il s'agit de soigner le corps, le cerveau, les système nerveux demande les mêmes attentions, cela n'a rien d'anormal, de pathogène ni de fou ».

Belles séances à vous… À votre écoute.

Candice Jackie Agiman – Psychan'ArtS - Psychanalyste.

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Écrit par

Psychan'ArtS - Candice Jackie AGIMAN

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