Deuil et travail de deuil

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S'il est une épreuve à laquelle nous sommes tous confrontés un jour ou l'autre, c'est celle du deuil. 

12 nov. 2012 · Lecture : min.
Deuil et travail de deuil

S'il est une épreuve à laquelle nous sommes tous confrontés un jour ou l'autre, c'est celle du deuil. Que nous soyons préparés ou non à y faire face, lorsque cette épreuve survient, elle déclenche immanquablement une foule de sentiments, d'émotions, d'interrogations, qui nous prennent, d'une manière ou d'une autre, au dépourvu.

Le vécu d'une perte

Qu'il s'agisse de la perte d'une personne âgée en fin de vie, du départ brutal d'un enfant, d'un frère, d'une sœur ou d'un ami, dans tous les cas se joue, à ce moment-là, un événement qui vient faire écho au plus profond de notre intimité. Et c'est précisément parce que le deuil touche à cette intimité qu'il ne peut être appréhendé par chacun de nous de la même façon.

Certes, des lignes de force d'un même vécu douloureux se dégagent bien souvent. Deux mères ayant perdu un enfant se comprennent sans avoir à expliquer leur ressenti. Les non-dits, les silences, les émotions, suffisent à partager une expérience à travers laquelle leur existence a été bouleversée. Ressentis identiques - ou différents - pour les pères, pour le reste de la famille, prouvant, s'il en est, que le deuil est, d'abord et avant tout, un cheminement individuel et doit être accepté, respecté comme tel.

Une abondante littérature a été publiée sur ce thème, abordant tout autant les aspects psychologiques, spirituels, matériels, que leurs intrications réciproques.

Des questions récurrentes lors de la phase de deuil

Je me contenterai d'aborder ici quelques questions fréquemment posées dès que débute cette période difficile.

  • Est-ce que je vais oublier ?

Question clef derrière laquelle se profile, en filigrane, une autre plus lourde à porter : Combien de temps vais-je souffrir ?

Et derrière elle, une autre interrogation, plus enfouie et plus lourde encore : Si j'oublie un jour, serai-je coupable d'avoir oublié ?

Oublier ? Peut-on oublier la naissance du premier enfant, la première rencontre, la première déception amoureuse ? Non bien sûr. On n'oublie pas, mais on y repense autrement.

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D'une manière ou d'une autre, le temps fait son œuvre et la personne disparue prend une autre place dans la vie. Le manque de l'absence fait place au souvenir.

On parle alors du travail de deuil. Car c'est vrai, qu'au delà du "travail" conscient qui accompagne le deuil, se joue, en arrière plan du psychisme, un remaniement inconscient, un autre travail qui vise à lui garantir un fonctionnement apaisé, sans en épuiser les réserves.

  • Les autres ne réagissent pas comme moi !

Nous sommes ici au cœur même de l'intimité du vécu du deuil, lorsque surgissent mille et une questions à propos desquelles on se demande si c'est bien ou si c'est mal. Si c'est comme cela qu'il faut faire, si d'autres ont fait ou feraient la même chose. Si ceux qui "se mettent à (ma) place" ont connu une situation identique.

Faut-il se séparer de certains objets ? Maintenant ? Plus tard ? Que faire si on n'a pas la force d'aller au cimetière ? Faut-il organiser une petite réunion de famille et quand ?

Autant de questions où il apparaît que chacun n'apporte pas forcément la même réponse et qui, à la longue, finissent par créer des tensions, des incompréhensions.

Que faire alors ? Tout d'abord, laisser à chacun la liberté de gérer son espace personnel comme il l'entend. Pour l'un, prier, ce sera se recueillir dans un lieu dévolu au culte. Pour l'autre, ce sera consacrer quelques pensées dans le silence chez soi, à la lueur d'une petite bougie. Untel aura envie de revoir des photos, tel autre ne parviendra pas à rouvrir l'album de toute une vie...

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  • Chacun avancera à son rythme, selon sa conscience

Quand il s'agira de prendre des décisions communes, il conviendra alors de réserver un temps pour cela, de faire une pause afin que chacun apporte son point de vue, sans préjugé, sans a priori.

Il sera bon de se rappeler que tout le monde n'entretenait pas la même relation avec le (la) défunt(e) et que, de ce fait, il n'y a pas, d'un côté, les indifférents qui ne souffrent pas ou ne souffrent plus et, de l'autre, les vrais amis qui souffrent encore. Il n'y a pas ceux qui n'ont pas de cœur, pas de chagrin, et ceux qui ne font aucun effort pour s'en sortir.

Il y a chacun avec son histoire, sa sensibilité, sa façon d'extérioriser ou non sa peine, le sens qu'il donne à la vie, le sens qu'il donne à la mort.

Photos : Unsplash

Écrit par

Maurice Gaillard

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Commentaires 3
  • Eglantine

    Pour avoir vécu plusieurs deuils, je les ai fais différemment. Chaque deuil m'a appris sur la maladie, la relation à la maladie et comment voir la fin de vie. Merci pour cet article.

  • BERTHO mme Dominique

    Je sais, d'après le corps médical, que mon compagnon qui à 67 ans à un corps usé de 80, ne devrait pas, selon les lois de la nature, "aller très loin", mais DIEU n'est-il pas le plus grand médecin du monde ? Alors, même si mon cœur saigne, je continue mon combat intérieur chaque jour. Nous envisageons de nous marier d'ici peu ... Le moment venu, je ferai peut-être appel à vous. Merci

  • Djabi

    C'est trés très dur de vivre cette épreuve.