Et si prendre soin de sa santé mentale était devenue encore plus difficile que jamais pour les jeunes en France ?
La santé mentale des jeunes en France est en crise. En 2023, 20,8 % des 18-24 ans sont touchés par la dépression, soit presque le double de 2017.
La santé mentale des jeunes en France est en crise. En 2023, 20,8 % des 18-24 ans sont touchés par la dépression, soit presque le double de 2017. Les recours aux urgences pour troubles de l'humeur et idées suicidaires restent élevés depuis 2021. Pourtant, seulement 64,7 % des jeunes déclarent prendre soin de leur santé mentale, contre 81,8 % des seniors. Beaucoup doutent de leur capacité à agir sur leur état psychologique et de l'efficacité des solutions existantes (Santé publique France, 2023).
Les inégalités sociales aggravent la situation. En effet, les jeunes des milieux défavorisés ont moins de ressources pour accéder à des soins de qualité. Souvent, ils adoptent une perception négative du soin, alimentée par des préjugés comme "il n'y a que les fous qui vont voir un psy !". Ce discours stigmatisant empêche bon nombre d'entre eux de chercher de l'aide.
En parallèle, le manque de temps et de motivation constitue des freins majeurs. Le capital culturel et le milieu social jouent aussi un rôle négatif. Les jeunes issus de milieux modestes ont plus de difficultés à parler à leur entourage, et près de 24 % considèrent même qu'il est "honteux" d'évoquer leurs problèmes psychologiques, selon une étude de 2023 . Cette vision contribue à leur isolement et complique la compréhension des enjeux liés à une bonne santé mentale sur le long terme.
Cependant, la crise du Covid-19 a joué un rôle paradoxal. D'un côté, elle a aggravé les problèmes de santé mentale en raison des confinements successifs et de l'incertitude sociale et économique. Mais elle a aussi fait évoluer les mentalités : davantage de jeunes ont envisagé la consultation d'un professionnel, brisant peu à peu le tabou autour de la psychothérapie. Cette tendance, bien qu'encourageante, reste insuffisante face à l'ampleur des besoins.
Pourtant, des solutions existent. Le soutien de l'entourage est souvent décisif : parler à un proche permet de dédramatiser les problèmes et de trouver un point de départ pour demander de l'aide. La psychothérapie, bien qu'encore mal perçue, est jugée efficace par ceux qui y ont recours. Enfin, les traitements médicamenteux, bien qu'utiles dans certains cas, suscitent encore des inquiétudes chez les jeunes, notamment sur la question de la dépendance ou des effets secondaires (Santé publique France, Coviprev 2023 sur la santé mentale des jeunes).
Pour inverser la tendance, il est urgent de sensibiliser les jeunes à l'importance de leur santé mentale. Cela passe par une meilleure éducation à l'école et dans les familles, mais aussi par une plus grande accessibilité des soins. Les pouvoirs publics doivent investir massivement pour renforcer les infrastructures et recruter davantage de professionnels de santé mentale. Aujourd'hui, le système est sous-dimensionné, ce qui limite l'accès aux soins pour les plus vulnérables (Le Monde.fr, 02/10/2024-).
Il est aussi nécessaire de déstigmatiser la recherche d'aide. Les campagnes de sensibilisation doivent insister sur le fait que demander de l'aide est un acte de courage et non de faiblesse. Des exemples positifs, issus de témoignages de jeunes ayant surmonté leurs difficultés, pourraient jouer un rôle crucial pour changer les mentalités. Le recours aux professionnels de santé qui pourraient proposer des ateliers discussions auprès des jeunes dan les collèges ou les lycées seraient des pistes à explorer.
Enfin, il est temps que l'État assume pleinement sa responsabilité, en la matière et surtout garder une cohérence dans ses déclarations successives au gré des changements de gouvernement.
Par exemple, Ériger la santé mentale en "grande cause" nationale 2025, avec le gouvernement Barnier, ne doit pas rester un simple slogan. Les collectifs d'acteurs de santé demandent des moyens concrets pour répondre à la crise. L'incohérence actuelle, où la demande explose mais où les moyens stagnent, ne fait qu'aggraver la situation.
En conclusion, la santé mentale des jeunes est un enjeu sociétal majeur. Parler, agir et se soigner sont des actes essentiels pour leur bien-être et leur avenir. Notre pays ne peut pas se permettre d'abandonner sa jeunesse à une souffrance silencieuse. Les jeunes sont l'avenir de la nation : leur offrir un accompagnement bienveillant et accessible est une priorité absolue. La mesure « Mon soutien psy », semble un premier pas et la récente souplesse de sa mise en œuvre, semble aller dans ce sens. Mais, elle doit être suivi aussi d'une autre perception du soin, plus large que celle qui se fait dans un cabinet d'un psychologue ;
En effet, d'autres approches existent pour soigner. Ces méthodes sont éprouvées et sérieuses, ont fait leur preuve. Car, sans jouer à 'apprentis sorcier, cette décennie montre des signes inquiétants de mal être global. Et cette tendance touche un public plus large que la jeunesse ; Le dernier rapport de l'observatoire des drogues montre que de plus en plus de Français ( 1, 1 million) ont recours à la consommation de substances psychoactives comprenant des drogues de tous genres des plus dangereuses et de plus en plus facile d'accès. Les effets de plus en plus dévastateurs de vies humaines perdues et de pertes de qualité de vie ! Il est temps d'être à la hauteur de ces ambitions pour ne pas dire à la fin, qu'on savait…et qu'on n'a rien fait !
Alors pourquoi attendre d'aller mal, pour vouloir aller mieux ? Ce constat pourrait devenir le slogan et décréter pour l'année 2025, comme année où les jeunes et ses aînés méritent toute notre attention et notre amour, pour vivre ensemble dans des bonnes conditions.
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