Être égocentrique, une tendance ?

Le "moi je", cette tendance à parler sans s'arrêter de soi et revenir toujours à soi lorsque l'interlocuteur essaye de changer de sujet. Tendance ou pathologie ?

21 NOV. 2017 · Lecture : min.

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Être égocentrique, une tendance ?

Avez-vous déjà été pris dans une discussion avec un individu égocentrique ? L'un de ceux qui pense que tout, absolument tout tourne autour de lui, ou qu'il sait tout sur n'importe quel sujet.

Parfois, lors d'une discussion, on commence à expliquer quelque chose qui nous est arrivé et on se rend compte que la personne en face ramène la discussion à elle. Sans savoir comment, la conversation a tourné, et vous n'avez pas pu placer votre anecdote parce que votre interlocuteur a changé de sujet. Avec ces personnes, on se sent ignoré, car elles peuvent passer beaucoup de temps à parler sans jamais demander "et toi, ça va?", et on rentre chez soi en ayant la sensation de ne pas avoir pu apporter sa part dans la conversation. Peu importe le nombre de fois où vous essayez de changer de thème ou que vous tentez d'expliquer quelque chose, l'interlocuteur reprend toujours la parole et la discussion devient un monologue profond dont vous n'êtes que le spectateur.

Comprendre l'égocentrisme

Ne pas confondre l'égoïsme et l'égocentrisme. L'égoïsme se reflète chez des personnes ayant peu de confiance en eux-mêmes, une manière de se protéger (trouvant les racines de cette attitude dans l'enfance), mais leur caractère fermé et leur manque de générosité feront qu'ils se retrouveront souvent seuls.

L'égocentrisme peut s'accompagner de mégalomanie et de narcissisme. La mégalomanie est une propension de l'individu égocentrique à surestimer ses capacités et à se croire le centre du monde.     

Il leur est difficile d'établir des relations authentiques car ils ont tendance à penser que le monde tourne autour d'eux. Ils ne savent pas être empathiques et se mettre à la place des autres, ce qui fait qu'ils vont difficilement se rendre compte qu'ils ennuient leurs interlocuteurs et ne s'intéressent pas assez à eux. Ils prennent pour acquis le fait que la seule chose intéressante est eux-mêmes, et que leurs histoires sont plus captivantes. Ils ne pensent pas que les autres peuvent avoir une opinion différente de la leur, ni imaginer que les leurs ne sont pas uniques.

Ces individus n'accordent donc peu d'intérêt aux autres et ne conçoivent simplement pas que vous puissiez avoir besoin d'être écouté, ou que vous avez aussi besoin de vous exprimer. Elles s'imaginent que leurs arguments sont les seuls intéressants et valables, ce qui fait qu'elles n'ont pas la sensation de monopoliser la parole et pensent que la conversation est intéressante uniquement grâce à ce qu'elles apportent.

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Les personnes égocentriques demandent rarement de l'aide, elles exposent simplement leurs opinions et expériences pour que vous les écoutiez. Si vous lui donnez votre avis, vous serez sûrement surpris de voir que votre interlocuteur ne vous accorde pas d'attention, car ce qu'il veut est se mettre en avant, et non de recevoir un conseil. Dans de nombreuses occasions, le narcissisme et l'égocentrisme cachent un dialogue interne qui s'extériorise en vue d'une auto-conviction. Ce type de personnage est souvent mégalomane et croit en ce qui s’invente la plupart du temps.

Il ne faut pas confondre les personnes égocentriques et les personnes volubiles, ces dernières peuvent parler beaucoup pour masquer une anxiété sous-jacente souvent inconsciente. Contrairement aux personnes égocentriques qui aiment principalement attirer l’attention en monopolisant la conversation. On pourrait voir aussi une forme d’égocentrisme chez les personnes qui sont dans la plainte chronique qui accordent de l’importance qu’à leurs problèmes en les répétant sans cesse et ce besoin d’être écoutée en permanence, créant une lassitude chez leur interlocuteur.

Vous pouvez vous ennuyer lorsque que quelqu'un ne parle que de lui, mais en même temps vous n’êtes pas obligé d’écouter et/ou de conseiller, rien ne vous y oblige, vous pouvez couper la conversation en prétextant une chose urgente à terminer…

Que faire dans cette situation ?

Suivant le lien que vous avez avec votre interlocuteur égocentrique, et l’endroit de la discussion, soit au téléphone, à un café, au bureau, etc, vous pouvez couper court à la conversation en prétextant un truc urgent à terminer. Si c’est un ami ou un proche, vous pouvez vous utiliser l’humour en lui disant  « il t’en arrive des choses » en se moquant gentiment de lui ou d’elle toute en reprenant la parole en parlant de vous. Ou bien encore, lui dire sur le ton de l’humour, « tu me fatigues », en général on laisse passer un message assez clair. Ou encore « je peux dire quelque chose maintenant ?» toujours sur le ton de l’humour. Donc adaptez vos réactions par rapport au lien que vous avez avec ce type de personnage.

Et pour être plus pragmatique, il est préférable d’éviter de côtoyer des personnes égocentriques, elles n’ont aucune empathie.

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Suis-je une personne égocentrique ?

En général la personne égocentrique ne se remet pas en cause, et a du mal à faire son autocritique, et n’ira jamais consulter pour ce problème. Mais vous pouvez quand même vous interroger sur vous même en pensant au pourcentage de temps où vous parlez et où votre interlocuteur parle. Essayez de faire la balance la prochaine fois que vous parlez avec quelqu'un et faites une moyenne de vos dernières conversations. Si vous voyez que le pourcentage va en votre faveur, peut-être accaparez-vous trop les conversations.

Mettez-vous à la place des autres. Pensez à la manière dont vous vous sentiriez si on ne vous laissait pas parler, si vous ne pouviez jamais dire ce que vous pensez ou exprimer vos anecdotes parce que votre interlocuteur prenait toute la place. Vous vous sentiriez probablement utilisé et n'auriez pas la sensation d'être un ami authentique aux yeux de l'autre. Très bien, ne faites donc pas aux autres ce que vous ne voudriez pas que l'on vous fasse.

Ainsi, la prochaine fois, laissez votre interlocuteur commencer à parler, intéressez-vous à ce qu'il dit, posez-lui des questions et ne donnez votre point de vue qu’une fois qu’il aura terminé son explication. Et essayez de faire la moyenne du temps que vous parlez lorsque vous êtes avec quelqu'un : dans l'idéal, essayez que ce pourcentage soit proche des 50-50% ou 60-40%. Toutefois, la qualité d’une communication, ce n’est pas le temps passé à parler, mais la qualité de l’échange, attentive et constructive.

Rappelez-vous, l'empathie nous rend meilleurs, et si vous voulez être meilleur, pratiquez-la.

Photos : Shutterstock

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