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J’ai eu envie d’aider d’autres personnes à aller mieux, comme j’avais été aidée moi-même

Mireille Henriet propose des psychothérapies individuelles, en groupe et de couple aux patients adultes qu'elle reçoit dans son cabinet de Montpellier.

16 déc. 2013 Interviews - Lecture : min.

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Mireille Henriet a commencé son parcours en Belgique, avant de s'installer à Montpellier. Économiste de formation, elle s'est intéressée et s'est formée à la psychothérapie analytique freudienne et à la psychologie clinique après avoir suivi elle-même une psychanalyse.

Vous avez suivi des études en économie puie en psychologie. Pourriez-vous nous donner plus de détails ?

Je suis économiste de formation initiale (Master en économie, Bac +4, 1993). Ma psychanalyse freudienne personnelle m’a conduite à reprendre des études de psychologue clinicienne, tout en enseignant l’économie dans l’enseignement supérieur de type court.

Je suis diplômée de l’Université Catholique de Louvain en Belgique (Master en Sciences Psychologiques, spécialisation en psychologie clinique – orientation psychanalyse, bac +5, 2002). Je me suis ensuite formée à la psychothérapie analytique freudienne pour adultes durant trois ans, à l’Institut de Formation à l’Intervention en Santé Mentale à Bruxelles (2003-2006). Ma première psychanalyse, à raison de trois séances par semaine sur divan, a duré 10 ans.

Je me suis ensuite formée à la psychanalyse corporelle durant cinq ans à l’Institut Français de Psychanalyse Corporelle. Ma deuxième psychanalyse, qui est passée par la mémoire du corps, a duré quatre ans.

Votre parcours professionnel est également passé par l'enseignement...

Durant 20 ans, j’ai enseigné l’économie et la psychologie à la Haute École Paul-Henri Spaak de Bruxelles, à de futurs assistants de direction et de futurs juristes (Bac+3, enseignement supérieur de type court).

En parallèle, j’ai été écoutante bénévole à Télé-Accueil (centre d’écoute téléphonique dans l’anonymat, 24h/24, de personnes en détresse) durant 10 ans : je me suis ainsi formée à l’écoute dans la neutralité bienveillante, selon une approche psychanalytique et rogérienne.

De 2002 à 2006, j’ai travaillé comme psychologue clinicienne en psychiatrie (service "dépendances") et en centre médico-psychologique, avec des adultes et des adolescents. Depuis 2003, j’exerce comme psychothérapeute en cabinet libéral avec des adultes et des adolescents présentant des troubles de la santé mentale et des difficultés de vie. Je reçois les patients une à deux fois par semaine, souvent pour un travail approfondi, dans la durée.

J’accompagne également des couples en difficultés.

Depuis 2011, j’accompagne en tant que psychanalyste corporelle des personnes qui ont besoin de retrouver leur histoire de manière précise et profonde, pour s'en libérer.

Pourquoi ouvrir un cabinet ?

Au début de la vingtaine, j’étais une jeune femme dépressive, perdue et angoissée. Je n’arrivais pas à construire une vie affective heureuse, j’avais du mal à bien gagner ma vie car je n’avais pas une bonne estime de moi.

J’ai entamé une psychanalyse freudienne et, progressivement, j’ai commencé à aller mieux : j’ai récupéré une bonne santé physique et mentale et j’ai commencé à m’épanouir dans ma vie de jeune femme, à bien gagner ma vie, à me réaliser sur le plan affectif et sexuel. Alors, naturellement, j’ai eu envie d’aider d’autres personnes à aller mieux, comme j’avais été aidée moi-même, comme j’avais su m’aider moi-même.

J’ai ouvert mon premier cabinet en Belgique. Ma vie privée m’ayant amenée à déménager à Montpellier, j’ai ouvert un second cabinet dans le sud de la France, pour continuer à exercer mon métier.

Parlez-nous des outils thérapeutiques et des approches que vous utilisez pour travailler avec vos patients.

Que ce soit par le biais des mots ou du corps, tout mon travail est axé sur le principe suivant : il est essentiel d’être en paix avec son passé d’enfant pour pouvoir bien vivre son présent d’adulte. Pour être un adulte épanoui, il est vital d’apprendre à s’accepter tel que l’on est, à s’accueillir dans ses fragilités, à s’aimer dans ses imperfections.

J’aide les gens de deux manières : en psychothérapie verbale et en psychanalyse corporelle.

a) Une psychothérapie analytique et spirituelle

La psychothérapie que je pratique actuellement est le fruit de ma double formation en psychanalyse freudienne et en psychanalyse corporelle.

Elle est analytique car nous allons analyser, avec le patient, les mécanismes inconscients qui le conduisent à souffrir d’une manière particulière qui se répète sans arrêt. Cette répétition trouve ses racines dans l’histoire personnelle. "Faire le ménage" dans nos souffrances du passé, c’est nous ouvrir les portes d’un présent apaisé : nos blessures d’enfant continuent à envahir notre présent d’adulte, jusqu’au moment où nous acceptons de nous en occuper, pour les guérir.

Elle est spirituelle car nous allons aussi envisager la maladie, les problèmes de vie, comme une opportunité de se développer, de devenir plus conscient et plus vivant, de devenir qui nous sommes au plus profond de nous. La vie a un sens, les difficultés que nous rencontrons ne sont pas un hasard : nous répétons les mêmes histoires pour apprendre et trouver des solutions nouvelles à de vieux problèmes. Alors, nous pouvons créer et construire notre vie au lieu de la subir. La chenille ne peut devenir papillon sans la souffrance…

Le travail est articulé autour de trois grands axes :

Apprendre à voir comment nous nous arrangeons sans cesse involontairement pour souffrir de la même manière.

"C’est toujours la même chose, je me suis encore fait avoir, je suis abandonnée une fois de plus, je suis sans cesse trahi, on profite tout le temps de moi… " : nous le savons tous intuitivement, les mêmes douleurs reviennent en boucle dans notre vie.

Le premier axe du travail thérapeutique consiste à découvrir que nous portons une responsabilité dans les difficultés qui nous arrivent, et à voir de manière précise comment nous nous comportons pour les mettre en place, en étant persuadés, par ailleurs, que nous faisons tout pour les éviter… Nous avons alors une chance de récupérer du pouvoir sur notre quotidien, en agissant sur notre vie intérieure.

Comprendre pourquoi nous sommes à la fois responsables et innocents des souffrances que nous nous créons, en explorant les origines de nos comportements.

"Le passé c’est le passé, je ne revivrai plus jamais cela, je ne serai pas comme mes parents, moi je vis l’instant présent…" : nous faisons tout pour éviter que les moments douloureux de notre passé ne se reproduisent, et sommes pourtant parfois amenés à constater qu’ils sont de retour dans notre vie actuelle.

Le deuxième axe du travail thérapeutique consiste à "entrer dans ces oubliettes de notre passé" pour rencontrer le petit enfant en nous qui a mal, et que personne encore n’a consolé. Dans l’inconscient, le temps n’existe pas : les blessures que nous n’avons pas pu cicatriser quand nous étions enfants restent pleinement vivaces, et attendent patiemment d’être apaisées, même si nous ne nous en rappelons pas. En écoutant avec bienveillance le petit en nous nous raconter ses peurs, ses peines et ses colères, nous diminuons son pouvoir sur notre vie d’adulte : il n’est plus obligé de rejouer dans le présent ce qui lui est arrivé, pour se faire entendre.

Explorer de nouveaux comportements conscients et libres du passé, qui ramènent la santé et le bien-être dans nos vies.

"C’est décidé, demain, j’arrête de fumer, de me disputer avec ma femme, de me soumettre à mon patron…" : nos bonnes intentions de changement de comportements ont souvent du mal à devenir une réalité dans la durée.

Le troisième axe du travail thérapeutique consiste à apaiser nos souffrances et à résoudre les problèmes de la vie quotidienne, en voyant comment nous les induisons, en accueillant avec bienveillance l’enfant blessé en nous qui les génère, et en mettant en place une nouvelle manière d’agir plus adaptée car plus adulte. Plus nous essayons de "changer" en volonté, plus nous retombons dans nos "travers" ; par contre, quand nous accueillons avec bienveillance nos comportements problématiques, leur transformation durable devient possible.

b) Une nouvelle psychanalyse par le corps

Un siècle après Freud, une nouvelle psychanalyse par le corps est née dans le cabinet de kinésithérapie et d’ostéopathie de Bernard Montaud. La psychanalyse corporelle permet de revivre corporellement et intimement notre passé subconscient, et plus particulièrement les moments clefs qui ont forgé notre personnalité : la naissance, et trois moments particuliers au cours de la petite enfance, de l’enfance et de l’adolescence.

Cette psychanalyse ne sollicite pas la mémoire intellectuelle, mais celle du corps ; elle repose sur le principe du "lapsus corporel", mouvement involontaire conscient qui témoigne du lâcher-prise de la tête. La tête devient observatrice, elle assiste "au film du passé" revécu par le corps ; la priorité est donnée au ressenti et aux émotions. Elle permet d’accéder à une connaissance de soi approfondie et conduit à un apaisement profond par rapport à l’histoire personnelle. Elle mène à une réconciliation avec soi-même et sa famille. Elle sert à transformer concrètement la vie quotidienne par la mise en place d’autres comportements, libres du passé.

La psychanalyse corporelle s’effectue sous forme de sessions collectives de trois ou cinq jours, avec différents temps de travail : séances corporelles, verbalisations, travail sur les rêves, moments conviviaux.

Quels sont les problèmes que vous prenez en charge ?

Je travaille les problèmes de fond, et principalement tout ce qui touche aux thèmes suivants : dépendance, mauvaise estime de soi, troubles de l’humeur, sentiment de ne pas être "à sa place", de ne pas "savoir qui on est", besoin de trouver un sens à sa vie, manque de respect de soi, difficultés à se construire comme femme/homme et à avoir une vie affective harmonieuse.

Les patients que je peux accompagner sont ceux qui sont prêts à traiter leurs souffrances en profondeur, en acceptant que cela prenne un certain temps ; qui ont envie de comprendre l’origine des problèmes qui les amènent à consulter ; qui ont besoin de donner du sens à ce qui leur arrive ; qui sont disposés à profiter des difficultés rencontrées pour se remettre en question et se découvrir intérieurement.

Vous proposez également des séminaires et des formations.

Oui. D'ailleurs, le prochain séminaire est un séminaire d’initiation à la psychanalyse corporelle. Il aura lieu le samedi 25 janvier, de 14h à 18h.

Photo : Mireille Henriet

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