Je me sens perdu(e), que se cache-t-il derrière cette phrase ?

« Je me sens perdu(e) ». Voilà une phrase que l’on entend souvent en cabinet. Mais derrière ces mots se cache une variété de messages dont le sens peut varier aux différents moments...

5 MARS 2019 · Lecture : min.

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Je me sens perdu(e), que se cache-t-il derrière cette phrase ?

Je suis perdu : le début du travail

Parfois la demande du patient est simplement celle-ci : « je me sens perdu, je ne sais plus quoi faire ». C'est comme avoir tout essayé, tout testé et se retrouver à présent sans ressources avec un sentiment de vide à l'intérieur.

Dans certains cas, ce ressenti est associé à un type de situation bien précis. Cela peut avoir trait à la relation aux autres avec des schémas relationnels qui semblent se répéter sans fin. Une situation de vie dont on n'arrive pas à sortir. Cela peut aussi arriver vis à vis de soi-même. C'est alors un profond sentiment d'incompréhension quant à ses propres réactions, ses émotions.

Dans d'autres cas, c'est un sentiment plus général dans la vie. Bien sûr cela peut faire suite à un événement difficile à vivre. Un échec, un deuil, un divorce, le départ des enfants… Toutes ces situations qui vont ébranler notre identité telle que nous la définitions alors.

Parfois ce sont questions qui restent sans réponse qui font que l'on ne trouve pas de repères. Des questions importantes sur le sens de la vie. « Qui suis-je? ». « A quoi je sers? ». « Qu'y-a-t-il après la mort? »…

Toutes ces situations génèrent une forme d'instabilité, un manque d'assise dans la vie. Tant que ce sentiment perdure il est illusoire de vouloir construire quelque chose de solide. Tout restera fragile et peut-être voué à une forme d'échec. Ces quelques mots cachent bien souvent un profond mal-être, cette impression de ne pas être adapté à sa propre vie.

Se perdre pour mieux se trouver

Lorsque l'on entend ces mots au cours de l'accompagnement, on va pouvoir les interpréter d'une façon très différente.

Bien sûr ils désignent aussi une perte de repères. Mais c'est justement l'objet du travail. Abandonner les repères qui nous rattachaient à une problématique. Laisser derrière nous les habitudes qui nous enfermaient et nous empêchaient de changer. C'est un grand moment dans l'accompagnement même s'il n'est pas toujours perçu comme tel par le client! Evidemment ce n'est pas toujours facile à vivre sur le moment et cet état ne doit pas durer indéfiniment. Mais il est l'indicateur que quelque chose a lâché, qu'une partie du problème a glissé dans le passé.

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Il est intéressant de noter que l'on retrouve cette étape, cette « traversée du désert », dans toutes les traditions initiatiques. Trois exemples parmi tant d'autres :

  • Dans la spiritualité chrétienne, la condition essentielle pour accéder à Dieu est la « mort du vieil homme ». On parle aussi de mourir à soi-même. On ne peut pas accéder au but ultime sans abandonner tout ce que l'on croit être soi car c'est cela même qui nous en éloigne.
  • Dans le Bouddhisme, on parle de la mort de l'égo. C'est à peu près la même idée. Abandonner une identité imaginaire construite et entretenue par le mental.
  • Enfin dans de nombreux peuples indigènes, chacun vit un rituel très important au moment du passage à l'age adulte. Cela prend généralement la forme d'une mise en scène de mort. Certains sont enterrés symboliquement, d'autres sont chassés de la communauté pour revenir comme adulte etc.

Ainsi il semble bien que la vie soit comme articulée autour de ces étapes importantes et qu'à chacune d'elle nous ayons quelque chose à perdre pour accéder à ce que nous sommes appelés à devenir.

Après un travail thérapeutique…

À l'issue d'un travail thérapeutique, on peut quelques fois se sentir un peu perdu.

Cela ne signifie pas nécessairement que le travail ait été mal fait, c'est simplement que l'on a changé. Un travail de type thérapie consiste justement à franchir une étape telle que défini plus haut.

Suite à cela on devient quelqu'un de « nouveau ». Et c'est bien pour cela qu'il est assez naturel de sentir un décalage avec sa vie passée et avec les autres. En fait ce décalage sera d'autant plus ressenti que le changement sera rapide. Et c'est un enjeu majeur pour les thérapies brèves que de préparer l'après.

Ici le sentiment d'être perdu est plutôt relié à l'ouverture du champ des possibles. Autant au début du travail il était le fruit de l'absence d'alternatives, autant il manifeste à présent la difficulté à choisir parmi un grand nombre d'options. Une fois les blocages et souffrances disparus, on découvre que tout devient possible. Et ça peut donner le tournis!

Il est donc nécessaire qu'à la thérapie suive un temps de maturation. C'est alors que toutes ces options, ces possibles, sont pesés, évalués au regard de ce qui est vraiment important à présent. Il s'agit de faire le tri afin de ne pas se perdre et se disperser au sein de cette nouvelle identité en construction. C'est maintenant que ça commence…

Nos psychologues sont à votre écoute si vous souhaitez réaliser un travail thérapeutique avec l'un d'eux.

Photos : Shutterstock

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Écrit par

Benoit Venot Linkedin

Psychopraticien

Après 15 ans de travail personnel intensif, Benoît VENOT rencontre les techniques de communication avec l’inconscient. C’est pour lui une révélation. Il a la possibilité d’agir au bon niveau, celui auquel est enracinée la problématique. Depuis, il a affiné ces procédés pour développer une approche orientée vers l’efficacité via la participation active du patient.

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Commentaires 3
  • Bboy58

    Merci. Mais cela n'explique pas pourquoi actuellement je compte me reconvertir professionnellement hors que en analysant mon numérologie c'est bien le bon chemin de vie mais pourtant je me sens pas complétement épanoui et je pense beaucoup aux métiers d'arts. (Je suis numéro 8 mais je pense comme un 3?! bizarre).

  • Eve

    Merci Je crois en effet que je dois faire un tri et peser le pour et le contre pour ensuite trouver le courage d'avancer.... Après avoir renoncé ?

  • Géraldine 79

    Bonjour, J'ai fait une thérapie suite à une dépression due à ma séparation puis à mon divorce ainsi qu'à un mal-être professionnel qui lui, m'a menée au burn-out. Après deux années de thérapie, j'ai arrêté celle-ci il y a presque 8 mois car les choses me paraissaient plus claires et je me sens de nouveau perdue au niveau professionnel. Je me sens indécise sur mon métier d'infirmière de nouveau alors que je pensais avoir fait le tour avec ma psychologue, et je réfléchis à faire une formation pour apprendre un nouveau métier (j'ai plusieurs idées à ce sujet), donc toujours rien de précis. J'aimerais savoir, s'il vous plaît, si je dois recommencer une thérapie pour tirer cela au clair ou si cela peut se "décanter" tout seul ? Je vous remercie d'avance pour vos éventuelles réponses. Géraldine

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