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Je ne soigne pas seule, nous soignons ensemble

Maria Dijkhuis est une psychologue clinicienne interculturelle, c'est-à-dire que sa pratique prend également en compte la relation entre le psychisme et la culture au sens large : aussi bien les croyances, que les normes, les valeurs, les représentations, les comportements, les attitudes, etc.

10 juin 2013 Interviews - Lecture : min.

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Maria Dijkhuis propose des psychothérapies à des patients de tous les âges, en se basant sur l'approche centrée sur la personne et en utilisant d'autres approches comme la psychogénéalogie, l'analyse transactionnelle, l'art thérapie et la sophrologie.

Vous êtes originaire des Pays-Bas et êtes arrivée en France à 22 ans. Pouvez-vous nous en dire plus sur votre parcours ?

J'ai fait des études en psychologie clinique assez tard. Je suis arrivée en France à 22 ans. Ma première formation, réalisée aux Pays-Bas, concernait le travail social. En arrivant en France, j'ai fondé ma famille, j'ai développé des activités créatives et j'ai travaillé comme animatrice socioculturelle.

J'ai toujours été intéressée par les relations humaines, la relation entre corps et esprit ainsi que par les questions environnementales : l'écologie au sens large. Je me suis formée en analyse transactionnelle, en sophrologie et en rêve éveille, il y a 25 ans déjà. Ensuite, j'ai également obtenu un diplôme de naturopathie. J'ai monté une association pour favoriser le développement personnel, pour travailler avec ces disciplines, mais ce n'était pas facile d'en vivre.

De plus, j'ai moi-même suivi une longue thérapie personnelle, étalée sur plusieurs périodes de ma vie. 

À un moment donné, je me suis dit qu'il me fallait un diplôme pour englober tout ça, un diplôme officiel pour mettre mes connaissances et expériences au service de personnes en souffrance psychologique ou simplement à la recherche d'un développement personnel plus complet.

J'avais eu des problèmes pour valider mon bac néerlandais et ma formation en travail social, en arrivant en France. J'ai à nouveau essayé et, finalement, je suis entrée à l'Université de Toulouse-II Le Mirail, où j'ai obtenu le Master professionnel en psychologie clinique et psychopathologie, avec une spécialité interculturelle.

Cette formation universitaire m'a permis d'avoir une vision globale de la psychologie humaine avec toutes ces dimensions différentes (psychopathologiques, cliniques, sociales, cognitives, développementales, sans oublier les neurosciences) et de développer plus de rigueur dans mon travail.

En parallèle, j'ai suivi une formation approfondie en Écoute Centrée sur la Personne, afin de travailler en psychothérapie et en relation d'aide de manière plus générale. Cette formation me sert comme base dans mon travail de psychologue et psychothérapeute.

Vous avez acquis de nombreuses connaissances au fur et à mesure de vos formations. Comment les utilisez-vous dans votre exercice actuel ?

La psychanalyse qui est enseignée à l'université, mais aussi l'analyse transactionnelle, ainsi que toutes autres les formations que j'ai réalisées avant d'entreprendre des études en psychologie clinique, sont des outils très importants à connaître -enrichissants et complémentaires- qui me permettent de travailler avec des personnes  en utilisant différents types d'approches.

J'utilise plutôt le mot "personne" que le mot "patient", selon mon éthique et philosophie de vie -liées à ma formation en Approche Centrée sur la Personne. Je n'aime pas enfermer des personnes en mettant  des étiquettes ou en les faisant rentrer dans une catégorie. Ce qui ne m'empêche pas d'être consciente des traumatismes psychiques, de leurs conséquences, des symptômes qui peuvent s'en suivre, comme les désordres de personnalité.

Dans la mesure du possible, je travaille donc avec les personnes sur les racines de leurs problèmes ou difficultés, et sur leurs vrais besoins. Je ne soigne pas seule, nous soignons ensemble. Il s'agit d'une cocréation, où la personne est entièrement partie prenante.

Je crois profondément aux capacités de développement de chaque personne, et je crois que chaque personne est susceptible d'évoluer vers plus de santé mentale, plus de maturité et d'épanouissement, à condition d'être soutenue par ces trois piliers : acceptation positive inconditionnelle (en tant qu'être, même si on n'adhère pas à tout comportement), empathie et authenticité (nommé aussi "congruence").

En fait, je vais utiliser et proposer des outils différents, adaptés à chaque situation particulière. J'ai développé une grande souplesse quant à l'exercice de ma discipline. Si cela me semble approprié et si la personne y est ouverte, par exemple, je peux même parler de la naturopathie avec lui.

La sophrologie est également un outil très intéressant, on travaille sur la respiration, sur la relaxation, sur la concentration et sur la visualisation, dans des buts très précis comme la confiance en soi, un examen, une amélioration de santé souhaitée, etc.

Je travaille également avec la psychogénéalogie quand les liens transgénérationnels ont besoin d'être conscientisés et travaillés. Par le biais de l'art thérapie, par exemple, on peut utiliser la peinture, la musique, permettre aux gens de s'exprimer autrement, sans devoir créer quelque chose de beau, simplement pour se permettre de s'ouvrir à d'autres dimensions de soi.

Pourriez-vous nous donner plus de détails concernant votre spécialisation en psychologie interculturelle ?

Je me sens très concernée par ce qui se passe dans la société. De plus, dans ma famille, on retrouve de nombreuses origines, le facteur interculturel a toujours été très présent.

La clinique transculturelle permet de travailler plus facilement avec des gens venant d'autres cultures, ayant d'autres visions, d'autres manières d'être dans le monde. On travaille beaucoup sur la perception des choses, on explique le fonctionnement du psychisme d'une manière particulière, en tenant compte des ancrages culturels : du comportement d'une certaine époque, d'un certain milieu, d'habitudes, d'un fonctionnement psychologique, de choses inculquées depuis que l'on est très jeune…

En tant que psychologue, ça me permet de me mettre à la place de quelqu'un qui a un vécu très différente du mien, dont les marquages culturels sont différents. Ça me permet de me mettre à la place de l'autre, de comprendre ce que certaines choses signifient pour les personnes qui ont un autre bagage culturel, quelle est leur importance, etc.

L'interculturalité se joue dans des domaines variés : ethnique, générationnel, religieux, sexuel, social, etc. Nous sommes tous influencés par ces facteurs, c'est passionnant ! Et ça explique beaucoup de crispations identitaires et d'attitudes, ça explique aussi pourquoi, par exemple, on peut devenir fanatique, ou pourquoi on se suradapte à une société.

Ça explique également de nombreux blocages et incompréhensions réciproques. Il est important de faire la part des choses entre notre identité véritable et notre identité (nos appartenances) familiale, sociale, professionnelle, ethnique et autre.

Vous animez des groupes de parole régulièrement.

Oui, c'est exact, j'anime des groupes de parole depuis de nombreuses années. Je propose des groupes de parole de soutien, par exemple à des personnes qui travaillent en service d'aide à domicile. Ce sont des professionnels réellement mal considérés, alors que leur fonction sociale, par exemple auprès des personnes âgées ou handicapées, est d'une grande importance.

J'organise également des groupes avec une association de soins palliatifs, et avec des proches de malades atteints de la maladie d'Alzheimer. Avec ces derniers, je travaille aussi en groupe, mais plutôt sous forme d'art-thérapie.

En plus de recevoir les personnes au cabinet, je peux également me déplacer à domicile, si cela s'avère nécessaire.

Photo : Maria Dijkhuis

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