La conviction d'être aimé ou érotomanie

<strong>Article révisé</strong> par le

Article révisé par le Comité Psychologue.net

Connaissez-vous l'érotonomie ou syndrome de Clérambault ? L'idée selon laquelle une personne pense qu'une autre est amoureuse d'elle alors que ce n'est pas le cas.

5 JUIN 2019 · Lecture : min.
La conviction d'être aimé ou érotomanie

L'érotomanie est aussi appelée syndrome de Clérambault, une conviction délirante d'être aimé par quelqu'un. La personne croît en quelque chose qui n'existe pas, elle pense que l'autre est amoureux d'elle et qu'il n'ose pas se déclarer.

Cette conviction délirante est inébranlable, en effet la personne érotomane va espérer et inspecter les moindres petits gestes/signes (imaginaires) de l'autre lui montrant qu'il est bien amoureux d'elle et qu'il n'ose simplement pas se déclarer. L'érotomane va très souvent avoir pour objet de son fantasme une personne socialement ou intellectuellement au-dessus de lui comme un chef, un professeur, etc. La personne peut représenter une sorte d'idéal pour l'autre.

Peu de personnes sont touchées par cette affection, et ce sont surtout les femmes qui sont concernées, elles sont généralement isolées et seules. 

Comment expliquer cette conviction délirante ?

Ce délire ou conviction délirante d'être aimé par quelqu'un a pour fonction de trouver un équilibre psychique. Les personnes concernées ont souvent un attachement difficile avec leurs parents, ont connu ou sont en manque d'amour dans leur enfance, elles souffrent de carences affectives, peuvent avoir le sentiment de ne pas être aimé, et même se sentir rejetées par la société.

C'est ainsi que le manque de sécurité affective, d'estime de soi et le rejet social vont être compensés par un délire érotomane pathologique.

Un délire en plusieurs phases

Le délire érotomane connaît plusieurs phases, notamment :

  • La phase de déclenchement du délire : l'origine du délire passionnel de l'érotomane vient d'un comportement ou d'une parole de l'autre personne. Involontairement la personne va s'adresser à l'érotomane d'une telle manière qu'il va interpréter son geste ou ses paroles comme la preuve d'un amour très intense. L'érotomane va vouloir par la suite faire perdurer ce lien et rendre réelle cette histoire d'amour qui n'est encore qu'un fantasme. 
  • La phase d'espoir : l'érotomane multiplie les tentatives d'échanges amoureux avec l'être aimé (courriers, sms, e-mails, présence insistante, etc.). En l'absence de retour, l'érotomane garde espoir et trouve des explications à son comportement (discrétion en amour, jeu érotique mis en place, etc.).
  • La phase d'effondrement/ de rancune : quand l'érotomane réalise que l'autre ne l'aime pas, il ressent alors déception et rancune.  Il va en vouloir à l'autre de lui avoir fait croire en un sentiment amoureux et va éprouver le besoin de se venger. Le comportement peut alors devenir violent : agressions, menaces ou encore destructions matérielles.

Dans les très rares cas où l'érotomane est un homme, le délire peut conduire à de la jalousie maladive et à du harcèlement.

Comment sortir de l'érotomanie ?

L'érotomanie peut porter préjudice à la personne qui en est atteinte ainsi qu'à sa victime, car sur le plan personnel l'érotomane peut aller jusqu'à la dépression et en cas d'atteintes graves à la personne aimée, la justice peut mettre en place une mesure d'éloignement.

Si l'érotomane se présente rarement à un psychologue, convaincu qu'il a raison de son délire, il peut être amené à consulter lors de la phase d'effondrement qui peut le mener à la dépression. Dans ce cas, le patient doit faire appel à son médecin généraliste, un psychologue ou un psychiatre afin de connaître l'origine de la dépression et être pris en charge.

Des solutions basées sur la psychothérapie ou des traitements médicamenteux existent pour venir à bout de l'érotomanie. Les thérapies cognitives et comportementales sont ainsi recommandées pour modifier le raisonnemment du patient qui fantasme. 

Enfin, une thérapie spécifique peut également être mise en place avec le/la patient(e), l'objectif est de travailler sur les problèmes du passé, son attachement avec les parents, les carences affectives. Ici le professionnel va tenter de combler la carence via des techniques de renforcement d'estime de soi.

Photos : Shutterstock

psychologues
Linkedin
Écrit par

Psychologue.net

Laissez un commentaire
Le nom sera publié mais pas l'e-mail

derniers articles sur troubles psychologiques