La maltraitance infantile, qu'est-ce que c'est ?

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Maltraitance, négligence, comment différencier ces mauvais traitements, qui concerneraient près de 40 millions d'enfants dans le monde ? Comment réagir ?

14 MAI 2014 · Lecture : min.
La maltraitance infantile, qu'est-ce que c'est ?

En France, on estime de 19 000 enfants subissent des maltraitances, et que 95 000 sont en situation de danger. Vertigineux, ces chiffres rappellent aussi que chaque jour, en France, deux enfants meurent des suites de ces sévices.

La maltraitance des enfants est définie par les Nations Unies comme :

"toute forme de violences, d'atteinte ou de brutalités physiques et mentales, d'abandon ou de négligence, de mauvais traitements ou d'exploitation, y compris la violence sexuelle".

L'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) distingue quatre types de violences envers les enfants :

  • La violence physique
  • La violence sexuelle
  • La maltraitance psychologique
  • La négligence.

Physique ou morale, la maltraitance a de grave conséquences sur le développement de l'enfant (psychique, physiologique, etc.).

Négligence, maltraitance, quelle distinction ?

Négligence et maltraitance sont deux types de mauvais traitements infligés à un enfant, et définis dès 1993 par l'Observatoire Décentralisé d'Action Sociale.

  • La négligence : "l'enfant en péril est celui qui connaît des conditions d'existence qui risquent de mettre en danger sa santé, sa sécurité, sa moralité, son éducation ou son entretien, mais qui n'est pas pour autant maltraité".

On utilise le terme de négligence lorsque les adultes responsables ne subviennent pas aux besoins fondamentaux de l'enfants, quels qu'ils soient : physiques (nourriture, hygiène, habillement), émotionnels (il ne lui est pas porté d'attention ou d'affection), éductaionnels (pas de scolarisation ou d'aide aux devoirs), ou encore médicaux.

  • La maltraitance : "l'enfant maltraité est celui qui est victime de violences physiques, cruauté mentale, abus sexuel, négligences lourdes ayant des conséquences graves sur son développement physique et psychologique"

La maltraitance est définie par l'agression d'un enfant par un adulte, agression qui peut être physique, psychologique ou sexuelle.

- La maltraitance physique englobe tout types de mauvais traitements, tels que les gifles, fessées, cheveux tirés, etc., ainsi que le syndrome du bébé secoué, dont 180 à 200 nourrissons seraient victimes chaque année.

- L'abus sexuel sur mineur (ASM) concernerait environ 15 à 25% des femmes et 5 à 15% des hommes : dans cette forme de maltraitance, un adulte ou adolescent abuse sexuellement d'un enfant.

- L'abus psychologique (ou émotionnel) est le plus difficile à repérer, car le plus insidieux : il passe notamment par les critiques et rabaissement constant de l'enfant, voire par la torture de l'animal familier, la destruction des objets, l'humiliation...

- La maltraitance sociale désigne le fait qu'un enfant est témoin de violence au sein de la cellule familale ou du couple parentale.

Les enfants victimes de violence

Victimes ou témoins de violences, les enfants ont des difficultés à prendre compte de la mesure de ce qu'ils vivent, en raison d'un manque de recul.

Mais comment prendre conscience de ce que l'on vit, lorsque c'est pour nous la norme ?

L'enfant perçoit toutefois qu'il n'est pas conforme aux désirs du parent : dès lors, il culpabilise, se remet en cause, portant au passage un coup à son estime de lui-même. La maltraitance de l'adulte brise l'esprit critique de l'enfant, empêchant celui-ci de se rendre compte de ce qu'il subit. En revanche, la prise de conscience de l'agression, qu'elle soit physique ou psychologique, est un grand choc, empreint d'un sentiment d'humiliation ("comment ai-je pu ne rien voir ?").

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C'est un processus complexe que de comprendre qu'une personne que l'on a aimée est dangereuse, et qu'il faut s'en protéger. C'est pourquoi à la suite de cette prise de conscience, les enfants ou adolescents peuvent subir ce que les professionnels nomment "décompensation" : l'équilibre sur lequel reposait l'enfant est rompu, toutes les défenses qu'il avait monté tombent, les digues craquent.

Les personnes peuvent alors être en proie à une anxiété généralisée, à des troubles dépressifs, ou encore à des symptomes physiologiques. La séparation d'avec le parent (physique comme psychique) est nécessaire : ce processus est libérateur, et pourtant porteur de douleur et de culpabilité (d'autant plus si le parent se fait passer pour la victime abandonnée).

La victime de violence va notamment devoir apprendre à faire confiance à nouveau, à accepter le soutien d'une tierce personne. Le soutien d'un psychologue permettra notamment de faire un travail de deuil à deux visage : deuil du parent tel qu'il a été, mais aussi deuil du parents qu'il n'a pas été.

Que faire pour signaler une personne victime de violence ?

Contactez un organisme d'aide à l'enfance, la police, ou encore le 119, le numéro de l'enfance en danger. Sachez que ce numéro est gratuit, joignable 7j/7 et 24h/24, et qu'il n'apparaîtra pas sur votre relevé téléphonique. Les professionnels du 119 pourront évaluer le risque encouru par la victime, et faire appel aux professionnels compétents pour une intervention auprès de la famille si nécessaire.

Photo : Paul Joseph - Flickr

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