La mélancolie, un visage de la dépression

La mélancolie est souvent vue comme une tristesse générale peu grave. Pourtant, il s'agit du stade ultime de la dépression, à prendre très au sérieux à cause des idées suicidaires liées.

24 JANV. 2017 · Dernière modification: 17 OCT. 2019 · Lecture : min.

PUBLICITÉ

La mélancolie, un visage de la dépression

Souvent, lorsqu'on traverse un passage à vide, on peut se sentir mélancolique. On pense beaucoup au passé, on perd la motivation pour avancer dans notre quotidien...Ce passage à vide est normal, mais il faut être attentif lorsque la mélancolie perdure car elle peut être le reflet d'une grave dépression.

Dès l'Antiquité, et notamment avec Hippocrate et sa théorie des humeurs, on suppose que la rate déverse dans le corps la bile noire, qui empoisonne les sujets et les rend mélancoliques, forme ultime de la dépression. Dans la période du romantisme, Baudelaire l'appelle "spleen" (du mot anglais "rate"), et en définit ainsi une profonde tristesse due au mal de vivre.

C'est Freud qui, ensuite, parlera bel et bien de la mélancolie comme d'une maladie, et plus précisément comme le stade le plus grave de la dépression. Encore aujourd'hui, si nous avons tendance à associer la mélancolie à une tristesse passagère, il n'en reste pas moins qu'il peut s'agir d'un symptôme dépressif grave, avec des pensées suicidaires ou un passage à l'acte.

Symptômes de la mélancolie

La mélancolie s'exprime par un état d'asthénie morale, on y retrouve tous les signes de la dépression, parfois exacerbés, et notamment :

  • Une forte douleur morale accompagnée d'un grand désespoir, d'anxiété et d'auto-dépréciation (baisse de l'estime de soi) : le sujet a la sensation qu'il gâche sa vie et celle des autres, qu'il ne sert à rien...
  • Des troubles du sommeil (insomnies)
  • Un ralentissement général, avec une perte d'énergie et de motivation associée à une fatigue
  • Un ralentissement psychomoteur
  • Un état de stupeur
  • Des pensées délirantes tournant autour de la culpabilité ou de l'indignité
  • Des pensées suicidaires avec un fort risque de passage à l'acte.

shutterstock-370698023.jpg

La mélancolie, comme la dépression, se caractérisent par un découragement, une perte de l'élan vital et de toute énergie, qui empêche de se consacrer à de nouveaux projets, voire à sa vie sociale et professionnelle. On distingue deux types de mélancolie : la mélancolie anxieuse (dominée par un sentiment d'anxiété ou de culpabilité) et la mélancolie stuporeuse (dominée par l'apathie).

Le psychiatre française Jules Cotard a également décelé une forme de mélancolie délirante, composée d'un trouble dépressif, d'un délire à propos d'une transformation du corps et de ses fonctions, et une forte hypocondrie.

Étant un versant grave de la dépression, la mélancolie apparaît souvent chez les personnes atteintes d'un trouble bipolaire (ou trouble maniaco-dépressif), et s'oppose à la manie.

La mélancolie peut aussi être favorisée par certains problèmes neurologiques, ou des passages avec des chutes brusques d'hormones, comme après la ménopause. Un deuil ou autre événement traumatique peut aussi déclencher la mélancolie, qui s'installe progressivement.

Dès l'apparition de la mélancolie, le sujet se sent découragé, pessimiste, d'humeur générale triste. Fatigué et mal à l'aise, il cesse ses activités sociales et professionnelles. Il peut souffrir d'insomnie et de divers maux.

shutterstock-320653400.jpg

Après quelques semaines, on parle de période d'état : il faut alors réagir très vite, car la personne communique peu, est angoissée, ne mange plus. Chez les femmes, on peut observer un arrêt des règles (aménorrhée). L'entourage doit alors être très vigilant, car c'est à ce moment que la personne est la plus à même d'avoir des impulsions suicidaires. La vigilance doit être accrue sachant que la personne peut faire preuve de réticence, c'est-à-dire amoindrir ou masquer ses troubles.

Quel est le traitement de la mélancolie ?

Si vous pensez être dans un état de mélancolie ou que l'un de vos proches l'est, n'hésitez pas à faire appel à un psychiatre, qui pourra poser un diagnostic et proposer un traitement médicamenteux sous forme d'anti-dépresseurs, et si besoin une hospitalisation, surtout en cas de suspicion de passage à un acte suicidaire. La mélancolie peut se traiter rapidement, mais le patient devra rester sous surveillance afin d'éviter une rechute.

Photos : Shutterstock

PUBLICITÉ

psychologues
Linkedin
Écrit par

Psychologue.net

Laissez un commentaire

PUBLICITÉ

12 Commentaires
  • Rami

    Le probleme qui se pose c'est qu'on ne peut tracer une ligne de démarcation entre divers maladies

  • Choupinou

    Bonjour, J'habite dans le 20ème à Paris. J'ai suivi une longue analyse qui a dû s'interrompre par la révélation de manifestations de symptômes de type mélancolique. Depuis l'interruption de ma psychanalyse Je fus parfois pris en charge dont à laroboisiere mais la psychiatre a dû quitter le service. Je me sens démuni maintenant sans suivi prononcé. MSement Dominique

  • Pseudo

    On peut guérir seul ? Parceque j'ai des examens et si c'est possible j'aimerais connaître la solution Merci.

  • Une âme perdue

    La mélancolie au fil du temps est devenue ma meilleure amie depuis qu’elles sont parties . Elles m’ont laissé seule avec ma bile noir dans l’obscurité de la nuit. Depuis mon harcèlement, mon spleen a pris de l’ampleur , toujours l’ame en vague...

  • Michel

    J'odore la mélancolie. Ce cœur écorché vif. Cette intense abandon du tout. Cette descente dans la souffrance, aux plus profonds des abîmes, sans issue. Je suis, comme porté, par des sentiments aiguisés, délirants, vers une sensation de beauté, d'Amour inconditionnel. Michel.

  • allaya

    je souffre depuis 12 ans de ce que j'appelle notre CANCER à nous dep mel, on en guérit pas elle partira avec nous. A quoi bon rester si c'est pour être malheureux et faible alors qu'on était solides et comiques...

  • Marila33

    Bonjour Catouchka J aimerais savoir si vous avez vu un énergéticien pour votre blocage énergétique .Je suis en gironde et souffre de dépression depuis l age de 15 ans j'en ai 52 maintenant et n ai plus de vie sociale ni même de travail.Je suis en invalidité et à bout.Pouvez vous m'indiquer le genre de soignant que vous avez rencontrez et êtes-vous guéri à présent? Grand merci a vous et je vous souhaite une belle vie

  • marrily84

    bonjour marie laure, je viens de perdre mon épouse qui était mélancolique il y a trois mois. J'en ai beaucoup souffert et j'en souffre encore énormément aujourd'hui. Elle semblait pleine de vie et elle avait un amour inconditionnel pour moi et pour nos deux enfants dont je ne douterai jamais. Je sais que c'est très dur mais il faut vous accrocher et surtout ne pas hésiter à vous soigner ou à demander de l'aide. Car bien que ce sois excessivement douloureux pour vous, il faut continuer à penser à tous ceux qui vous entourent et qui vivront l'enfer sans votre présence. j'en étais venu à me demander maintenant qu'elle est partie à quoi je sert. depuis je suis suivi et petit à petit je remonte la pente surtout pour être disponible pour mes enfants qui s'accrochent à moi. Ils m'apportent beaucoup. j'imagine à quel point c'est douloureux mais accrochez vous comme vous le pouvez à vos proches car n'oubliez jamais qu'ils vous aiment. J'aimais ma femme comme jamais je n'aimerais quelqu'un. 17 ans de bonheur même si il y a eu quelques moments difficiles lors des moments dépressifs. Je donnerais tout pour la revoir mais malheureusement maintenant je sais que c'est impossible. courage, même si vous pensez le contraire, votre entourage vous aime.

  • catouchka

    Jeanne , ou habitez vous ? je connais quelqu'un de bien qui m'a soignée par des massages , un travail sur le corps . Ce n'est pas la connaissance de votre histoire , sa lecture qui vous aidera ; vous avez peut etre comme moi, un blocage energétique sérieux qui entraine en cascade tout un tas de sysfonctionnements , qui vous induit cet état mélancolique . Pas de chimie , de médicaments , ça ne régle rien ...

  • Jeanne

    Je n'y arrive plus. L'image que j'ai de moi est celle de grimpeur accroché à sa paroi. Ne pouvant plus monter, tellement il est fatigué, mais qui ne peut se résoudre à sauter. (Encore un enfant à la maison qui a besoin de moi, et deux autres grands à qui je ferai trop de mal). Je suis donc là accroché à ce mur. Je n'ai qu'un peu de force pour laisser croire, lorsqu'on passe vite, que tout va bien. Je crains de ne plus avoir de force un jour et de lâcher ma prise. J'ai essayé beaucoup de choses aussi. Peut être n'ai jamais voulu accepter le fait que je suis vraiment malade et n'ai je pas mis en place des choses vraiment sérieuses pour me soigner. Aujourd'hui je voudrais connaître un soignant capable de m'aider. J'ai déjà consulté. A chaque fois on me disait que j'analysais bien ma situation. Qu'une petite béquille médicamenteuse m'aiderait. Cela fait plus de 20 ans que je marche en boitant avec cette béquille. Et je boîte de plus en plus. Je suis épuisée de traîner ma carcasse dans cet état là. En plus, je culpabilise car on peut dire que je n'ai pas de problème d'argent, la sante des mes enfants est bonne. Je voudrais dormir et ne plus penser, penser, sans cesse penser.


Chargement en cours



derniers articles sur dépression