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La psychanalyse, c'est la révolution des habitudes

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​Joseph Agostini, psychlogue clinicien diplômé d'État, nous expose les secrets de sa réussite lors de ses thérapies individuelle ou en couple.

15 déc. 2014 · Lecture : min.
La psychanalyse, c'est la révolution des habitudes

Joseph Agostini, psychologue clinicien diplômé d'État exerçant à Clamart, dans les Hauts-de-Seine, nous parle des points clés des thérapies individuelles d'orientation analytique et des thérapies de couple qu'il propose à ses patients.

Quel est votre parcours en tant que psychanalyste ?

J'estime qu'un parcours de psychanalyste est, avant tout, un parcours d'être humain. Quand vous me posez cette question, je n'ai pas envie de vous répondre en arguant une collection de diplômes ou d'expériences professionnelles. En effet, je me suis avant tout formé en écrivant des pièces de théâtre, en écoutant la radio, en allant au cinéma, en posant des questions aux gens, quels qu'ils soient. Et puis, sont venues les études universitaires et mon analyse personnelle.

Racontez-nous le déroulement d'une consultation lorsque vous recevez un patient.

Quand je reçois un patient, qu'il soit jeune ou plus âgé, je m'adresse avant tout à l'enfant qu'il a été, à ce qu'il voulait devenir quand il était petit, à la somme de désirs, de rêves, de fantasmes qui le régissent.

Faire une psychanalyse c'est revenir en enfance, retomber dans cet état de recherche, de simplicité, sous les évidences, les carcans et les stéréotypes. Par conséquent, le psychanalyste doit être un enfant lui aussi. Sinon, c'est de la supercherie !

Quels sont vos secrets pour que vos patients aillent mieux ?

Ne pas proposer aux patients de mieux aller à tout prix, justement. Nous sommes dans une société où tout le monde cherche le bonheur mais où personne ne le veut réellement. Les gens préfèrent rester dans la plainte plutôt que de vivre des choses simples, de revenir à l'essentiel, de décrocher de leurs souffrances, qui sont de vraies drogues dures.

Faire une psychanalyse, c'est casser la plainte, exactement comme on casse un joujou. On a du chagrin d'abord. Et puis, on se rend compte que si on ne l'avait pas cassé, on aurait passé sa vie à jouer à la même chose, sans même plus y prendre plaisir. La psychanalyse, c'est la révolution des habitudes. On coupe la tête au prêt à penser et aux facilités, qui sont tout sauf faciles d'ailleurs.Et le cas particulier des thérapies de couple...

Les thérapies de couple sont avant tout des oasis de parole pour des êtres muselés, cassés par la vie et qui ont besoin d'un espace thérapeutique pour se révéler, s'assumer enfin en tant que "couple". La société favorise "l'encouplement" comme si c'était d'évidence que l'on se retrouvait à deux pour construire. Les difficultés à l'intérieur des couples sont mal vécues car on s'éloigne de l'idéal normatif en acceptant de les vivre.

Que vont penser les autres ? Quand on est normaux, dans cette société, on se quitte sans trop de culpabilité. Or, quand on fait une thérapie de couple, on va au-delà de cette norme tyrannique de consomtion. On a le désir de continuité, de pérennité d'un amour sans maquillage. En ce sens, il faut être un peu révolutionnaire, un peu dissident pour accepter de se remettre en question.

Une thérapie réussie est, avant tout, une retrouvaille avec l'autre, avec soi-même, avec l'état d'enfance, avec la société. Les couples que je reçois se marient vraiment quand ils ont achevé leur travail. C'est un mariage vrai, pas une mascarade basée sur une imposture sociale, un encouplement forcé.

Les patients ont besoin de retrouver une vérité humaine, ont une soif d'authenticité, loin des escroqueries imaginaires proposées par la société. C'est ça, réussir une thérapie : désirer autre chose, changer de disque.

Photo : nouvellesperspectives

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Écrit par

Cloé Perrot

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