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Le deuil et ses différentes étapes

La mort dérange notre conscience, elle nous rappelle notre condition humaine et le fait que nous sommes présents pour un certain temps.

2 janv. 2018 Deuil - Lecture : min.

Briançon Hautes-Alpes

L'étymologie du mot deuil vient du latin « dolus» signifiant « douleur ». Plusieurs expressions y sont rattachées « faire son deuil », « travail de deuil », « chemin de deuil », afin d'exprimer le processus psychique actif d'une personne ayant subi une perte irréversible. Ce changement radical va provoquer un certain nombre de réactions chez la personne notamment, comme le porte son étymologie, de la douleur. Une douleur, que j'associe à un « pathos », provoquant une souffrance (origine de ce mot). Qu'elle soit physique ou psychique, quelque soit son intensité, elle est l'élément essentiel constituant la valence négative des phénomènes affectifs. Cette souffrance sera alors associée au mal-être causé par la situation.

La situation à laquelle je fais référence ici est la mort, la mort d'un être cher, la mort d'un parent. Il y a des sujets plus ou moins difficiles à aborder et il se trouve que la mort en est un. Autrefois, la mort faisait partie de la vie quotidienne. Les familles s'occupaient de leurs parents mourants, les guerres ou les maladies amenaient à l'idée que c'était une fatalité. Dans notre société actuelle, régie par le bien-être, le plaisir, la consommation, la productivité et surtout le contrôle quasi-total, la maladie, l'handicap ou la mort dérange car elle nous rappelle violemment que nous ne sommes « rien » sur Terre.

Le processus du deuil

Le deuil a un processus, un cheminement plus ou moins lent et complexe. Comme dans tout processus, il a un commencement, un cœur et une terminaison. Je préfère employer le mot de terminaison car il me semble que le travail de deuil ne s'achève jamais totalement. Il n'a donc pas de fin. Différents modèles, selon différents auteurs existent pour aborder le deuil. Et si certaines étapes sont davantage décrites plutôt que d'autres, je peux identifier et formaliser cinq étapes du chagrin, intégrantes à trois phases, que traverse la personne lorsqu'elle se trouve confrontée à la perte d'un être cher ou face à sa propre mort.

Le déni : « Ce n'est pas vrai, c'est impossible… ! »

La colère : « Pourquoi !? Pourquoi lui/elle !? Pourquoi pas moi !? Ce n'est pas juste… »

Le marchandage : « Ramenez-le/la moi ou je meurs moi aussi ! »

La dépression : « Tout est perdu. Plus rien n'a d'importance. Je suis mort de l'intérieur. »

L'acceptation : « C'est comme ça. »

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Au cœur de son processus, les étapes n'ont pas forcément un ordre bien établi. La personne endeuillée peut les traverser, y revenir, faire demi-tour… Son temps n'est pas défini, il appartient à tout un chacun. Trois phases se suivent afin d'arriver à la terminaison de ce périple.

La phase initiale : caractérisée par l'état de choc. Appelée également phase de détresse ou phase d'impact, la personne est saisie par la stupéfaction, l'incrédulité le traduisant par un déni défensif.

La phase centrale : représentée par la période aiguë du deuil de par sa concentration d'émotions toutes plus extrêmes les une que les autres : tristesse, pleurs, culpabilité, honte, irritabilité, anorexie, insomnie, sentiment de vide, fatigue, retrait social, identification au défunt. La colère et la culpabilité traduisent l'ambivalence des sentiments de la personne.

Et la phase de résolution, de « guérison », d'adaptation où la personne accepte la perte sans douleur excessive. La vie reprend son cours avec cette absence toujours présente dans son cœur et son esprit mais de manière supportable, vivable.

Des outils pour vous aider

Voici quelques outils pour faciliter le cheminement de deuil :

Il est important d'accepter la réalité, ensuite, la remémoration est l'une des dimensions également essentielles au deuil. Se souvenir, partager des souvenirs vécus en famille, conserver certains rituels, donnent la possibilité de prolonger la présence de la personne disparue et de ne pas l'oublier. Se remémorer contribue à atténuer progressivement les inévitables sentiments de culpabilité qui empêchent à retrouver goût à la vie par crainte de penser qu'il a « oublié ». Il y a également, l'affrontement de ces sentiments de culpabilité qui va être le dernier et troisième point des dimensions essentielles en vue de l'accomplissement du processus de deuil.

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J'entends par culpabilité le : « Pourquoi moi, qu'est ce que j'ai fait de mal ? J'ai peut-être pas été assez gentil(le)…». En ce qui concerne le deuil, la notion de culpabilité n'est que très rarement exprimée spontanément mais profondément présente.

Le deuil n'est pas l'oubli, mais la mémoire apaisée. Ou plus exactement, c'est la souffrance qui s'atténue pour enfin s'oublier. Le souvenir reste toujours présent, mais il est resitué dans le présent, c'est-à-dire dans sa vérité. Le chemin pour y arriver est long et difficile. Il ne faut pas se laisser sombrer dans l'obscurité. La personne devra admettre la perte définitive, se détacher et trouver de nouvelles raisons de vivre. Le deuil est un processus de « guérison » qui va délivrer la personne de la mort à laquelle elle s'identifie parce qu'elle la refuse. Le deuil arrive spontanément et normalement à son terme, peu à peu avec le temps et le désinvestissement, la personne disparue ne fait plus partie du quotidien.

Photos : Shutterstock

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