Le savoir universitaire, aussi nécessaire et pointu soit-il, n'est pas suffisant face aux passions humaines.

Philippe Raynal, le parcours d'un psychanalyste : sur le terrain de l'humain, du langage, du corps et de ses créations. 

19 MARS 2014 · Lecture : min.

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Photo Philippe Raynal

Après une maitrise en 1983 (université Paris VIII), une analyse personnelle de 5 ans avec François Lorach (Melun), j'ai été formé à l'A.L.I (association lacanienne internationale) à Paris. Ecole fondée par Charles Melman, qui fut élève puis collaborateur de Jacques Lacan. Ses livres et ses séminaires font autorité dans la profession.

Pour la psychopathologie j'ai étudié la clinique à l'Hôpital Henri Ey, Service Psychiatrie, à la Porte de Choisy (Paris).

Bien qu'issu d'une famille de médecins, de psychanalystes, de sophrologues, et nourri de culture "psy", j'ai entrepris à mes débuts une carrière artistique, créateur graphique et professeur d'Arts Appliqués. La question des processus de création et de la sublimation se posant, c'est tout naturellement que j'ai suivi le cursus analytique. 

Après douze ans d'études psychanalytiques théoriques et cliniques, j'ai reçu une première demande d'analyse ce qui m'a décidé à franchir le pas. Il me restait à choisir mon superviseur (contrôleur), un membre éminent de L'A.L.I. Au début, j'ai reçu mes patients dans un cabinet aménagé chez moi à Noisy sur Ecole. Aujourd'hui je reçois dans mon cabinet à Milly-la-Forêt .

Ma pratique s'inscrit dans la continuité de la clinique psychanalytique telle qu'elle fut initialement inventée par Freud, puis développée jusqu'à aujourd'hui, notamment par l'école de C. Melman (l'A.L.I.) collaborateur de Lacan, et qui a su mettre à jour "La nouvelle économie psychique", posant les conditions d'une nouvelle approche du sujet contemporain.

Je suis spécialisé en thérapie du couple, phobie, obsessions, angoisse, inhibition, addiction, dépression, situation d'échec...

La thérapie analytique contemporaine ne peut pas faire l'économie de la remise en cause, de la récusation de l'autorité paternelle basée sur le patriarcat, toujours plus évidente générations après générations. Les patients de Freud n'ont plus grand chose à voir avec ceux de Lacan et ceux de Lacan avec ceux d'aujourd'hui. Il ne s'agit pas de le regretter ou de l'approuver mais d'en prendre acte dans la clinique. Notamment lorsqu'il faut repérer ce qui peut faire référence pour le discours du patient, de savoir d'où il parle, et quel cas il fait de sa propre parole, quel prix il lui accorde. Il y a donc de ma part un travail préliminaire assez conséquent avec ces nombreux patients, qui ne sont ni des névrosés ni des pervers ni des psychotiques au sens classique du terme.

Ce qu'on appelle "transfert" prend souvent dans ce cas une tournure négative (chargée d'agressivité ou de récusation). Le psy, de ce point de vue, se présente comme un révélateur, il "prend" alors pour tous les autres, ceux qui ont compté par excès ou par défaut pour le sujet, et on le prend toujours pour un autre. C'est pour cela qu'une formation solide est nécessaire, sans laquelle il serait difficile de résister.

Une sorte de reconstruction du patient par rapport aux lois du langage, et aussi à la dette symbolique, est nécessaire avant tout pour arriver à formuler une demande, à reconnaître la prégnance d'une souffrance, à identifier le symptôme.

Je rencontre donc souvent à l'origine chez eux une souffrance diffuse, un mal de vivre inexpliqué, un refus de toute dette à l'endroit des anciens, des addictions, des sortes de phobies, un tableau dépressif et une inaptitude déclarée devant toute forme de parti-pris et de responsabilité, beaucoup de revendications. Tout cela ayant pour dénominateur commun une défiance par rapport à ce qui est désigné comme l'inconséquence et l'illisibilité du discours ambiant, qu'il soit politique, culturel, ou familial, où la parole ne serait pas toujours tenue, souvent vide et abimée, qu'elle n'engagerait plus vraiment, qu'elle ne porterait pas à conséquence, qu'elle jouerait trop sur ses possibilités d'équivoque. Bref, il manque quelque chose "qui tienne", à quoi s'accrocher, sur quoi compter. Cette phase se développe en face à face.

philipperaynal.jpg

Philippe Raynal

Une fois ce travail accompli, cette parole mise en place, commence la mise en route de l'analyse proprement dite, l'analysant allongé sur le divan, pratiquant la "libre association", le psychanalyste assis hors de sa vue. Personnellement, j'ai une petite préférence pour l'analyse du rêve, que j'ai développé dans ma clinique en suivant évidement les travaux de Freud, et entre autres Lacan, Gisèle Chaboudez (L'équations des rêves) et Charles Melman. C'est vraiment selon la formule consacrée "la voie royale vers l'inconscient". Une étude expérimentée des rêves permet de valider un diagnostic, de percevoir la réalité de l'analysant, son monde fantasmatique, ses constructions métaphoriques, ses capacités de jeux avec les significations, de suivre les progrès de l'analyse.

J'ai participé et je participe à des groupes de lectures à L'A.L.I., à Paris, dont je ne suis pas l'organisateur :

  • Etude des Séminaires
  • Les formations de l'inconscient (J.Lacan),
  • Les nouvelles études sur l'hystérie (C. Melman),
  • Problèmes posés à la psychanalyse (C.Melman)
  • Collège de L'A.L.I. Etude du Séminaire "l'identification" (Lacan) dirigé par C.Melman, M.Beaumont, Carine Medou-Marere avec la participation de Marc Darmon, Bernard Vandermerch.

On va à ces groupes parce que l'on peut dans sa pratique vérifier et appliquer ou non ce que s'y dit. Apporter sa petite pierre à l'édifice par son expérience, se tenir à l'écoute des découvertes récentes. Pour ce qui est de mon rôle didactique, de formateur, il est indissociable du travail analytique lui-même. C'est à dire que la cure analytique est par essence didactique.

C'est la grande force de la psychanalyse de pouvoir vérifier toujours la théorie avec la clinique, et de solliciter sans cesse la théorie avec dans les cas cliniques. Du point de vue de la pratique, tout en gardant un héritage solide, sans arrêt mis à jour, cela évite les trop grandes dérives conceptuelles. 

Il arrive qu'il y ait une demande spéciale, d'initiation, ou pour préparer un mémoire, une thèse, éclairer un point théorique, ou échanger sur quelque point précis. Cela se fomente en séance. Pour ceux ou celles qui souhaitent effectuer un travail plus spécialement théorique et plus approfondi, il est de toutes façon nécessaire de suivre ou d'avoir suivi une cure.

Car le savoir universitaire, aussi nécessaire et pointu soit-il, n'est pas suffisant face aux passions humaines.

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