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Le syndrome du survivant, une épreuve pour les rescapés ?

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Réchapper d'un accident ou d'un évènement tragique semble être quelque chose de positif. Pourtant, pour les survivants, cela peut devenir une véritable torture.

26 janv. 2017 · Lecture : min.
Le syndrome du survivant, une épreuve pour les rescapés ?

Le 27 janvier, nous commémorerons l'Holocauste, épisode horriblement tragique de l'Histoire qui reste, encore aujourd'hui, une vaste plaie que nous avons du mal à panser. Pour les générations qui en sont héritières, il s'agit d'une horreur qui ne devra jamais se répéter. Pour les survivant·e·s, il a fallu réapprendre à vivre, chaque jour, avec ce passé indicible.

Lorsqu'une personne survit à une tragédie ou un accident, il est très commun qu'elle soit par la suite aux prises avec le syndrome du survivant. Ce syndrome apparaît souvent lorsque l'on a été témoin de la mort d'un être cher, voire d'un massacre, et est classé comme symptôme significatif du stress post-traumatique.

Les douloureuses conséquences sont, pour le survivant, la culpabilité d'avoir survécu, de ne pas faire partie des victimes, voire le sentiment d'avoir trahi les défunts.

Si ce syndrome peut s'appliquer à de nombreuses tragédies (accident d'avion, catastrophe naturelle), les premiers travaux publiés à ce sujet portaient sur les rescapés des camps de concentration. De nombreux psychiatres et auteurs, ayant parfois eux-mêmes été déportés dans des camps, ont publié des travaux à ce sujet, comme Bruno Bettelheim ou Élie Wiesel.

La culpabilité du survivant a d'abord été identifiée dans les années 60, lorsque de nombreux thérapeutes l'ont observée chez des survivants de l'Holocauste. Des signes et symptômes similaires ont été reconnus chez des rescapés de diverses situations traumatiques, comme des combats, des catastrophes naturelles, des attaques terroristes, des accidents d'avion... Une forme de ce syndrome a aussi été observée chez les équipes de secours et les thérapeutes, qui peuvent aussi ressentir une forme de culpabilité vis-à-vis des personnes qui souffrent.

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Que ressent la personne qui souffre de ce syndrome ?

  • Résurgence des souvenirs et anxiété : des images de la catastrophe reviennent sans arrêt à l'esprit de la personne
  • Culpabilité : la personne peut se sentir coupable de la mort des autres, mais surtout coupable de leur avoir survécu, et s'auto-condamner d'avoir survécu et de ne pas avoir pu sauver les autres.
  • Encrassement émotionnel : il va de pair avec un sentiment de dégradation et de désensibilisation de l'expérience
  • Irritabilité, colère, agressivité
  • Désordres physiques : troubles gastro-intestinaux dus à la nervosité, hypertension, céphalées...

La personne peut aussi souffrir d'anxiété au sujet de la mort, de difficultés à se concentrer, ou encore montrer une forte sensibilité émotionnelle voire une apathie. Ses relations sociales peuvent se détériorer en raison de sa propension à l'isolement, et elle peut avoir tendance à rechercher absolument un sens transcendant à la mortalité. Ce syndrome est à prendre très au sérieux car il peut déboucher sur une névrose obsessionnelle ou une dépression.

Le syndrome du survivant est une sorte d'ironie tragique consciente : ce que les autres pourraient croire positif, c'est-à-dire avoir survécu à un évènement tragique, devient un véritable traumatisme qui, dans des cas extrêmes, peut mener au suicide. Faire son deuil et en venir à l'acceptation, à la résilience et au soulagement de la vie doivent être les objectifs d'une thérapie, qui est plus que nécessaire pour les survivants.

Photos : Shutterstock

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Commentaires 2
  • Loanne

    Bonjour dite moi comment je pourrais faire pour aider mon fils qui a été victime d'un accident de moto associés avec la perte de son coussin cela fait déjà presque 3an ai demi mai mon fils aîné toujours aussi mal

  • Muriel DEGEUSE

    Le syndrome du survivant peut apparaître chez la seule personne restante en vie d'une fratrie gémellaire. Lorsque l'un(e) des jumeaux/jumelles est décédé(e) (particulièrement in-utero), un mal de vivre indicible peut atteindre l'autre (l'Autre ?) qui pourra vivre pour soi après avoir enfin pris conscience et soigné son vécu subjectif de cet état de fait.