L’EMDR, dans quel cas ?

Longtemps réservée au traitement du stress post-traumatique, la thérapie EMDR s’impose aujourd’hui comme une approche efficace pour de nombreux troubles psychologiques. Mais dans quels cas peut-on réellement y avoir recours ?

13 JANV. 2026 · Lecture : min.
L’EMDR, dans quel cas ?

L'EMDR : dans quels cas y avoir recours ?

Longtemps réservée au traitement du stress post-traumatique, la thérapie EMDR s'impose aujourd'hui comme une approche efficace pour de nombreux troubles psychologiques. Mais dans quels cas peut-on réellement y avoir recours ? Cet article fait le point.

Qu'est-ce que l'EMDR ?

L'EMDR, pour Eye Movement Desensitization and Reprocessing (Désensibilisation et retraitement par les mouvements oculaires), est une thérapie développée à la fin des années 1980 par la psychologue américaine Francine Shapiro. Elle repose sur une stimulation sensorielle bilatérale (mouvements oculaires, sons alternés ou tapotements) qui aide le cerveau à retraiter des souvenirs traumatiques restés "bloqués" dans le système nerveux.

L'idée centrale : un événement traumatisant, mal digéré psychiquement, reste logé dans la mémoire avec sa charge émotionnelle d'origine, provoquant divers symptômes (angoisse, cauchemars, flashbacks, phobies, etc.). L'EMDR permet de « reclasser » ce souvenir dans le passé, en le désensibilisant.

Les indications reconnues de l'EMDR

1. Le trouble de stress post-traumatique (TSPT)

L'EMDR a d'abord été validée pour traiter les personnes souffrant de TSPT, notamment les victimes d'agressions, d'accidents, de violences ou encore de catastrophes naturelles. De nombreuses études ont montré qu'une amélioration significative, voire une disparition des symptômes, pouvait survenir en quelques séances.

2. Les traumatismes dits "complexes"

Il ne s'agit pas seulement de souvenirs liés à un événement unique, mais souvent d'expériences répétées : maltraitance infantile, négligence affective, violences conjugales, harcèlement… L'EMDR s'avère précieuse pour ces cas, bien que la thérapie soit alors plus longue.

3. Les troubles anxieux

Attaques de panique, phobies spécifiques (comme la peur de l'avion), anxiété généralisée… Dans bien des cas, un événement déclencheur – parfois oublié – est à l'origine des symptômes. L'EMDR peut permettre de remonter à cette source, de la traiter, et d'apaiser l'anxiété actuelle.

4. Les troubles dépressifs

Bien que la dépression ne soit pas toujours liée à un trauma, elle peut l'être partiellement. L'EMDR peut alors compléter efficacement une psychothérapie classique ou un traitement médicamenteux.

5. Les troubles de l'estime de soi

Certains complexes d'infériorité, blocages professionnels ou relationnels trouvent leur origine dans des expériences passées humiliantes ou invalidantes. L'EMDR aide à libérer ces souvenirs et à reconstruire une image de soi plus juste.

6. Le deuil compliqué

Lorsque la perte d'un proche reste bloquée dans une douleur insurmontable, l'EMDR peut faciliter le processus de deuil. Il ne s'agit pas de "faire oublier", mais de permettre au patient de reprendre le cours de sa vie, sans être constamment submergé.

Comment se déroule une séance ?

Une thérapie EMDR commence toujours par une phase de préparation : le thérapeute recueille l'histoire du patient, identifie les cibles à travailler, et enseigne des techniques de stabilisation émotionnelle. Ensuite, les séances actives consistent à "retraiter" un souvenir traumatique en se concentrant sur l'image, les émotions et les sensations physiques qu'il suscite, tout en suivant les stimulations bilatérales.

Au fil des stimulations, les émotions négatives s'atténuent, et des pensées plus rationnelles ou apaisantes émergent. Le patient n'oublie pas l'événement, mais il n'en souffre plus de manière intrusive.

L'EMDR pour tous ?

Bien que très efficace, l'EMDR n'est pas adaptée à tous les profils. Elle nécessite une certaine stabilité émotionnelle, et dans certains cas (états psychotiques, troubles dissociatifs sévères), elle doit être utilisée avec précaution ou en complément d'autres approches.

De plus, elle ne se substitue pas à un accompagnement global. Pour être efficace, elle doit être pratiquée par un professionnel formé et accrédité, dans un cadre sécurisant et respectueux du rythme du patient.

Conclusion

L'EMDR s'est imposée comme une méthode thérapeutique puissante pour désamorcer les souffrances liées à des expériences passées. Si son efficacité dans le traitement du traumatisme est largement reconnue, ses applications s'étendent désormais à d'autres sphères du mal-être psychique : anxiété, deuil, estime de soi, voire certaines formes de dépression.

Consulter un thérapeute EMDR peut être une piste prometteuse pour toute personne se sentant prisonnière d'un passé qui continue d'empoisonner le présent.

L'EMDR en quelques chiffres :

  • 80 % amélioration PTSD ;
  • 70 % rémission en 4–6 séances ;
  • 60 % réduction de l'anxiété.

Témoignage de Maxime :

"Après des années de cauchemars et d'angoisses liées à un accident, j'ai tenté l'EMDR. Dès les premières séances, très doucement, j'ai ressenti cet apaisement durable : les images traumatiques ont perdu leur intensité, j'ai retrouvé un sommeil serein et plus de confiance en moi. Aujourd'hui, je revis sans entrave, plus léger et plus fort. Mon thérapeute m'a guidé avec bienveillance entière.

J'accompagne également les enfants et les adolescents en EMDR en adaptant rythme et les stimulations selon l'âge, avec jeux, dessins, implication parentale et temps de stabilisation renforcé pour une sécurité émotionnelle optimale.

L'EMDR est un protocole exigeant une rigueur d'application très précise. Cet outil psychothérapeutique requiert une alliance thérapeutique solide. Il faudra compter 4 séances minimum pour appliquer le protocole.

Pendant une séance EMDR, reviviscence de souvenirs, fatigue, maux de tête, agitation émotionnelle ou vertiges peuvent survenir : effets temporaires s'estompant après stabilisation."

Photos : Shutterstock

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Écrit par

Sandra Kesteman

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Bibliographie

  • EMDR THERAPY : Basic principles, Protocols and Procedures (3ème édition) / New York : Guilford Press = ouvrage de référence écrit par la fondatrice de l'EMDR- Guérir le stress, l'anxiété et la dépression sans médicaments ni psychanalyse / Paris : Robert Laffont = livre grand public expliquant l'EMDR de manière accessible avec des exemples cliniques.
  • Sandra Kesteman, thérapeute, psycho-praticienne sur la commune de la Roquebrussanne, situé à la croisée de Hyènes, Toulon, Saint Maximin la sainte Baume et Brignoles, pour adultes, adolescents et enfants.

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Commentaires 1
  • Nathalie FOLLMANN

    L'EMDR est souvent utilisé pour traiter les traumatismes ce qui est très efficace, mais on oublie souvent qu'on peut l'utiliser pour renforcer une expérience réussie ou un souvenir agréable pour permettre à l'individu à s'ancrer dans le positif. Effectivement, l'EDMR doit être utilisé avec précaution car il réactive très rapidement des souvenirs négatifs en cascade. Pour ma part, l'EDMR est une technique efficace mais le thérapeute doit l'être autant. Et pour finir, la pratique de l'EMDR est soit auditive : claquement des doigts de chaque coté de l'individu, ou visuelle : balayage des yeux ou tactiles : tapotement sur les cuisses. Il en existe d'autres pour les enfants plus ludiques...

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