Les risques liés à la consommation de cannabis

Le débat est récurrent : fumer du cannabis est-il dangereux pour la santé ? L'un des arguments souvent entendus sur cette question concerne l'usage thérapeutique que l'on a fait parfois...

7 JANV. 2020 · Lecture : min.

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Les risques liés à la consommation de cannabis

Le débat est récurrent : fumer du cannabis est-il dangereux pour la santé ? L'un des arguments souvent entendus sur cette question concerne l'usage thérapeutique que l'on a fait parfois pour soulager certaines douleurs, en particulier celles associées au traitement de certains cancers.

Comment un produit qui soigne peut-il être néfaste pour la santé ? Réfutons d'emblée cet argument : on administre bien de la morphine à certains patients pour calmer la douleur, pour autant on sait que c'est un produit dangereux qui provoque une forte accoutumance et dont l'usage est strictement encadré à des fins médicales.

Les manifestations somatiques

Tout d'abord rappelons que la consommation de cannabis provoque un certain nombre de manifestations somatiques : le fumeur éprouve un certain bien-être, une certaine décontraction, il se sent moins stressé, plus euphorique, il rit et parle facilement, il est nettement moins inhibé, il est plus insouciant, il a plus confiance en lui. Le cannabis provoque également chez certains individus une certaine créativité.

Dans le même temps, le cannabis altère la perception du temps, il abaisse le seuil de perception sensorielle ( les bruits et les couleurs semblent plus intenses), il trouble les capacités de coordination motrice ( les gestes sont plus lents), il allonge le temps de réaction (en particulier au volant), il provoque des troubles de la mémoire (d'autant plus dommageables que l'individu est jeune) en particulier la mémoire à court terme et provoque des difficultés de concentration.

Sur le plan strictement physiologique, le cannabis provoque une augmentation du rythme cardiaque, un dessèchement de la bouche s'accompagnant d'une irrépressible envie de boire, une stimulation de l'appétit, un relâchement du tonus musculaire, une rougeur des yeux, parfois des troubles du transit, et des maux de tête.

Deux types de consommateur

Il faut distinguer les consommateurs réguliers : ceux qui fument tous les jours, et les consommateurs occasionnels : festifs ; car les conséquences ne sont pas les mêmes sur la santé, en particulier les conséquences à long terme.

  • Chez ceux qui fument quotidiennement, on distingue trois types de consommation : modérée ( 1 à 5 joints par jour), forte ( jusqu'à 10 joints par jour), et intensive ( au-delà de 10 joints par jour).
  • Chez ces consommateurs réguliers on constate une tendance à l'apathie, une forme d'aboulie c'est-à-dire un manque de volonté, une perte de l'élan vital avec une incapacité à se projeter vers l'avenir : la personne se désintéresse de tout, elle communique de moins en moins, elle s'éloigne progressivement de toute vie sociale, elle sort de moins en moins de chez elle.

Pour les jeunes, du fait de son impact négatif sur les capacités intellectuelles, le cannabis a des effets délétères sur les résultats scolaires. Le jeune connait rapidement des difficultés et sa descolarisation peut être rapide.

Les données épidémiologiques actuelles montrent q'une consommation régulière et intensive, c'est-à-dire de plusieurs joints par jour pendant plusieurs années, entraine dans les même proportions que le tabagisme, des risques de cancers des poumons, de la bouche, du larynx ou encore de l'oesophage.

Elle provoquerait également une diminution de la sécrétion de testostérone, une perturbation de la production de sperme ainsi qu'une modification du comportement sexuel.

Signalons également que le cannabis, au même titre que l'alcool et le tabac, franchit la barrière placentaire chez la femme enceinte, provoquant chez le bébé des anomalies au niveau de son développement.

Ainsi donc au vu des nombreuses conséquences et répercussions au niveau physique, physiologique, psychique et social ; il est impératif de ne jamais banaliser ou minimiser la dangerosité liée à la consommation de cannabis.

Photos : Shutterstock

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Écrit par

Aurore Falleri

Psychothérapeute

Diplômée en psychologie clinique et en psychopathologie, et en art-thérapie; elle a une expérience significative de plus de dix ans dans l’accompagnement et le soutien psychologique de personnes en situation de handicap. Elle exerce en tant que psychothérapeute et art-thérapeute, et reçoit les adultes, les adolescents et les enfants.

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