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L'intelligence émotionnelle nous permet de réussir

Notre système scolaire met plutôt en avant l'intelligence intellectuelle. Mais si notre intelligence émotionnelle pouvait aussi nous aider à accomplir de grandes choses ?

18 sept. 2018 Développement personnel - Lecture : min.

psychologues

Docteur en Psychologie, Daniel Goleman est aussi fondateur du Collectif pour l'apprentissage de l'Intelligence Émotionnelle au centre d'études sur l'enfant de l'Université de Yale. La mission de ce collectif ? Aider les écoles à mettre en place des activités permettant de développer l'intelligence émotionnelle de l'enfant.

Daniel Coleman note que la formation scolaire met surtout en avant l'intelligence intellectuelle, c'est-à-dire des concepts tels que la logique et la pensée rationnelle. Ces concepts permettent d'organiser ses idées, ses discours, et donc sa vie. Ainsi, l'objectif de la formation scolaire telle que nous la connaissons en France est d'offrir aux élèves la capacité de raisonnement qui lui permettra de mener à bien les tâches entreprises : son but est axé vers la performance, qu'elle soit technique ou théorique.

Le Quotient Intellectuel (QI) est d'ailleurs mesuré sur la base de tests mesurant l'intelligence intellectuelle : ils permettent de situer chaque être humain selon sa performance intellectuelle. Cependant, de nombreux psychologues se sont rendu compte que les individus n'allaient pas forcément au bout de leur rendement, et que certains facteurs stimulaient ou inhibaient les aptitudes intellectuelles.

Les chercheurs et psychologues ont ainsi identifié une nouvelle forme d'intelligence : l'intelligence émotionnelle. Pour Daniel Goleman, elle serait l'aptitude maîtresse à la base de toutes les autres, et pourrait amplifier ou inhiber notre capacité mentale au moment de l'appréhension d'un problème (le penser, l'apprendre ou le résoudre). Pour lui, le Quotient Émotionnel (QE) serait un bien meilleur prédicateur de réussite que le QI, particulièrement dans le domaine des affaires.

Qu'est-ce que l'intelligence émotionnelle ?

Pour Daniel Goleman, l'intelligence émotionnelle est une faculté fondamentale de l'humain : il précise que le cerveau émotionnel est à la base du cerveau pensant, et que c'est lui qui détermine toutes nos activités. Pour lui, les performances intellectuelles naissent de cette intelligence émotionnelle.

« Dans la mesure où nos émotions bloquent ou amplifient notre capacité de penser et de planifier, d'apprendre en vue d'atteindre un but lointain, de résoudre des problèmes, etc., elles définissent les limites de notre aptitude à utiliser nos capacités mentales innées et décident donc de notre avenir. Et dans la mesure où nous sommes motivés par l'enthousiasme et le plaisir que nous procure ce que nous faisons, les émotions nous mènent à la réussite. C'est en ce sens que l'intelligence émotionnelle est une aptitude maîtresse qui influe profondément sur toutes les autres en les stimulant ou en les inhibant. »

Les arguments de l'intelligence émotionnelle

Daniel Coleman met en avant quatre arguments en faveur de l'intelligence émotionnelle.

  • L'intelligence émotionnelle permet d'apprendre à maîtriser ses pulsions

Connaissez-vous le test du chamallow ? Ce test est très simple : on propose à des enfants de prendre un chamallow immédiatement, ou d'attendre quelques minutes le retour du scientifique qui leur en donnera deux. Ce test permet de connaître notre attrait à la récompense et la façon dont nous savons résister à l'impulsion. S'il paraît simple, les résultats sont pourtant spectaculaire : 15 ans plus tard, les enfants qui ont résisté à l'impulsion et ont attendu le deuxième chamallow sont plus efficaces, plus sûrs d'eux et savent mieux affronter les obstacles de la vie.

Pour Goleman, cette expérience est la preuve que la capacité que nous avons à retarder la satisfaction d'une pulsion détermine le succès de ce que l'on entreprend. Et c'est l'intelligence émotionnelle qui nous permet de retenir ces pulsions.

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  • Une disposition d'esprit négative entrave la pensée

Daniel Goleman se concentre sur l'anxiété (un domaine particulier de l'émotion) et montre à quel point souffrir d'anxiété peut générer un immobilisme cognitif qui va totalement miner l'intellect. En effet, l'anxiété est une appréhension d'un éventuel désastre à venir ; ceux qui en souffrent chaque jour savent à quel point elle est mangeuse de temps et à quel point elle empêche l'intellect de se fixer sur autre chose.

Goleman, de sa propre expérience, précise que l'anxiété paralyse le cerveau pensant, ce qui peut conduire à l'échec pour des activités complexes, y compris l'école (même si une certaine appréhension peut représenter une motivation à se dépasser). L'anxiété est ainsi ce qui conduit beaucoup d'élèves à avoir de mauvaises notes, alors même qu'ils comprennent bien leurs cours, par exemple. Le postulat de l'intelligence émotionnelle est donc que l'on peut apprendre à contrôler son anxiété pour atteindre des résultats optimaux et éviter qu'elle ne nous conduise tout droit à l'échec. Il s'agit ici de contrôler son état émotionnel pour en tirer le meilleur, afin que ce ne soit pas lui qui nous contrôle.

  • Le pouvoir de la pensée positive

Pour Daniel Goleman, le rendement d'une personne est en lien direct avec l'optimisme, la confiance en soi ou l'espérance. L'optimisme, c'est cette force qui conduit à penser que tout va s'arranger malgré les obstacles. En faisant des recherches sur l'optimisme, il a découvert que la force d'espérance des étudiants de première et deuxième année prédisait de meilleures notes au cours de leur année que leur résultat à l'examen d'entrée.

Goleman précise que l'optimisme, ce n'est pas attendre qu'un coup de baguette magique vienne tout arranger, mais plutôt savoir qu'une solution à son problème existe et qu'il est possible de faire quelque chose pour y arriver. Et si l'optimisme est si important, c'est qu'il est associé à une autre qualité, que les psychologues nomment "self efficacy", et qui définit la conviction que l'on maîtrise le cours de sa vie.

Dans la droite ligne de la pensée positive, Goleman précise aussi que nous pouvons tirer profit du rire, car l'état d'esprit de quelqu'un qui vient de rire augmente la souplesse d'esprit et facilite la résolution de problèmes. C'est pour cela que le chercheur recommande de faire rire une personne qui se sent coincée dans une situation : le rire nous débloque, déchaîne notre imagination et nous aide à trouver la réponse à nos doutes.

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  • Atteindre un état de fluidité

Pour Goleman, si nous pouvons apprendre à contrôler nos émotions en vue d'un meilleur rendement, nous devons essayer d'atteindre une certaine zone de l'anxiété qui ne nous tire pas vers le bas mais vers le haut, et qui nous permet de rester dans une zone de "concentration-détente". Goleman décrit cet état comme "une oasis d'efficacité corticale", qui est en réalité le summum de l'intelligence émotionnelle, lorsque nos émotions servent à l'apprentissage de la tâche à réaliser. À ce sujet, il précise d'ailleurs :

"Quand on observe quelqu'un en état de fluidité, on a l'impression que les choses les plus difficiles sont faciles et que les performances exceptionnelles sont tout à fait naturelles".

Peut-être connaissez-vous d'ailleurs cet état extatique, qui peut par exemple être le meilleur moment pour créer. Pour Daniel Goleman, c'est un état de bien-être intense dans lequel action et conscience sont confondues, et où la préoccupation de soi n'existe plus. C'est le plaisir de l'acte en lui-même (peindre, faire du sport, danser, partager avec les autres, s'occuper des autres, etc.) qui motive la personne. Ainsi, même détendue, elle est complètement concentrée sur sa tâche.

L'intelligence émotionnelle, c'est ainsi une manière de contrôler ses émotions pour qu'elles nous mènent jusqu'à l'objectif que nous voulons atteindre, et qu'elles ne soient pas une entrave. Travailler son intelligence émotionnelle demande un peu de pratique, qu'un professionnel de la psychologie peut vous aider à faire.

Photos : Unsplash

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