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L'obsession de rester au lit

Article révisé par le Comité Psychologue.net

Avoir besoin de dix réveils, se lever de mauvaise humeur chaque jour, préférer passer les matinées des jours de congés au lit allongé plutôt qu'à faire des activités d'extérieur pour...

19 juin 2018 · Lecture : min.

Avoir besoin de dix réveils, se lever de mauvaise humeur chaque jour, préférer passer les matinées des jours de congés au lit allongé plutôt qu'à faire des activités d'extérieur pour profiter de prendre l'air... Rester confiner comme si l'extérieur faisait peur.. Si cela s'applique à vous et que vous considérez qu'il n'y a pas d'endroit plus sécuritaire que votre lit, il est possible que votre obsession pour pour lui aille bien plus loin que ce que vous pouvez penser. Peut-être que vous souffrez de dysanie (difficulté à sortir du lit le matin) ou bien de clinomanie, une obsession incontrôlable de vouloir rester au lit.

La clinomanie est un trouble psychiatrique caractérisé par le refus de se lever que manifeste un sujet. La personne préfère rester constamment couchée. Généralement ce sont les personnes souffrant de neurasthénie ou d'une importante dépression qui présentent une clinomanie.

C'est une sorte d'addiction, de rester au lit, de refuser de se lever. Ainsi, les personnes qui présentent des signes de clinomanie, ou de clinophilie, peuvent rester couchées plusieurs jours, même en l'absence de sommeil sans avoir le besoin ni l'envie de se lever. Ce qui pousse ces personnes à rester en position horizontale c'est une immense sensation de bien-être et de sécurité vécue uniquement au lit.

L'un des plus grands problèmes auxquels font face les clinomanes est l'énorme incompréhension de la population face à leurs habitudes paresseuses et à leurs incapacités d'avoir la volonté de changer. La méconnaissance de cette pathologie conduit beaucoup de personnes à traiter ceux qui en souffrent "d'asociaux" ou de "cas". Sans s'en rendre compte, les personnes utilisant ces qualificatifs favorisent l'apparition de nouveaux dégâts d'origine psychologique.

Cependant la grande différence entre les paresseux et les clinophiles est que, alors que les premiers ne veulent pas réaliser une activité qui requiert un minimum d'effort physique ou mental, les second ont besoin d'être couchés pendant des heures même en restant éveillés.

La clinomanie a aussi des conséquences physiques. L'excès d'heures passées au lit par ces sujet se traduit au fil du temps par une plus grande sensation de fatigue, en l'apparition  de troubles digestifs tels qu'une constipation très importante ainsi qu'un fécalome (accumulation des selles au niveau du rectum), d'ulcères et d'escarres, et en une notable perte de la masse musculaire.

En plus de l'incompréhension sociale et des dommages physiques, la grande difficulté est celle de diagnostiquer un mal qui est souvent confondu avec d'autres partageant des signes communs, comme la dépression, l'apnée ou autres troubles du sommeil et du comportement.

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Symptômes de la clinomanie

Certains des symptômes les plus courants présentés par les clinophiles sont l'obsession pour des objets tels que les oreillers et les coussins, une prédilection pour le mauvais temps qui leur sert d'alibi pour ne pas sortir de la maison afin de rester constamment couchés, ou la procrastination chronique envers tout type d'activité dans ou hors de la maison.

Une des curiosités de cette maladie est que, bien que toute personne puisse la présenter à tout moment de sa vie, elle a une incidence particulière chez les femmes entre 20 et 40 ans, elle est souvent la conséquence des changements hormonaux. L'autre groupe à risque est composé des personnes âgées. D'un côté, c'est le résultat de leur plus grande sensibilité aux perturbations de tous types et, de l'autre, le fruit de la grande quantité d'heures qu'elles passent à la maison sans obligations qui les poussent à bouger ou à réaliser une activité physique. Le fait d'être dans son lit peut également rassurer, l'impression de laisser tous les soucis à l'extérieur comme fuir ses propres responsabilités.

Bien que l'intérêt de la communauté médicale face à cette maladie soit grandissante, il n'existe actuellement pas de remède à ce trouble. Cependant, il existe différents types de traitements permettent que la maladie n'empêche pas la personne qui en souffre d'étudier, de travailler ou de réaliser sa routine et ses tâches ménagères quotidiennes. Un travail d'accompagnement en psychothérapie, de la physiothérapie, voire un complément médicamenteux dans les cas les plus sévères, rendent possible la mise en place de la réalisation d'exercices quotidiens ainsi que l'adoption d'une alimentation saine et équilibrée, afin d'améliorer considérablement la vie des clinophiles.

Photos : Shutterstock

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Commentaires 1
  • Chocolablan

    La clinomanie est-elle répertoriée dans le DMS 5 ? Cordialement