Mon partenaire a des problèmes avec l'alcool : que faire ?

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Aider une personne qui souffre d’alcoolisme est une tâche complexe ; souvent, on ne sait pas quoi faire ni dire. Aujourd’hui, je vous donne quelques conseils pour mieux vivre le processus.

11 juil. 2019 · Lecture : min.
Mon partenaire a des problèmes avec l'alcool : que faire ?

L’alcool est totalement normalisé dans notre société. Si vous regardez bien, quand nous restons avec des amis, la famille ou en couple, ces rencontres tournent souvent autour d’un repas, et curieusement ces repas sont toujours accompagnés de boissons alcoolisées. Celui qui ne boit pas de vin ou de bière est le plus bizarre, et on le questionne souvent, surtout si la réunion a lieu à l’occasion d’une quelconque célébration.

En fait, si vous regardez, il y a de plus en plus de sujets de magazines sur "Pourquoi ne pas faire des bières ?" ou "faire du vin ?". L’afterwork est aussi à l’origine de cette tendance. De plus en plus de bars proposent des happy hour et des cocktails lors de la sortie du travail. Tout cela favorise la culture de la boisson. L’alcool est associé à des moments de bonheur et de déconnexion, et c’est un gros problème.

Le fait est qu’il est souvent difficile de voir cette ligne entre l’alcoolique et le non-alcoolique. Beaucoup de gens pensent que l’alcoolique est un vieil homme qui passe ses journées au bar à boire des cocktails et qui marche. Toutefois, il existe différents types d’alcoolisme ; il n’est pas nécessaire d’être toujours ivre pour être alcoolique. La clé est dans la dépendance, si tu as besoin d’alcool pour faire quelque chose, tu es dépendant.

De nombreux alcooliques ne se saoulent pas et ne se sentent pas étourdis, car le niveau de tolérance est élevé et ils doivent consommer une grande quantité de la substance pour se sentir physiquement altérés. Par exemple, la personne typique qui prend un whisky/ricard/vin le matin, à 16h se prend une bière, et en mangeant boit un verre de vin et ainsi de suite jusqu’à la fin de la journée. Cette personne ne se sentira pas ivre, mais si vous faites un calcul général, cette personne a consommé plus d’alcool que recommandé. Le problème est que si vous lui proposez d’aller prendre un verre, la personne ne sera peut-être pas aussi satisfaite si vous prenez une boisson sucrée, vous remarquerez qu’il manque quelque chose.

Il y a aussi les cas de plus en plus fréquents d’alcoolisme de fin de semaine. Les personnes boivent beaucoup d’alcool, mais seulement le week-end ou dans le cadre de fêtes. Si vous demandez à beaucoup d’adolescents, ils vous regarderont avec un air de fou si vous leur dites qu’ils sont alcooliques, et ils vous diront qu’ils ne boivent que quand ils sortent. Mais si vous leur demandez s’ils peuvent sortir sans boire, la plupart vous diront que c’est ennuyeux.

Je vous l’explique parce que la première étape pour l’alcoolique est de comprendre qu’il est dépendant de la substance. Beaucoup n’en sont pas conscients et c’est la première étape de la personne proche : faire prendre conscience à l’alcoolique qu’il a un problème.

Comment puis-je aider mon partenaire alcoolique ?

  1. Lui faire prendre conscience du problème : Comme je l’ai déjà dit, il est important de l’aider à comprendre qu’il dépend de la substance. Proposez-lui à chaque fois qu’il veut consommer, de le remplacer par un autre verre. S’il ne veut pas le faire ou s’il se met sur la défensive, il faut essayer de lui faire comprendre (sans susciter une discussion ou sans le blâmer) que c’est un problème qu’il ne peut pas résoudre. Il faudra répèter cet exercice plusieurs fois, pour l’aider à prendre conscience de la gravité de sa situation.
  2. Montrez-lui votre soutien et votre compréhension et dites-lui comment vous vous sentez : expliquez-lui que vous êtes inquiet/e pour lui/elle et essayez de le/la soutenir et qu'il/elle se fait du mal en consommant. Évitez de le juger et de l’accuser. Il ne sert à rien de se disputer sur la consommation (la dispute va le mettre mal à l’aise et tenter de se débarrasser de son inconfort ou d’arrêter de penser en buvant), faites preuve de compréhension et de soutien envers votre partenaire. Expliquez-lui que vous serez à ses côtés pour essayer d'arrêter l'alcool et expliquez-lui à quel point il/elle est important pour vous mais ne le forcez pas et ne lui lancez pas d’ultimatums (si vous le faites, vous ne trouverez que des mensonges, car il/elle acceptera seulement pour ne pas vous perdre, mais pas parce qu’il/elle en voit le besoin)
  3. Essayez de parler de ce qu’il ressent et pourquoi il a recours à la boisson : écoutez-le attentivement et essayez de le soutenir. Beaucoup de personnes boivent pour ne pas se confronter à leurs problèmes ou car elles se sentent piégé.es. D'autres personnes le font pour oublier des erreurs commises ou pour ne plus y penser, d'autres le font car elles ne savent pas gérer leurs émotions et l'alcool leur permet de se sentir libre, il y a aussi celles qui ne s'acceptent pas comme elle sont et l'alcool les déshinibent et elles se sentent mieux et enfin il y a celles qui consomment  parce que leur vie les ennuie et au lieu de changer font comme les autruches (mettre la tête sous terre). Essayez de l’aider à comprendre le sens de l’alcool dans sa vie et aidez-la à le remplacer.
  4. Éliminez l’alcool de vos vies : Si vous voulez que votre partenaire ne boive pas, ne le faites pas vous-même. Servez d’exemple et ne le provoquez pas. S’il y a de l’alcool à la maison, il y a de fortes chances qu’il y ait recours et qu’il y ait ensuite une dispute (parce qu’il n’a pas pu tenir la promesse de l’abstinence). Quand vous êtes devant lui, ne consommez pas d’alcool et demandez aux amis de faire de même quand ils sont avec lui.
  5. Nourrissez votre relation : à ce moment-là, la relation peut être affaiblie. Essayez de l’améliorer en faisant plus de choses ensemble, en passant du temps de qualité, en profitant de bons moments (des choses que vous aimez tous les deux) et en prenant soin l’un de l’autre.
  6. Prenez soin de vous : c’est bien que vous prenniez soin de lui et que vous soyez avec lui, mais ne vous laissez pas aller et surtout ne vous oubliez pas. Continuez à faire des choses qui vous font sentir bien et veillez sur votre individualité, rencontrez vos amis et votre famille et parlez de ce que vous ressentez, c’est-à-dire, demandez-leur du soutien. Si vous n’êtes pas fort.e, ça va être dur pour votre partenaire de s’en sortir.
  7. Demandez une aide thérapeutique : il est souvent particulièrement utile de commencer une thérapie spécialisée dans la toxicomanie dans un groupe d’entraide. Le traitement le plus efficace est généralement la thérapie de groupe, car il les aide à se sentir compris par des personnes qui se trouvent dans des situations similaires à la leur et qui s’efforcent de s’entraider. Il est évident que vous devez le soutenir et participer au traitement. Si le/la thérapeute vous donne des directives, il est impératif que vous les suiviez et que vous participiez aux sessions sur demande.
  8. Préparez-vous à d’éventuelles rechutes : toute dépendance est fluctuante. Elle a généralement des moments d’amélioration et des périodes de recul ou de rechute. Ne le blâmez pas et ne discutez pas avec lui quand cela se produit, c’est la chose la plus normale. Ce n’est pas si facile de laisser une dépendance. Soyez conscient de cela et encouragez-le à réessayer. C’est déjà assez dur pour votre partenaire d’être retombé dedans pour subir des représailles de votre part. Pensez que les addictions sont comme les montagnes russes et vous devez vous préparer à d’éventuelles descentes.

La psychologue Encarni Muñoz Silva

Photos : Shutterstock

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Commentaires 1
  • Valou28

    Malheureusement se n'est pas du tout facile et cela conduit de plus en plus en séparation car celui qui à un problème ne l'admet pas