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Phobie et échec scolaire

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Crises d'angoisse, maux de ventre, vomissements… Ces jeunes qui sont en situation de détresse se sentent submergés par la peur.

16 oct. 2015 · Lecture : min.
Phobie et échec scolaire

Crises d'angoisse, maux de ventre, vomissements… Ces jeunes qui sont en situation de détresse se sentent submergés par la peur. Certains enfants et adolescents se rendent complètement malades à la simple idée de mettre un pied à l'école. D'après les spécialistes, ce phénomène est en augmentation.

En tant que parent, que faire ? Comment gérer ? Dois-je retirer mon enfant de l'école quelques temps ou le forcer à y aller ?Dois-je avoir peur pour son avenir ?

Voici des conseils et une mis en action positive que vous pouvez mettre en place pour renouer avec votre enfant.

Nos conseils

Un enfant ou un jeune qui se retrouve en situation de phobie scolaire ne fait que se défendre face à une situation pour laquelle il a trouvé une solution qui lui paraissait la meilleure sur le moment : la peur, l'échec scolaire…

Maux de tête, maux de ventre, vomissements, évitement pour aller à l'école, école buissonnière, renfermement, troubles du sommeil… La phobie scolaire est un refus anxieux d'aller à l'école.

Cette situation peut-être déclenchée par du harcèlement à l'école, la pression des mauvaises notes, la fait qu'un des deux parents reste à la maison (chômage ou maladie, l'enfant veut veiller sur son parent). Lorsque l'école et la société ne jouent plus leur rôle de Protecteur, la pression ressentie par les enfants (souvent les 1ers de la classe) se fait énorme. Les attentes se font trop grandes, l'excellence semble obligatoire et inatteignable.

Sous pression, le cerveau fonctionne au ralenti voir même, se bloc. Cette souffrance à son point de rupture engendre une prise de décision de la part du jeune. Sous la pression et coincé dans son monde, un monde qui lui semble sans issue, le jeune va prendre la meilleure décision possible pour son bien-être mais toutes ses informations sont faussées. Comment pourrait-il donc prendre une décision objective dans ce cas ? Il ne peut pas. Il fait ce qu'il peut.

Le renoncement est souvent la première décision. Ne plus lutter, laisser tomber la course aux notes. Comment les notes pourraient-il lui sembler attractives à présent ?

La recherche de la réussite dans un autre domaine peut-être une deuxième décision : réussir à échouer. C'est la réussite vers un objectif comme un autre. Le jeune peut opter pour cette solution. Elle lui permet d'être sûre de son chemin. Cela apporte un certain confort, une visibilité, l'assurance de ne pas être déçu. Dans un premier temps, le jeune ne pensera pas aux répercussions mais à soulager son mal-être. Il est bien important de comprendre les motivations profondes du jeune en souffrance. Il se débat comme il peut.

Le mot d'ordre pour vous, parents c'est La Bienveillance : ne pas le culpabiliser, être dans une démarche de compréhension de la stratégie qu'il a mise en place. Adoptez un comportement nouveau. Les notes n'ont plus aucune importance pour vous à ce stade là. Parlez avec votre enfant des règles à la maison, de ses attentes, des vôtres. Faites bien la distinction entre vos besoins et les besoin de votre enfant. Demandez-lui de vous exposer ses besoins, ses projets, ses rêves, ses envies. Parlez de la façon de vous communiquez : de quoi votre enfant à besoin à ce niveau ? A-t-il besoin de plus de soutient de votre part etc… ouvrez-lui un cocon de sécurité où il est interdit de culpabiliser l'autre, de hausser le ton, de juger…

Votre pas en avant se fait sur le chemin de la reconnexion, de l'échange. Posez-vous la question, êtes-vous dans un schéma de répétition de ce que vous avez déjà vécu enfant (au niveau de l'exigence, de la filière, des règles) ?

Privilégiez le dialogue calme mais franc, sans tabou. Expliquez-lui que vous comprenez à présent le comportement qu'il a eu, qu'il a pris la solution qui lui a semblée la meilleure au moment T. Que la décision qu'il avait prise avait du sens mais que maintenant la situation a changée, que vous êtes là. Cela va l'aider à se déculpabiliser et à commencer à se sentir un peu mieux.

Vous pouvez à présent l'aider à renforcer son Estime de Soi. Clarifiez avec lui quels sont ses besoins, le reconnecter à ses rêves (passion, sport, métier futur).

La responsabilisation du jeune est souvent d'une aide précieuse : lui laisser le champ libre pour travailler en autonomie, sans pression. Le laisser exprimer et construire son projet de vie, lui proposer de faire des recherches pour construire ce projet. Proposez-lui de devenir l'acteur de sa vie. Témoignez votre soutient, votre accompagnement, votre aide et ne le jugez pas.

Ce revirement de situation, ce comportement d'ouverture et d'espace que vous laissez à votre enfant va l'inciter à revenir vers vous. Vous serez devenu un référent au niveau du confort et de la sécurité.

Je vous conseille de faire appel à des professionnels de la santé (médecin, psychologue…) si vous en sentez le besoin.

Un plan d'action en coordination ainsi qu'un dialogue doivent être mis en place entre l'école, le médecin et vous-même pour présentez votre démarche.

Si la santé physique de votre enfant le nécessite et sous conseil du médecin, vous pouvez accepter un pause pour que votre enfant n'aille pas à l'école quelques temps mais la condition indispensable à remplir avant cette proposition, est de déterminer avec l'enfant un délai fixe pour le retour à l'école.

Vous pourrez envisager une pause « à temps partiel » où l'enfant va à l'école seulement el matin par exemple. Si la pause est totale, le retour à l'école peu se faire progressivement.

Privilégiez absolument les contacts avec les amis, les activités sportives et autres parascolaires. Conservez et mettez en avant le lien social et l'ouverture de votre enfant. S'il réclame une nouvelle activité, cette expérience peut lui être très bénéfique.

En conclusion,

Dans une Société où la crise fait sentir une pression de plus en plus forte, nos jeunes ont parfois du mal à se projeter dans l'avenir. Leur future vie professionnelle leur parait floue, les rêves qui forment leur identité s'effondrent, la pression du résultat est de plus en plus forte. Lorsque les barrières protectrices de l'école, des parents et de la société s'effondrent, Quel est le rempart pour nos jeunes ?

Ils se sentent obligés de le construire eux-mêmes mais sans expérience, angoissés, ils construisent ce qu'ils peuvent.

Seul un dialogue ouvert qui met en avant votre volonté de protection, votre Bienveillance et votre Neutralité pourra vous reconnecter à votre enfant.Votre aide pour reconstruire son Estime de Lui à travers une responsabilisation, une démarche de construction de son avenir sans pression, avec votre soutient et votre accompagnement est un instant précieux qui chargera votre jeune d'une dynamique positive. Le renforcement de son identité en dépend.

Vous formez une famille, une entité vivante constituée de plusieurs parties. Renouez le lien, redonnez-vous une chance de fonctionner ensemble.

Phobie et échec scolaire
Écrit par

Diane Scerri

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