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Pourquoi avons-nous peur de dire que nous allons chez un psychologue ?

La peur du rejet, du jugement ou que les autres pensent que nous sommes faibles nous empêche d'en parler autour de nous.

15 nov. 2018 Santé - Lecture : min.

psychologues

De nombreuses personnes ont déjà été voir un(e) psychologue pour une raison ou pour une autre. En France, on estime que le recours à la psychothérapie au cours de la vie concerne environ 4 millions de personnes. D'après un sondage réalisé en 2014*, 1 personne sur 5 déclare être ou avoir été suivie pour un problème psychologique, et 96% des Français estiment que chacun peut un jour vivre un trouble psychologique. 

Et si 8 Français sur 10 estiment que la psychothérapie est la meilleure solution pour les souffrances psychiques, peu d'entre eux reconnaissent ouvertement voir un(e) psychologue.

Pourquoi ne dit-on par que l'on voit un(e) psy ? 

Un tabou entoure encore la santé mentale, et si on affirme de plus en plus qu'il est aussi important de prendre soin de son esprit que de son corps, les choses ne sont pas aussi simples dans la réalité. Les personnes qui décident de commencer un suivi n'osent parfois par en parler de peur d'être jugées, que les autres pensent qu'elles sont faibles ou qu'il leur arrive quelque chose de bizarre. 

Pourtant, il est bien révolu ce temps ou l'on assimilait la psychiatrie à l'asile et aux camisoles de force ! Alors, pourquoi a-t-on tant de mal à en parler ? 

"C'est dû, en grande partie, au manque de connaissance soutenu par une série de stéréotypes erronés qui sont difficiles à dépasser et stigmatisent les personnes qui ont des problèmes", Susana Villamarín, Conseil de Psychologie d'Espagne

Considérer que seules les personnes déséquilibrées ont besoin d'aide est un stéréotype encore fort, qui fait souvent se taire les personnes qui bénéficient d'un suivi : les patient(e)s qui voient un(e) psychologue ont peur d'être humiliées si elles en parlent. 

En plus de la honte peut apparaître une peur d'être vu comme une personne incompétente, qui n'a pas eu la force d'affronter une situation ou de dépasser ses problèmes par elle-même. C'est d'ailleurs ce qui fait que beaucoup voient un(e) psychologue en dernier recours, ayant la sensation que c'est un échec dans leur vie. 

Il faut aussi prendre en compte le fait qu'en parler, c'est démontrer que quelque chose ne va pas dans notre vie, et nombreux sont ceux qui préfèrent l'occulter et laisser penser à leur entourage que leur vie est plus idyllique qu'elle ne l'est en réalité. 

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Beaucoup craignent aussi le stigma social qui catalogue ceux qui vont en thérapie de "fous", alors que rien n'est plus éloigné de la réalité. Aller chez un(e) psychologue n'a rien à voir avec la folie : on peut y aller lorsqu'on se sent un peu perdu(e) dans sa vie et que l'on a besoin de l'aide d'un ou d'une professionnel(le) qui va nous donner les outils pour reprendre les rênes de nos vies. 

D'ailleurs, si vous osez en parler autour de vous, vous remarquerez certainement que les langues vont se délier et que vous êtes bien plus nombreux à aller voir un(e) psychologue que ce que vous ne pensiez. 

Un changement de tendance

Même si c'est toujours dur d'en parler, on a pu noter un changement positif depuis quelques années, poussé en grande partie par la jeune génération. Ainsi, 28% des français ayant entamé une thérapie l'ont fait de leur propre initiative*, et 45% des 25-34 recommandent à leurs proches d'essayer au moins une fois dans leur vie**, même sans sentiment de mal-être ou de dépression. 

Les jeunes générations sont plus disposées à aller voir un(e) psychologue et à en parler, ce qui permet petit à petit de briser le tabou autour de la santé mentale. Et effectivement, il est de plus en plus courant d'entendre dire qu'on a envie de soigner son esprit comme on le fait pour son corps. Les nouvelles technologies sont aussi un atout en ce sens : de plus en plus de psychologues ont leur propre site et sont sur les réseaux sociaux, voire ont une chaîne YouTube pour mieux expliquer leur pratique. 

La normalisation passe aussi par les femmes : selon un sondage réalisé en 2014, 33% des français ont déjà consulté un(e) psy, et 40% des françaises. Ces dernières en ont été satisfaites à 70%. En revanche, il est difficile d'avoir des chiffres pour les hommes : en effet, la culture occidentale attend d'eux qu'ils soient forts et ne parlent pas de leurs émotions, qu'ils se montrent toujours sous leur meilleur jour et le cachent quand il vont mal. 

"[les femmes] ont moins honte de dire qu'elles consultent un psychologue. Peut-être parce que les normes de genre féminines valorisent les émotions. Mais aussi parce que l'un de leurs rôles est le soin apporté au bien-être des personnes de leur entourage, ce qui fait que face aux difficultés, elles demandent de l'aide avec plus de facilité. Au contraire, la masculinité traditionnelle a mis l'accent sur l'indépendance et le contrôle des émotions comme quelque chose de propre aux hommes", Mara Giménez, psychologue. 

Pourquoi allons-nous voir un(e) psychologue ? 

Le recours à la thérapie n'est pas réservé aux personnes présentant un trouble mental grave, au contraire. On peut aller voir un(e) psychologue pour plein de raisons : pour un problème professionnel, pour perdre ou renforcer une habitude, pour réduire le stress, améliorer la communication en couple, arrêter de fumer, etc. 

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Ces dernières années, on a pu observer au niveau européen une augmentation du nombre de personnes qui décident d'aller voir un(e) psy, et les motifs de consultation les plus fréquents sont : 

  • Troubles dépressifs, y compris état d'esprit triste ou irritable
  • Anxiété : crises d'angoisse, anxiété, obsessions
  • Stress : changement de situation professionnelle, maladie, etc. 

L'OMS alerte d'ailleurs sur ce point, précisant dans une étude qu'environ 10% de la population mondiale présente un trouble anxieux ou dépressif. La raison ? De plus en plus de personnes ont des difficultés dans leurs relations interpersonnelles : on a du mal à communiquer et à exprimer ce qu'on ressent, ce qui peut paraître antinomique des réseaux sociaux. Ils ont un rôle important, mais sont un substitut de la communication en face à face. Une autre raison de cette apparition de plus en plus de cas d'anxiété et de troubles dépressifs pourrait être en relation avec la crise et les problématiques socio-professionnelles. 

Nous devons comprendre que se diriger vers la thérapie est uniquement une façon d'améliorer notre bien-être émotionnel, de la même façon que l'on va chez un(e) médecin si on a mal à la gorge ou chez un(e) nutritionniste pour améliorer notre alimentation. Et nous ne devons pas avoir peur de le dire à voix haute, avec la fierté d'avoir su détecter un problème pour y remédier.

Photos : Shutterstock

* Sondage "les français et la santé mentale" réalisé par OpinionWay pour le compte de la MGEN en 2014. 

** Sondage réalisé par Médiaprisme auprès d'un échantillon représentatif de 1064 français en 2014. 

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