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Pourquoi il ne faut pas passer plus de trois jours sans parler à votre partenaire

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En couple, le dialogue est primordial. Mais quels sont ses bienfaits, et comment faire pour parler calmement avec l'autre des problèmes vécus ?

30 avril 2018 · Lecture : min.
Pourquoi il ne faut pas passer plus de trois jours sans parler à votre partenaire

Selon "Le Dilemme du Hérisson", la parabole écrite par le philosophe Arthur Shopenhauer, les hérissons se recherchent pour se tenir chaud et survivre lors des froides nuits d'hiver. Comme ils peuvent se blesser avec leur épines en s'approchant, ils doivent apprécier avec soin la distance de sécurité optimale qui leur permettra de recevoir de la chaleur sans se faire mal.

Shopenhauer évoquait ainsi le paradoxe des relations humaines : plus elles sont étroites, plus il y a de probabilité d'être blessé, mais l'éloignement provoque de la souffrance et de la solitude. Nous avons tous besoin de la chaleur d'un autre être humain, notamment dans les moments les plus difficiles, mais nous portons aussi des épines qui peuvent nous faire du mal. Comment résoudre le dilemme du hérisson ? La technique la plus précise pour y arriver est le dialogue.

"Il n'existe pas de souffrance qui ne puisse être soulagée par la parole" - Antifonte

Les bonnes relations sont une clé du bonheur, et elles sont possibles grâce à l'art du dialogue. Du grec "dia" (deux) et "logos" (parole), "dialogue" signifie "échanger un point de vue". C'est un colloque où chacun défend sa propre opinion sans l'imposer et est capable d'écouter la perspective de l'autre. Il se base sur l'empathie et la rhétorique : on ignore ce que l'autre personne pense, mais on en a une idée, et l'écoute nous permet de vérifier notre représentation et de rechercher les paroles appropriées pour mieux faire passer notre message.

Le résultat souhaité est le changement et la coopération. Confessions, critiques et opinions opposées sont productives sur le plan relationnel si nous parvenons à énoncer le problème et à nous baser sur ce qui nous lie pour le résoudre. Un couple peut être en désaccord sur l'éducation de ses enfants, par exemple, mais en se souvenant que le plus grand souhait de chacun est le bien-être des enfants, le dialogue sera possible.

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Conditions

Toute discussion sérieuse doit être préparée, et elle ne fonctionnera que si certaines conditions sont remplies :

  • La motivation : un dialogue n'est pas un exutoire : nous devons savoir gérer nos problèmes sans les décharger sur la personne à nos côtés. La meilleure motivation est de vouloir améliorer la relation avec l'autre.
  • La fréquence : dans une relation importante, il faut dialoguer le plus souvent possible. Nous vous proposons la "loi des trois" : ne passez pas plus de trois jours avec le problème et essayez de le résoudre au moins trois fois.
  • Le moment : chaque chose en son temps. Il n'est pas conseillé de parler d'un thème critique si vous comme l'autre personne êtes tendus, inquiets, stressés ou occupés. Mais n'oubliez pas de prévoir une date pour pouvoir évoquer le thème avec sérénité.
  • La synthèse : allez au coeur du problème. Après un échange d'idées, d'autres viendront car la majeure partie des choses ne peut pas se résoudre une fois pour toutes. Mieux vaut y aller petit à petit et traiter une thématique à la fois.
  • Le ton : ce que vous dites est important, mais aussi la façon dont vous allez le dire. Évitez les allusions sarcastiques, le ton suffisant, de hausser la voix ou d'utiliser des mots qui peuvent blesser, ou d'utiliser votre regard comme s'il s'agissait des épines du porc-épic.
  • Le respect : il est préférable de parler de soi plutôt que d'accuser l'autre, en reliant la préoccupation concrète sans dramatiser.

Pièges et tricheries

Sur le chemin du dialogue le plus grand obstacle est le débordement émotionnel. Gérer le volcan "des sentiments" qui surgit du plus profond de nous lorsque nous entendons quelque chose qui ne nous déplaît peut être très difficile. Pour ne pas souffrir de cet ouragan émotionnel, certaines personnes préfèrent éviter le contact avec ceux ou celles avec qui elles rencontrent un problème pour ne pas souffrir de cet ouragan émotionnel.

Un autre aspect à prendre en compte est le dialogue intérieur négatif. Si par exemple vous devez faire face à des situations domestiques stressantes, vous pouvez avoir tendance à recréer un dialogue interne de dispute avec votre partenaire : "c'est injuste que tu sois tranquillement au travail pendant que je m'occupe de tout à la maison". Ce genre de phrase résonne à notre esprit. Lorsque nous avons ce dialogue interne, nous développons dans le cerveau une sorte de simulateur de relations.

Un autre piège est la manipulation. Selon Virginia Satir, les manipulateurs peuvent revêtir quatre rôles :

  • La victime ("pourquoi tu me dis ça à moi?")
  • L'accusateur ("mais tu es pire!")
  • L'interrogateur ("pourquoi tu dis ça?")
  • Le je-m'en-foutiste ("n'y fais pas attention").

Il faut être vigilant avec eux, car leur objectif est de déstabiliser.

Bien que les capacités rhétoriques puissent nous sembler fausses, infernales ou artificielles, elles sont très utiles pour affaiblir l'effet de nos épines que, contrairement aux hérissons, nous portons à l'intérieur de nous-même.

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Apprendre à se taire

Les défenseurs de la sincérité à tout prix pensent que parler est une sorte d'acte sain qui guérit tout, une panacée. Les secrets séparent, c'est vrai, mais parfois une attaque de verbiage sans filtre peut avoir des conséquences irréparables dans la relation à l'autre. Aujourd'hui, nous socialisons tout. Pourtant, parfois, mieux vaut apprendre l'art du silence.

Parler devient dysfonctionnel dans le cas des peurs et des obsessions, parce que l'écoute de l'autre confirme la validité des perceptions et alimente la conviction pathologique. Il en va de même lorsque nous allons blesser inutilement et que la question ne peut pas s'arranger. Un exemple clair à éviter est de parler avec un luxe de détails de ses histoires et aventures sexuelles passées avec son ou sa partenaire actuel(le). Au début, cela peut sembler un acte de sincérité, mais c'est un "sincéricide", car on active ainsi l'attitude paranoïaque de la comparaison avec les autres et on suspecte que l'autre est toujours pris dans ses travers, donnant libre cours au censeur à l'intérieur de nous.

La rhétorique et le dialogue devraient être des matières obligatoires au collège mais, en attendant, si vous ne savez pas comment les choses vont se passer, affrontez-les avec prudence. Essayez de suivre ces étapes :

  1. Mettez un nom sur le problème
  2. Acceptez les différences
  3. Écoutez et reflétez l'opinion de l'autre
  4. Faites des propositions concrètes
  5. Pensez à l'intérêt commun
  6. Mettez la solution en action
  7. Soyez digne de confiance et tenez-vous aux accords.

Maintenant si l’envie et la motivation sont au rendez-vous, il n’y a plus qu’à expérimenter et à vérifier si « l’art du dialogue» vous apporte davantage de satisfaction et de bonheur dans votre couple. Surtout si vous sentez que vous êtes actuellement englués dans « le dilemme du hérisson ».

Photos : Shutterstock

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