Quand consuter un psy ?

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Quelques paroles pour baliser le chemin d'une personne qui se questionne au sujet d'un appel de son monde intérieur.

19 JUIN 2020 · Lecture : min.
Quand consuter un psy ?

Quand consulter un psy ?

C'est une question générique qui comprend de nombreux aspects.

Évoquerun terme qui comporte la syllabe « psy » induit forcément des représentations. « Psy » est rattaché au psychisme mais le premier lien que font la plupart des gens est le rapport avec un désordre mental, psychiatrique même. Et derrière la psychiatrie, il y la folie.

Quel psy consulter ?

Psychiatre, psychologue, psychothérapeute, psychopraticien certifié… Il y a de quoi se perdre.

Le médecin généraliste en première ligne

Quand on ne va pas bien, c'est souvent son médecin traitant qu'on va voir. Il nous connait bien (c'était le cas il fut un temps), il dispose d'une vaste connaissance du milieu de la santé, il assure la confidentialité et en principe, le non jugement et ses honoraires sont remboursés.

Il y a de nombreuses raisons pour se fier à l'avis de son généraliste, mais cette démarche comporte aussi une limite, celle de la médicalisation. Un mal-être, une crise de vie, un deuil, une souffrance professionnelle, n'ont pas forcément besoin d'une approche médicale. Ce ne sont pas des maladies.

Le piège de la reconnaissance de maladie est l'induction de la posture de victime. Si dans certaines situations un sujet est victime des agissements d'une personne, ou d'un système et que sa souffrance doit être reconnue, il persiste néanmoins le risque d'enfermer ce sujet dans une posture de victime qui induit un état d'impuissance.

L'espace entre la souffrance sociale et relationnelle et la psychiatrie

Ne pas aller bien, souffrir, présenter des problèmes de sommeil, de moral, d'appétit, de perte d'envie…. sont des signes qui pourraient entraîner l'établissement d'un diagnostic s'ils sont exprimés face à un médecin. Il existe même une batterie de molécules en réponses à ces plaintes.

Souffrir au travail, enchainer les déceptions amoureuses, ne pas arriver à procréer, subir des violences conjugales, ne pas arriver à choisir, sont de bonnes raisons pour se mettre en mouvement.

Le mode de fonctionnement d'un individu entraine des réponses de son entourage. Il n'est pas question de maladie à cet endroit. Des situations bloquées, des impressions de se trouver dans une impasse, peuvent cependant entrainer une souffrance évoluant vers une maladie.

Se mettre en mouvement

Entamer une démarche d'introspection est un moyen de se faire du bien. Accorder du temps et de l'argent pour quelques séances sont des gestes pour soi ; c'est un moyen de s'accorder de la valeur.

Une personne qui présente des éléments d'un tableau de dépression ne s'aime pas suffisamment. D'ailleurs, la dévalorisation fait partie des symptômes. Souvent le travail révèlera des comportements de quête affective que ce soit dans le travail ou dans le privé. Cela montre bien les carences et il en résulte souvent un état d'épuisement. Chercher de l'approbation, de l'attention chez autrui est un mauvais investissement. In fine, c'est uniquement nous-mêmes qui sommes apte à nous accorder de la valeur.

Facteur culturel

En Argentine, les gens vont aisément voir un psy. Il y a moins de tabou.

La démarche pourrait être toute naturelle, un peu comme on va au restaurant pour se faire du bien.

Dans notre société, on peut se questionner au sujet de nombreux comportements de compensation.

Se faire plaisir est une démarche naturelle et légitime mais quand elle s'accentue, se multiplie, elle peut évoquer un état de mal-être.

C'est le cas de Diane, dont l'image d'elle est plutôt fragile. Encore la semaine dernière, son compagnon l'a blessé et la demi-journée qui a suivi, elle est allée faire chauffer sa carte bleue ; c'est sa manière de gérer son émotivité. Pour l'instant, elle n'est pas encore assez sécure pour se positionner face à lui, entrer dans le conflit et mettre à plat le contentieux. Parfois, elle se jette sur la nourriture pour calmer ses tensions internes.

L'attention et le temps qu'on s'accorde

Rosa souffrait dans son corps. A 27 ans, elle avait déjà cumulé un nombre impressionnant d'explorations médicales et d'interventions. Elle portait des symptômes de diagnostics comme la fibromyalgie, d'endométriose, de dysfonctionnement de la thyroïde et bien sûr d'un syndrome anxio-dépressif qui l'amenait à consulter un psy.

Elle était, jeune, belle, intelligente et dynamique mais elle prenait en charge son frère jumeau, son père, les personnes dont elle s'occupait… C'était beaucoup !

L'espace d'expression que je lui proposai lui convenait bien au début mais quand le travail démarra vraiment, et surtout avec la prise en compte de son corps, elle s'enfuie. Ses paroles : « j'ai déjà assez de soucis pour ne pas me rajouter la charge de ce travail ».

Sa réponse témoignait de la charge qu'elle portait et de sa difficulté de se faire exister.

Aller voir quelqu'un, prendre le temps, dépenser de l'argent, sont des actes de reconnaissance pour soi. La séance ne doit pas être placée entre deux activités d'une journée intense. Il faut consacrer du temps. Parfois, le professionnel habite un peu plus loin et le trajet fait déjà partie de l'espace qu'on s'accorde. C'est un peu comme les préliminaires et le bilan dans une relation intime.

La démarche thérapeutique a un coût et elle a de la valeur. Ce sont des facteurs importants pour favoriser une transformation en profondeur.

Et pour conclure, je reviens à la question de : quand consulter un psy ?

Il s'agit d'une démarche individuelle qui nécessite une motivation, du courage et au moins un peu d'amour pour soi.

Photos : Shutterstock

Écrit par

Pascal Bollenbach

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1 Commentaires
  • Lili

    C'est vrai que ca demande bcp de courage parce que depuis maintenant quelques temps, j'ai envie de voir un thérapeute mais j'hésite bcp parce que je me dis que 1) je ne suis peut être pas légitime, 2) je ne sais pas quel type de thérapeute, 3) j'ai peur de me tromper.

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