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Quel impact notre famille a-t-elle sur notre vie ?

A qui profite la famille ? Cet ensemble, cette institution humaine, ce système, tant connu de tous par sa familiarité mais si complexe par sa singularité ?

6 déc. 2017 Familles - Lecture : min.

Briançon Hautes-Alpes

A qui profite la famille ?

A cette question Sénèque aurait certainement répondu au coupable ! En effet, cette interrogation me fait directement référence à la célèbre citation du philosophe qui répondait au questionnement : A qui profite le crime ?« le coupable est celui à qui le crime profite. » Même si la juxtaposition entre le crime et la famille me semble être exagérée, j'y mettrais une réserve car il se trouve que dans certains cas, elle puisse faire des dégâts. Pour autant, est-ce seulement au coupable à qui la famille profite ? Il y a t'il qu'un seul individu qui écope de ses conséquences ?

La famille est un système

« Il n'y a pas de définition univoque de la famille contemporaine. D'une part, les formes familiales sont diverses, du mariage à la cohabitation, de la famille classique à la famille monoparentale et à la famille recomposée. D'autre part, les individus et les institutions changent de point de vue selon leur intérêt. Au moment de la naissance, du mariage de la mort, la famille se donne en représentation sous les contours différents. La famille, pour l'état civil, se distingue également de celle mise en œuvre par les politiques sociales. Elle est un groupe d'appartenance flexible. » Cette définition de François de Singly, sociologue français, est particulièrement juste. La définition de la famille change selon les situations. Mais qui est-elle vraiment ? Cet ensemble, cette institution humaine, ce système, tant connu de tous par sa familiarité mais si complexe par sa singularité ?

Pourquoi utiliser ici le mot système en tant que définition de la famille ? La famille serait, alors, un tout, un ensemble en mouvement avec plusieurs individus qui la composent. Or, à preuve du contraire, chaque personne reste singulière et à part entière avec ses propres valeurs, ses propres croyances et sa propre éducation. Nonobstant, cette personne s'est créée au sein d'un milieu, d'une famille qui l'aurait induit, poussé, accompagné dans cette unicité.

Nous faisons donc tous partie d'un tout. Un tout qui est à la base un système. « C'est un ensemble d'éléments en interaction avec ses lois et ses règles ». Par rapport aux lois, il me semble opportun de distinguer les règles implicites (celles qu'on ne voit pas, qu'on ne dit pas, on sait que c'est comme ça » des règles explicites (celles qui sont codées, dites). Cette distinction est importante dans l'opposition. En effet, nous pouvons plus facilement nous opposer à une règle explicite. Par exemple, dans une famille X, la règle explicite est de manger sainement et faire du sport pour être en bonne santé et la règle implicite est de n'avoir aucune relation incestueuse. Il est évident que la première est plus évidente à transgresser. Les règles implicites restent cependant très fortes, elles peuvent être appliquées sans même jamais avoir été parlées. Si ces dernières sont transgressées, elles peuvent alors foudroyer un système et causer son déclin voir sa perte. C'est lors de leur transgression qu'elles se découvrent.

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La famille est également un lieu d'ouverture, nous vivons en lien avec d'autres familles, aussi bien à l'école, au travail, dans les lieux de loisirs… Nous pouvons également créer notre propre famille qui serait alors plus considérée comme une alliance de pairs. Une pensée du jeu des 7 familles me vient à l'esprit ! Au début de ce jeu, nous avons plusieurs familles en main, le principe étant de les rassembler par leur nom. « Dans la famille refuge, je demande le fils ! » Mais le fils refuge, ne peut-il pas être ami avec le fils de la famille joyeuse ?

Comme tout système, les personnes étant en interaction, un changement crée un changement, un invité dans la famille peut également engendrer une transformation. C'est le principe de l'engrenage.

« Considérer la famille comme un système vivant, c'est la croire susceptible de s'autoréguler. » Le travail des thérapeutes constitue donc à réveiller cette capacité de transformation. L'approche systémique se distingue des autres approches par sa façon de comprendre les relations humaines. En effet, la personne n'est pas le seul élément analysé dans la démarche. Le thérapeute va accorder aussi une importance aux différents systèmes dont elle fait partie (familial, professionnel, social, etc.). Cette personne est influencée à la fois par ses intentions, celles des autres, et celles des possibilités du milieu et/ou du système. L'idée principale est que l'histoire de la famille agit sur l'individu. Cette personne transporte avec lui des valeurs, des émotions et des comportements véhiculés par la famille et ceci depuis plusieurs générations. Si une partie du système ne fonctionne pas bien ou éprouve des difficultés, cela risque d'affecter tout le système. Par exemple, quand deux personnes s'unissent, ce sont leurs histoires personnelles qui s'unissent afin d'écrire une nouvelle histoire qui tient compte des deux premières. Quand une séparation a lieu, elle met en branle des mécanismes qui, eux aussi, proviennent de l'histoire antérieure. Quand s'ajoute de nouveaux membres, par des naissances ou des unions, l'équilibre est modifié et les personnes doivent se réajuster. Et ce dans tout système.

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La famille va avoir le pouvoir d'être un lieu de fuite et/ou un lieu à fuir selon la place que nous occupons en son sein. Elle nous profite positivement lorsqu'elle est assimilée à une reconnaissance de soi, à une stabilité d'environnement, à une attention quotidienne, à une coexistence au sein d'un espace commun, à un lieu de sécurité.

Elle nous apporte aussi du soutien quand elle est vécue comme endroit où nous pouvons nous affirmer sans avoir à supporter le coût de la solitude. Nous sommes alors autonome dans un tout. C'est alors un « chez soi » additionné à un « chez l'autre » donnant la somme d'un « chez nous ». Et qu'est ce que nous pouvons être bien dans notre chez nous ! Alors oui, nous en profitons, mais à contrario, nous pouvons également avoir besoin d'en sortir.

La famille peut devenir pathologique dans l'excès. Comme dans tout domaine, l'excès est porteur de pathologie. La famille est à la fois le malade, le médicament et le laboratoire. Prenez trop de médicament et vous pouvez en mourir, prenez-en juste ce qu'il faut est vous serez en santé. Il est vrai que chaque composant est alors important dans son bon fonctionnement.

Il est donc important pour une certaine homogénéité interne de penser la famille en la considérant comme un groupe familial composé de personnes individuelles.

Photos : Shutterstock

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