Se donner de la valeur pour réussir

Quelle est la valeur que je me donne? Quelle est ma légitimité dans ce que je fais? Et si tout partait de l'estime de soi?

15 SEPT. 2026 · Lecture : min.
Se donner de la valeur pour réussir

Qui Suis-je ?

Je suis Isabelle THEME, praticienne en Gestalt-Thérapie, mouvement humaniste de psychothérapie qui permet d'apprendre à digérer son passé pour vivre pleinement le temps présent. Et c'est ainsi qu'on choisit et qu'on crée, enfin, la vie qu'on veut vraiment.

Pour cet article, j'ai choisi de m'adresser particulièrement aux femmes et à la valeur qu'elles s'autorisent ou non à se donner. Aujourd'hui encore, 48 % des femmes n'osent pas demander une augmentation à leur employeur, contre 28 % des hommes (Baromètre Audencia-KPMG), et nombre d'entre elles ont tendance à sous-évaluer leur travail et leurs compétences. En ce début de rentrée, j'avais envie de parler de qu'elles se racontent sur leur propre valeur, ce qui les empêche parfois de se l'accorder pleinement et à leur dire tout simplement : je vous soutiens.

Voici quelques exemples de manque de valeur qu'on s'autorise à se donner dans tous les domaines :

« Et si on se rendait compte que je ne suis pas si compétente que ça ? »

« J'ai l'impression d'avoir eu de la chance, pas d'avoir réussi. »

« J'ai l'impression de ne jamais en faire assez pour mes enfants. »

« J'ai toujours l'impression de devoir me justifier pour avoir fait mes propres choix. »

« Je me demande parfois ce qu'il fait avec quelqu'un comme moi… Et s'il finissait par rencontrer mieux ?

Le postulat de départ

La thèse est simple à énoncer, plus longue à intégrer : la valeur que l'on se donne à soi-même génère la valeur que les autres nous retournent. Je dirais même : la valeur que l'on se donne précède celle que les autres nous accordent. Ce n'est pas une formule de développement personnel. C'est une mécanique observable, que la Gestalt permet de comprendre finement et surtout, de travailler concrètement.

Trois notions s'articulent ici, et il est essentiel de ne pas les confondre :

  • 1.L'estime de soi est tripartite avec la vision de soi, qui je suis (mes valeurs, mes croyances, mes rôles mon identité), la capacité à agir (ma confiance en soi, mes compétences, ma capacité à faire face) et enfin l'amour de soi (amour inconditionnel que je me porte, indépendamment de ce que je fais, de ce que je réussis ou de ce que je vaux aux yeux des autres). Cela peut se traduire par des questionnements intérieurs comme : « suis-je quelqu'un de bien, de capable, digne d'amour et de réussite ? » Elle a été façonnée très tôt, par ce qu'on m'a dit enfant, par le regard qu'on a posé sur moi. C'est globalement une évaluation, souvent ancienne, héritée de l'enfance, souvent inconsciente et que je porte toujours en moi une fois adulte.
  • 2.La valeur que l'on se donne, se joue dans l'instant, c'est ce que je ressens de moi quand je suis en contact avec le monde, un client, un partenaire, un problème à résoudre. C'est vécu dans le corps, pas seulement pensé. On peut avoir une bonne estime de soi globale et, dans un moment donné, sentir sa valeur s'effondrer.
  • 3.La légitimité, est le droit que je m'accorde à occuper une place, prendre la parole, fixer un prix (sans trembler ou balbutier), répondre à une objection sans s'excuser, dire non. C'est la traduction concrète, dans l'action, de l'estime de soi et de la valeur ressentie.

Pourquoi ça coince si souvent

Un fil se retrouve avec une régularité frappante chez les femmes qui doutent de leur légitimité professionnelle : le rapport au père, et le message reçu ou perçu sur la conditionnalité de leur valeur.

Tu vaux quelque chose si tu réussis. Si tu es à la hauteur. Si tu ne déçois pas.

Ce message, souvent implicite, jamais nommé, s'imprime durablement. Il devient un filtre à travers lequel on interprète chaque situation. Dans le professionnel par exemple, chaque client difficile devient une preuve qu'on ne vaut rien, chaque succès une exception qu'il ne faudra pas répéter deux fois. C'est l'un des mécanismes racines les plus fréquents du syndrome de l'imposteur.

La bonne nouvelle : ce qui a été introjecté peut être retravaillé. Ce n'est pas une fatalité, c'est une mémoire et une mémoire, en Gestalt, ça se retraverse.

Le mécanisme à l'œuvre

Pour comprendre comment la valeur se bloque ou circule, la Gestalt propose des repères précieux : le cycle du contact, des mécanismes comme l'introjection (j'avale une croyance sans la digérer), la rétroflexion (je me fais à moi-même ce que je n'ose pas adresser à l'autre), ou la confluence (je me fonds dans l'attente de l'autre au point de ne plus savoir ce que je veux).

Ce sont ces mécanismes, précisément, qui expliquent pourquoi on peut être extrêmement compétente et pourtant se sentir illégitime : la compétence se loge dans le savoir-faire, la légitimité se loge dans le rapport à soi.

Cinq leviers pour se donner de la valeur

Se donner de la valeur se travaille, concrètement, par petits ajustements répétés :

  • 1.Repérer l'introjection. Identifier la phrase héritée qui parle à travers vous quand vous doutez et se demander si elle vous appartient vraiment.
  • 2.Distinguer le fait de l'interprétation. Un client qui négocie, négocie. Il ne juge pas votre valeur intrinsèque.
  • 3.Trouver en soi la ressource, plutôt que d'attendre la validation extérieure pour se sentir légitime.
  • 4.Ancrer la valeur dans le corps, pas seulement dans le mental. Une déclaration dite à voix haute, debout, engage autrement qu'une pensée silencieuse.
  • 5.Pratiquer la légitimité, pas seulement y penser. Chaque prix annoncé sans trembler, chaque non posé, renforce la trace neuronale de la légitimité.

Ce que cela change concrètement

Une femme qui a retravaillé ce rapport à sa propre valeur ne devient pas soudainement invincible face aux objections ou aux refus. Ce qui change, c'est l'interprétation : un refus redevient un refus, et cesse d'être une sentence sur sa valeur globale. Cette seule bascule change la façon de négocier, de fixer ses prix, de tenir une posture face à un client difficile mais aussi la façon d'habiter sa vie personnelle.

Un client qui dit non à un devis redevient un client qui dit non à un devis, et cesse d'être la preuve qu'on n'est pas assez compétente. Un compagnon distrait un soir redevient un compagnon distrait, et cesse d'être le signe qu'on compte moins pour lui. Une amie qui annule un déjeuner redevient une amie prise par un imprévu, et cesse d'être la preuve qu'on n'est pas si importante à ses yeux.

Ce n'est plus l'événement extérieur qui décide de ce qu'on vaut, c'est soi qui décide du sens qu'on choisit de lui donner.

Se donner de la valeur n'est pas un luxe :

C'est le premier geste que l'on se fait pour pouvoir réussir sa vie.

Isabelle THEME

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Écrit par

Isabelle Theme

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Bibliographie

  • Livret pédagogique sur l'Enjeu d'Estime de Soi (IFAS)
  • Baromètre de l'égalité professionnelle Audencia–KPMG, réalisé par OpinionWay
  • La Gestalt, l'art du contact » de Serge Ginger

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