Se plaindre est mauvais pour vous

Rester dans la négativité a d'immenses conséquences sur votre santé physique et mentale.

9 AVRIL 2018 · Lecture : min.

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Se plaindre est mauvais pour vous

Pourquoi se plaint-on ? Pas pour torturer les autres avec notre propre négativité, assurément. Pour la plupart, lorsque nous nous plaignons un peu, nous faisons ça pour évacuer. En laissant sortir nos émotions, pensons-nous, nous nous sentirons mieux.

Mais les scientifiques suggèrent que ce raisonnement a de fortes lacunes. Non seulement exprimer la négativité ne nous permet pas de nous sentir mieux, mais c'est aussi prenant, faisant se sentir les interlocuteurs encore plus mal.

"Les gens ne lâchent pas un petit vent dans un ascenseur plus qu'ils ne le doivent. Évacuer sa colère est similaire à un pet émotionnel dans un espace clos. Ça semble une bonne idée, mais c'est totalement faux", explique avec humour le psychologue Jefrey Lohr.

Se plaindre est mauvais pour l'humeur, pour la nôtre et celle de nos amis et collègues, mais ce n'est pas tout. La négativité fréquente est aussi mauvaise pour notre cerveau et notre santé.

Sur Psych Media, Steven Parton, auteur et étudiant la nature humaine, explique la manière dont se plaindre altère notre cerveau pour le pire et a de sérieuses répercussions négatives sur notre santé mentale. D'ailleurs, selon lui, se plaindre pourrait littéralement nous tuer. Voici pourquoi, selon lui, les plaintes sont mauvaises pour notre santé.

Les synapses qui s'enflamment ensemble sont reliées

C'st l'une des premières leçons que les étudiants en neurosciences apprennent, selon Parton.

"Il y a dans votre cerveau une collection de synapses séparées par un espace vide appelé la fente synaptique. Dès que vous avez une pensée, une synapse envoie un message chimique à travers la fente à une autre synapse, construisant ainsi un pont par lequel un signal électrique peut traverser, portant parmi sa charge l'information pertinente à laquelle vous êtes en train de penser", explique Steven Parton.

"Voilà le problème", continue-t-il, "à chaque fois que cette charge électrique est activée, les synapses se rapprochent afin de réduire la distance que la charge électrique a à parcourir... Le cerveau est toujours en train de récrire ses propres circuits, se changeant physiquement pour qu'il soit plus simple pour les synapses de partager le lien chimique et ainsi s'allumer ensemble - en bref, facilitant l'activation de la pensée".

En résumé, une fois que l'on a eu une pensée, il est plus facile d'avoir cette pensée de nouveau. Ce n'est pas une bonne nouvelle pour les personnes constamment sombres (heureusement, il semble que la gratitude fonctionne de façon opposée, construisant les muscles de la positivité). Non seulement des pensées négatives à répétition attirent d'autres pensées négatives, mais elles auront plus tendance à apparaître à n'importe quel moment. Une autre manière de l'exprimer est de dire qu'être constamment négatif tire votre personnalité vers le négatif.

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Steve Parton explique comment ce rapprochement des synapses conduit à une perpective pessimiste :

"À travers la répétition des pensées, vous rapprochez de plus en plus la paire de synapses représentant vos propensions [négatives], et lorsque vient le moment pour vous de former une pensée... celle qui gagne est celle qui a le moins de distance à parcourir, celle qui créera le plus rapidement un pont entre les synapses".

C'est pour cela que les pensées sombres prennent rapidement le pas sur les positives.

Vous êtes celui avec qui vous passez du temps

Non seulement passer du temps avec vos propres pensées négatives modifie les circuits de votre cerveau vers la négativité, mais passer du temps avec des personnes négatives a la même incidence. Pourquoi ?

"Lorsque nous voyons quelqu'un ressentir une émotion (qu'il s'agisse de colère, de joie, de tristesse, etc.), notre cerveau "essaye" la même émotion pour imaginer ce que traverse l'autre personne. Et il fait cela en essayant d'allumer les mêmes synapses dans notre propre cerveau afin que l'on puisse se relier à cette émotion que l'on observe. C'est l'empathie. C'est comme ça que nous créons les regroupements mentaux...C'est notre béatitude partagée dans un festival de musique, ou notre nuit dans un bar avec nos amis qui adorent, adorent, adorent dire des potins", continue Steven Parton.

La leçon à retenir est que, si nous voulons renforcer notre capacité à être positif et à affaiblir notre réflexe d'aller vers le plus sombre, "entourez-vous de personnes heureuses qui recircuitent votre cerveau vers l'amour".

Le stress est aussi mauvais pour le corps

Tout ceci sont de bons arguments pour vous éloigner de la négativité et protéger votre santé, mais Steven Parton insiste sur le fait que perdre son habitude de plainte est essentiel pour la santé physique également.

"Lorsque le cerveau allume ces synapses de colère, vous affaiblissez votre système immunitaire : vous faites monter votre tension artérielle, augmentant le risque de maladies cardiaques, de diabète, et pléthore d'autres affections négatives".

La coupable est le cortisol, l'hormone du stress. Lorsque vous êtes négatif, vous la libérez, et des niveaux élevés de cortisol "interfèrent avec l'apprentissage et la mémoire, diminuent les fonctions immunitaires et la densité osseuse, augmentent la prise de poids, la tension artérielle, le cholestérol, les maladies cardiaques... La liste continue", conclut Steven Parton. D'où l'importance d'apprendre à penser de façon positive !

Photos : Shutterstock

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Psychologue.net

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Commentaires 2
  • Marly

    Lumineux

  • Nathalie FOLLMANN

    En tant que praticienne en hypnose clinique intégrative, je partage cet article même si la lecture n'est pas forcément aisée pour tout le monde. En gros, la pensée positive et répétitive (méthode COUE) est toujours d'actualité revisitée par les neurosciences. La plainte est un dysfonctionnement cognitif dans lequel l'individu se sent parfois prisonnier. Souvent l'impatience, la frustration, la colère sont les ingrédients de la plainte. Effectivement, la plainte répétitive sur du long terme va créer un désorganisation physiologique et augmenter les symptômes et affections pathologiques comme décrit dans l'article. Ce qui représentent souvent un motif de consultation en thérapie.

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