Sous le Stress se Cache la Peur

Lorsque nous traversons une période difficile, qui nous fait vivre du stress, voir des angoisses, il y a très souvent la peur qui est cachée en-dessous. C'est bien souvent la peur du changement.

12 FÉVR. 2026 · Lecture : min.
Sous le Stress se Cache la Peur

Sous le stress se cache la peur, et bien souvent la peur du changement. Pourtant la vie est changement. Tout est mouvement. Pourquoi stressons-nous ainsi ?

Notre situation change : séparation amoureuse, maladie ou décès d'un proche, perte d'un travail, crise existentielle au passage d'une décennie, crise environnementale, évolution technologique trop rapide, etc…Le changement nous fait peur car nous ne savons pas si nous avons les capacités en nous pour nous adapter. Cela créé énormément de stress et peut rapidement nous épuiser. Dans ces périodes-là, nous nous trouvons confronter à nos propres limites physiques, et nous focalisons sur elles, à savoir : dans le passé, ça c'est déjà mal déroulé dans une situation similaire, vais-je pouvoir vivre sans cette personne si chère à mon coeur, vais-je être en capacité de trouver un nouveau travail, vais-je être accepté(e ) dans cette nouvelle situation, va-t-on me rejeter… ?? ce stress et ces questionnements en boucle nous isolent de l'extérieur et nous font sentir de plus en plus seul(e ). On se sent alors « séparé » en nous et « séparé » des autres et la peur grossit prenant petit à petit toute la place. C'est comme si ce qu'il y avait de plus vivant en nous était voilé, étouffé, sclérosé. On dit que la peur nous « paralyse ».

Face à cela, 2 types de réaction sont possibles :

Soit nous subissons cette peur en « attendant » qu'elle parte, et alors nous allons la combler avec tout ce qui passe : la nourriture, le sommeil, la non-action, le travail, la suractivité, le repli, les achats compulsifs, l'alcool, les drogues etc…Mais alors nous fuyons inlassablement ce qui crie en nous. Notre état s'empire parceque moins nous écoutons ce qu'il y a dans notre corps, plus nous nous sentons « séparés ».

SSoit nous acceptons de regarder cette peur nous habiter et nous apprenons à composer avec elle. Nous acceptons le mouvement qu'elle nous invite à faire :

1) L'acceptation comme une rencontre et une réconciliation avec soi-même :

La première chose est tout d'abord de constater qu'elle est là : être en capacité de la décrire en nous, de la sentir dans le corps et petit à petit d'accepter qu'elle soit là. Cette première étape est difficile car elle nous demande de faire une pause dans notre quotidien et de faire face à notre part sombre. Cela peut donner la sensation d'affronter un dragon. Il nous faut du courage. Et en même temps, le fait de la reconnaitre en nous peut déjà fortement nous apaiser voir nous soulager.

Si cette émotion est là en moi, qui prend toute la place, c'est certainement parcequ'elle a quelque chose d'important à me dire. Si je commençais par m'offrir du temps pour l'écouter ? Que me dit-elle ? quel est son message ? C'est comment de rester au contact de sa présence ? Est-ce que je peux aller observer de l'intérieur l'état de mon cœur, de mon système digestif, de ma respiration affectée par cette peur ? Est-ce que je peux accepter de regarder combien c'est douloureux de vivre cela ?

Maintenant que je suis en face de ma peur, que je peux la regarder sans fuir :

Qu'est-ce que j'ai envie de lui dire ? est-ce que je souhaite lui donner un nom ? une forme ? une couleur ? une taille ? est-ce que je peux la dessiner comme pour mieux lui faire face ?

J'accepte que cette peur fasse partie de moi en ce moment et j'accepte de marcher avec elle main dans la main, car si elle est là c'est qu'elle m'alerte, qu'elle me protège d'une certaine façon. Elle me rappelle probablement une partie de ma vie qui a été traumatisante pour moi et que j'ai oublié. Mon corps l'a enregistrée et elle fait remonter ces mémoires enfouies en moi. Donc elle me veut du bien. Je peux même lui faire confiance.

Je peux aussi lui dire que je ne souhaite pas qu'elle prenne toute la place car j'ai besoin d'être sereine et confiante pour avancer.

2) La peur comme une opportunité ?

La seconde chose que nous pouvons faire c'est changer de regard sur cette situation. Peut-être qu'en dépassant cette peur je vais grandir. Peut-être est-ce cela le changement qu'il m'est demandé de vivre. Ma situation change pour que j'évolue et que je grandisse. Cette nouvelle expérience peut être une chance pour découvrir des ressources intérieures que je n'avais pas encore imaginées et que je vais découvrir. Comment je me sens, face à ma peur, avec ce nouveau regard ? Qu'est-ce que j'ai envie de remercier dans cette situation ? qu'est-ce que ça me donne envie de faire ?

3) La séparation est une illusion :

Enfin, la troisième chose que je peux expérimenter c'est que, ma situation peut être désastreuse et en même temps, je peux rester en contact avec le monde, demander du soutien, parler à des amis, des parents, des voisins, des collègues. Malgré ce que je crois, la plupart d'entre eux sont là et m'acceptent tel(le) que je suis, avec toutes mes failles et mes problèmes. Ce soutien inconditionnel de l'entourage est un grand soulagement et apaise la peur. Nous ne sommes pas « séparés » parceque nous avons des problèmes. L'extérieur peut nous comprendre et nous soutenir. Cette dernière étape demande de la confiance en soi pour oser aller au contact de l'autre dans un contexte de vulnérabilité.

Nous grandissons en sortant de la croyance que nous devons tout résoudre par nous-même. Nous sommes des êtres sociaux, interdépendants et nous avons sans cesse besoin des autres pour grandir et nous découvrir. Et quelle joie alors de pouvoir rendre la pareille à nos proches lorsqu'à leur tour, ils traversent des difficultés et nous sollicitent ! Ne serions-nous pas alors en train de participer à la construction d'une société bienveillante, soutenante où tout le monde a sa place ?

PUBLICITÉ

Écrit par

Hélène Chambris

Voir profil

Bibliographie

  • Formation Arnaud Sebal, Ecole Humaniste de Gestalt
  • "Comprendre et pratiquer la gestalt thérapie" de Chantal Masquelier-Savatier
  • "50 exercices de Gestalt-thérapie" de Catherine Clouzard

Laissez un commentaire

PUBLICITÉ

derniers articles sur stress

PUBLICITÉ