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Troubles bipolaires : 10 infos essentielles

Article révisé par le Comité Psychologue.net

Un guide complet pour comprendre ce que signifie réellement souffrir d'un trouble bipolaire.

31 janv. 2018 · Lecture : min.

Anciennement appelé « trouble maniaco-dépressif ».  Le trouble bipolaire est une pathologie sévère qui touche entre 1 et 2,5% de la population.

1- De quoi s'agit-il exactement ?

"Le trouble bipolaire est une maladie mentale grave", explique le Ministère de la Santé, qui se caractérise par "un état émotionnel fluctuant entre deux pôles opposés : la manie/hypomanie et la dépression".

Ainsi, l'organisme signale qu'il s'agit d'une maladie "chronique, qui se déroule par phases récurrentes", c'est pourquoi il est recommandé d'en avoir un bon diagnostic car elle limite le quotidien de la personne qui en souffre, en plus d'avoir une incidence sur la "charge socioéconomique" et d'être associée à "une forte morbidité et mortalité si elle n'est pas prise en charge".

2- Épisodes maniaques et dépressifs

En termes simples, il existe deux types de troubles bipolaires :

  • Trouble bipolaire I : il s'agit de personnes qui souffrent au moins d'un épisode maniaque ou de manie (euphorie, exaltation), en plus d'autres épisodes mixtes, c'est-à-dire une combinaison d'épisodes maniaques et d'épisodes de dépression majeure.
  • Trouble bipolaire II : ce sont des patients hypomaniaques ou déprimés qui n'ont jamais d'épisodes maniaques ou mixtes.

De plus, il est possible de faire deux autres classifications importantes :

  • Cyclothymie : état d'esprit qui ne remplit pas tous les critères pour être nommé comme dépressif, maniaque ou mixte.
  • Trouble bipolaire non spécifié (TPNS) : il s'agit de patients qui montrent divers signes de troubles bipolaires qui ne permettent pas de définir un trouble spécifique.

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3- Effets principaux et conséquences

Une personne souffrant de troubles bipolaires, selon l'Institut National de la Santé des États-Unis, peut souffrir des problèmes ou inconvénients suivants :

  • Insomnie ou peu de repos
  • Baisse considérable des niveaux d'énergie
  • Capacité à penser de manière claire réduite.

De plus, la maladie peut interférer avec la capacité à travailler normalement et à réaliser des activités quotidiennes. Dans les cas les plus graves, elle peut dériver en tentatives de suicide.

4- Le trouble bipolaire en France

Le trouble bipolaire apparaît en général au début de l'âge adulte ou en moyenne entre 18 et 24 ans. Cependant, il peut apparaître dès l'enfance ou bien plus tard au cours de la vie. Les hommes et les femmes sont touchés en proportions équivalentes.

En France, on estime que le trouble bipolaire touche entre 0,4% à 1,6% des adultes, soit environ 600 000 personnes. Bien qu'il soit connu parmi le public, les patients mettent entre 10 et 12 ans avant d'être diagnostiqués, et voient en moyenne 5 médecins.

5- Un plus grand risque pour les enfants dont les parents ont un trouble bipolaire

Une étude de 2015 réalisée par le Nationwilde Children's Hospital a démontré que les épisodes sous le seuil du trouble soufferts par les parents, c'est-à-dire des expériences qui s'approchent mais qui ne remplissent pas les critères complets du trouble, génèrent un haut facteur de risque pour le développement du trouble bipolaire et autres troubles mentaux chez leurs enfants.

Ainsi, cette étude révèle que les enfants de parents ayant un trouble bipolaire ont des taux plus élevés de manie ou hypomanie sous le seuil que le reste des autres enfants (13,3% contre 1,2%) ; d'épisodes maniaques, mixtes ou hypomaniaques (9,2% contre 0,8%) et d'épisodes de dépression grave (32% contre 14,9%).

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6- Relation du trouble avec des problèmes pendant l'enfance

Un groupe de chercheurs de l'Université de Manchester a comparé la possibilité que les personnes avec et sans trouble bipolaire aient vécu des expériences difficiles pendant l'enfance, comme des abus physiques, émotionnels ou sexuels. Les découvertes ont révélé un lien fort entre ces évènements et le diagnostic.

Selon le Dr Jasper Palmier-Claus :

"Les consultations sur les expériences infantiles d'une personne peuvent avoir une différence significative sur la manière dont on procède pour le traitement et les possibilités de soutien qui peuvent s'offrir."

7- L'origine (possible) du trouble

Une recherche récente menée par le Centre de Sciences de la Santé de l'Université de Texas a révélé un détail particulier dans le cerveau des personnes ayant un trouble bipolaire : il s'agit d'un volume moindre dans des parties spécifiques de l'hippocampe, une zone historiquement identifiée comme le centre du processus de la mémoire et de l'humeur. Plus précisément, cela consiste en une réduction de la taille du sous-champ 4 du sacral cornu, deux couches cellulaires et la portion finale de l'hippocampe.

Cette réduction est plus visible chez les patients souffrant d'un trouble bipolaire I.

8- Traitements possibles

Pour environ un tiers des personnes diagnostiquées du trouble bipolaire, le lithium est un médicament miraculeux, capable de traiter efficacement la manie comme la dépression. Mais une fois que quelqu'un est diagnostiqué, il peut se passer un an avant de voir si la personne se trouve dans les 30% qui répondent au lithium ou dans les 70% qui n'y répondent pas.

Récemment, une étude publiée par le Salk Institute a confirmé l'existence d'une méthode basée sur les cellules qui permet de prédire si un individu avec un trouble bipolaire répondra positivement au lithium : ce système est exact à 92% et nécessite uniquement cinq cellules par patient.

Évidemment, ce n'est pas le seul traitement. Il est crucial, par exemple, d'être suivi par un psychologue ou psychiatre et de participer à des thérapies familiales.

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9- Le rôle des proches

En relation avec le point précédent, la psycho-éducation est la clé dans ce type de situation. Qu'est-ce que c'est ? Il s'agit d'un outil thérapeutique grâce auquel un professionnel de la santé mentale offre des "formules" ou recours, aussi bien au patient qu'à la famille et aux soignants, pour mieux comprendre la maladie, la façon de reconnaître les signes d'alerte et de contenir des éventuels effets secondaires et imprévus.

Cet outil autorise non seulement la connaissance spécifique à propos du trouble bipolaire, mais offre aussi des alternatives pour que l'entourage du patient sache s'adapter émotionnellement à ce trouble.

En ce sens, il est crucial de ne pas stigmatiser la personne affectée, qui a d'autres sphères et recours en plus dudit trouble. Cette maladie, avec un traitement adéquat, peut permettre de mener une vie normale.

10- Que faire si vous souffrez d'un trouble bipolaire ?

  • Reconnaissez votre maladie. La première étape est de reconnaître que vous souffrez d'un trouble et qu'il nécessite un traitement : il faut comprendre que ce n'est qu'un aspect parmi d'autres vous définissant en tant que personne : vous êtes bien plus que cela, et ce n'est pas de votre faute.
  • Suivez le traitement au pied de la lettre. Les médicaments prescrits par le spécialiste ne sont pas de simples aspirines ou ibuprofène : vous devez respecter à 100% la manière et les heures auxquelles doivent se prendre les médicaments.
  • Informez-vous sur les effets secondaires et imprévus. Le mieux est de rester le plus documenté possible sur le trouble bipolaire : presque tous les jours s'ouvrent de nouvelles recherches qui aident à comprendre les causes, effets et possibles traitements disponibles.
  • Menez une vie saine et équilibrée. Tout ne dépend pas des médicaments. Ayez des habitudes saines, comme dormir suffisamment, pratiquer des activités physiques et récréatives, éviter la caféine, l'alcool et d'autres drogues, et partagez votre quotidien avec vos proches, qui seront un appui dans la vie de tous les jours comme dans le dépassement du trouble.

Si vous connaissez bien le trouble bipolaire et avez besoin d'en parler à quelqu'un, participez dès maintenant sur notre communauté.

Photos : Shutterstock

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Commentaires 1
  • chipy

    je suis bipolaire j'ai 61 ans et suis malade depuis l'age de 23 ans j'ai perdu un fils qui s'est suicidé mon deuxième fils est bipolaire et a fait des tentatives de suicide je suis au bord du gouffre si je survie c'est pour mon fils le plus jeune il faut vraiment m'aider je ne sors plus me lave plus je suis incapable de réfléchir