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Violences conjugales : un mal sournois

Une femme qui meurt tous les 2 jours sous les coups de son conjoint, c’est une statistique. Une femme battue dans la famille, dans l’immeuble, dans le voisinage, c’est un drame.

21 janv. 2019 Violence et maltraitance - Lecture : min.

Vincennes Val-de-Marne

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Une femme qui meurt tous les 2 jours sous les coups de son conjoint, c’est une statistique. Une femme battue dans la famille, dans l’immeuble, dans le voisinage, c’est un drame. Et les drames n′ont fait qu’empirer, conduisant ces statistiques de un décès tous les quatre jours il y a une quinzaine d’années, aux chiffres alarmants que nous connaissons actuellement.

Femme battue, mais aussi homme battu. Car eux aussi sont concernés. Le tabou de cette situation se lève petit à petit même s’il est toujours difficile pour un homme de rendre public, de nommer ce qu’il vit. Qu’un gars taillé comme une armoire à glace avoue qu’il reçoit des gifles de sa compagne, soulève quelques doutes. Encore plus difficile pour lui d’apporter la preuve lorsqu’il s’agit de violence verbale, de harcèlement, de contrôle de ses allées et venues, de ses mails, de ses poches de veste. Néanmoins cet article concerne la situation la plus fréquente, la plus déséquilibrée aussi, celle des femmes victimes de violence dans leur couple.

Que dire encore lorsque cette violence s’inscrit dans un couple homo avec le risque d’ajouter à la violence, la stigmatisation : « ah ben alors, si eux s’y mettent aussi.. où va t′on  ! »

Qui est concerné ?

Tous les milieux, tous les âges, toutes les classes sociales, même si certains contextes favorisent le passage à l’acte : drogue, alcool, déficience mentale, terrain psychopathologique.

Aucune époque, aucune culture n’y a échappé et il est peu probable que cela change tant la violence s’immisce et se banalise de plus en plus au quotidien. La violence dans le couple étant un exemple de la violence omni-présente, dans les médias, au cinéma, dans la rue, aussi bien dans les réunions publiques, politiques, qu′au bistrot du coin.

Quels types de violences ?

Bien souvent on pense à la violence physique. Inutile d’entrer ici dans une liste à la Prévert tant cela paraît évident.

Violence sexuelle entre autres, celle que l’agresseur essaiera de faire passer pour une simple mésentente en matière d’intimité.

Mais il y a aussi tous ces gestes, ces sourires ironiques, ces comportements insidieux, difficilement démontrables lorsqu’il s’agit d’apporter des preuves à un entourage incrédule.

Et puis il y a la violence verbale, celle qui fuse aussi vite que la pensée, celle qui use et détruit chaque jour davantage. De l′injure à la petite phrase cynique qui laissera une cicatrice pour longtemps.

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Violence sociale enfin, celle qui vous coupe de vos amis, de votre famille, de tout ce qui vous reste de liens avec l’extérieur. Et ceci nous amène alors à ce qui fait finalement la marque de fabrique de la violence au sein du couple et qui se différencie des simples disputes entre conjoints, je veux parler de l’emprise.

Les séquences de la violence

À elles seules elles illustrent bien ce phénomène d’emprise. Juste assez pour mettre le lien du couple en péril et pas assez pour le détruire définitivement.

Cela commence avec des paroles ironiques, des petites blagues anodines qui rabaissent et finissent par semer le doute quant à l’estime de soi « si il (elle) me dit ça c′est que ça doit être vrai »

Arrivent un jour les colères, les injures, les coups..... et puis, le calme après la tempête, la demande de pardon, un petit cadeau. Et là le piège se referme. «je vais lui pardonner, avec le temps, ça s’arrangera ! » Mais ça repart. Hélas, il y a peu de chance pour que ça s’arrête. Trop tard. L’emprise est bien installée.

L’emprise

Sur elle s′enkyste le cercle vicieux dont il deviendra quasiment impossible de sortir.

Quelle que soit la situation où apparaît la violence : problèmes familiaux, problèmes de couple, d’argent, naissance d’un enfant, l’agresseur veut avoir le contrôle de tout sur tout. La victime est forcément pour quelque chose dans ce qu′elle subit. Elle n’a donc pas son mot à dire. C′est de sa faute à elle, car elle incapable de faire quoi que ce soit pour que ça aille mieux. L’agresseur lui a inculqué cette croyance qu’elle porte désormais en elle comme une vérité. L’emprise est là qui s’auto-entretient.

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Une relation complexe

Ainsi présentée, on pourrait penser que cette relation est fondée sur un rapport de force à sens unique : un méchant agresseur d’un côté - une gentille victime de l’autre. Ce serait trop simple. Certes la personnalité de l’agresseur y est pour beaucoup, et même essentielle, mais la victime participe souvent aussi et à son insu à ce scénario destructeur. Entendre dire cela quand on est victime est difficilement acceptable. C′est vrai. C′est pourquoi je précise bien « à son insu », pour ne pas dire inconsciemment, dans la mesure où la victime finit par jouer le rôle qui lui est dévolu. Conditionnée par autant d′affirmations : « tu n′es pas capable de... inutile de t′en demander plus.........sans moi tu ne peux rien.....tu ne vois pas que c′est toi qui me fais souffrir ...etc »... elle finit par y croire et s′y conformer.

Au final, il est des cas où la souffrance sera inconsciemment préférée à la solitude. Des cas où la victime voudra « réparer » cet agresseur qu’elle aime, en qui elle croit encore parce qu′il aime leurs enfants et qu′il est apprécié des voisins.

Des cas où son manque de confiance en soi la portera systématiquement vers quelqu’un de plus fort qu’elle. Des cas où, isolée, dépendant économiquement elle et ses enfants de son conjoint, il lui sera quasi impossible d′initier la rupture. On le voit, cette relation est complexe et explique pourquoi il est si difficile de s’en sortir seul.

Photos : Shutterstock

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