Culpabilité et Syndrome de l'imposteur.

langv26langv26
dans Thérapie brève

Bonjour,

Je vous contacte, car voilà, j'ai horriblement honte de moi, et je suis entrain de culpabiliser à mort, je n'arrive plus à dormir, je ne manges plus, et je n'arrive pas à sourire à cause de ça.

Je suis actuellement étudiant en 2ème année de master en Data Science (Donc en 5ème année d'étude). J'ai eu plus ou moins un parcours "formidable" car j'ai réussi à faire 5 années d'études, alors que je suis issu d'une filière technologique.

Le problème, c'est qu'aujourd'hui, j'ai honte. Car si j'ai autant réussi. C'est pas seulement grâce à mes connaissances. Mais aussi à cause de la triche.

J'ai beaucoup triché durant mes deux premières années d'études notamment. Et aujourd'hui, j'ai horriblement honte de moi. J'ai comme qui dirait le syndrome de l'imposteur car je remets en doute la légitimité de mes diplômes ainsi que la peur de ne pas parvenir à faire les tâches qui me seront confiés à l'avenir.

Même si j'ai beaucoup moins triché durant les trois dernières années (Notamment parce que les professeurs nous autorisaient davantage à utiliser nos cours), j'ai honte de moi-même, et j'ai honte d'avoir menti à mes amis. A ma famille, et à moi-même.


Actuellement, mon stage se passe plutôt bien (Même si ça ne fais que une semaine que je l'ai commencé), certes. Mais il n'en reste pas moins que j'ai honte. Car j'ai triché. Et je m'en veux à mort. J'ai volé la place de certaines personnes qui auraient eu plus de légitimité que moi.

Voilà, c'est pour cela que je viens vers vous aujourd'hui, pour me confier et en parler.

Bonne journée à tous.

Réponses

  • RbossardRbossard

    Bonjour,


    Je pense que si vous êtes arrivé jusque là, ce n'est pas seulement à cause de la "triche". Vous minimisez peut être vos propres efforts... Essaiez de réfléchir également aux ressources que vous avez mobilisé pour parvenir jusque là... Vous pouvez en faire une liste. De plus, vous êtes en train de vous mettre en échec du fait de cette forte honte que vous ressentez et que vous décrivez très bien. Vous ne vous sentez pas à votre place. En parler ici est déjà une très grande démarche et je vous en félicite. Ce n'est pas facile de parler de ses torts, de ses hontes. Vous prenez conscience de vos agissements et c'est super même si ça fait mal. Je vous conseille d'en parler à des gens de confiance dans votre entourage quand vous serez prêt, cela vous permettra de vous sentir moins coupable, moins imposteur et de vous remobiliser. Vous pouvez me tenir au courant si vous le souhaitez. Je suis psychologue clinicienne. Je vous renvoie une dernière réflexion à méditer : au moment où vous vous apprêtez à "réussir" (fin des études), vous "trébuchez"...Il y a une référence sur le syndrôme de l'imposteur que je pourrais également vous transmettre.

    Bonne journée à vous

  • langv26langv26

    Bonjour.

    Merci beaucoup pour votre retour, il m'as un peu remonté le moral :) .

    Toutefois, j'ai aussi quelque chose qui me fais méchamment culpabiliser, à savoir :

    - Je suis actuellement en stage, pour l'instant, tout se passe pour le mieux.

    - Je suis en avance sur mon travail (C'est mon maitre de stage qui l'as dis), et mon maitre de stage est content du travail pour l'instant

    - MAIS, car il y a un MAIS, à côté, parfois, je regardes des vidéos, ou je regardes mes messages (Par exemple, j'ai passé ce matin presque 3 heures sur mon téléphone (Bien que la moitié du temps, je travaillais à côté. Mais bon, la culpabilité reste et persiste)).

    - J'remarques aujourd'hui que c'est con

    Et forcément, vu que c'est con, c'est quelque chose qui me fais méchamment dramatiser, même si j'essaie de me convaincre que c'est pas très grave, d'autant plus que je suis en avance

  • Auffret5Auffret5

    @langv26 bonjour,

    Il semble qu'une part de vous a des croyances sur comment les choses doivent être faites, des injonctions parentales, sociétales ? comme ne pas tricher, ne pas prendre du temps pour soi alors même que le travail est fait et bien fait... et que transgresser ses règles est très inconfortable puisque vous en éprouvez de la culpabilité du remords, un sentiment de ne pas être légitime. Vous avez fait vos études dans un cursus classique, vous auriez bénéficié d'un autre mode d'éducation vous auriez eu d'autres règles comme part exemple : regarder des livres pour s'aider à rédiger un devoir est autorisé et bienvenue.

    Est ce que l'important n'est pas l’acquisition d'un savoir ? Votre histoire pour moi parle de capacité d'adaptation, de créativité, d'autonomie, d'assumer (même si une part de vous n'assume pas), de capacité à progresser... Je trouve cela plutôt joyeux.

    Bien cordialement.

    Anne Auffret - Thérapeute IFS

  • RbossardRbossard

    Bonjour,

    Votre culpabilité est très importante. Aujourd'hui, beaucoup de personne travaille et regarde leurs messages et parfois des vidéos. Il s'agit bien sûr de se limiter. En ce qui vous concerne, vous le faites puis vous culpabilisez mais vous recommencez quand même. Il y a là une répétition qui se fait dans une forme de plaisir insconscient de transgresser? De se mettre en échec? de procrastiner? Dans tous les cas si votre travail avance, ne culpabilisez pas, donnez-vous des temps limités de connexion à votre téléphone portable et des temps de travail où vous ne regardez pas celui-ci.

    Voilà la référence dont je vous parlais dans mon message précédent et le résumé de celui-ci:

    "Certaines personnes pensent ne pas mériter leur succès. Cette conviction persistante reflète en réalité un profond malaise vis-à-vis de l'opinion positive d'autrui et de sa réussite. Cette modestie pathologique, appelée « complexe de l'imposture », se manifeste par une impression de manquer de capacité, de tromper leur entourage (professionnel, social, familial) et de ne pas être responsables de leur réussite, malgré des signes externes de succès évidents, de bonnes performances ou évaluations professionnelles.

    Source d'une importante détresse psychologique, de comportements inadaptés et d'attitudes dysfonctionnelles variées, ce complexe constitue une réelle barrière à l'utilisation des véritables potentiels des individus, interférant profondément avec leur bien-être dans différents domaines de la vie (apparence physique, compétences sociales, capacités sportives ou intellectuelles)."

    Le syndrôme de l'imposteur. La dépréciation de soi. Edition DUNOD

    Bien à vous

    Mme Bossard Rachèle

    Psychologue clinicienne-Thérapie en ligne

  • Lauret4Lauret4
    25 Jan modifié

    Bonjour, je ne suis pas psy. Donc je peux me tromper... :-)


    Tout en parlant du Soi...

    Votre problématique m évoque autre chose...


    Je pense à la problématique du Faux Self... (cf Winnicott) qui vous entrave, car il prend beaucoup trop de place dans votre vie.

    Le Vrai Self ne demande qu'à s exprimer... mais il est encore camouflé.

    La question serait : Quelles conditions réunir pour permettre à votre Vrai Self de s exprimer librement, sans culpabilité et sans entrave ?

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