Notre ado de 15 ans est suivi, a notre demande, depuis 6mois en CMPP par une psychologue.
Ce jour, nous avons été invités à un retour de synthèse: nous avons eu l’impression d’être « incriminés » par le thérapeute. D’être responsable de la souffrance de notre ado.
A ce jour, notre ado aime être amoureuse, et a eu déjà plusieurs « petits copains dont elle nous parle. ( nous en avons rencontrés 2 en 1an).
Depuis 1mois, elle s’est engagée dans une nouvelle aventure amoureuse que nous acceptons. Mais nous préférons ne pas rencontrer à ce jour ce garçon ( règle verbalisée avec notre ado). Par ailleurs, nous n’interdisons en rien notre ado de passer du temps avec l’être aimé.
Lors du retour de synthèse, la thérapeute nous a questionné avec insistance sur ce qui fait que nous ne souhaitons pas rencontrer le nouveau petit ami.
Mon mari et moi sommes très contrariés que la limite posée au sein de notre foyer concernant les relations amoureuses avec notre ado soit l’objet de la séance ( et du retour de synthèse).
Nous ne comprenons clairement pas l’intérêt de la discussion et le positionnement du thérapeute qui nous a semblé être « l’avocat » de notre ado, au lieu d’être le médiateur.
Nous ne pouvons malheureusement pas parler de nos contrariétés avec le thérapeute puisqu’il refuse de nous recevoir sans qu’on y soit invité. La psychologue dit que le protocole fait qu’elle est missionnée pour accompagner notre ado et qu’elle ne peut inclure même un minimum les parents dans ses séances lorsque le besoin de se ressentir.
Nous remettons donc en question la manière dont l’accompagnement peut-être mené auprès de notre ado, et des relations familiales qui en découlent.
Nous pensons demander l’arrêt du suivi et démarrer une thérapie familiale , mais sommes tout de mème inquiets face à notre ado en souffrance, et qui a besoin d’un espace pour elle.
Comment peut-on procéder?
Doit-on réellement se questionner sur la véracité de l’accompagnement mené au sein du CMPP?
Nous sommes perdus…
Vous remerciant,
CP
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10 JUIL. 2025
· Cette réponse a été utile à 3 personnes
Bonjour à vous deux,
La période de l'adolescence est souvent éprouvante pour les parents, déstabilisés par les attitudes nouvelles de leur progéniture en pleine métamorphose psychique et tempête hormonale. Il s'agit en effet pour l'adolescent de se différencier (parfois en s'opposant), tout en venant interroger la solidité de la structure familiale dans l'espoir inconscient d'obtenir une réponse positive à la question : m'aimerez-vous encore si je suis différent de vous.
Autant dire que les parents sont souvent mis à rude épreuve, mais qu'il doivent pouvoir accueillir et contenir cette charge agressive sans s'effondrer, car devenir pour un temps le "mauvais parent", responsable de tous les maux, n'est jamais facile. Rassurez-vous, cette période, désagréable mais nécessaire, est transitoire. En tolérant sa colère, vous envoyez à votre fille l'autorisation implicite de ressentir ce qu'elle ressent, et d'accéder à sa propre réalité psychique.
J'aimerais vous proposer une formulation plus douce que celle que vous employez : vous n'êtes pas seuls responsables, voire "coupables", car une relation se tricote toujours dans un espace interpersonnel qui engage chacun des participants. Comme on dit en anglais : "It takes two to tango" (il faut être deux pour danser le tango).
En acceptant de suivre une thérapie, votre fille s'engage dans un processus de compréhension de ses ressentis, de ses besoins, de ses blessures. Elle est en train d'apprendre à les formuler et vous les adresser, sans vous désaimer pour autant. Et si le travail est bien fait, elle pourra un jour assumer pleinement sa part de responsabilité dans la façon dont les choses se jouent entre vous.
Cet espace thérapeutique lui appartient en propre, raison pour laquelle son thérapeute ne peut vous inclure dans un dialogue avec elle, car pour mener à bien ce travail, il doit construire avec elle une alliance thérapeutique garantissant la sécurité et la confidentialité d'un espace intime distinct de l'espace familial. Mettre un terme de manière unilatérale à SA thérapie reviendrait à nier ou contrôler l'espace de son intimité, et nuirait gravement à l'avenir de vos relations.
Une thérapie familiale propose par contre un autre dispositif thérapeutique, complémentaire et très utile, dont la priorité n'est plus l'espace psychique d'une seule personne, mais la famille comme système. Le thérapeute est alors chargé de garantir la sécurité de la communication entre TOUS les membres de la famille, en organisant les tours de parole et de réponse, en reformulant ce qui a été dit par les uns ou les autres, en posant un cadre qui garantit la sécurité de tous, et en prenant soin des ressentis de chacun. Cela permet de réamorcer un dialogue parfois rendu impossible. Il me semble que vous avez des choses à vous dire, mais aussi à entendre, elle autant que vous.
Aucune relation n'est jamais facile, ni idéale, et il est absolument normal, voire sain, de traverser des périodes de crise qui permettent un réajustement positif pour chacun, si on s'en donne la peine. Et je vous souhaite à tous d'y parvenir, entourés des bons professionnels de la santé mentale.
Ne perdez pas courage !
Agnès Malfettes
Gestalt-thérapie du lien et processus corporels
Marseille 8e visio et cabinet
15 JUIL. 2025
· Cette réponse a été utile à 0 personnes
Bonjour,
Vous avez été blessés par la posture du thérapeute de votre fille, et êtes laissés impuissants par son refus de vous recevoir pour en parler ensemble, je comprends que ce procédé soit frustrant.
En réalité, tout dépend du cadre.
Le mieux serait effectivement de débuter une thérapie familiale pour parler de vos relations, de votre façon de fonctionner ensemble, notamment du cadre que vous avez posé et de voir comment chacun se sent avec cela. Et de garder l’espace thérapeutique indispensable pour votre fille.
Chal
Aurelie LAUMONT
Psychopraticienne relationnelle intégrative
15 JUIL. 2025
· Cette réponse a été utile à 2 personnes
Bonjour Chers Parents,
J’entends dans votre écrit, tout d’abord, le soin que vous souhaitez apporter à l’accompagnement de votre ado et surtout votre souhait de participer, ce qui me parait essentiel.
Les CMPP ont des protocoles et des missions de soin qui sont particuliers. Suivre un protocole empêche de faire du sûr mesure et de s’adapter à la famille puisque par définition, le protocole est le même pour tout le monde.
Ce qui est soignant en psychothérapie, c’est l’alliance avec le thérapeute, quel que soit le courant choisi et, dans le cas de suivi d’enfant ou d’ado, c’est aussi et surtout l’alliance avec les parents car les parents sont évidemment ceux qui connaissent le mieux leur enfant.
Si vous ne vous sentez pas à l’aise, écoutés, pris en compte dans l’actuel suivi, c’est que peut-être ce système ne vous convient pas, vous pouvez en changer, aller vers un autre type de suivi où vous serez pris en compte en tant que Parents.
Je suis choquée d’entendre que vous n’avez pas la possibilité de solliciter un RDV en tant que Parents et que la psychologue vous dit qu’elle ne peut inclure même un minimum les parents dans ses séances. Inclure les parents est ESSENTIEL et est au service de l’enfant.
Dans mon approche psychothérapeutique, on ne peut faire un suivi sans la participation parentale qui sera définie et co-construite en séance avec parents et ado.
Ce qui est très important aussi, c’est de choisir un thérapeute qui a fait une formation spécifique enfant / ado, on ne s’improvise pas psychothérapeute pour ados.
Parlez-en ensemble, renseignez-vous et envisagez un suivi plus conforme à vos attentes. Cette démarche est très engageante et implicante et vous avez votre mot à dire !
Bien chaleureusement,
Valérie Billard
13 JUIL. 2025
· Cette réponse a été utile à 1 personnes
Bonjour,
Quand un enfant est en souffrance il est assez naturel que les parents se questionnent sur leur rôle dans son bien être comme dans son mal être.
Nous ne pouvons pas savoir ce qui dans le discours de cette psychologue qui suit votre fille au CMPP a pu vous faire sentir « incriminés »… : est ce le fait de vous avoir interrogé sur cette décision de ne pas rencontrer le dernier petit ami en date ou autre chose ?
Peut être que la psy voulait tout simplement comprendre votre point de vue ? Ou elle vous a suggéré de changer votre décision ?
Le fait est que votre fille est en souffrance et qu’elle a bien besoin d’un suivi psychologique personnel. Avec sa psy elle est libre d’aborder tous les sujets qui la préoccupent… dont ses « amours », ce qu’elle peut moins faire avec vous. Si elle se sent en confiance avec cette psy laissez la continuer sa thérapie.
Il serait effectivement bien de faire en parallèle une thérapie familiale, qui vous permettra d’aborder l’histoire de vos propres enfances et adolescences, les valeurs et autres transmissions familiales et aussi tout ce qui se passe dans vos relations intra familiales, et qui a façonné votre enfant autant que la génétique.
Cette thérapie pourra mieux vous aider à comprendre ce que chacun d’entre vous vit et ressent et les causes du mal-être de votre fille.
Elle permettra que les changements nécessaires se fassent, à condition que vous, parents, restiez ouvert à une remise en question de vos positions et comportements actuels.
Aussi étonnant que ça puisse l’être, tous les parents souhaitent le bien être de leurs enfants, mais souvent à condition que rien ne change dans leur propre vision des choses et comportements.
Et parfois quand l’enfant commence à évoluer et à changer grâce à l’une thérapie individuelle ça les déstabilise et ils décident d’arrêter la thérapie de celui ci.
Je vous souhaite d’arriver à aider votre fille à bien grandir et à devenir une adulte responsable et bien dans sa vie.
sp
11 JUIL. 2025
· Cette réponse a été utile à 2 personnes
Bonjour,
Vous n’indiquez pas la raison de votre refus de rencontrer le petit copain de votre fille. N’oubliez pas que pour elle, même si ses amours ne durent pas, celui qui est en cours est toujours considéré comme d’une importance presque vitale (surtout à l’adolescence où l’on est trop souvent extrême).
Ainsi, votre décision envoie le message à votre fille que sa vie et ses relations ne vous intéressent pas et surtout que vous les rejetez.
Vous vous trompez également dans le rôle que vous prêtez à ce psychologue. Ce n’est nullement un médiateur, mais bien un soutien, une aide, ou encore un avocat auprès des parties externes. Il est préférable d’écouter ce que ce professionnel tente de vous dire, car c’est certainement une partie du problème et que cela permettrait certainement d’améliorer la situation de votre fille.
Je reste à votre disposition et à votre écoute.
Pour plus de détails, contactez-moi.
N’hésitez pas à vous faire une idée du sérieux de ma méthode en consultant les avis sur ma fiche.
Christophe
-------------------------------------------------
Thérapeute de couple - Sexothérapeute
* Rendez-vous en ligne uniquement (visio ou téléphone)
11 JUIL. 2025
· Cette réponse a été utile à 3 personnes
Bonjour madame monsieur
Après lecture de votre message, il me vient une intuition concernant la question de la thérapeute.
Il est probable qu'elle ait des doutes sur ce petit copain et qu'elle ne soit absolument pas votre ''ennemie''.
Selon ce que votre fille lui a dit de lui, elle tient à vous associer au bien être de votre fille. Peut être l'avez vous pris comme une remise en question de votre décision, alors que c'est sans doute une protection pour votre enfant, que vous puissiez rencontrer tous ses petits copains, afin de vous faire un avis.
Ne prenez pas de décision concernant le suivi, surtout si votre fille se sent bien avec cette psy. Et n'hésitez à modifier votre contrat avec votre fille, lui expliquant que vous avez changé d'avis.
Je pense que c'est une bonne chose que vous puissiez avoir un œil sur elle, les relations toxiques sont tellement fréquentes !
Voilà un éclairage, qui j'espère vous fait voir les choses autrement
Bien à vous
Inès Avot Gestalt thérapie
11 JUIL. 2025
· Cette réponse a été utile à 0 personnes
Bonjour
Je réitère ma réponse je ne suis pas sûre qu’elle ai été envoyé, je comprends votre ressenti en tant que parent sur le retour que vous a fait cette psychologue, ce qu’il faut se poser avant tout comme question c’est pourquoi cela vous a fait tant réagir ? Vous dites effectivement le mot incriminé dont on ressent une violente atteinte comme si vous étiez des criminels… les séances avec votre ado et ce qui se dit en séance doit être strictement confidentiel bien entendu ce qui ne veut pas dire que vous parents vous ne vous questionnez pas sur l’avancement des séances ce qui est somme légitime en tant que responsable de votre enfant, je pense que vous devriez discuter de tout cela avec le professionnel, vous ne dites pas la raison pour laquelle votre ado consulte si pour des pb relationnels ou des pb de comportement, le tout c’est de respecter comme vous l’avez compris l’intimité de votre fille, il est important pour elle de nouer une véritable alliance thérapeutique avec sa psy, le contraire serait contre productif et à ce moment-là il faudrait en changer effectivement et pourquoi pas se tourner vers un psy en libéral qui pourra peut-être mieux répondre à votre demande et commencer pourquoi pas une thérapie familiale car je pense que vous avez aussi beaucoup de choses à dire. Ayez une parole soutenante avec votre ado et demandez lui si ces séances lui apportent du soutien, ce qui importe c’est avant tout son bien être émotionnel, ayez confiance. Bien à vous
11 JUIL. 2025
· Cette réponse a été utile à 0 personnes
Bonjour,
Ce n'est malheureusement pas rare que des thérapeutes d'ados prennent systématiquement leur défense, parfois pour se faire valoir auprès de l'ado. Pas mal de thérapeute considèrent également a priori que les parents sont toujours la source des problèmes de leurs enfants, ce qui est inapproprié.
Dans tous les cas de figure cela ne sert jamais à rien de culpabiliser les parents.
Dans votre cas de figure vous avez besoin absolument d'être entendus.
Vous avez donc tout à fait raison de vous engager dans une thérapie familiale.
Je reste personnellement à votre disposition, sachant que ma première séance d'une heure en visio est entièrement gratuite et sans engagement. Vous pouvez librement prendre un rendez vous sur mon agenda en ligne.
Bon courage à vous
Michel le BAUT
Psychopraticien
Thérapeute Jungien
Analyse de rêves
11 JUIL. 2025
· Cette réponse a été utile à 1 personnes
Bonjour
Je comprends vos doutes et la façon dont cette psychologue vous a comme vous dites incriminés vous les parents, il est vrai que le terme employé est fortement ressenti comme accusateur comme si vous étiez des criminels, ce que vous ne dites pas c’est la raison pour laquelle votre ado consulte, est-ce par rapport à ses relations amoureuses qui vous préoccupe ? Son comportement ? Ses relations intra familiales ? Je pense que dans un premier temps il faudrait parler à ce professionnel de la façon dont vous avez perçu son retour sur vous, vous avez le droit de la questionner puisque vous êtes responsable de votre ado de 15 ans ce qui n’interfère en rien la confidentialité de ce qui se dit en séance bien entendu, gardez un regard bienveillant envers votre ado, le soutenir, avoir des paroles rassurantes sans pour autant s’immiscer dans son intimité est important et je pense que vous l’avez compris et votre ado que pense t’elle de cette relation thérapeutique et du fait que vous ne souhaitez pas rencontrer son amoureux, comment le vit elle ? L’adolescence est une période très fragile, une construction vers l’âge adulte avec tout un bouleversement qui s’opère et où le besoin de se confier à une personne peut-être une aide et un besoin maintenant si les relations entre elle et son thérapeute ne se passe pas bien, il faut en changer et pourquoi pas se tourner vers un professionnel en libéral pour pouvoir commencer une thérapie familiale, parce que ce qu’il se passe dans la vie d’un ado concerne aussi la dyade parentale et / ou familiale, discutez en entre vous c’est important. Bien à vous
C. Clini
Psychanalyste
11 JUIL. 2025
· Cette réponse a été utile à 0 personnes
Bonjour,
Pour donner suite à votre message, une des solutions serait le suivi des parents par un autre praticien pour mieux comprendre ce qui se joue pour l'enfant et pour vous à travers le suivi de votre enfant déjà en place.
De plus, il est possible que le suivi de l'enfant réveille des questionnements personnels, familiaux ou de couple ou encore révèle un fonctionnement finalement déjà présent dans la sphère familiale et qui reste en suspens.
D'où le sentiment d'avoir une place légitime dans les séances et l'idée d'un accompagnement pour les parents pour mieux comprendre et être rassuré.
Cordialement
Gaia
10 JUIL. 2025
· Cette réponse a été utile à 0 personnes
Bonjour,
La relation établie entre votre fille et la psychologue du CMPP semble positive.
Si les séances vont dans le bons sens pour elle, il me semble opportun de les poursuivre.
Le cadre de l'intervention prend appui sur la confiance du patient avec son thérapeute et sur leur indépendance vis à vis des parents.
C'est en tout cas un schéma qui peut s'entendre même s'il est pas forcément simple à vivre pour les parents que vous êtes.
Peut-être que la psy aurait pu vous parler de ces conditions, dès le début des séances, afin que ce soit mieux compris et donc mieux accepté.
Il s'agit donc plus de la forme que du fond, selon moi.
Mais la forme sert le fond et a donc toute son importance.
Quoi qu'il en soit, il est très rare que les parents soient totalement exclu d'une démarche thérapeutique.
La question que la psy vous a posé n'est pas choquante en soi et il y a peut-être un élément important pour elle dans l'accompagnement de votre fille.
Si vous ne comprenez pas le sens ou l'intérêt de la question que la psy vous pose alors vous êtes pleinement légitime à lui demander des explications !
Accepter de répondre c'est aussi entrer dans la démarche, en devenir en partie acteur et donc pourvoir sereinement faire part de vos doutes et/ou incompréhensions.
Il faut donc "jouer le jeu" me semble-t-il.
En revanche, je suis plus réservé quant au rôle d'avocat de votre fille que prendrait la psy.
Les difficultés (nombreuses et diverses) que traversent les ado trouvent habituellement leur origine dans l'enfance et donc, plus ou moins directement, dans la relation aux parents.
Dès lors il est selon moi nécessaire pour le thérapeute d'avoir une double approche en direction les parents :
- le discernement de l'intention : je suis conscient de faire ce qu'il ne faut pas … ou pas du tout.
- le discours d'humilité universelle : je fais tout ce que je peux avec ce que je suis.
A partir de là, incriminer les parents n'a ni sens ni intérêt et s'avère souvent contre-productif.
En ce qui concerne votre "impression d’être « incriminés » par le thérapeute, c'est malheureusement une attitude assez classique de nombreux praticiens.
Dans cette quête déraisonnable de toujours trouver un responsable et pensant que ce sera la clé de la guérison.
Mais l'ado ne recherche pas nécessairement un coupable mais plutôt un chemin pour comprendre ce qui lui arrive et vivre de manière plus apaisée cette période charnière de sa vie.
Il n'est pas certain qu'incriminer les parents soit une source d'apaisement pour l'enfant !
Dans tous les cas un échange calme et serein avec votre fille sur la manière dont elle vit la thérapie pourrait être une bonne chose pour vous tous.
Un thérapie familiale ? Pourquoi pas mais cela va forcément vous engager et vous serez peut-être à nouveau dans la situation de répondre à des questions qui vous gênent.
C'est cependant un bonne idée dans la mesure où elle vient de vous.
Parlez en avec votre fille, non comme un renoncement à la démarche actuelle mais comme une alternative que vous pensez plus prometteuse.
Bon courage, vous prendrez certainement la meilleure décision qui soit.
Et souvenez-vous que "chacun fait ce qu'il peut avec ce qu'il est" !
10 JUIL. 2025
· Cette réponse a été utile à 1 personnes
Chers parents d'ados bonjour !
Je ne vous apprends rien en disant que l’adolescence est un moment difficile autant pour le jeune qui se découvre et découvre les autres avec de nouvelles perspectives plus « sexuées » eu égard à la transformation non seulement psychique mais aussi physiologique qu’il traverse.
Je ne sais pas comment se passe la communication entre vous et votre fille mais en tant que parents vous êtes tout à fait en « droit » de ne pas vouloir rencontrer ses petits amis et si cela est clair entre vous c’est une très bonne chose. Vous posez des limites quant à vos préférences, et votre ado, qui sort de l’enfance, (ré)apprend à travers ces préférences qui ne sont pas les mêmes que les siennes que vous êtes des personnes différentes d’elle, que ses désirs ne sont pas les vôtres et qu’elle doit assumer que vous n’allez pas et n’irez pas toujours dans son sens tout en la respectant (c'est-à-dire en ne lui parlant plus tout à fait comme à un enfant).
Que le thérapeute semble être « l’avocat » de votre enfant n’est pas surprenant. Si le but est psychothérapeutique ou cognitivo-comportemental, il n’est pas un médiateur : il fait alliance avec elle pour l’aider. Le thérapeute tente de comprendre votre ado et de lui faire sentir et comprendre qu’il la comprend (on appelle cela l'empathie). Cette alliance peut (dans un premier temps) sembler être contre les parents.
Dans le cadre de cette alliance, il est normal qu’avec lui elle parle : de vous, de vos interactions actuelles et passées, des sujets dont vous discutez, tout comme elle doit parler aussi d’autres sujets et de ses autres relations (dont tout ce qu’elle ressent avec son nouveau petit ami).
En ce qui concerne ce qui peut être dit concernant sa famille (donc sur vous et la fratrie s’il y en a), votre fille exprime ce qu’elle pense et ce qu’elle ressent au thérapeute qui à travers cela va pouvoir comprendre son fonctionnement interne et l’orienter vers des changements. Par rapport à cela deux considérations me viennent à l’esprit:
- en réalité votre ado ne parle pas vraiment de vous, mais de l’image qu’elle a intégrée de vous. Certes cette image vient de son enfance passée avec vous, mais est cependant en décalage avec la réalité. Pendant l’adolescence ce décalage est souvent exagéré et donne souvent l’impression que les parents « sont » … tous les adjectifs négatifs possibles. Cela tend à changer avec le temps. La patience est souvent nécessaire aux parents à qui l’ado indirectement demande d’accepter (comme preuve implicite mais ultime d’amour) d’être maltraités verbalement (jusqu’à une certaine limite que vous devez poser de manière sereine mais ferme).
- le thérapeute est en « droit » de vous demander « sur ce qui fait que nous ne souhaitons pas rencontrer le nouveau petit ami » mais il ne devrait pas insister, ni juger les raisons qui vous pousse à poser cette limite. Il va certainement au cours de la cure aider votre ado à accepter que vous ne soyez pas toujours sur la même longueur d’onde : c’est sa liberté (que d’après ce que vous décrivez, vous respectez) autant que la vôtre.
Selon moi, arrêter la cure psychothérapeutique n’est utile que si l’adolescente elle-même ne se sent pas bien avec le thérapeute. Si la relation entre elle et le thérapeute est bonne et que de manière unilatérale vous demandez l’arrêt de cette cure (ce que vous pouvez néanmoins faire en tant que tuteurs de votre enfant), vous risquez de renforcer le décalage entre l’image que votre ado a de vous (en ce moment) et la réalité.
Si le moment est vraiment difficile, vous pouvez vous faire aider aussi de vôtre coté. Car changer pour une thérapie familiale ne serait pas un gage de tranquillité ou de paix : quelle que soit la méthode psychothérapeutique vos mécanismes de défenses (que nous partageons tous en tant qu’être humains sujets) comme ceux de votre ado seront mis à rude épreuve.
Que votre ado (et éventuellement vous-mêmes) soyez suivis au plan psychothérapeutique est à mon avis plus porteur d’espoir pour l’avenir de votre relation que de chercher à contrôler une situation qui à n'en pas douter est émotionnellement très difficile.
Je vous souhaite patience et courage.
Pierre-Louis Suchel
Cabinet de psychothérapie à Sainte Foy Les Lyon
10 JUIL. 2025
· Cette réponse a été utile à 1 personnes
Bonjour Madame, bonjour Monsieur,
je lis votre contrariété d'avoir été questionné de manière insistante par le psychologue de votre fille au sujet de la demande que vous avez formulé de ne pas voir pour l'instant son nouveau petit ami.
L'espace de thérapie d'un adolescent lui appartient et des séances de bilan avec ses parents sont l'occasion de pouvoir nommer certaines choses en présence d'un tiers qui est le thérapeute. La parole des parents peut être accueillie dans la mesure où elle est au service de la thérapie de l'adolescent et n'est pas intrusive.
Au cas présent, j'aurai proposé que l'adolescent partage son ressenti à propos au sujet de la demande que vous aviez formulée et vous aurais également incité à partager votre vécu et ressenti par rapport à vos motivations et par rapport à ce que votre fille ressent. Je vois les séances de bilan comme un espace de dialogue entre l'adolescent en thérapie et ses parents.
Vous avez ressenti de la contrariété par rapport à l'entretien avec le psychologue de votre fille. Avant d'arrêter l'accompagnement avec lui, peut-être pouvez vous également faire un point avec votre fille afin de voir comment elle se sent dans cet accompagnement, qu'est-ce que cela lui apporte. Si cet accompagnement est une ressource précieuse, peut être ne faut il pas lui en priver...et vous pouvez également prendre la décision avec elle de changer de thérapeute...
Ensuite, faites confiance en votre intuition ! vous souhaitez démarrer une thérapie familiale et vous identifiez que votre fille a besoin également de son propre espace. Prenez le temps de choisir les praticiens avec qui vous souhaitez cheminer.
Je vous souhaite de trouver les personnes qui seront à votre écoute et vous permettront de trouver pour chacun un apaisement.
Anne Ferrand
Gestalt-thérapie à Versailles et en visio
10 JUIL. 2025
· Cette réponse a été utile à 0 personnes
Bonjour,
Je m'adresse à vous suite à ce message apparemment écrit ensemble, vous les parents. Pas de "je". Vous semblez avoir une seule opinion alors que peut-être, en tant que mère ou en tant que père vous pouvez exprimer des nuances. De même, vous nommez votre fille à chaque phrase "ado", terme général. Je sais que pour des parents, l'adolescence n'est pas un moment facile et vous avez bien fait de consulter au CMPP pour que votre fille ait un espace pour parler. Ce serait dommage d'interrompre cette prise en charge et rien ne vous empêche de proposer à votre fille une thérapie familiale en parallèle, ce qui permettra à chacun de vous (mère, père, votre fille et peut-être frère et soeur ??) de vous exprimer librement et avec respect. En ce qui concerne les relations amoureuses de votre fille, ce n'est pas évident de rencontrer les petits amis de sa fille si, ensuite, la relation s'arrête. Il faut trouver la bonne distance pour, à la fois, accueillir et ne pas s'investir trop. D'une manière générale, je dirais qu'il vaut mieux connaître les relations amicales et amoureuses de ses enfants plutôt que de fermer la porte. Cela permet d'évaluer les bonnes et mauvaises influences sans pour cela interdire. Vous avez été vous-mêmes adolescents et il est bon de s'en souvenir. C'est un moment qui peut être difficile mais aussi formidable et la disponibilité des parents (père et mère chacun à sa façon) est importante tout en étant respectueuse des différences de point de vue. Les conflits, s'il y en a, sont douloureux mais peuvent être constructifs. Les prises en charge psychothérapeutiques sont faites pour accompagner les jeunes et chaque parent si nécessaire. Je ne crois pas qu'interrompre cette thérapie serait souhaitable. Le thérapeute qui vous a semblé critique vis à vis de vous deux, a sûrement cherché à installer un questionnement en chacun de vous sans induire son opinion. En tout cas, votre lettre témoigne de vos préoccupations.
Mme Dhaine Dominique
Psychothérapeute
Psychogénéalogiste
Paris 20 et visio.
10 JUIL. 2025
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Bonjour,
Votre démarche de prendre soin de votre fille en l’amenant vers un suivi psychologique montre déjà un grand engagement de votre part, et il est légitime que vous soyez aujourd’hui déstabilisés si le cadre proposé ne vous semble plus adapté ou suffisamment clair.
Ce que vous décrivez — ce sentiment d’être mis en accusation lors de la réunion de synthèse, l’impression que le thérapeute se positionne davantage en défenseur qu’en médiateur — est malheureusement une expérience que certains parents peuvent vivre, notamment dans des structures comme les CMPP, où le protocole met souvent l’accent sur l’accompagnement individuel de l’enfant ou de l’adolescent, parfois sans assez d’espace pour les parents.
Votre question est très pertinente : oui, il est tout à fait possible — et même souhaitable dans certains cas — de distinguer deux espaces d’accompagnement :
- Un espace thérapeutique individuel pour votre fille, centré uniquement sur ses émotions, ses besoins, son développement et ses préoccupations d’adolescente.
- Et, en parallèle, un espace de thérapie familiale, avec un autre professionnel où l’on peut explorer, de manière sécurisée et structurée, ce qui se joue au niveau des interactions, des ressentis mutuels, des règles posées… non pas pour “chercher des fautifs”, mais pour fluidifier les liens et rétablir un dialogue plus apaisé.
Cela permet à chacun de trouver sa place, sans confusion de rôle ni tension de loyauté.
Ce que vous vivez aujourd’hui peut justement être l’opportunité de remettre les choses à plat dans un cadre plus adapté à votre dynamique familiale. Ce n’est pas remettre en cause l’accompagnement actuel, mais peut-être en ajuster les modalités pour que votre fille puisse continuer à avoir son propre espace, tout en vous offrant à vous, parents, la possibilité d’être entendus, compris, et accompagnés dans vos questionnements.
Je propose ce type d’accompagnement, où la thérapie familiale devient un lieu de médiation respectueux des besoins de chacun. Si vous souhaitez en discuter, je serais ravi de vous recevoir pour un premier échange afin de vous aider à évaluer ce qui pourrait le mieux convenir à votre situation.
Dans tous les cas, vous n’êtes pas seuls, et il existe des solutions respectueuses de votre posture parentale comme des besoins de votre fille.
Chaleureusement,
Oriane Montabonnet - Thérapeute conjugale et familiale
10 JUIL. 2025
· Cette réponse a été utile à 0 personnes
Bonjour,
L’adolescence est une période de construction pendant laquelle l’ado a trois objectifs :
1/ qu’est ce que je choisis de garder au sein de mon héritage familial
2/ qu’est ce que je fais de ce corps qui change
3/ quel est mon projet de vie
Ce sont des enjeux forts qui peuvent amener une sensation de malaise intérieur profond chez nos jeunes. La manière dont votre fille va gérer ces éléments peut être malmenant pour tout le système familial et n’est pas simple. L’idée est de pouvoir faire alliance ensemble. Avant de mettre un terme à ce suivi, demandez vous si votre fille adhère au travail avec sa thérapeute et si elle se sent bien en séance. Si cela lui convient cela pourrait être un choc pour elle d’arrêter sur votre demande, c’est plutôt à elle de décider si elle veut poursuivre.Je vous encourage à dialoguer avec elle à propos de cette séance commune et de verbaliser ce qui a été dérangeant pour vous. Peut être que pour elle certaines choses ont également été difficiles. En fonction de ce dialogue vous pouvez lui proposer une thérapie familiale et peut être en plus un suivi individuel avec cette thérapeute ou une autre si elle le souhaite. Les deux approches sont complémentaires mais la thérapie familiale travaille le système familial dans son entièreté, la thérapie individuelle permet vraiment une mise en lumière de son intériorité et de ses blessures et cela reste très intime, l’ado n’a pas forcément l’envie de partager cet espace là avec ses parents.
Espérant avoir pu vous aider.
Claudine Perraudin