Changement de paradigme mental durable ... et éprouvant.

Réalisée par Soldat_Morales · 30 nov. -1 Aide psychologique

- Soldat_Morales -

Bonjour cordial à tous et à toutes. C'est la première fois que je m'inscris sur un site de psy, car je vis un changement de paradigme mental durable et j'aimerais bien quelques avis éclairés (plutôt que des conseils pharmacothérapeutiques, car il n'y a rien à changer, en vérité) pour comprendre en langage psy/médecin/personnes concernées, ce qui est en train de m'arriver...

En premier lieu, voici quelques piliers très importants de ma personnalité. (je vais les lister en allant à l'essentiel afin surtout de permettre à chacun(e) de ne pas perdre de temps à lire de la paraphrase vide.)

[[je sais qu'une identité n'est pas un métier, mais cela a tellement pris de place dans ma vie que....]] : Ancien militaire - 17 ans de carrière - Pensionné - Métiers de l'intervention - Reconvertion réussi depuis - Homme de terrain, pas de bureau - Sorti vétéran - Formateur, instructeur - (pas d'opex) - pragmatique - empathique - essentialiste - a-émotionnel dans l'ex-travail (par obligation des conditions) - Esprit de corps dans l'épreuve - Pas nationaliste, pas souverainiste, mais fidèle aux valeurs de mon pays (nationalité : française). Veut dire surtout que je suis fidèle avant tout chose quand je donne ma parole. Pas versatile, ni changeant à ce sujet. Fidèle à ma femme donc aussi, de facto - Loyal également - A l'aise dans les situations d'urgence - Mentalité de missile à tête chercheuse (traduction : "tant qu'on n'a pas touché le but, on lâche rien les gars, on lâche rien!!" - Mon ex-mantra : "Servir la mission, toujours servir la mission." - Ne cherche pas à se mesurer aux autres hommes - Ne se prend pas pour un mâle alpha - Pas mysogyne, pas mascu - Ne fume pas, ne se drogue pas, bois peu. - Ne roule pas dans une grosse bagnole qui en impose - Ne cherche pas à être sur-beau ou instagramable physiquement. J'ai la tête que j'ai. - Aime pratiquer l'auto-dérision - Pas obsédé par l'argent - Espère être plutôt bon guide pour le mode survie - Secouriste - Syndrome dit de l'ancien combattant (ne peut s'empêcher de toujours raconter les anecdotes de l'ancienne carrière, l'ancien métier. Limite moulin-à-paroles avec ses pairs) - Déçu mais passionné par ce que j'y ai fait et ce que j'ai transmis - Ex-métier très dur, très violent, très difficile (avec dette de sommeil abyssale durant des années) - Très marqué par les épreuves - Deux burn-outs avec, à chaque fois, absence de 6 mois complets - 6 agressions physiques majeures (dont une chasse à l'homme) - Un post-trauma - Blessé léger - A pratiqué les sports de contact et la boxe ... Sinon, à côté : Ex-excellent bricoleur à la maison - initialement très à l'aise avec les travaux - Polyvalent - Capable - Mécanicien moto et auto - Electricité maîtrisée - Pas d'enfants, mais pas anti-gosses, tout au contraire ! - Possède un gros bagage artistique aussi - Musicien - Très curieux culturellement - A voyagé - Aime les autres pays - Est couramment bilingue - Maîtrise l'informatique et fait un peu de code - N'aime pas le foot, mais pratique facilement le gaming sans esprit de compétition. ...Voilà, bon, pour un portrait structurel spontané, je pense que c'est déjà pas si mal...

Pour le changement de paradigme évoqué, tout vient justement un peu du fait que (pardonnez si je semble très peu humble, mais ce n'est qu'une illusion provoquée par la lecture en condensée), je n'ai plus du tout envie d'être ultra-bricoleur, ultra-capacitif, ultra-applicatif, ultra-solutionneur, ultra-tout-ce-que-vous-voudrez pour gérer des situations techniques critiques et complexes. Ça va c'est bon, mon ancien métier m'a déjà assez distordu psychologiquement comme ça, à l'issue d'entrainements et de sur-entrainements, pas question de me perdre plus encore, depuis que je suis pensionné, dans des bricolages d'urgence ou des chantiers pharaoniques (et aussi résoudre les montagnes de problèmes techniques des personnes de mon entourage, car ils/elles savent qu'ils ont apparemment un bon McGyver sous la main). Du coup, pour résumer, je sais faire ... mais je n'ai plus envie de faire. Sans être pour autant déprimé, je suis complètement lassé de tout ça, usé, raboté... Les magasins de bricolage et de mécanique me dégoûtent à présent, sans compter que ça fait un moment que je n'apprends plus rien. Zéro nouveau challenge. Ainsi, quand les outils restent dans leurs caisses et que les urgences s'éloignent de moi, ça me fait plutôt du bien et ça me soulage. Et je pars alors plutôt consacrer l'énergie de mes neurones aux arts et à la culture, apprendre d'autres langues. Du coup, pour schématiser un peu en simplifiant, mon cerveau ultra-pragmatique s'est éteint, et c'est le cerveau émotionnel qui a pris récemment le relais... C'est bien, c'est cool, et globalement j'apprécie en fait. Mais c'est là aussi qu'est le problème...

En fait, si on pourait comparer un instant ces deux cerveaux à deux véhicules automobiles, le pragmatique aurait déjà la puissance confortable un beau coupé sport de 250 cv. Un truc qui ne se traine pas sur la route. Et, l'émotionnel serait davantage à rapprocher d'un monstrueux dragster approchant facilement les 2500 cv. Et c'est là, avec ce foutu dragster mental, que je ne contrôle pas tout bien dans ma trajectoire de vie, justement.

Maintenant, je vais vous décrire ce que je suis aujourd'hui, en ce moment. Et ça fait déjà un gros mois que ça dure intensément, sachant que c'est venu progressivement sur 4 mois, environ. Ça m'épuise, ça m'essouffle, ça fatigue ma femme, ça lui fous un peu la trouille aussi, car elle ne m'a jamais connu comme ça. Bref, surtout avec elle, je suis devenu trop câlin, trop collant. Toujours besoin d'obtenir un baiser. Je caresse beaucoup son cou, ses mains, ses tatouages. Lui exprime que je la désire. Que je la dévore des yeux. Je respire ses cheveux. J'ai envie de lui montrer que je l'aime beaucoup beaucoup, ce que je faisais hélas moins avant, non pas parce que je l'aimais moins, mais parce que ma part de vie mentale c'était plutôt "un problème? un souci? Aller go-go-go. Et tant que c'est pas plié, on lâche pas!" Bref, j'étais moins là, nécessairement moins démonstratif, socialement moins souple aussi, moins causant, moins.... tout un tas de trucs comportementaux justement que les hommes tradis sont quand ils se retrouvent à vivre leurs existences à fond, la tête dans le guidon, et nécessitent de délaisser un peu le relationnel du quotidien pour satisfaire immédiatement un objectif.

Si une coach experte en relation féminine pouvait me répondre, elle me dirait alors : "c'est bien, c'est beau, tu es à présent connecté à tes émotions. Pour un homme, c'est précieux. Et par ce canal, tu peux aussi arriver à présent à te connecter aux émotions de ta femme. Ça, c'est de l'intelligence émotionnelle ! Bravo !". Oui, mais bon, la gentille coach ne me voit pas tous les jours sangloter tout seul comme un couillon, tout simplement parce que j'ai d'un seul coup une très forte fluctuation émotionelle incompréhensible, limite mélancolique, et surtout qui débarque à des moments parfois étranges ou décalés (vaisselles, conduite, douche, graissage de la chaine de la bécane, etc...). Egalement, ma libido s'est beaucoup renforcée (des envies mentales constantes d'être sexuellement fusionnel avec ma femme), tout comme mon besoin de contact physique personnel. Et pour être très clair là-dessus : j'ai besoin d'être touché, caressé, serré dans les bras (de ma femme, principalement), j'ai besoin qu'elle prenne encore davantage en compte mon corps, (ce qu'elle a toujours fait par ailleurs dans nos moments personnels et intimes), mais ce à quoi moi-même je n'attachais pas spécialement d'importance > (((Le moi d'avant : "Bref, un corps est un corps. C'est avant tout fonctionnel, et blabla, et blabla" Tout ça quoi...))) Ainsi, si je ne manque pas de douceur de sa part et de tendresse, de démonstrations régulières d'amour (et de patience!), c'est comme si ce n'était souvent jamais assez. [[pardon par avance pour la comparaison non-insultante, mais....]], par conséquent, je me fais plutôt l'effet en ce moment d'être devenu la sacrée caricature de la femme enceinte baladée dans le flux terrible de ses hormones depuis que j'ai ouvert les vannes pour le cerveau émotionnel, et fermé - un peu! - celles du cerveau pragmatique. Car, nécessairement, je le suis encore par moment, ce premier cerveau là, des fois...

A savoir enfin, que je n'ai pas envie de changer et ne me considère pas comme déprimé, ni en dépression. En vrai, je voudrais juste que ça soit plus équilibré, plus vivable, mieux porteur. Et aussi, que ça ne provoque pas chez mon épouse le trouble d'un léger rejet, car comme elle dit : "T'es comme une diva, ça fait trop là". Ce qui, vu de l'extérieur de moi, est certainement tout à fait vrai. Je la crois ! Enfin, quand elle me dit avec diplomatie "ne soit pas trop pressant, mon chéri, sinon c'est comme si c'était contre-productif. Ça va certainement moins me donner envie", dans ces moments là, je le montre peu, mais c'est l'info qui me mine vraiment à l'intérieur. C'est un peu l'instant de stress ultime et de soumission totale. > : Si femme veut - pour surtout que je ne la perde pas - elle aura sans condition aucune ce qu'elle demande, et ne me reste alors plus qu'à lui obéir aveuglément." .... Oui, mais comment faire, puisque c'est justement là le noeud du problème ? Etre moins émotionnel pour ma part, afin d'être mieux connectés ensemble. Pas simple.


Ainsi, donc, en premier lieu, je reviens à ce que je disais dans mon introduction : de paroles de psys ou de professionnel(le)s aptent, j'aimerais bien savoir si ce nouvel état excessif porte un vrai nom médical ou psycho-populaire déjà connu (genre, même la ref non-scientifique qu'on se partage sur Tiktok and co). On m'a parlé à ce propos "d'ébullition mentale". Mais non, en fait, je ne m'y retrouve pas, car je ne suis pas confus. Ou alors on devrait plutôt qualifier cela "d'ébullition (senti)mentale", ou "ébullition émotionnelle" peut-être, (et j'espère pas de "détresse sentimentale"!!) si on veut bien que ça ébulli quelque chose, quelque part.... En tous les cas, je ne suis rien d'une personne qui a trop de choses en cours dans la tête. Ça c'est sûr.

PS 1 : note importante. Je ne prends pas un nouveau médicament qui serait connexe avec l'arrivée de mon nouveau "moi". Rien de spécial de ce côté là. (en fait, je ne prends actuellement aucun traitement.)

PS 2 : Quand je parle d'homme tradis, il ne faut rien voir de blessant envers ce qui ne le sont pas. Chacun sa masculinité. Respect à tous les autres mecs.

PS 3 : Est peut-être resté des fautes dans le texte. Le cerveau pragmatique aurait passé des heures à les traquer, et l'émotionnel, lui, prèfère finalement laisser les choses en l'état. Mille pardons si vous relevez donc visuellement des erreurs.

PS 4 : Tout ce que j'ai écrit ici, ma femme l'a lu. Rien ne lui est caché, je ne me renseigne pas dans son dos. Nous avons donc déjà beaucoup parlé de tout ça.

PS 5 : Mon Pseudo est évidemment à prendre avec humour et dérision. L'armée n'étant effectivement pas exempte de vrais défauts qu'il est loisible de caricaturer parfois avec délice.

PS 6 : Fin de carrière militaire décembre 2018. Reconversion active depuis 2020, juste après le premier confinement dû au Covid19.


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