Comment supporter le sens de ses fantasmes oedipiens sans ravaler son désir?

Réalisée par Lili51 · 30 oct. 2018 Thérapie brève

Bonjour,
je suis une psychothérapie d'inspiration analytique avec un psychiatre depuis un an et demi.
J'ai d'emblée fait un transfert érotique très fort sur lui.

Le fait de passer mes journées à fantasmer sur "lui" a fait baisser mon angoisse et réveillé mon désir, ma joie de vivre, mon état s’est amélioré.
Grâce à ses mots, il m'a aidé à trouver le sens de ce transfert, j'ai découvert que je cherchais une figure paternelle, pendant des mois cette idée ne m’a pas dérangé.

Il y a environ trois mois, au lieu de lui en parler sous couvert de transfert je lui ai exprimé mes sentiments et mon désir de manière plus directe, en disant par exemple "je pense tout le temps a vous", au lieu de "mon transfert prend de la place", j’ai ressenti beaucoup d’émotion à ce moment car j’avais l’impression d’assumer mes sensations et sentiments, et ainsi de mettre un pied dans ma réalité.

Depuis je ne ressens plus de désir pour lui.
En surface on pourrait penser que j'ai résolu quelque chose d'important mais je sens que je n'y suis pas, au contraire.

J'ai l'impression d'avoir refoulé mon désir et mes sentiments car cela s'est fait sans transition et j'ai commencé à culpabiliser en pensant à lui de cette manière: en réalité je pense que je m'en veux de vouloir des rapports sexuels avec quelqu'un parce qu'il représente une figure paternelle: j'ai l'impression d'être une petite fille cherchant l'inceste, j'ai eu des idées compulsives pendant la masturbation ou je voyais mon père, comme pour me punir d'être aussi "tordue", et je culpabilise tellement que je refoule tout ça.

Je sens que mon désir n'a pas eu le temps de prendre un chemin plus viable dans le réel, car je l'ai vite ravalé, et j'ai peur qu'il se réveille sur quelqu'un d'autre plus tard de la même manière, en attendant je culpabilise et je suis perdue.

J'ai l'impression de m'être mis dans une impasse toute seule à cause de cette culpabilité, due à la prise de conscience de ce fantasme oedipien (qui s’exprimait par des fantasmes très crus), et de finalement l'avoir renvoyé d'où il venait, et d'être revenue au même stade qu'avant: bloqué et sans désir.

Je lui en ai parlé et il n'a pas répondu.
Je suis vraiment perdue et je perd toute motivation que ce soit pour aller vers les autres ou pour travailler en thérapie.

Je continue néanmoins à penser à lui très souvent dans la journée, mais sans affect ni sensation, je suis comme coupée de mon corps.

J'aurai besoin d'un regard objectif, une piste à envisager... je suis perdue.

Merci de m'avoir lu

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Meilleure réponse 31 OCT. 2018

Bonjour à vous,

Sachez que les transferts de désir et d'amour sont fréquents dans un travail thérapeutique. Ces transferts parlent de comment le patient est "organisé" intérieurement, quels sont ses besoins, ses manques etc.

Ce que je perçois de votre témoignage est cette organisation intérieure du désir qui s'est fixé sur "le père". Comme si face à votre thérapeute vous étiez une petite fille qui tombe amoureuse de son papa.
Puis, les choses se compliquent aujourd'hui car vous n'êtes plus une petite fille et vous êtes en âge d'avoir des rapports sexuels.
Ce qui est une forme d'amour quand on a 4, 5 ans et quand on veut être l'amoureuse de son papa, devient à votre âge un désir ardent sexuel envers votre psy. Celui-ci visiblement ne répond pas à ce désir, et c'est ainsi qu'il doit être !
On ne séduit pas nos patients et on ne couche pas avec eux. C'est le même interdit que dans une famille: on ne couche pas avec nos parents, nos frères, nos soeurs etc...

Au fait, pour vous libérer de cette emprise d'un désir qui se fixe sur les personnes qui peuvent symboliquement vous renvoyer au "père": un psy, un professeur, un chef, un homme marié, etc., vous devez trouver des ressources en vous pour traverser cela.

Et pour le faire, il n'y a pas de miracle. Il faut y être confronter afin de trouver en vous une autre voie, plus saine, pour exprimer votre désir et vous sentir vivante !

Vous êtes certainement en colère contre votre psy, car il devient frustrant pour vous. Mais au fond de vous-même, sa "non réponse" doit vous soulager car il ne sera pas un danger pour vous.
Peut-être qu'avec votre propre père il y avait une sorte de jeu, de séduction consciente ou pas, un lien beaucoup trop fort qui vous a investi comme une femme?! Votre mère a-t-elle était suffisamment présente pour faire office du tiers qui sépare "le couple" père-fille?

Quand on est un psy et lorsqu'on a fait un vrai travail sur nous, quand on comprend ces enjeux relationnels, quand on a bien intégré "les interdits", quand on connait bien le fonctionnement de la nature humaine, quand on est SUPERVISE, et bien, vous ne risquez rien avec ce type de psy !
Si jamais un psy se sent lui aussi attiré par un patient, il est en droit de passer la main ! Mais de ce que je peux sentir dans votre témoignage, votre psy reste à la bonne place pour vous aider à traverser cette problématique qui à priori prend énormément de place dans votre vie.
Persévérez ! Traversez cette période de vide, de confusion et ce sentiment d'être perdue. Vous êtes au coeur de votre problématique... Demandez à votre thérapeute s'il est supervisé ! Etre supervisé, cela comprend d'avoir un lieu à soi quand on est psy, où on peut déposer nos émotions, nos réflexions au sujet de nos patients. Le superviseur joue un rôle important car il est d'une certaine façon "gardien' à ce que notre pratique se passe sans emprise sur nos patients et sans le danger d'être une toute puissance pour l'autre, ni un sauveur ! C'est une posture saine pour un psy afin de faire au mieux son travail d'accompagnateur !

En vous souhaitant une paisible poursuite de votre thérapie,
Je reste à votre écoute,
Tsvetanka Shopova


Tsvetanka SHOPOVA Psy sur Metz

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31 OCT. 2018

Autre chose,

Il existe une GRANDE différence entre les thérapies brèves qui ne travaillent pas ou ne connaissent pas les enjeux inconscients de la relation thérapeutique et les thérapies analytiques qui bien au contraire prendront cette matière pour la travailler avec son patient.
Donc, des réponses de type, "partez", "ça ne doit pas exister" etc. sont à mon goût une façon de vous dire que ces thérapeutes ne savent pas travailler avec ces problématiques-là. Leur formation ou leur investigation sur eux-mêmes n'ont pas été poussé suffisamment loin pour accompagner ce type de problématique au cabinet...

Cordialement,
Tsvetanka Shopova

Tsvetanka SHOPOVA Psy sur Metz

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30 OCT. 2018

Bonjour,
Vous dites : "Je lui en ai parlé et il n'a pas répondu."

Je trouve ça très dommage pour un professionnel de ne pas vous donner une réponse.
Il est normal que vous soyez perdue.

Personnellement, je pense qu'à partir du moment où vous ressentez une attirance sexuelle envers votre psy, soit il est capable d'y mettre un terme avec ses mots à lui, soit il est important pour vous de stopper votre thérapie avec lui.

Voilà mon avis.

Dans mon approche, cela m'est arrivé une seule fois avec un homme lors de notre 1ère séance qui m'a fait comprendre son attirance, je lui ai fait comprendre gentiment, et il n'est plus revenu.

Restant à votre écoute,

Nathalie FOLLMANN - Hypnothérapeute clinique à CLICHY

Nathalie Follmann Psy sur Clichy

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30 OCT. 2018

Bonjour,

Vous êtes à un moment important de votre thérapie. N'oubliez pas qu'il s'agit de votre thérapie et que ce que vous y apportez et les réponses ou non de votre psychothérapeute peuvent faire partie des moyens pour vous aider à aller mieux.
Si vous sentez que vous allez moins bien ou que vous avez l'impression de revenir en arrière. Ce n'est pas totalement vrai ou faux.
Puisque vous le dites vous-mêmes. Vous avez traversé semble-t-il une étape psychothérapeutique importante, où la reconnaissance de votre désir pour la figure paternelle vous a fait considérer cet amour comme impossible.
Mais vous attendiez autre chose et c'est de cette autre chose déceptive à l'heure où vous en parler ici, qu'il faudra aborder d'une manière ou d'une autre lors de vos prochaines séances (ou pas si le moment n'est pas encore bon).

Prenez votre temps et revenez aux sensations que vous éprouvez en séance en laissant vos pensées voguer. Votre psychothérapeute vous soutiendra dans cette découverte de vous-mêmes comme il semble qu'il ait pu le faire jusqu'à présent.
Pour les pistes que vous souhaitez que nous vous donnions, je pense qu'au moment où vous en êtes, vous allez les trouvez rapidement avec votre propre thérapeute.

Bonne continuation,
Bien cordialement,

Charles Suaudeau-Séroude
Psychothérapeute

Charles Suaudeau-Séroude Psy sur Paris

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