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Détresse psychologique/tentative de suicide

Réalisée par Sleepingowlowl le 13 mars 2019 8 réponses  · Aide psychologique

Bonjour, je m'appelle Camille, j'ai 20 ans

Suite à ma deuxième tentative de suicide, je me permets de vous demander conseil.
En effet, je ne sors plus de mes pensées noires.

Je suis suivie pour trouble dépressif majeur depuis 2 ans et sous traitement depuis (tranxene, risperdal, cymbalta, lambipol) mais je ne vois pas le bout du tunnel. Il se passe rarement plus d'une journée sans que je pense à la mort. Certaines idées m'obsèdent : la pendaison, la défenestration.
Je n'arrête pas d'imaginer ce qui se passerait si je disparaissais et tout les bienfaits de cela.

Souvent, je me venge sur mon corps. C'est une sorte de dermatillomanie (je ne suis pas diagnostiquée mais c'est ce que j'ai trouvé par moi-même). J'attaque couramment mes bras et mes jambes de coups de lames. Plus rarement les organes génitaux. La douleur me ramène à la réalité.

Cette sensation de réalité, je ne l'ai que quand je suis en phase suicidaire ou quand je souffre réellement. Le reste du temps, j'ai l'impression de vivre dans un mensonge qui me force à exister. Quand je souffre, je prends conscience de la Vérité : il faut que je disparaisse. Je ne sais pas ce que je fais ici bas. Je ne comprends pas. Quand quelqu'un me donne une bonne raison de rester en vie, j'ai l'impression qu'il me ment. Qu'on me force à vivre un enfer que je n'ai pas choisi.

Je souffre en permanence.
Physiquement, je ressens une pression derrière le sternum, comme une boule qui pèse fort.
Mentalement, c'est la même chose, j'ai mal. Je me sens oppressée, enfermée, c'est comme si je ne pouvais jamais respirer à fond. A chaque fois que je reçois de l'aide, j'ai l'impression qu'elle est « fausse ». Qu'on ne fait que me forcer à souffrir, encore et encore, comme si j'étais dans un jeu. Ce n'est pas de la paranoïa car ce délire n'est pas construit, c'est une sensation globale de mal aise.

Je me sens mal depuis un temps que je n'arrive pas à déterminer. Il y a des « souvenirs » de moment où je montrais déjà des problèmes psychologiques dès ma basse enfance.

Il y a à peu près un cas de suicide par génération dans ma famille. Un arrière grand père, un grand père, une tante, mon oncle a fait une tentative, tout comme ma mère (qui avait la même dermatillomanie).

En maternelle j'avais déjà du consulter une assistante sociale car mes dessins étaient sombres et torturés.

Je me rappelle particulièrement d'un dessin de moi-même en train de me noyer.

Quand j'ai su écrire (vers 6 ou 7 ans), j'ai rédigé un premier « testament » où je disais au revoir à mes parents et camarades de l'école. Je me souviens avoir beaucoup pleuré quand ma maman a trouvé ce dernier. Je crois que c'était une sorte de « blague » avec moi même et que je pleurais en fait de honte d'avoir été découverte.

Autre flash, je me souviens de mes premières pensées suicidaires. C'était entre deux cours, lorsque j'avais 15 ans. L'idée de sauter par la fenêtre était particulièrement obsédante et je me souviens m'être mise debout dans l'encadrement de la fenêtre et d'avoir hésité avant qu'une copine de classe ne me tire en arrière.

Cela correspond avec l'entrée dans ma vie du roaccutane : un médicament pour la peau aujourd'hui interdit en France en raison de ses effets secondaires parmi lesquels la dépression majeure... Et poussant au suicide.

La descente aux enfers a commencé à cette époque et mes souvenirs se perdent dans une sorte de brouillard.
Je me souviens juste que vers mes 17 ans, j'étais souvent exclue du cours à cause de mes crises de larmes. C'est à cette époque que j'ai consulté ma première thérapeute... qui m'a lâchée au bout de 3 séances en disant que j'avais toutes les clefs pour m'en sortir.

Mes parents ont pris ça pour argent comptant et la situation s'est dégradée de mois en mois.
J'ai consulté un autre psychologue qui très vite s'est dit dépassé et m'a redirigée vers une psychiatre.

L'entrée dans les études supérieures a été un enfer.
J'ai commencé à consommer de l'alcool en grande quantité, d'abord en soirée puis seule.
Tout cela s'est achevé avant même la première session d'examen de janvier : j'ai fait une tentative de suicide en rentrant chez moi après avoir appelé mes parents car je n'en pouvais plus d'être seule dans ma résidence étudiante.

A partir de ce moment là ma psychiatre m'a prescrit une grosse médication. Cette époque, c'est le brouillard dans ma tête, je ne sais plus ce que je prenais à part du lysaxia.

Bien sûr quand j'ai découvert ce calmant, j'en ai très vite abusé. Je doublais la dose que j'étais censée prendre sans penser que j'allais me retrouver à sec pour tenir jusqu'à la prochaine consultation.

Je suis restée 6 mois chez moi. Une équipe d’infirmers passait 2 fois par semaine pour prendre de mes nouvelles et veiller à ce que cette fois, je suive ma médication.

Fin de l'été dernier, j'ai fait un coma éthylique après avoir consommé de l'alcool pour oublier ce que je vivais.

J'ai repris les cours en septembre.

Je ne m'explique pas ma dernière tentative de suicide.
Tout commence à aller bien dans ma vie et je fous tout en l'air... Je ne supporte pas de posséder car c'est la peur de perdre. Et toujours dans ma tête cette question : « qu'est ce que je fais ici ? ».

J'ai terriblement mal. Je veux que ça s'arrête.
On me conseille d'avoir des personnes ressources, d'avoir des choses auxquelles me raccrocher...
Sauf que, toujours cette idée que « ça ne sert à rien » et que « je n'ai rien à faire là » revient. Je crois que j'en suis au point de refuser l'aide au fond de moi car je la ressens comme un piège. Quoi qu'on me dise, au fond de moi, je sens que ma place n'est pas ici. Je me sens étrangère à ce monde et non désirée.
La question qui me torture et qui tourne en boucle dans ma tête depuis toujours : "qu'est ce que je fais là?"

Meilleure réponse

Bonjour Camille,
Merci pour ton message ici. Ce que tu y exprimes me touche.
Cela me donne envie d’entrer en relation avec toi.
Cette question qui te revient en boucle « mais qu’est-ce que je fais là?? » me fait penser à une angoisse existentielle. Et cela me parle.
Je peux te suggérer de te rapprocher d’un.e thérapeute humaniste, qui t’accueillera peut-être d’une manière différente des accompagnements que tu as eu jusqu’à présent.
Ces thérapies humanistes se basent sur la relation qui se construit entres les deux personnes qui y participent.
Je reste à ta disposition si tu as des questions à ce sujet.
Bien à toi,
Sébastien,
Psychopraticien centré sur la personne et la relation.

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Bonsoir / Bonjour Camille,

Ce que vous avez écrit ici... montre que... malgré tout ce ressenti de lutte sans fin avec un grand malaise existentiel... vous avez envie que ça change... puisque vous demandez des conseils pour aller mieux.

Certes, vous avez hérité d'une longue série de suicides familiaux, et vous avez une mère elle même dépressive, qui n'a pas pu vous aider à acquérir une saine envie de vivre et une vision positive de l'existence, nécessaires pour grandir et évoluer, pour être suffisamment bien afin d'accepter de traverser sans dégâts majeurs les hauts et bas de toute vie.

Il me semble que ce que vous vous devez de faire... c'est de vous offrir une bonne psycho-thérapie, qui, alliée à une médication adaptée (qui se réduira au fur et à mesure de l'avancement de votre thérapie) et une discipline de vie saine, des activités agréables (dont le sport, et/ ou le yoga, etc...) et des liens fiables (des bons amis positifs et soutenants que vous allez pouvoir vous faire ès que vous commencerez à aller un peu mieux...).

Avez-vous pensé que peut être ce que vous faites ici c'est justement la nécessité d'accomplir une sorte de mission à dépasser le fardeau de malheurs familiales... et sortir de la douleur cumulée de toutes les générations d'avant qui ont souffert...?!

Je vous souhaite de croire que l'apaisement est possible dans la vie que vous avez devant vous, et de trouver les "ressources" qui vous aideront à changer votre vision des possibles !
sp

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15 MARS 2019

Logo Silvia PODANI Silvia PODANI

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Bonjour Camille,
Votre écrit est très interpellant et rempli d'une analyse complète de votre situation.
Il semble évident que vous avez besoin d'aide rapidement pour tenter de soulager tous les maux dont vous souffrez.
Toutefois, une chose m'a interpellé dans votre récit c'est cette situation qui semble se rejouer dans votre famille avec un suicidé à chaque génération.
Je ne peux que vous conseiller de consulter un thérapeute transgénérationnel qui vous aidera à ne plus subir ce poids que vous portez en vous et qui peut appartenir à un de vos ancêtres.
Alors prenez soin de vous et réagissez rapidement pour vous sortir de ce mal-être qui vous ronge.
Bien cordialement.
Ghislaine PATTE - Thérapeute

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15 MARS 2019

Logo Ghislaine PATTE Ghislaine PATTE

528 réponses

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Bonjour Camille,
vous avez besoin d'aide et de soutien et ceci en urgence.
Je vous invite de contacter votre médecin traitant afin de lui expliquer votre état de souffrance et surtout vos idées noires.
Dans un second temps, je vous conseille d'envisager un suivi psychologique et psychothérapeutique pour faire un travail personnel plus approfondi.
Néanmoins, je réinsiste: n'hésitez pas de demander de l'aide en urgence dans un premier temps.

Bien à vous,
Stefanie Böhme
psychologue clinicienne
enfants ados adultes couples familles
au cabinet ou en ligne

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15 MARS 2019

Logo Stefanie Böhme Stefanie Böhme

138 réponses

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Bonjour Camille,
Je ne sais, comme toi, ce que je fais là. Cela fait partie des grandes questions métaphysiques de la vie que des philosophes, des religions, des sages ont tenté d'apporter une réponse, d'ouvrir un chemin. Je ne sais si tu as déjà lu tels ou tels livres qui t'aident dans ton questionnement?
Au travers de "qu'est-ce que je fais là ?", il y a l'autre versant: "Qu'est-ce que j'ai envie de faire de ce que j'ai là?". Comment rendre ce moment là de telle façon que tu t'y sentes bien?

Ceci dit, tu parles de ces pensées suicidaires et bien d'autres actes comme pour "disparaître". Et tu évoques que c'est quelque chose qui s'est trouvé dans les générations qui t'ont précédées. Peut-être serait-il pertinent de travailler sur ce "transgénérationnel"? Il arrive parfois qu'une personne "porte" un symptôme qui ne viendrait pas directement d'elle, si je peux dire ainsi, mais de générations passées.
Et puis, quand tu parles des émotions, de ce que tu ressens, as-tu pu travailler à partir de ces émotions avec un thérapeute?
Tout cela peut se faire en complément de ce que tu vis déjà: la visite des infirmiers, l'apport du psychiatre etc...
Bien entendu, ce ne sont que des pistes à la lecture de ce que vous écrivez.

Si vous le voulez, je reste à votre écoute. Je ne sais où vous êtes et peut-être trouverez vous plus prés de chez vous si cela vous convient mieux.

Cordialement

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15 MARS 2019

Logo Jean-Luc KERDRAON Jean-Luc KERDRAON

427 réponses

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Bonjour Camille,

Si tu demandes conseil c'est que la vie vaut la peine d'être vécue …

Rapproche toi de personnes ou thérapeutes qui sauront rallumer en toi cette étincelle d'envie de vivre .

Bien à toi

Patricia Lebossé

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15 MARS 2019

Logo Patricia Lebossé Patricia Lebossé

56 réponses

96 J'aime

Bonjour Camille,

La vie de jeune adulte n'est pas forcément facile. Vous décrivez assez finement votre mal être, vos angoisses et vos difficultés, ce qui représente déjà une force pour vous en sortir.
votre souffrance fait écho à des blessures archaiques sans doute contactées dans l 'enfance, et qui prennent une forme de vide existentielle.
Je vous invite vraiment à trouver la bonne personne pour vous accompagner. une thérapeute plutot à visée humaniste ( d inspiration carl Rogers ou Irving Yalom..)
la thérapie peut vraiment vous aider car vous avez une capacité d'analyse qui est déjà là.
Il vous faut maintenant comprendre votre histoire et regarder en face avec de l'aide toutes les blessures qui vous font tellement souffrir.
Vous arriverez ainsi à trouver un sens à votre vie.
J'ai envie de vous dire que vous avez le temps, et qu il est urgent de prendre son temps pour effectuer ce travail en thérapie.
n hésitez pas à votre d'autres thérapeutes parfois il faut en consulter 3 ou 4 pour trouver la bonne personne.
voilà Camille, je vous envie du courage .
Je suis certaine qu'il reste au fond de vous un rayon de soleil pour vous donner les ressources de prendre un autre RDV .
Bien cordialement
Isabelle Boullet

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15 MARS 2019

Logo Isabelle BOULLET Isabelle BOULLET

10 réponses

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Bo jour Camille,

Quand je vous lis, la seule idée qui me vient c'est l'hospitalisation en service psychiatrique afin de vous aider à sortir de cet enfer que vous avez dans votre tête et de vous proposer une médication et un suivi adapté à vos souffrance.
Aussi la question existentielle de savoir pourquoi on est là est me semble-t-il une question que toute personne se pose à un moment de sa vie qui n'a pas forcément de réponse .
Je vous souhaite de trouver les bonnes personnes qui pourront vous aider à supporter et pourquoi pas à aimer la vie tout simplement.
Andrée Anne zazzera
Psychologue psychanalyste

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15 MARS 2019

Logo Andrée-Anne Zazzera Andrée-Anne Zazzera

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