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Être Soi (ou Moi) en en aidant les autres ? Distance et proximité

Réalisée par Nora le 5 oct. 2018 5 réponses  · Affirmation de soi

Bonjour,

J'ai parcouru les questions et vos réponses. Vous semblez tous disponible et à l'écoute des personnes qui publie sur ce site ce qui est selon moi courageux et agréable. Cela peut permettre aux personnes d'entamer ou de continuer un suivi et de s'ouvrir aux autres.

Ma question est la suivante comment arriver vous à concilier distance et proximité ? Plus particulièrement comment arriver vous a rester vous-même tout en "entrant" dans l'histoire et le monde de l'autre ?
On parle d'empathie, de distance, d'écoute, de compréhension etc... En pratique il peut être compliqué de ne pas ce laisser absorber par ce que raconte la personne.
Puis, comment concilier le Moi personnel et le Moi professionnel tout en étant Soi (puisque nous sommes les deux à la fois).
Ce jeu d'équilibre me semble difficile, toutefois il est important puisqu'il permet de ne pas s'oublier Soi.
Je connais pas bien les notions de transfert et de contre-transfert mais je suppose qu'elles font partie intégrante de l'accompagnement et qu'elles ont justement un rapport avec mes questionnements.

Je vous remercie par avance pour vos réponses, qui me seront utile dans ma construction professionnel et également personnel.

Meilleure réponse

Bonjour,

Quand un patient se rend ponctuellement ou régulièrement chez son psy, dans son esprit... et c′est bien naturel..., c′est son moment à lui, rien que pour lui, et par voie de réciprocité il pense que son thérapeute sera impliqué de manière unique et avec la même intensité sur le long terme.
Alors oui, il y a de l′empathie, oui il y a des transferts et contre-transferts émotionnels, même s′ils sont visibles dans un sens et pas dans l′autre. Et cela même chez les psy dits « les plus conventionnels ». (Aucun psy ne fonctionnant à ma connaissance sur le mode « OK Google ......etc...) (!)

Et d′ailleurs, les rendez-vous souvent les plus difficiles à gérer, sont ceux justement où, à cause d′une certaine fatigue, de difficultés de concentration.... on a du mal à se mettre en empathie avec le patient et travailler sur les émotions.

Il est des jours, des rendez-vous, où on a effectivement du mal à « tirer le rideau », des rendez-vous qui se prolongent même quand on se retrouve seul dans son cabinet.
Pour paraphraser une phrase célèbre : « Quand la musique de Mozart s′arrête, le silence qui suit c′est encore du Mozart »..... Et bien "quand la séance s′arrête, le silence qui suit, c′est encore la séance ".

Néanmoins, avec l′habitude, les nécessités quotidiennes, notre Moi n′est pas englouti par ce que nous vivons ou entendons. Et un des pires travers de ce métier, serait de penser qu′on est indispensable et de s′accrocher à son patient au point de retarder son légitime désir de voler de ses propres ailes.
Mais il est vrai que sur le long terme, chaque rencontre, chaque entretien laisse sa marque, nous en apprend sur la nature humaine, sur notre nature, et finalement cela participe de la construction de notre Moi, de notre Soi, bref, de qui nous sommes.

Cordialement à vous

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Bonjour,
Avant d'exercer, un psychanalyste est lui-même soumis à une analyse ce qui va - entre autres - lui permettre se décharger de son "passif" psychique et acquérir une disponibilité psychique pour recevoir les propos de ses futurs patients. Ce n'est que lorsque le superviseur estime que "l'analysant" est prêt qu'il l'autorise à devenir lui-même "l'analyste".
Dans le cadre du cursus de formation de notre fédération cette analyse est doublée d'un bagage théorique qui permet au futur analyste d'acquérir une culture analytique.
J'ajouterai, à la réponse de M. Gaillard, qu'une fois en exercice le psychanalyste est soumis à une supervision qui a pour but de lui permettre de travailler sur les problématiques amenées par ses patients et éviter le contre-transfert (déplacer vers son patient les souffrances qui feraient "écho" en lui et qui chargeraient encore plus le patient). Ceci a pour objectif de maintenir la disponibilité intellectuelle et psychique du thérapeute.
Mais nous sommes tous humains et tant mieux, je n'ose imaginer une dose "d'intelligence artificielle" dans ce domaine thérapeutique ...
A votre écoute.

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5 OCT. 2018

Logo Luc BURGENSIS Luc BURGENSIS

440 réponses

594 J'aime

Je voudrais rebondir sur ce que dit M. Gaillard.

Quand il dit : " Quand la musique de Mozart s′arrête, le silence qui suit c′est encore du Mozart ....Et bien "quand la séance s′arrête, le silence qui suit, c′est encore la séance ".

Effectivement, je suis d'accord mais pas dans le sens de l'impact émotionnel de la séance qui me déstabiliserais, mais sur la manière dont je vais travailler avec ce patient qui me questionne parfois, ce que je vais mettre en place comme techniques, étant donné que mon approche thérapeutique n'est pas uniquement verbale.

C'est dans ce sens que mon approche se différencie des thérapies verbales que j'appelle "conventionnelles"...

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5 OCT. 2018

Logo Nathalie FOLLMANN Nathalie FOLLMANN

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8561 J'aime

Bonjour,
A quel niveau faites vous un rapprochement avec votre 1er message ? ou votre question en est une autre ?

J'ai l'impression que vous demandez à un thérapeute comment peut-il garder cette distance pour ne pas être déstabiliser par l'histoire de son patient et être suffisamment empathique pour le comprendre, c'est bien ça ?

Pour ma part, je vous répondrais que tout thérapeute doit faire sa thérapie complète avant de se lancer dans ce métier.
Le transfert et contre transfert est une notion psychanalytique, dans mon approche en hypnothérapie, il n'existe pas.

Les outils que j'utilise me permettent de donner du pouvoir à l'individu et de ne pas s'accrocher à son ou sa thérapeute...

Restant à votre écoute,

Nathalie FOLLMANN - Hypnothérapeute clinique à CLICHY

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5 OCT. 2018

Logo Nathalie FOLLMANN Nathalie FOLLMANN

1909 réponses

8561 J'aime

Bonjour Nora,

Vous mettez le doigt sur quelque chose de sensible à mon sens.
En effet, tout psychanalyste dument formé se doit d'être analysé par des confrères plus expérimentés et plus aboutis. Avant d'exercer un psychanalyste a donc l'obligation d'effectuer un travail important sur lui-même car il est évident que la connaissance de soi dans ce genre d'activité est un préalable incontournable.
Il s'ajoute à ce préalable toutes les données théoriques afférentes au sujet qui vous intéresse. On ne peut pas apporter à un patient ce que l'on ne possède pas soi-même.

Ce travail permet ensuite d'accueillir avec sérénité et avec une empathie maîtrisée le patient. C'est à dire une mise à distance suffisante et proche à la fois car le travail effectué sur vous-mêmes permettra à votre "Moi personnel" d'être en capacité d'accueillir l'autre sans jugement, souffrance ou rejet.

Bien évidemment, chaque psy a aussi ses propres limites et dans ce cas je n'hésite pas à réorienter vers des collègues.

En espérant vous avoir apporté un début de réflexion.
P Castello

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5 OCT. 2018

Logo CASTELLO Philippe CASTELLO Philippe

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