FIV avec donneur(s): est-ce que cela peut peser sur le bonheur de l'enfant ?

Réalisée par Hélène · 10 avril 2017 Parentalité

Bonjour,


J'ai eu du mal à écrire une question car en fait je m'en pose plusieurs.


J'ai 40 ans, je suis célibataire et j'ai un désir d'être mère qui est maintentant une évidence. Je dis "maintenant" car entre 30 et 40 ans j'ai surtout chercher qui j'étais, quelle femme j'étais. j'ai eu des histoires plus ou moins longues mais la question d'avoir un enfant ne s'est jamais posée sérieusement.

À 38 ans, à nouveau célibataire, je me dis que je suis trop âgée, que je n'aurai sans doute pas d'enfant et que je dois trouver un moyen d'être heureuse sans. J'ai passé deux ans à essayer de me persuader de cela de façon très intellectuelle, ça me rendait quand même triste (je pleurais quand j'abordais le sujet ce qui a fait dire une fois à mon médecin traitant que oui j'en avais envie). Ça plus une difficulté à construire une rélation amoureuse avec quelqu'un: j'ai été voir un psy. ça m'a beaucoup aidée.


Et puis voilà, il y a 5 mois, une relation toute nouvelle, un accident de préservatif, je me suis retrouvée enceinte. J'ai été profondément bouleversée par cette révélation : je pouvais être mère, je pouvais porter un enfant.

Mon ami n'en voulait pas. il a déjà deux enfant, du mal à se remettre de sa séparation, avec des moments dépressifs. Il se sentait coupable vis-à-vis de moi parce qu'il ne partageait pas ce désir d'enfant et qu'on avait pas les mêmes attentes de la relation, et moi vis-à-vis de lui parce que je le sentais prisonnier de sa vie.


Bref, après trois jours à me sentir comme un zombie j'ai choisi d'avorter. C'est mon corps qui m'a dit où était la bonne décision pour moi. Je suis sentie prisonnière (trois jours à dormir, pleurer, ne pas manger, n'avoir en tête que des images tristes de mère célibataire sans vie sociale).


J'aime beaucoup ce que Mme Tudal a écrit récemment, que la psychanalyse aidait à trouver la réalité de son désir et à devenir libre de prendre le contrôle de sa vie.

Je peux dire que ces deux ans avec un psy m'ont aidé à choisir librement.

Donc décembre, IVG et rebelote je m'efforce de faire le deuil de la maternité.

Et puis lentement s'est imposée l'idée que je voulais cela profondément, dans mes tripes.

Encore une fois c'est le corps qui parle et bouleverse la tête. J'abandonne un schéma de vie : une rencontre, un couple, un désir partagé, un enfant.

J'étais sans doute trop bloqué sur ça (ou des variantes; j'ai craqué pour deux hommes qui avaient des enfants adorables -pour les enfants).

Je précise aussi que j'ai acheté un appartement avec deux chambres (une chambre d'enfant donc car je m'étais dit que c'était un plus pour un dossier d'adoption).


J'envisage maintenant de faire une FIV à l'étranger avec un don de sperme. Le médecin m'a prévenu que les probabilités de succès étaient minces (mon âge, les examens médicaux) et qu'il serait sans doute nécessaire de passer aussi par un don d'ovocyte.

Waouh, là ça se complique encore un peu plus...


Je me pose mille questions. Les plus importantes tournent autour du bonheur de cet enfant (avec don de sperme voir double don). Je demande si ce miode de conception peut l'empêcher d'être vraiment heureux ? Si son bonheur dépendrait avant tout de moi (le fait d'être une femme épanouie, une mère qui prend bien soin de lui, qui l'aime) ? Si cela dépendrait avant tout de la façon de lui raconter son histoire ?


J'en ai parlé avec mon psy.Il me dit que ces interrogations sont celles de tous les futurs parents.

Un copain dont le père alcoolique battait sa femme est convaincu qu'un enfant a besoin avant tout d'être aimé et sécurisé (le reste serait plus secondaire). Sauf que "sécurisé" ça peut vouloir dire plein de choses.


Peut-etre qu'au fond je m'interroge sur la légitimité de mon projet ?


Je ne suis pas sûre qu'il y ait une réponse et une seule, mais j'ai besoin d'entendre plusieurs voix (en dehors de mon entourage, famille et amis, et mon psy). et peut-être que cela interessera d'autre personnes. le sujet est rarement abordé...


Merci

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Meilleure réponse 10 AVRIL 2017

Bonjour Hélène,

Oui, la psychanalyse aide à trouver son propre désir comme l'écrivait ma collègue Mme Tudal, et elle aide aussi à devenir sujet, cad non seulement à trouver son désir, mais aussi à l'assumer - mais tout ceci relève d'un parcours qui peut être plus ou moins long, et surtout n'évite en aucun cas les questions.

Vous êtes bien sur ce chemin-là, n'en doutez surtout pas.

Je suis spécialisée en périnatalité, en particulier dans les questions de PMA, je suis donc à votre disposition si vous le souhaitez, n'hésitez pas à m'écrire sur ma messagerie personnelle.

Bien cordialement,
Fabienne Verstraeten
Psycho-praticienne analytique

Fabienne Verstraeten Psy sur Marseille

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12 AVRIL 2017

Bonjour
J'ai lu avec beaucoup d'attention votre écrit et après profonde réflexion je voudrais vous poser une question: Est-ce que vous voulez vraiment devenir mère? J'espère de n'être pas trop indélicate avec cette question mais je pense qu'il serait important pour vous d'aller au fond de vous même pour chercher les réponses. Avec un thérapeute vous pourriez affronter ce chemin et ensuite vous pourrez etre prête pour le rôle parentale ou prête à accepter que vous ne désirez pas affronter ce rôle.
Bien á vous
Livia Clara Vilnat

Livia CLARA-VILNAT Psy sur Bourges

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11 AVRIL 2017

Bonjour,

Forte identification à la naissance fantasmée qui vous renvoie à l'enfant qui est vous et donc à votre relation à la mère . Votre sujet est bien celui-là : votre relation à la mère en devenir d'avoir un enfant. Il y a l'idée de quitter la mère qui s'est réalisée lors votre naissance pour devenir à votre tour la mère qui se réalisera dans toute sa féminitude par la naissance qu'elle engendrera. Vos questions, vos doutes, ne seraient-ils pas " j'y vais ou j''y vais pas?"

Alain GIRAUD
Psychothérapute

Alain GIRAUD Psy sur Avignon

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11 AVRIL 2017

Bonjour Hélène, tout d'abord le fait d'avoir voulu vous trouver et répondre à vos questions existentielles pour pouvoir vivre sereinement et autonome est déjà un travail en soi et vous l'avez mené à bien. Ne pas faire porter sa problématique à ses enfants, se donner les moyens d'être heureuse en dehors d'eux, comprendre son fonctionnement en couple, c'est une bonne chose...
Il se trouve que votre inconscient vous parle aussi à travers votre corps, votre ressenti qui se manifeste dans vos sensations, votre voix quand elle exprime votre désir, vos larmes...
Là réside votre vérité et se forcer pour être conforme à un idéal ou à un modèle "rationnel" , c'est source de conflit intérieur, de souffrance... Votre désir profond resurgit sous forme d'accident (de préservatif), d'acte manqué...d'achat d'appartement à 2 chambres...
La maternité semble être pour vous très importante et le fait d'en avoir conscience va modifier votre façon d'être et d'entrer en relation avec autrui.
S'engager dans une démarche de FIV, c'est être déjà dans la maternité.
Concernant cet enfant à venir, il est désiré par vous et les dons ont été fait par des donneurs consentants donc désirants. Vous avez la possibilité de lui dire la vérité sur sa conception et les doutes que vous avez eu et qui n'ont pas résisté à la force de l'amour que vous vouliez donner puisqu’il est venu au monde (Dolto).
L'objectif d'être une mère suffisamment bonne (Winnicott), attentive et réaliste quant à l'ambivalence de la position de mère(Bydlowski) parait favorable à un bon développement de l'enfant. Soyez en confiance...
Le bonheur, c'est comme pour nous tous, il dépend de mille choses (la personnalité de l'enfant, les évènements,...) et pas seulement des compétences maternelles....
Je suis à votre disposition sur mon mail privé.
Cordialement, Catherine TUDAL. Psychologue.

TUDAL Catherine Psy sur Boulogne-sur-Gesse

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10 AVRIL 2017

Bonjour,

D’emblé vous annoncez que votre question en reflète plusieurs. C’est normal, puisqu’il s’agit de questions d’ordre existentiel, compte tenu du sens que l’on donne à la vie, à sa vie, à celle d’un enfant.

En ce qui concerne cet avortement : dès lors que cet enfant n’était pas l’enfant désiré, celui qu’on porte à deux dans le cœur, que l’on anticipe par la parole, mais un enfant arrivé par accident, non désiré pas son géniteur qui se sentait, en plus, coupable, je peux comprendre en effet que ce - « désir avorté » – de maternité, vous ait conduite à - acter - l’avortement lui-même. Pour ma part, tout cela n’est pas contradictoire.

Maintenant vous vous questionnez sur le bonheur de cet enfant, à la lumière d’une réflexion de votre ami qui vous parle de sécurité et d’amour. En cela, cet ami confirme ce que le bon sens nous enseigne.

Maintenant ce qui m’interpelle, c’est cette phrase : « images tristes de mère célibataire sans vie sociale ». Il me semble qu’il y a là matière à réflexion entre vous et votre psy, (et d’autres personnes aussi) sur le poids que vous donnez à la mère, la femme, le couple. Quelle image renvoie une mère célibataire, ou bien, une mère au bras du papa de leur bébé.....
Cet aspect social que vous abordez, d’image sociale, est un élément à travailler, eu égard à votre vie de célibataire pour qui cette image n’était sans doute pas à cette époque, la priorité.

Cordialement à vous

Maurice Gaillard Psy sur Vincennes

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10 AVRIL 2017

Je voulais faire une rectification afin d'être plus compréhensible sur ma réponse faite sur la phrase que vous citez :
"que la psychanalyse aidait à trouver la réalité de son désir et à devenir libre de prendre le contrôle de sa vie. "

Je voulais dire que c'est le but même d'une approche thérapeutique, et pour cela il n'y a pas que la psychanalyse qui demande des années et des années de suivi.

D'autres approches thérapeutiques peuvent amener un résultat similaire avec un suivi beaucoup plus court.

D'où la suite de mon message...

Cordialement

Nathalie FOLLMANN Psy sur Clichy

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10 AVRIL 2017

Bonjour,
J'ai lu avec attention votre énoncé mais je ne partage pas votre point de vue quand vous dites que vous êtes d'accord avec ce que vous avez lu : "que la psychanalyse aidait à trouver la réalité de son désir et à devenir libre de prendre le contrôle de sa vie. "

Avec tout mon respect, votre énoncé ne reflète pas cette phrase...

Vous dites aussi que votre suivi psy vous aide beaucoup, je veux bien mais vous retrouver à avorter d'un enfant tant désiré, j'ai un peu de mal à penser que votre suivi psy vous a permis de travailler sur des failles de votre passé...

Encore une fois, je ne cherche pas à vous culpabiliser, je respecte profondément l'individu, mais parfois, il est important d'apporter un éclairage différent sur l'objectif que vous souhaitez et la manière que vous le réalisez...

A travers votre énoncé, je ressens beaucoup de choses que je ne peux développer sur le forum...

Je comprends votre désir d'être mère, mais je pense qu'il y a un travail à faire bien au delà de ce désir d'enfant qui n'a pas été fait...

J'espère que vous lirez ma réponse avec toute la bienveillance que je vous accorde.

Cordialement

Nathalie FOLLMANN Psy sur Clichy

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