J'ai besoin d'une oreille

Réalisée par Boa · 16 févr. 2016 Approches psychologiques

Bonjour.

Je me présente, appelez moi Boa. (pour Boadicée, la reine Celte, c'est un pseudonyme)


Voici un court résumé de ma vie, puis nous en viendrons au lien avec ma question "J'ai besoin d'une oreille." (qui n'est pas une question, c'est vrai)


Je suis né en 95, vers Paris. Mes parents se sont séparés tôt et j'ai été battu par ma belle-mère dès mon plus jeune âge.

Jusqu'à mes 6 ans j'ai accepté ma souffrance; mais lors d'un incident avec ma mère, j'ai laissé transparaitre le désespoir qui m'habitait alors.


Ma mère me protégea du danger jusqu'à l'âge de 9 ans, puis je retourna à la garde partagée initiale.


Le problème c'est qu'à l'âge de 8 ans, l'on m'apprit que j'étais surdoué. Surdoué du genre imperceptible.


Jusqu'à mes 14 ans la situation s'empira de nouveau, plusieurs abats et moments violents. Jusqu'au jour de mon anniversaire, coutumier des crises de ma belle-mère. Elle s'en prit une nouvelle fois à moi, excuse bidon à l'appui, et vint chercher le contact, moment où habituellement j'étais sensé me renfermer.

Le problème c'est que cette fois j'ai réagit. Et la rage que j'ai vu reviendrait à "montrer" quelque chose à un aveugle guéri. J'ai découvert à quel point j'étais dangereux et heureusement j'ai réussi à m'arrêter de frapper.


Bien entendu, elle ne pu donner suite à mes coups, juridiquement, mais le mal était fait. J'avais réagit.

Plus jamais elle ne me frappa, elle eut pour la première fois peur de moi.


Je ne m'en suis jamais voulu, je savais que c'était juste. Ca n'avait rien d'un acte vengeur, je me suis défendu sans savoir ce que "se défendre" voulait dire, une fois traduit par mon cerveau.

A ce moment j'ai eu conscience, sans comprendre, de ce que "réfléchir" voulait dire.


En effet la question "est-ce que j'aurais pu empêcher ça" commençait à se montrer. Pour la première fois je cherchais à comprendre quelque chose.

Suite à cela, par le biais du hasard, et quelques mois plus tard, je passa un autre test de QI, cette fois-ci en ayant conscience de l'acte.


Le résultat ne collant pas avec celui du premier, un trouble incommensurable, dont je me remets tout juste en écrivant ces lignes, se programma en moi.


En effet, apprendre de la bouche de quelqu'un qui dit "Le QI ne peut bouger que de 1 à 2 points", exemples à l'appui, que mon QI est dorénavant de 110, alors qu'il était de 140 il y a des années m'effondra.


Je pensais que si je n'étais plus aussi intelligent, je ne pourrais plus me protéger, protéger les autres..


De ça s'en suivi un long moment de sommeil, jusqu'à mes 15 ans. Cette année fut longue et monotone. Sauf qu'elle était entrecoupée de scarifications et de tentatives de suicide.


Je finis à l'hôpital psychiatrique. Le CASA, si vous voulez chercher. (je ne sais plus où)

J'y resta 3 mois, sur un ordre d'internement volontaire de 1 semaine d'observation.


Je n'ai jamais appris la raison de cette prolongation, s'avérant par évidence qu'il y en a une, tant la divergence est grande.


Puis, la chance me souriant, j'entra au lycée. J'y vis la joie et la vie, le bonheur et les larmes.

La balance de la justice s'opérant, découvrir l'aspect social de la vie avait un coût, et avec la telle intelligence dont j'étais doté, j'appris l'empathie et elle se développa rapidement.


Mes amis, qui alors avaient des problèmes de la vie courante, des déceptions et des joies, commençaient à aller de mieux en mieux, à sourire, à sortir de leurs dépressions s'il en avaient.


J'outrepassa inconsciemment cette évidence, chercher et réussir à faire le bien autour de moi. Pour moi, il en allait de soi que je ne faisais que mon devoir d'ami, sans chercher à comparer les effets de mes efforts à ceux des autres.


Pour finir, déception amoureuse de trop, j'entra dans une dépression dangereuse.

J'y contracta le syndrome de l'agoraphobie, refusant jusqu'au contact de mes proches.

Ma particularité -insoupçonnée de ma part, à l'époque- c'est que je ne me méfiais pas tant de mes proches que je me méfiais du contact avec autrui.


En effet, ma peur n'était pas tournée vers les autres, elle l'était vers moi. Je ne savais pas comment réagir face aux autres, face aux choses normales de la vie, tel que les obligations, le système, l'argent.

Sauf que comme je ne voyais ça que comme un danger venant des autres, je ne voulais tout simplement pas avoir quelqu'un "d'autre" face à moi.


Donc je tomba, naturellement -cause en est de mes lobbys-, dans une addiction.

Cette addiction virtuelle me procurait un contact vers les autres, une vie. J'y étais un héros, j'y réalisais des exploits, j'y fut un mythe.



Depuis 1 an et 7 mois, je commence à réaliser la vie. J'ai rencontré ma moitié et ai dorénavant 21 ans. Entre temps, je n'ai travaillé que 6 mois et vis et fait vivre ma famille que des mois de chômage que cela concède.


Le problème c'est que ces années de veille m'ont permis de développer ma perception. Je ne vois et ne comprend pas les choses qui m'entourent comme les autres.


Et donc. Le problème c'est que j'ai besoin d'en parler. Ça fait des années que j'emmagasine des connaissances, vérifiées, intangibles; sans pouvoir les essayer, sans m'en servir.


Je veux faire parti de votre système, travailler et me plaindre objectivement de ma vie. Je veux qu'on ai un avis divergeant de moi, me faire des amis et des ennemis.

Je ne serais jamais comme vous, mais je veux vous copier, apprendre à donner l'impression que je suis normal.


Sinon, je n'aurais jamais une vie tangible. Tout cela ne sera que réponses et vérités, sans vécu à l'appui.


Est-ce que quelqu'un se sent de taille à être une oreille, face à quelqu'un qui est différent ?

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Meilleure réponse 14 OCT. 2019


Excellente réponse de notre confrère Philippe Garnier, j'adhère entièrement à son post et vous souhaite une bonne continuation de vie et deux oreilles fines pour vous entendre.

Bien cordialement
Frédérique Le Ridant

Frédérique Le Ridant Psy sur Marseille

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11 NOV. 2019

J'espère que, depuis 2016, vous avez trouvé quelqu'un qui soit vraiment " une oreille"...
J'aimerais, si vous lisez ceci, vous dire qu'il est complètement faux d'affirmer que le QI ne varie plus ! Au contraire, il se modifie tout au long de la vie en fonction de vos expériences et acquis. On vous a fait part d'une ancienne croyance...
Votre histoire est édifiante : pour autant que je puisse en juger, votre " différence" se limite aux maltraitances inouïes et aux traitement inappropriés que vous avez subis.
Vous êtes dans le vrai : c'est "une oreille " qu'il vous fallait, un contact, la voix étant un organe privilegié pour réparer les liens endommagés...Du reste, vous employez vous-même ce mot de " contact", s'agissant de votre " addiction". Il n'est pas étonnant que vous l'ayé refusé d'abord, vu les déceptions de vos premiers contacts.
Pas étonnant non plus sue vous ayez voulu venir en aide aux autres : c'est ce qu'on fait, par une inversion des rôles, pour se procurer, par l'intermédiaire d'autrui, le contact qu'on ne trouve pas pour soi.

Vous me paraissez très lucide et " normal", ce qui est un exploit après ce parcours du risque.
Vous ressentez un manque -- du moins en 2016-- : votre demande est nettement formulée et j'espère que vous avez su trouver un interlocuteur pour le combler.

Alice TIBI Psy sur Versailles

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24 FÉVR. 2016

Bonjour,

Je retrouve dans votre discours la complexité de la vie et toute l'intelligence de ce que je nomme l'Allotropisme, cette force qui nous pousse à avancer malgré tout et à comprendre. Seulement nous ne vivons pas dans un monde chaotique malgré les apparences, mais dans un monde bien ordonné dont il faut connaitre certaines lois sinon...la souffrance s'installe, les événements s'enchaînent sans que votre cerveau puisse s'y retrouver.
Mon travail est d'accompagner l'évolution de votre cerveau, c'est cette question du sens qui manque cruellement à la jeunesse d'aujourd'hui. Vivre sa vie vraiment c'est la comprendre, et pas seulement de manière symbolique, cette époque est révolue, aujourd'hui vous avez besoin de bien plus qu'un test de QI pour épouser cette complexité (et je vous assure d'ailleurs que le QI peut changer, il ne change pas souvent parce que dans notre société les gens ne changent pas, et que les tests ne sont pas faits pour les surdoués, il y a un biais sur ces épreuves, trop statiques pour refléter l'intelligence du vivant, son tropisme)
Tout va bien mais il faut vous en persuader, rentrer au coeur de vous-même pour le découvrir. Vous avez bien avancé jusqu'à présent, et puis peut-être que nous pourrons vous apporter cette oreille attentive. Tout le monde est différent et plus vous avancez plus vous serez différente je l'espère, plus encore que les autres si vous êtes intelligence, mais tout cela n'est pas pour rien.
C'est par exemple comme ça que l'on devient psy, y avez-vous pensé ?
Au plaisir de vous entendre.
Eric FAUCHER, psychologue clinicien, créateur de l'Allotropisme

Eric FAUCHER Psy sur Lyon

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17 FÉVR. 2016

Bonjour
Vous parlez de QI: je vous dirais plutôt intelligence émotionnelle, vous parlez de normalité, de différence: il s'agit plutôt de votre bien être. Comprendre ce qui se passe en vous me parait pertinent pour répondre à vos questions. Mais tranquillisez vous...
Géraldine Saint Georges
Psychologue Clinicienne

Saint Georges Géraldine Psy sur Manosque

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17 FÉVR. 2016

Bonjour
apprendre a donner l impression d être normal? qu' est ce que la normalité?
chaque personne est différente.
pourquoi vouloir copier ? être vous même est plus enrichissant .développer vos perceptions, vos connaissances, et les essayer pour vous en servir.
accepter d avoir ces capacités qui ne sont pas la par hasard. je suis a votre écoute et vous souhaite de trouver ce que vous cherchez.

Brasseur Catherine Psy sur Châtillon-sur-Chalaronne

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17 FÉVR. 2016

Bonjour,

Etrange croisement des trajectoires: vous aspirez à une "vie tangible", à "faire partie de [notre] système" à l'époque où de plus en plus de personnes deviennent conscientes d'y être trop aliénées et désirent plutôt se déprendre de la logique aveugle du toujours plus et d'un monde désenchanté au matérialisme vide de sens et privé de valeurs transcendantes.

Mais on rêve toujours de ce dont on manque et vous n'avez pas moins raison:
il y a un équilibre à trouver et nous ne sommes pas incarnés pour rester de purs esprits en visite et comme observateurs de ce ("bas") monde...

La tonalité particulière, distancée et joliment précieuse, de votre style (avec ses participes passés réinventés: -au passage, c'est "J'y contractai" et non "J'y contracta"-, mais ne changez rien, c'est très joli !), comme ce que vous décrivez, non sans lucidité, de votre histoire font penser que vous avez effectivement attendu jusqu'à récemment comme au bord du monde, hésitant à y entrer.

Aujourd'hui, vous vous sentez prêt et désireux de plonger dans la piscine pour y rejoindre tout les autres...
Bonne nouvelle: dans le bain, vous y êtes en fait depuis 21ans, même si vous n'avez pas trop osé nager pour vous-même jusqu'alors, préférant observer et soutenir ceux qui passent autour de vous lorsqu'ils menacent de couler...

Mais "Charité bien ordonnée commence par soi-même" dit la sagesse populaire...

Vous y avez droit comme chacun ; il y a de la place pour tous et il est légitime que vous souhaitiez plonger et "donner l'impression d'être normal" ; ça repose.
Rassurez-vous votre "différence" ne semble pas si infranchissable ; votre message ici-même l'illustre...
Et puis les citoyens les plus "normaux" ne sont-ils pas les acteurs les plus dupes du jeu de leur personnage en ce monde?
Alors, puisque les épreuves et les hésitations de votre enfance ont au moins eu cet avantage de vous permettre de ne pas entrer dans ce grand manège et donc de ne pas en être dupe trop vite, montez ou descendez y faire un tour, mais gardez précieusement votre spécificité et votre recul d'observateur ; ils sont votre richesse et peuvent encore vous et nous être utiles...!

Je vous souhaite de trouver un psy qui vous convienne, même si ça peut nécessiter plusieurs essais, et qui sache en effet vous écouter de ses deux oreilles (une en ce monde, l'autre en deça...?).
Bonne continuation !

Philippe Garnier - Psychologue enfants, ados, familles & couples Psy sur Vesoul

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17 FÉVR. 2016

Votre message est émouvant.
Ce que vous livrez est riche en émotions et en vécu.
Vous avez besoin effectivement d'être entendu et reconnu.
Je vous encourage vivement à vous rapprocher d'un thérapeute de votre choix.
Je suis sûre, comme vous êtes motivé, que vous avancerez rapidement vers la voie que vous vous êtes fixée.

Elisabeth Magerus Psy sur Furiani

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16 FÉVR. 2016

Bonjour,
La différence est un défi pour un thérapeute, vous accueillir pour vous écouter est notre raison d'être.
Vous ouvrir deux oreilles (et non seulement une), l'espace "sécurisé" d'un cabinet ainsi qu'une écoute neutre et bienveillante, est le sens de notre engagement de thérapeute.
Après, pour ma part, je suis sur Lyon, mais vous aurez une offre "psychanalytique" toute aussi abondante sur Paris (ou sa région), si vous êtes resté dans ce secteur.
L'essentiel est que vous trouviez le thérapeute avec lequel le "courant va passer" et avec qui vous vous sentirez en confiance, cela vous devriez le ressentir dès le premier contact.
A votre écoute.

Luc BURGENSIS Psy sur Vienne

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