J'ai été violée, il y a plus de 20 ans et je le comprend seulement maintenant

Réalisée par Alicante44 · 21 févr. 2020 Violence faite aux femmes

J’ai mis beaucoup de temps à l’admettre. Peut-être parce cette réalité était trop difficile à digérer. J’ai été violée. Ma première fois a été un viol. Je n’en avais aucune envie, pourtant j’ai été incapable de me défendre et de dire non. Pour cette raison, je ne considérais pas avoir été violée. Ne pas dire nonb, c'était comme être consentante. Pourtant je ne voulais pas. Ma raison et mon corps se sont figés. C’est difficile à expliquer quand on ne l’a pas vécu. Beaucoup de gens ne comprennent pas ou ne veulent pas comprendre aussi. Mon agresseur n’était pas un total inconnu. Non c’était le mec avec qui je sortais, depuis peu. On m’avait prévenu pourtant. Il avait une réputation de salaud. Mais j’étais naïve. Je devais avoir 16 ans environ. J’étais mal dans ma peau. Je n’avais aucune confiance en moi. J’avais été aussi victime de rejet et harcèlement au collège. J’étais impopulaire. Mais arrivée au lycée, ça semblait aller mieux. Même si j’étais toujours trop soucieuse du regard d’autrui et très influençable.
La honte et la peur qui paralysent
J’avais toujours une image de moi-même déplorable. Je me pensais moche. Et je testais n’importe quoi pour essayer de changer cela. J’ai du changer plusieurs fois de coupe et de couleurs de cheveux, sans jamais être satisfaite. Le fait qu’un mec m’accorde de l’attention, veuille sortir avec moi et me parle, c’était… incroyable. Si incroyable que j’en devenais aveugle. Je n’ai pas écouté les copines de mon groupe, qui me disaient de me méfier de lui. Je me sentais enfin comme les autres filles, c’est à dire digne d’intérêt et d’attention. J’étais timide à l’extrême à l’époque. Abordé un mec pour moi c’était inenvisageable, même si il me plaisait. Au début il avait le charme d’un jeune amoureux qui s’intéresse à ta personnalité et pas ton cul. Je n’ai pas vu l’arnaque venir. Je n’avais pas envie d’y croire. Il était mignon en plus. C’était si inespéré.
Le lendemain du jour où on s’est rencontré, nous étions à une fête. Et non, je ne portais pas de tenue sexy, sauf si vous pensez qu’un jean qui te tombe jusqu’aux chevilles, des baskets et un sweat, c’est une tenue aguicheuse. Il y avait un concert dans le bar du centre bourg. Il m’a entraîné à l’écart dans les rues plus sombres, soi-disant pour qu’on soit tranquille pour parler et être ensemble. On a tant marché que je me suis retrouvée sans vraiment m’en rendre compte environ 1km plus loin au stade de foot à la périphérie de l’agglomération. Puis nous nous sommes installé au bâtiment, qui fait office de bar et vestiaires. Il n’y avait personne. Il faisait nuit. Il est devenu de plus en plus empressant. Je ne voulais pas, mais je n’arrivais pas à dire : « Non ». Il me tenait si fort. Difficile de se dégager de son étreinte. Je ne sais plus comment, je me suis retrouvée allongée au sol, plaquée et incapable de bouger sous son poids. C’était un sportif, il était beaucoup plus fort que moi. J’avais peur. J’avais vraiment peur qu’il me frappe, si j’osais me débattre. Et je n’y arrivais pas de toute façon, car je ne faisais vraiment pas le poids. Il était lourd. C’est alors que mon cerveau a comme bloqué, j’étais là, mais plus là. La scène se déroulait sans que je réussisses à réfléchir ou réagir. Il a essayé de me pénétrer, mais il a été interrompu. Parce qu'on a entendu des voix appeler mon nom au loin. Alors il s’est arrêté et que ça m’a sorti un peu, mais pas complètement de mon hébétude. Mes copines, inquiètes, me cherchaient. On s’est relevé, rhabillé. Il m’a dit surtout de ne rien dire. Et j’ai obéi. Je ne sais pas pourquoi. C’était stupide. Et puis lorsqu’on a retrouvé le groupe, après qu’il soit partie. Certaines de mes amies étaient fâchées que je me sois éloignée. Et elles me répétaient sans cesse de me méfier, qu’elles comprenaient pas ce que je lui trouvais et de rien espérer de lui. Que j'étais stupide de sortir avec lui. Et elles semblaient si remontées, que je n’ai rien osé dire. J'avais honte. Elles avaient raison. Mais il était trop tard. J’avais si honte. Et je ne me sentais pas soutenue ou écoutée par ces filles, qui étaient censé être mes amies. Honte de ne pas les avoir écoutées, honte de ma naïveté et honte de ne pas avoir réagi et de m’être laissé faire. Et je savais que je ne trouverai pas d'oreille attentive auprès de ma mère, qui avait un rapport difficile à la sexualité et me considérait déjà comme une dévergondée, seulement parce que je m'intéressais même de loin aux garçons.J'avais si honte, que je n’ai rien dit, car finalement je n'avais personne à qui je me sentais de dire les choses sans être jugée. Le lendemain, il est passé me voir à la maison et là seuls dans le grenier... où j'avais aménagé un coin pour papoter avec mes amis, table, vieux matelas... il a fini ce qu'il n'avait pas pu faire la veille. Et comme la veille, j'ai été tétanisée, incapable de m'opposer à lui, alors que je ne voulais pas coucher avec lui. Les jours suivant, il m’a largué. Il avait obtenu ce qu’il voulait, se faire une « vierge », parce qu’elles sont plus étroites. C’est ce qu’il a dit à ses potes. Et ça a fini par me revenir aux oreilles de mes amies, qui me l’ont répété. Je n’avais donc plus d’intérêt pour lui. J’avais en plus gagné une réputation de salope, alors que j’étais la victime. Ne croyait pas que je vivais dans une banlieue sordide. Non, cela s’est passé dans un petit bled rurale bien tranquille, peuplé de bons citoyens catholiques pratiquants dans les années 90. J'avais 16 ans. J'étais au Lycée.
Longtemps, j'ai vécu sans que cela me gène. C'est seulement récemment que cela est revenue à ma mémoire, parce que j'ai des difficultés sexuelles, panne de désir et que mon époux a essayé de me redonner envie, mais je n'avais pas envie et ces gestes, je les ai vécu comme une agression, en le repoussant. Et je n'ai pas compris ce qui m'arrivait. Cela l'a vexé. Je me sentais mal.

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Meilleure réponse 21 FÉVR. 2020

Bonjour,
Des événements traumatisants comme celui que vous avez vécu ne disparaît jamais de la mémoire et revient parfois soudainement... A priori vous n'avez jamais consulté à ce sujet.
A ce jour, vos difficultés sexuelles, panne de désir vous ramène à cet événement et déstabilise certainement votre couple.

Je vous conseille vivement de consulter un thérapeute utilisant des techniques de type EDMR, entre autres...
Mon approche thérapeutique est très pertinente et douce en même temps pour travailler sur les traumas de ce genre (voir mon profil).

Restant à votre disposition si vous êtes de ma région,
Hypnothérapeute clinique - Thérapie intégrative à CLICHY

Nathalie FOLLMANN Psy sur Clichy

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6 MARS 2020

Bonjour,
C'est bien que vous ayez tout raconté ici. Maintenant, cela ne va probablement pas suffire à régler vos difficultés concernant la sexualité. Ce serait probablement bien pour vous que vous fassiez un vrai travail psy.

Bien à vous
Sylvie Protassieff
Psychologue clinicienne - Psychothérapeute – Psychanalyste (Paris)

Sylvie Protassieff - Psychologue Psy sur Paris

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