J’aimerais ne plus côtoyer ma famille, sauf un membre
Bonjour,
Je suis une femme de 19 ans. Je vous écrit après une énième tension apparue au sein de ma famille.
En effet, aujourd’hui, je dois dire que je ne supportes plus personne de ma famille : mon père, ma mère, mes deux grandes sœurs, mon grand frère, et chacun pour des raisons différentes. J’ai un petit frère mais lui je l’aime de tout cœur (il est handicapé, est âgé de 17 ans mais est atteint d’un autisme sévère non verbal).
Pour mon pere, nos liens de sont dissipés récemment mais pour mes grandes sœurs et frère, ainsi que ma mère cela trouve sa genèse depuis l’enfance.
Pour ma mère d’abord, je l’ai plus craint que aimée. Il lui arrivait de me frapper pour des raisons stupides, de me forcer à mentir à mon père s’il demandait où elle était (à cette époque elle voulait le quitter), d’avoir des réactions disproportionnées (crier, me courir après) face à des bêtises (faire tomber un verre, lui avouer que j’ai cassé quelque chose sans faire exprès) etc… Évidemment j’ai eu des bons moments avec elle mais je l’ai toujours plus craint que aimé. J’ai même très peu de souvenirs d’elle de l’enfance. En vérité, j’espérais que mon père la divorce. Dès qu’il y avait un conflit entre mon père et elle, je tenais avec mon père et la tristesse de ma mère me faisait ressentir du plaisir.
Du côté de mes 2 grandes sœurs, depuis petites, elles trouvaient toujours un moyen de me rabaisser, se nourrissaient de ma gentillesse mais je ne recevais rien en retour. Elles ne voulaient jamais joué à mes jeux, c’est toujours elles qui décidaient. Elles se mettaient toujours en compétition avec moi, n’étaient pas heureuse quand j’étais heureuse. Quand j’exprimais mes idées (je suis une littéraire et une artiste) elles s’en moquaient toujours. Dès que je faisais une petite bêtise, elles me faisaient culpabiliser. Bref, petite je n’aimais pas mes sœurs et être en leur compagnie était davantage une pression, un défi qu’un plaisir. Je me souviens même qu’une d’elle m’avait dit que quand elle avait appris ma naissance, elle était dégoûtée.
Pour mon grand frère, on était un duo mais on dirait qu’il n’assumait pas cela. Et on était un duo que lorsque les grandes sœurs n’étaient pas disponible. J’avais l’impression que devant elles il cherchait à me descendre, toujours enlever ma joie, gâcher mon moment. Mais une fois qu’on était seuls, il était assez gentil. Mais voilà j’étais soumise à ses changements d’humeur, jamais à l’abri qu’il m’ignore le lendemain. Je me souviens que le lendemain — alors que la veille on s’était amusé — il ne me calculait plus et je lui disait toujours « bah on est plus copains ? »
Ces rapports avec mes frères et sœurs se ressentaient déjà dehors : je parlais jamais d’eux à mes amis, ils en ignoraient parfois même l’existence. Des fois, dès l’école primaire, je regardais les grands frères/sœurs exprimaient l’amour qu’ils avaient plus leur petit frère/sœur et j’étais envieuse.
Mon père et mon petit frère étaient les seuls que j’aimais vraiment. Mais en réalité je préférais largement les amies, l’école à la maison. C’était eux qui me connaissaient le mieux et qui m’appréciaient à ma juste valeur. Quand c’était les vacances scolaires j’étais très triste au fond.
En grandissant, mon frère s’est totalement éloigné de moi, sans en connaître les raisons, même aujourd’hui.On se parle que pour le minimum « maman te demande… est-ce que tu sais où est mon chargeur… tu dois me déposer… » ça fait peut-être 3 ans qu’on n’a jamais eu de vrai conversation normale, et au contraire il s’est beaucoup rapproché de mes sœurs.
Quant à elles, en grandissant j’ai été très proche de la deuxième (elle avait des problèmes avec la plus grande et les parents donc j’avais tendance à la soutenir) mais aussitôt qu’elle s’entendait mieux avec eux, elle m’a moins calculé.
Aujourd’hui, je n’ai pas de conversation avec elles, que des choses superficielles pour faire bonne figure mais au fond on n’a rien à se dire. Leur passe temps (aux trois) est les jeux vidéos et les animations japonaises mais ce n’est pas mon passe temps donc forcément je suis toujours exclue de leur conversation. Sinon c’est la politique mais on n’est encore une fois pas d’accord. Bref rien qui va. Je sais que dehors on ne se serait jamais fréquenté.
Du côté de ma mère, à une période j’ai pu être la personne qui la soutenait le plus, était toujours là pour elle mais elle m’a trop pris pour acquis, avait encore ses réactions disproportionnée et j’en ai eu marre. Si elle me malmenait alors que j’étais la meilleure personne pour elle, c’était perdu donc j’ai arrêté de lui parler. Aujourd’hui, cela doit faire 1 an que nos rapports se sont détériorés et 4 mois que je ne lui parle que pour les choses importantes (comme pour mon frère). Elle m’a présenté ses excuses mais à chaque fois qu’elle le fait ça recommence donc j’en ai marre, elle a 45 ans j’en ai 19 ans et j’ai pourtant l’impression d’être la mère. Et puis elle parle que sur les gens, toujours des mauvaises ondes, du négatif je veux pas être entouré de ça. À cause de ses histoires on ne peut plus voire nos grands parents, cousins, tantes etc….
Bref, et pour mon père c’est son côté autoritaire qui m’insupporte de plus en plus. Je suis en droit je souhaite faire du droit des affaires mais il ne veut pas, pareil pour les stages il veut que j’en fasse qu’en master. Je suis une très bonne élève et j’ai l’impression qu’il veut que je fasse le minimum, il me pousse à l’autocensure. Il voulait que je fasse prof des écoles car c’était « tranquille » comme métier. Déjà la dessus c’est compliqué mais le problème c’est surtout la religion, qui est lié à cela. Je suis née dans une famille musulmane et il veut que je fasse un métier très simple qui ne me prend pas beaucoup d’heures pour me dévouer à ma religion et à ma famille.
Mais depuis 1 an, je me suis élevée contre l’Islam et j’aimerais me convertir au christianisme, mais si ma famille le savait, ils me renieraient mais avant je serais l’objet de lourdes représailles… Je m’en fiche qu’ils me renient, le problème serait qu’ils m’empêchent de voir mon petit frère, seul qui compte dans cette famille. Le problème est qu’avec son handicap, il est totalement dépendant, il ne sait pas parler, ne comprend pas les choses etc. Donc forcément s’ils le renient, si je les quitte en de mauvais termes, je peux être sure de ne jamais revoir mon petit frère…
Bref, je ne suis pas à l’aise avec eux, ils ne me considèrent pas à ma juste mesure. Je suis la plus heureuse dehors, amis, inconnus peu importe. Mais à la maison je n’aime pas ça. Ils ne me connaissent pas soit parce qu’ils n’y prêtent pas d’attention, soit parce que je dois cacher qui je suis réellement. Rien que politiquement mon père n’hésite pas à me recadrer pour que j’aie les mêmes idéaux que lui. J’en suis arrivée à faire semblant mais au fond ils savent que je suis pas d’accord avec eux, donc maintenant je ne m’exprime plus.
J’aimerai tellement ne plus avoir à les fréquenter. Je le pourrais car je suis majeure en théorie mais en pratique cest bien plus compliqué…. Surtout que selon eux, je ne peux quitter la maison que si je suis mariée. Or, je veux épouser un chrétien mais ils ne le toléreraient pas. Bref, à la maison je suis très seule bien que nous soyons 7.
(5 maintenant car mes deux sœurs se sont mariées l’année dernière mais elles viennent souvent à la maison). Un signe de cet isolement est que depuis petite (5 ans peut-être) j’ai développer des rêveries compulsives que j’ai encore aujourd’hui.
Si je vous écrit aujourd’hui c’est parce que je suis en période de révisions alors qu’ils sont tous en vacances et ils ont organisé un tournoi sur un jeu vidéo. Ils savent que je n’aime pas ça mais ils s’en fichent et m’ont forcé à y participer. Mon père prône la cohésion familiale et fermant les yeux sur mon avis. Les seuls moment pour rapprocher la familles sont forcément liés aux jeux vidéos ou à la religion, or je n’aime pas les jeux vidéos et je n’ai pas la même religion qu’eux.
Ils ferment tous totalement les yeux sur moi et se plaignent de mon comportement (que je ne souris pas, profite pas avec eux, reste dans ma chambre). J’aimerais ne pas faire partie de cette famille, et partir loin très loin.
En vérité, je ne les aime pas. Il m’est même déjà arrivé de leur espérer malheur afin que je sois la dernière de la famille et que je puisse faire ce que je veux. C’est triste car je sais que je suis quelqu’un d’aimante et que si j’avais eu des frères et sœurs avec cette même dynamique, les choses seraient meilleures. Je déteste surtout l’hypocrisie de cette famille : quand mon frère ne me parle à peine, échange 17 phrases avec moi en une année là on dit absolument rien mais quand je veux pas parler à mes sœurs car on n’a rien qui nous lie et je veux pas faire semblant alors qu’on n’a rien à se dire là je suis la grande méchante. Ils me dégoûtent. Tout ça je leur ai dit bien sûr, ils n’en ont rien fait.
Merci d’avoir lu,
Qu’en pensez vous ?