Ma mère est culpabilisante

Réalisée par Sonia · 5 mai 2026 Aide psychologique

Bonjour à vous,
Je suis une jeune femme de 25 ans. Je suis actuellement très en colère contre ma mère pour plusieurs choses qu'elle m'a fait vivre.
Voici ce que j'ai vécu durant mon enfance :
• Ma mère qui me laisse aller chez mon père alors que j’y suis négligée, non entendue, non reconnue, non crue par rapport à l'inceste que j'ai vécu avec mon grand-père paternelle et que l’hygiène est à déplorer. Tout me ramenait à l’inceste, au procès et au fait que mon père était dans le déni.
• J'avais peurs des colères de ma mère, ce qui a fait que par la suite je ne me mettais jamais en colère contre elle ou quasiment pas et j’avais du mal à m’affirmer avec elle, donc à exister.
• Ma mère prenait beaucoup de place ce qui me laissait peu d’espace pour exister.
• Troubles du comportement alimentaire de ma mère : elle achetait de la pâte à tartiner pour moi mais le lendemain, il n’y a rien dans le pot… Idem pour des bonbons ou autres. Elle me demandait de les cacher pour ne pas qu’elle les mange.
• Sa vie sentimentale a été assez chaotique avec de grosses insécurités et peur de l’abandon, dépendance affective, tendance addictive et compulsions affectives (appels téléphoniques avec des factures hors de prix parce qu’elle appelait des ami.e.s dans des cabines téléphoniques) ; difficulté à rester seule
• Elle avait une immense insécurité par rapport à l’argent :
◦ m’emmener aux restos du cœur ou secours populaire
◦ m’emmener avec elle vendre des livres ou des objets de la maison pour avoir 10-15 euros pour finir le mois…
◦ la voir très angoissée et totalement obsessionnelle avec sa calculatrice à refaire les mêmes calculs de budget X fois
◦ Dépenser tout l’héritage de son père en seulement quelques années sans rien mettre de côté pour moi, mon permis, mes études…
◦ me demander mon argent de poche en me disant qu’elle allait me rembourser mais elle ne le faisait pas…
◦ me prendre comme intermédiaire pour que je demande à mon père de l’argent pour elle…

Par la suite, à l'adolescence, j'ai dû être déscolarisée à cause de problèmes de santé et me suis retrouvée sans ami.e.s en huit clos avec elle durant plusieurs années où je ne voyais que quelques personnes de son entourage.

Voilà ce que j'ai vécu durant ma fin d'adolescence/début de l'âge adulte où je sortais seulement de plusieurs années de dépression et d'anorexie (vers mes 18-19-20 ans) :
• Être culpabilisée parce que je voulais partir de l’appartement et prendre mon indépendance mais qu’elle paniquait parce qu’elle ne travaillait plus et qu’elle ne pouvait pas payer le loyer si je partais donc qu’elle serait obligée de déménager et qu’elle ne se voyait pas déménager dans son état… Qu’elle ne se sentait pas de cohabiter avec sa sœur durant quelques temps. En gros, que je n'avais pas le choix que de rester... Ou alors que si je faisais ce choix c’est que je ne l’aimais pas (elle ne m'a jamais dit ça comme ça mais elle me faisait bien comprendre que ce n'était vraiment pas cool si JE lui faisais vivre ça)
• Me culpabiliser en me disant que je faisais des massages à mon compagnon mais pas à elle
• Me culpabiliser parce que je me couchais un peu plus tard avec mon compagnon ou des ami.e.s mais pas avec elle
• Ne pas me laisser du tout le choix de dire non pour prendre des sous sur le compte que mon père avait créé pour moi et qui aurait pu me servir à payer ma première voiture, mon permis… Toujours parce qu’elle était en burn-out, plus de boulot et parce qu’elle s’occupait de moi qui était en pleine renutrition post-anorexie.
• Dire qu’elle me trouvait ingrate envers elle
• Sous-entendre à un Noël partagé qu’elle voudrait que je dépasse mon heure de coucher – et donc que je ne m’écoute pas – parce qu’elle avait envie d’une vraie veillée de Noël
• Payer une partie du loyer et des factures avec mon AAH – en versant 400-500 euros/mois - sans avoir réellement le choix parce qu’elle ne bossait plus et était en burn-out en me disant que c’était normal que je participe vu que j’étais majeure et que j’étais encore à la maison... J'ai eu beau lui dire que je ne trouvais pas ça normal du tout, elle me disait qu'elle n'était pas d'accord avec moi...
• Qu’elle vienne dans les mêmes milieux que moi ou prenne les mêmes praticien.ne.s (magnétiseuse ou là encore qu’elle me dise qu'elle irait peut-être voir ma psy...)
• Qu’elle prenne très mal le fait qu’à une période j’avais fini par l’appeler par son prénom pour pouvoir être  « Moi » aux yeux des gens que je fréquentais et pas « la fille de »
• Qu’elle prenne le numéro d'un ami et qu’elle le voit sans moi
• Me culpabiliser et faire du chantage en disant que si ça se passait comme ça entre nous (nombreux conflits à cause de la colère que je ressentais et qui dure depuis plusieurs années...), elle ne déménagerait pas en me disant que ça ne lui donnait pas envie de venir, que ça ne la sécurisait pas. Car elle voulait se rapprocher de moi qui avait déménagé à l'autre bout de la France. Je l'ai hébergée durant 2 mois le temps qu'elle se trouve un appartement à... 50 secondes à pied de chez moi.
• L’écouter durant des heures avant, pendant, après sa séparation avec son compagnon en me demandant de la rassurer et en me livrant beaucoup trop de détails de sa vie intime
• Me culpabiliser encore lorsque je souhaite lui dire comment j’ai ressenti ce que j’ai vécu avec elle en me disant que ça fait plusieurs années que je lui en mets plein la figure, qu’il y a aussi eu mon père, qu’on culpabilise toujours les mères, que c’est à moi de travailler ça en thérapie (sous-entendu : je focalise, j’arrive pas à passer à autre chose, je reviens sur les mêmes choses)
• Me prendre encore comme intermédiaire aujourd’hui pour dire des choses à mon compagnon… Comme par exemple lui demander du miel car il est apiculteur ou son adresse mail pour lui envoyer des choses "parce qu'elle ne veut pas lui envoyer un message juste pour lui demander ça", que ça ne la met pas à l'aise...
• Faire silence et se barrer de l’appartement en voiture sans que je sache si elle allait revenir, si elle va se cracher en voiture parce qu’elle est parti en colère, ni à quelle heure elle revient...
• Me dire qu’elle allait appeler les urgences à cause de son état
• Me dire de faire quelque chose alors que je vais aller me coucher et que je lui ai dit « non, je vais me coucher » et qu’elle débarque dans ma chambre en m’empêchant de dormir et en se mettant en colère (juste pour mettre un appât à fourmis qui pouvait attendre le lendemain matin…)
• Se mettre tous les jours en colère contre tout et n’importe quoi quand elle était en burn-out
• Instabilité émotionnelle générale…
• Ne pas me parler après une engueulade, parfois même jusqu’au lendemain…
• Je voulais prendre mon indépendance mais elle avait peur…
• Se victimiser dès que j’aborde ce que j’ai vécu durant mon enfance « c’est encore pour ma pomme », « tout est de ma faute », « à croire que je n’ai rien fait de bien durant ton enfance », « ton père a aussi joué un rôle », etc.
• Me dire qu'elle avait passer une partie de la nuit à lire des articles sur les "mères toxiques" en me disant que ce que je lui avais dit l'avait beaucoup travaillée...

Aujourd'hui encore, elle peut me dire qu'elle aimerait me voir et que l'on passe du temps ensemble si cela fait 2 semaines que je ne l'ai pas vue. Je n'ai pas d'ami.e.s dans la ville où j'habite actuellement donc parfois je la vois parce que ça me fait sociabiliser et je culpabilise de ne la voir "que" pour ça... Je culpabilise également si je ne lui dis pas à peu près tout de ma vie, y compris ma vie amoureuse alors que ce n'est vraiment pas mon envie...

Ma psychologue m'a dit que ma mère avait été négligente envers moi de part le fait qu'elle m'a laissée aller chez mon père après l'inceste que j'avais vécu avec le père de mon père alors que lui-même ne s'occupait pas de moi et était dans le déni de ce que j'avais vécu. Suite à cette séance où ma psy a mis ça en lumière, j'en ai parlé avec ma mère. Elle s'est excusée de m'avoir fait vivre ça. Mais j'ai dû préparer le terrain en lui disant qu'il fallait que je lui parle de quelque chose d'important et qu'elle ne se culpabilise pas, qu'elle ne se dise pas que c'est une mauvaise mère car c'est en général par la victimisation qu'elle réagit... Idem lorsque je lui ai parlé du fait que je reprenais contact avec l'une des soeurs de mon père après 15 ans de rupture familial, elle n'a pas pu s'empêcher lorsque je lui ai rapporté ce que ma tante m'avait dit "c'est encore moi qui prend". Et de me dire que pour elle aussi ça avait été un traumatisme l'inceste que j'avais vécu. Elle me dit ça mais elle ne travaille pas ses traumatismes sous prétexte qu'elle n'a pas assez d'argent pour payer un psy alors qu'elle gère juste très mal son argent...

Je souffre encore aujourd'hui de Stress Post Traumatique Complexe et c'est parfois difficile pour moi donc lorsque cela ne va vraiment pas (anxiété, figement/dissociation, peur de l'abandon...), j'appelle ma mère mais j'aimerais pouvoir faire sans elle en réalité car cela maintient cette dynamique mère-fille où j'ai l'impression qu'elle cherche à être proche de moi en se rendant indispensable, en me rendant service, en m'aidant... Soit dit en passant, si je ne l'aide pas pour aller à la déchetterie, elle me fait savoir que ça fait plusieurs fois qu'elle me demande...

Je souhaite ne plus dépendre d'elle pour socialiser, notamment. Et réussir à poser mes limites, à moins la voir. Mais c'est très difficile car lorsque je ne suis pas bien, elle le sent, moi j'ai besoin d'écoute et c'est reparti pour un tour dans la dynamique... Je ne sais pas vraiment quel terme mettre sur ses comportements : intrusive, culpabilisante, envahissante... Car elle n'a pas non plus les "caractéristiques" d'une mère intrusive ou envahissante telle que moi je le conçois. Et, pourtant, je veux avoir mon espace, ma vie, mes fréquentations, mon intimité, mes praticien.ne.s (!).

J'ai conscience du fait que j'ai des flashbacks émotionnels du passé et du vécu qu'elle m'a fait vivre qui ont créé un traumatisme complexe, notamment dû à la négligence émotionnelle, mais je ne pense pas que cela soit seulement à moi de travailler ça en thérapie... Ce que je fais déjà depuis plusieurs années. A l'entendre, c'est à moi de faire tout le boulot pour digérer mon enfance avec elle...

Merci à vous.

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Meilleure réponse 9 MAI 2026

Bonjour,

Vous avez eu une mère très fragile et un père absent, plus des gros traumas comme l'inceste de votre grand père.
Votre mère, non seulement n'a pu réellement vous soutenir, mais vous a de plus demandé d'être son soutien. Ce qui n'est jamais structurant pour un enfant ou une adolescente. Mais paradoxalement et en raison de votre propre isolement relationnel vous avez aussi eu besoin d'elle pour parler et vous confier à certains moments.
Je ne suis pas personnellement fan de demander à ceux qui ont été cause de souffrance pour nous, de faire leur propre introspection. Le danger est de faire l'économie de son propre passage à l'âge adulte. Vous ne pouvez vous en sortir qu'en acceptant d'avoir eu l'enfance que vous avez eue. Personne n'en est vraiment responsable. Etre adulte c'est naître à sa propre vie, maintenant, avec effectivement des frustrations issues du passé mais qui sont au final la faute de personne.
Il ne faut plus que votre mère soit votre confidente, de même qu'il ne faut pas céder au chantage affectif qu'elle vous fait pour que vous vous occupiez d'elle. A vous de définir le rythme de la relation que vous souhaitez maintenir avec elle. Vous n'avez plus à continuer d'être non plus sa confidente. Ne vous laissez pas culpabiliser par elle. Ce n'est pas vous qui pouvez résoudre ses problèmes et cela ne peut pas vous construire. Vous quittez une famille pour construire votre propre environnement selon des valeurs qui vous appartiennent.
Je reste personnellement à votre disposition, sachant que ma première séance d'une heure en visio est entièrement gratuite et sans engagement. Vous pouvez librement prendre un rendez vous sur mon agenda en ligne.

Bon courage à vous

Michel le BAUT
Psychopraticien
Thérapeute Jungien
Analyse de rêves

Michel Le Baut Psy sur Marseille

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16 MAI 2026

Bonjour,

Votre message est très touchant et on sent à quel point cette relation avec votre mère est à la fois douloureuse, envahissante… et encore très présente émotionnellement dans votre vie.

Au vu de ce que vous décrivez, vous ne semblez pas “inventer” votre souffrance ni “focaliser” sur le passé. Vous avez grandi dans un contexte où vos besoins émotionnels, vos limites et parfois même votre sécurité psychique n’ont pas toujours été suffisamment protégés.

Ce qui ressort beaucoup de votre récit, c’est une inversion des rôles : très jeune, vous avez dû porter les émotions, les angoisses et parfois même les difficultés de votre mère, tout en essayant vous-même de survivre à des traumatismes très lourds.

Et aujourd’hui encore, on sent que la culpabilité prend énormément de place dans votre lien avec elle. Vous semblez constamment devoir protéger ses émotions, faire attention à ne pas la blesser, tout en ayant vous-même besoin d’espace, de limites et de séparation psychique.

Le fait que vous reveniez vers elle lorsque vous allez mal, alors même que cette relation vous fait souffrir, est fréquent dans les liens d’attachement traumatiques. Une partie de vous cherche encore auprès d’elle ce dont vous avez manqué.

Je pense que votre besoin actuel de distance, d’autonomie et de limites est profondément légitime. Cela ne fait pas de vous une mauvaise fille.

Le travail thérapeutique que vous avez déjà commencé me semble très important, notamment pour vous aider à sortir progressivement de cette culpabilité et construire une relation plus apaisée à vous-même.

Bien à vous,

Delphine Bailly
Psychopraticienne | Thérapeute TCC

Delphine Bailly Psy sur Clermont

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13 MAI 2026

Bonjour Sonia,

Vous avez malheureusement vécu beaucoup de situations qui vous ont traumatisé, et tout cela sans aucun appui parental solide.

Vos deux parents ont certainement eu leurs lots de négligences et maltraitances en tant qu’enfants, ce qui explique (sans excuser) leurs comportements avec vous.
Votre mère est une personne fragile psychologiquement, perturbée et perturbante.

Vous avez besoin de poursuivre votre thérapie pour vous construire un avenir le meilleur possible, en autonomie et indépendance, tout en créant des liens fiables et ressourçants qui vont vous permettre de prendre de la distance par rapport à votre mère, et ceci sans culpabilité.

Les réalités de votre vécu montrent que vous ne pouvez pas raisonnablement attendre que votre mère change, puisque ce n’est pas possible.
Ça serait à vous de continuer votre travail thérapeutique pour accepter votre lourd passé et votre mère telle qu’elle est, tout en apprenant à mettre des limites à ses demandes et aussi à votre dépendance affective à elle.

Je vous souhaite de réussir à avancer pour atteindre votre autonomie et vous construire un avenir satisfaisant.
sp

Silvia Podani Psy sur Issy-les-Moulineaux

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12 MAI 2026

Bonjour Sonia,
En vous lisant, je peux voir à quel point ce vécu est difficile... Vous êtes extrêmement courageuse et déterminée pour traverser ces innombrables épreuves !
Votre capacité de recul et votre désir d'avancer sont impressionnants car malgré ces traumatismes, vous voulez avancer, vous voulez vivre pour vous, et cela me touche particulièrement.
Vous dites que vous faites une thérapie actuellement : quelle est-elle ?
Je vous envoie tout mon soutien, vous avez une grande force intérieure, je suis sûre que vous allez trouver l'aide qui vous correspond !
Avec le coeur, Julie GUILLE

Julie Guille Psy sur Montpellier

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9 MAI 2026

Bonjour Sonia,

Merci de partager tout cela avec autant de clarté et de courage. Ce que vous décrivez témoigne d'un vécu émotionnel très lourd, porté depuis l'enfance et votre colère est non seulement compréhensible mais aussi juste.
Ce qui me touche dans votre message, c'est que derrière la colère, il y a une vraie demande : celle d'exister pleinement, d'avoir votre propre espace, vos propres liens, votre propre vie. Et c'est précisément ce que vous n'avez pas toujours eu le droit d'avoir.
Très tôt, vous avez dû vous ajuster aux besoins, aux angoisses et aux émotions de votre mère en mettant les vôtres de côté.

C'est ce qu'on appelle parfois une inversion des rôles : l'enfant devient le régulateur émotionnel du parent. Cela laisse des traces profondes, notamment cette difficulté à poser des limites sans ressentir immédiatement une vague de culpabilité ou de peur de l'abandon. Ce que vous nommez vouloir moins la voir, ne plus tout lui dire, ne plus dépendre d'elle pour socialiser ce ne sont pas des caprices. Ce sont des besoins légitimes d'autonomie et de séparation psychique. Et le fait que cela génère en vous autant de conflits internes montre à quel point cette dynamique s'est construite profondément.

Vous avez raison aussi sur un point essentiel : non, ce n'est pas uniquement à vous de tout travailler. Mais la réalité, c'est que vous ne pouvez pas changer votre mère. Ce sur quoi vous pouvez agir, c'est votre propre position dans la relation et c'est déjà ce que vous êtes en train de faire, avec beaucoup de lucidité.

En Gestalt-thérapie, nous travaillons précisément sur ce qui se joue dans l'instant : les émotions qui émergent, les besoins qui cherchent à s'exprimer, la manière dont vous entrez en relation. C'est une approche qui permet de renouer avec soi-même, de sentir où sont ses vraies limites, et d'apprendre à les poser sans se perdre dans la culpabilité.
Si vous souhaitez un espace pour explorer tout cela, le trauma complexe, la séparation émotionnelle, la construction de votre autonomie.

Si vous en ressentez le besoin, je peux vous accompagner dans ce travail.

Prenez bien soin de vous,
Clémence de La Villeguérin
Psychopraticenne en Gestalt-thérapie à Marseille & visioconférence

Clemence de la Villeguerin Psy sur Marseille

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9 MAI 2026

Bonjour Sonia,
Votre situation n’est effectivement pas simple, elle s’inscrit dans une histoire longue, construite sur de nombreuses années, voire décennies.
Pour autant, votre message est particulièrement clair, structuré et précis. Cela montre que vous avez déjà une certaine capacité à mettre du sens sur ce que vous avez vécu, même si certains mécanismes ont pu, à un moment, vous amener à minimiser ou à vous adapter à des situations difficiles.

Aujourd’hui, ce que vous décrivez ( notamment les réactions émotionnelles, la colère ou certains symptômes post-traumatiques ) peut être compris comme des signaux de votre fonctionnement psychique. Ils traduisent le fait que certaines expériences passées cherchent à être reconnues, comprises et intégrées.

Ces manifestations, bien qu’inconfortables, peuvent aussi constituer un point d’appui pour un travail thérapeutique, dans la mesure où elles mettent en lumière ce qui a besoin d’être entendu et travaillé.
Aussi, dans votre récit des dynamiques relationnelles où les rôles semblent parfois inversés (vous vous retrouvez à soutenir, rassurer ou porter votre mère), ce qui peut rendre difficile la construction de vos propres repères, de vos limites et de votre autonomie.

Le fait que vous souhaitiez aujourd’hui prendre de la distance, poser des limites et vous recentrer sur votre vie est une démarche saine et légitime. Cela ne remet pas en question l’amour que vous pouvez avoir pour votre mère, mais témoigne d’un besoin de vous protéger.
Dans ce type de situation, le travail thérapeutique consiste souvent à :
- reconnaître et intégrer ce qui a été vécu (sans le minimiser),
- différencier ce qui vous appartient de ce qui appartient à votre mère,
- apprendre à poser des limites claires, adaptées et progressives,
- et reconstruire un sentiment de sécurité intérieure indépendant de cette relation.

Vous mentionnez déjà être accompagnée, ce qui est très précieux. Ce chemin prend du temps, surtout lorsque les liens sont anciens et chargés affectivement.
Enfin j’ai deux question, avez vous fais des séances d’EMDR? Ou est-ce prévu avec votre psychologue?

Je reste disponible si vous souhaitez poursuivre cet échange dans le cadre d’un accompagnement.
Cordialement,
Zoé Laporte

Zoé Laporte Psy sur Aix-en-Provence

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9 MAI 2026

Bonjour Sonia,
Les traumas de l'enfance ne se règlent pas juste en parlant, car on peut en parler pendant plusieurs années sans changement.
Car les traumas sont enregistrés à un niveau inconscient et corporel. Donc une psychologue classique n'est pas l'approche pertinente pour traiter ce que vous évoquez.
Il est nécessaire d'aller travailler sur plusieurs plans, mon approche clinique hypnotique ainsi que toutes les techniques que j'utilise, l'EDMR notamment permettent ce travail en profondeur. J'ai l'habitude de traiter les traumas complexes (voir mon profil).

Je vous conseille donc de changer d'approche thérapeutique et de bien vérifier s'il s'agit uniquement d'une thérapie verbale ou psychocorporelle.

Et pour terminer, oui vous êtes la seule à pouvoir vous libérer de ces traumas...

Restant à votre écoute,
Hypnothérapeute clinique - Thérapie intégrative & holistique

Nathalie Follmann Psy sur Clichy

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9 MAI 2026

Bonjour Sonia,

Il est grand temps de réellement vous occuper de vous. En effet, vous vivez depuis toutes ces années avec et pour votre mère. Même si vous listez ici de nombreux points de tension, vous n’avez pas vraiment eu le loisir de ne penser qu’à vous. C’est vraiment le temps de commencer à le faire. Cela vous permettra d’une part d’avancer sur les traumatismes du passé, mais également de pouvoir imaginer un avenir avec une personne à vos côtés qui ne sera pas votre mère. En effet, elle prend tellement de place dans votre vie qu’il n’y a plus de place pour d’autres personnes. C’est étouffant.

Je reste à votre disposition et à votre écoute.

Pour plus de détails, contactez-moi.
N’hésitez pas à vous faire une idée du sérieux de ma méthode en consultant les avis sur ma fiche.

Christophe
-------------------------------------------------
Thérapeute de couple - Sexothérapeute
* Rendez-vous en ligne uniquement (visio ou téléphone)

Christophe Nieaux Psy sur Melun

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9 MAI 2026

Bonjour Sonia,

Merci pour votre message.

Il y aurait beaucoup de points sur lesquels rebondir et de choses à vous partager. Toutefois, ce qui me semble le plus important ici concerne ce que l’on appelle en psychologie le principe de différenciation.

Ce principe renvoie au processus par lequel une personne se construit en se distinguant de ses figures parentales, notamment de sa mère. Dans votre situation, cela implique que le travail vous appartient en grande partie : c’est à vous de cheminer intérieurement pour trouver une manière d’être en relation avec elle qui vous respecte, même si cela n’est pas simple.

La différenciation permet aussi d’intégrer une réalité parfois difficile : il est possible, et légitime, qu’une relation avec sa mère ne soit pas pleinement satisfaisante, voire qu’elle reste limitée ou conflictuelle. Malgré certains éléments que vous mentionnez (des choses qu’elle a pu reconnaître ou exprimer), il est important de garder en tête que l’on ne change pas ses parents.

J’ai le sentiment que vous êtes déjà engagée dans ce chemin, notamment avec le soutien de votre psychologue, et que cela mérite d’être poursuivi.

Ce travail confronte souvent à une forme de deuil : celui de la relation idéale, fluide, que l’on aurait souhaité retrouver ou construire, parfois en écho à la fusion des premiers temps de la vie.

Vous restez la seule à pouvoir décider de poursuivre ce chemin, qui pourra faire évoluer la relation dans une certaine mesure, mais aussi en reconnaître les limites. Un changement plus profond dépendrait également d’un engagement de votre mère dans un travail personnel, ce qui ne semble pas être le cas aujourd’hui.

C’est une réalité parfois éprouvante à accepter, et j’entends que cela puisse être difficile à recevoir. Néanmoins, il me semble important de pouvoir l’avoir à l’esprit dans votre cheminement.

Bien à vous,
Mael Jourdan, accompagnement en ligne possible.

Mael Jourdan Psy sur Grenoble

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9 MAI 2026

Bonjour Sonia,
je vous remercie de votre confiance.
Vous souhaitez prendre de la distance à l'égard de votre mère et vous revenez sur bien des détails de souvenirs anciens et récents laissant penser que son comportement persiste et va persister. Vous souffrez toujours de stress post--traumatique alimenté par des déclencheurs au présent d'évènements passés et de la relation toujours présente avec votre mère.
Vous ressentez une grande ambivalence en vous, un peu comme si à l'intérieur de vous différentes parties n'arrivaient pas à dialoguer. Vous ne souhaitez prendre de la distance avec votre mère et vous avez peu de l'abandon.
Cette situation est insoutenable et déroutante pour vous.

Qu'avez vous pu mettre en place à ce jour pour cette mise à distance de la relation? Pensez à tout ce que vous avez déjà fait? Ya -t-il eu des actions qui ont pu vous apporter du réconfort?
Avec les psychologues ou praticiens qui vous suivent ou vous ont suivi, envisagez-vous les différents parties en vous qui ont des besoins différents? Il serait nécessaire de les reconnaître et de les faire dialoguer.

A votre écoute.

Laurence

Laurence Dubory Psy sur Issy-les-Moulineaux

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9 MAI 2026

Bonjour,

Votre message montre une grande lucidité sur ce que vous avez traversé et sur la dynamique relationnelle complexe qui existe avec votre mère depuis longtemps.

Ce que vous décrivez évoque effectivement des mécanismes de culpabilisation, d’intrusion émotionnelle et une difficulté à trouver une juste distance relationnelle.

Vous avez également vécu des traumatismes importants qui ont pu fragiliser votre sécurité intérieure et rendre la pose de limites particulièrement difficile, surtout lorsqu’il existe un mélange d’attachement, de culpabilité et de besoin de soutien affectif.

Le fait que vous identifiez aujourd’hui votre besoin d’espace, d’autonomie et de différenciation est déjà une étape essentielle.
Ce type de problématique mérite cependant un accompagnement approfondi afin de travailler :
les limites relationnelles,
le traumatisme complexe,
la culpabilité,
la dépendance affective,
et la reconstruction de votre espace personnel et émotionnel.

Je pense qu’un suivi thérapeutique adapté pourrait réellement vous aider à sortir progressivement de cette dynamique devenue très épuisante pour vous.

J ai l'habitude d'accompagner des personnes ayant la même problématique que la vôtre

N'hésitez pas à consulter mon profil et prendre rendez vous

Bien à vous

Cabinet A KEDDI

Alessandro Keddi Psy sur Rouen

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9 MAI 2026

Bonjour Sonia,

Vous semblez très lucide quant à la relation avec votre mère.
Vous avez très tôt appris à exister pour l'autre avant d'apprendre à exister pour vous-même. Votre mère, avec ses propres fragilités et ses propres manques, vous a placée dans une position qui n'était pas la vôtre : celle de régulatrice de ses angoisses, de tampon entre elle et le monde, parfois même de mère de sa propre mère. Ce renversement des rôles, silencieux mais constant, laisse des traces profondes, et la colère que vous ressentez aujourd'hui est une réponse cohérente à tout ce qui n'a pas pu être dit, ni entendu, ni protégé.

Vous cherchez le mot juste pour nommer ce qu'elle est, ce qu'elle fait. Intrusive, envahissante, culpabilisante. Aucun de ces termes ne vous satisfait tout à fait, et c'est peut-être parce qu'il ne s'agit pas d'un profil clinique à étiqueter, mais d'une femme qui souffre et qui, dans cette souffrance, n'a pas su vous laisser de place. Ce n'est pas une excuse, mais une réalité qui peut coexister avec le mal qu'elle vous a fait. Nommer la dynamique importe plus que nommer la personne : ce que vous décrivez, c'est un lien où votre autonomie, vos besoins, vos praticiens, vos fréquentations, votre intimité sont vécus par elle comme des menaces ou des abandons. Et où la culpabilité devient l'outil principal pour vous ramener dans l'orbite.

Ce qui est particulièrement douloureux dans votre situation, c'est que vous connaissez très bien ces mécanismes, vous en parlez avec justesse, et pourtant vous continuez à vous retrouver prise dedans. Ce n'est pas un manque de volonté ni un défaut de travail thérapeutique. C'est que le lien d'attachement, même abîmé, même douloureux, reste puissant, surtout lorsqu'il s'est construit dans un contexte de grande vulnérabilité et d'isolement comme vous l'avez vécu.
Appeler votre mère quand vous n'allez pas bien, c'est aller vers ce que vous connaissez, même si vous savez que cela entretient quelque chose que vous ne souhaitez plus.

La question n'est donc pas de savoir si votre mère devrait, elle aussi, faire un travail sur elle. C'est une question légitime mais sur laquelle vous n'avez aucun levier. Ce sur quoi vous avez une prise, c'est la construction progressive de ressources internes et externes qui vous permettront, peu à peu, de ne plus avoir besoin d'elle comme filet de sécurité. Ce travail, vous l'avez déjà bien entamé avec votre psychologue, et il me semble essentiel de le poursuivre, notamment autour du trauma complexe et de la reconstruction de frontières qui soient vécues de l'intérieur comme des protections, et non comme des trahisons.

Restant à votre écoute,

Agnès Favard
Psychopraticienne/thérapeute de couple
Thérapie individuelle/thérapie de couple
En ligne ou en cabinet

Agnes Favard Psy sur Gardanne

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9 MAI 2026

Bonjour,

Quand je vous lis, je vois surtout à quel point vous avez grandi dans une relation où il y avait très peu d’espace pour vous.

Vous décrivez une mère très insécure, envahie par ses propres angoisses, ses difficultés affectives, financières et émotionnelles, et qui s’est beaucoup appuyée sur vous. Au point, parfois, d’inverser les places.

Et en parallèle, il y a eu des vécus très lourds : l’inceste, le déni autour de celui-ci, la négligence, la culpabilisation, les difficultés à poser des limites sans craindre sa réaction.

Il est donc compréhensible qu’aujourd’hui vous ressentiez autant de colère, de confusion, de culpabilité et de difficulté à vous séparer psychiquement d’elle.

Ce que vous décrivez ressemble à une relation où les frontières entre vous et elle ont souvent été floues. Votre intimité, votre espace, vos choix, vos relations semblent avoir été régulièrement traversés par ses besoins à elle.

Et en même temps, vous avez appris très tôt à vous adapter à son fonctionnement, à anticiper ses réactions, à la rassurer, à faire attention à elle.

C’est souvent ce qui rend la prise de distance si difficile : une partie de vous souffre de cette relation, tandis qu’une autre continue à chercher auprès d’elle du soutien, de l’écoute ou de la sécurité.

On sent d’ailleurs beaucoup de lucidité dans votre message. Vous repérez déjà certaines dynamiques, les mécanismes de culpabilité, la difficulté à poser des limites, ou encore cette place “indispensable” qu’elle semble chercher à garder auprès de vous.

Mais comprendre intellectuellement une dynamique ne suffit pas toujours à s’en dégager émotionnellement.

Peut-être que l’enjeu aujourd’hui n’est pas de savoir si votre mère est “toxique” ou non, ni d’obtenir qu’elle reconnaisse parfaitement ce que vous avez vécu.
Mais plutôt de voir comment, progressivement, vous pouvez reprendre de l’espace pour vous : dans votre intimité, vos relations, vos choix, votre manière de demander du soutien ou de socialiser.

Et cela peut prendre du temps.

Vous semblez engagée dans un vrai travail thérapeutique, et au vu de ce que vous avez traversé, cela me paraît important de continuer à être accompagnée dans ce chemin de différenciation et de reconstruction.
Bon courage à vous,

— Olivier Cordier, Gestalt-thérapeute et Thérapeute de couple
Psychopraticien – Séances individuelles et couples
En ligne ou en présentiel

Olivier Cordier Psy sur Marly-le-Roi

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7 MAI 2026

Bonjour Sonia,

Ce que vous partagez montre à quel point vous portez énormément, et cela depuis très longtemps.
Derrière votre colère, on sent aussi une immense douleur, un besoin d'exister pour vous-même, avec vos limites, votre espace, votre vie. Et surtout, un grand besoin de déposer tout cela, de ne plus rester seule avec ce poids.

Peut-être pourriez-vous doucement vous demander :
- Aujourd'hui, qu'est-ce qui vous appartient encore, et qu'est-ce que vous portez pour votre mère depuis trop longtemps ?
- Quand vous culpabilisez de prendre de la distance, de quoi avez-vous peur profondément ?
- Et si poser des limites n'était pas "abandonner votre mère", mais commencer à vous retrouver vous-même ?

Vous avez déjà fait un énorme travail de conscience avec votre psychologue. Maintenant, votre souffrance mérite aussi d'être accueillie, entendue et soutenue avec beaucoup de douceur.

Continuez à prendre soin de vous Sonia
Sandra

Sandra Boudard Psy sur Vernouillet

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7 MAI 2026

Bonjour Sonia

Ce que vous partagez montre à quel point vous portez énormément, et depuis très longtemps.
Derrière votre colère, on sent aussi une immense douleur, un besoin d'exister pour vous-même, avec vos limites, votre espace, votre vie. Et surtout un grand besoin de déposer tout cela, de ne plus rester seule avec ce poids.

Peut-être pourriez-vous doucement vous demander :

Sandra Boudard Psy sur Vernouillet

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7 MAI 2026

Bonjour,

Merci pour votre message. Et avant toute chose : ce que vous décrivez n’a rien d’“anodin” ou d’“exagéré”. Votre souffrance est cohérente avec ce que vous avez traversé.

En vous lisant, il y a quelque chose de très important qui apparaît : vous avez grandi dans un environnement où les frontières émotionnelles étaient très floues. Votre mère ne semble pas avoir été uniquement “malveillante” ou “toxique” au sens caricatural du terme. En revanche, elle semble avoir été profondément insécure, débordée émotionnellement, envahie par ses propres angoisses… au point de prendre énormément de place psychiquement dans votre vie.

Et vous, dans tout cela, vous avez dû très tôt :

* vous adapter
* rassurer
* écouter
* porter
* culpabiliser
* vous taire parfois
* et souvent faire passer ses besoins émotionnels avant les vôtres

Eric Oignet Psy sur Herblay

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6 MAI 2026

Bonjour Sonia,

Merci pour votre message et pour votre confiance.

Ce que vous décrivez a une logique que peu de gens comprennent de l'extérieur : vous voyez le mécanisme, vous avez une psy, vous savez que cette relation vous fait du mal, et pourtant, quand vous n'allez pas bien, c'est elle que vous appelez. Eric Berne disait : "tout plutôt que l'indifférence." Appeler votre mère quand vous n'allez pas bien, c'est ça : chercher à exister dans les yeux de l'autre, même si ce regard a le goût d'une culpabilisation.

Votre mère habite à 50 secondes. Elle s'est rapprochée pour maintenir le lien, pour ne pas être abandonnée. La culpabilisation, l'envahissement, le fait de se rendre indispensable : autant de façons de vous tenir proche quand les mots seuls ne suffisent pas. Elle n'en a probablement pas conscience. Mais l'effet est réel. Ce que vous décrivez a un nom : la codépendance. Chacune alimente le besoin de l'autre : vous avez besoin d'elle quand vous n'allez pas bien, elle a besoin que vous ayez besoin d'elle.

Il y a quelque chose dans ce que vous écrivez qui m'interpelle, et que je veux vous soumettre avec respect. Votre situation est décrite presque entièrement à travers ce que votre mère a fait, fait encore, continuera de faire. C'est une lecture exacte, les faits sont là et ils sont graves. MAis tant que tout vient d'elle, c'est elle aussi qui détient le pouvoir sur votre vie. Le récit "à cause d'elle, je ne peux pas" est une protection : il vous évite d'avoir à choisir et à agir. Parce qu'au fond, la liberté et la solitude sont peut-être encore plus effrayantes que la relation elle-même.

La question que je vous pose : qu'est-ce que vous êtes prête à laisser aller, même si elle ne change pas ?

Poser des limites sera plus facile non pas quand vous aurez moins de colère, ou quand elle aura enfin compris, mais quand vous n'aurez plus besoin qu'elle les valide pour qu'elles existent.

Vous avez déjà une psychologue qui vous accompagne : c'est le bon endroit pour ce travail, et je vous encourage à continuer avec elle.

Prenez soin de vous,

Boris Amiot

Boris Amiot Psy sur Serris

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6 MAI 2026

Bonjour,

Je vous lis avec beaucoup d'attention.. et ce qui me vient d'abord, c'est de reconnaître à quel point ce que vous avez vécu est lourd, complexe et profondément injuste pour l'enfant que vous étiez. Il y a eu des choses très graves (inceste, le faite de ne pas être protégée ni crue), mais aussi une accumulation de situation où vos besoins, vos limites, votre place n'ont pas été respectés. Votre colère aujourd'hui a du sens. Elle n'est pas "trop", elle n'est pas "injustifiée", elle est une réponse à tout ça.

Ce que vous décrivez de votre mère montre une relation où les rôles ont souvent été inversés. Vous avez été, par moments, celle qui rassure, qui soutient, qui porte, qui s'adapte.. alors que vous aviez besoin, vous, d'être protégée, contenue, sécurisée. ça laisse des traces très profondes : difficulté à poser des limites, culpabilité dès qu'on s'éloigne, impression de devoir "gérer" l'autre pour préserver le lien.

Et en même temps, on sent à quel point vous êtes lucide. Vous mettez des mots précis sur les dynamique : la culpabilisation, l'intrusion, le fait d'être prise comme intermédiaire, la confusion des places... Vous voyez aussi ce qui se rejoue aujourd'hui, notamment quand vous allez mal et que vous vous tournez vers elle, même si une partie de vous aimerait s'en détacher. Cette conscience là est précieuse.

J'ai envie de vous dire quelquechose d'important, peut être à garder comme repère : vous avez raison, ce n'est pas à vous de faire tout le travail.

Vous pouvez travailler sur vos blessures, vos réactions, vos flachbacks, apprendre à vous protéger... mais vous ne pouvez pas réparer seule une relation qui a été déséquilibrée pendant des années. Et surtout, vous n'avez pas à attendre qu'elle change pour commencer à vous protéger. Vos limites peuvent exister même si elle ne les comprend pas, même si elle les refuse, même si elle se victimise.

Ce que vous décrivez chez elle ressemble effectivement à quelque chose d'envahissant et de culpabilisant, mais pas forcément de manière "calculatrice". C'est souvent plus subtil que ça : une proximité qui semble affectueuse en surface, mais qui ne laisse pas vraiment d'espace à l'autre. Une dépendance affective qui se transforme en pression. Une difficulté à reconnaître votre autonomie sans le vivre comme un abandon.

Et dans ce contexte, votre difficulté à vous détacher est totalement compréhensible. Il y a à la fois :
- un attachement (c'est votre mère)
- un besoin légitime de lien et de soutien
- et en même temps une dynamique qui vous fait du mal.
C'est un vrai tiraillement intérieur.

Peut être que pour vous, ce n'est pas "couper" d'un coup ou de ne plus dépendre du tout, mais de construire petit à petit d'autres appuis. D'élargir votre monde relationnel, même doucement, pour que votre mère ne soit plus votre seule ressource quand ça ne va pas. Parce que tant qu'elle est la seule, le lien reste très puissant... et difficile à rééquilibrer.

Concernant les limites, il est normal que ce soit difficile. Dans votre histoire, dire "non" a été associé à de la peur, de la culpabilité, voire à une menace sur le lien. Donc aujourd'hui, votre système intérieur réagit encore comme si poser une limite était dangereux. Ce n'est pas un manque de volonté, c'est qqch de profondément inscrit.

On peut commencer petit à petit, par exemple :
- ne pas répondre immédiatement,
- choisir un sujet que vous ne partagez plus,
- refuser une demande simple sans justification longue,
- écourter un échange quand vous sentez que ça déborde.
Et observer ensuite ce que ça vous fait intérieurement. La culpabilité, l'angoisse.. sans forcément revenir en arrière.

J'entends aussi votre solitude actuelle, le fair que vous la voyez parfois pour socialiser. C'est important de ne pas minimiser ça : quand on manque de lien ailleurs, il est encore plus difficile de mettre de la distance, même si la relation est compliquée. Donc votre envie de ne plus dépendre d'elle passe aussi par là : recréer du lien ailleurs, à votre rythme, dans des espaces où vous pouvez exister autrement.

Vous êtes déjà entrain de faire un travail énorme. Vraiment. Mettre des mots, relier les choses, sentir ce qui est juste pour vous, ce sont des étapes essentielles.

Si vous avez envie, on peut réfléchir ensemble à des façons concrètes de poser une ou deux limites dans votre situation actuelle, sans que ce soit trop brutal pour vous.

Je reste à votre écoute, prenez soin de vous.
Margaux Jarrige

Margaux Jarrige Psy sur Paris

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6 MAI 2026

Bonjour,

Votre message est extrêmement clair, détaillé, et surtout très cohérent. On sent que vous avez déjà beaucoup réfléchi à ce que vous avez vécu, et honnêtement, au vu de tout ce que vous décrivez, votre colère me paraît profondément légitime.

Vous avez grandi dans quelque chose de très insécurisant émotionnellement.

Il y a évidemment le traumatisme majeur de l’inceste et du manque de protection autour de cela. Le fait d’avoir continué à être envoyée chez votre père malgré ce contexte, malgré votre souffrance, malgré le déni autour de vous, laisse des traces très profondes. Votre psychologue a raison de parler de négligence. Protéger un enfant, ce n’est pas seulement l’aimer, c’est aussi être capable de poser des limites et d’assurer sa sécurité psychique et physique.

Mais ce qui ressort aussi énormément de votre message, c’est la place que vous avez occupée auprès de votre mère.

Très tôt, vous semblez avoir été amenée à porter ses angoisses, ses difficultés émotionnelles, ses problèmes d’argent, ses peurs, sa solitude… parfois même sa vie affective. Et cela a créé une relation où vos besoins à vous ont souvent été relégués derrière les siens.

Le problème, c’est que cette dynamique continue encore aujourd’hui.

Vous décrivez quelque chose de très ambivalent :
vous êtes en colère contre elle, vous vous sentez envahie, culpabilisée, étouffée… mais en même temps, elle reste une figure de soutien quand vous allez mal. Et c’est précisément ce qui rend la séparation psychique si difficile.

Vous avez raison quand vous dites que cela maintient une dynamique particulière entre vous.

Ce que vous décrivez chez votre mère peut effectivement évoquer des comportements intrusifs, culpabilisants, émotionnellement envahissants, avec beaucoup de difficultés à différencier ses besoins des vôtres. Et surtout, ce qui revient souvent dans votre récit, c’est sa difficulté à accueillir votre souffrance sans se recentrer sur elle-même : sa culpabilité, sa douleur, son vécu à elle.

Ce qui fait qu’au final, c’est souvent vous qui devez la rassurer.

Et ça, c’est extrêmement épuisant.

Vous avez aussi très bien identifié quelque chose d’important : votre difficulté actuelle ne vient pas uniquement du passé, mais du fait que la dynamique continue dans le présent. Donc non, ce n’est pas seulement “à vous” de travailler en thérapie pour tout digérer pendant qu’elle continue à fonctionner de la même manière.

En revanche — et c’est la partie difficile — vous ne pourrez probablement pas changer profondément votre mère. Ce sur quoi vous pouvez agir, c’est votre position à vous dans la relation.

Et c’est justement ce qui semble en train de bouger.

Vous commencez à sentir vos limites.
À vouloir votre espace, votre intimité, vos propres liens, vos propres professionnels.
À voir que la culpabilité vous maintient dans quelque chose qui ne vous convient plus.

C’est une étape très importante.

Mais comme vous avez grandi dans une relation où poser une limite menaçait le lien, chaque tentative d’autonomisation réactive chez vous énormément de culpabilité, d’angoisse et de peur de l’abandon. C’est très fréquent dans les traumatismes relationnels complexes.

Vous n’êtes pas “méchante” ou “ingrate” parce que vous avez besoin d’air.

Vous êtes une adulte qui essaye de construire une séparation psychique saine après une relation très fusionnelle et insécurisante.

Et cela prend du temps.

Je trouve aussi très juste ce que vous dites sur le fait de vouloir socialiser autrement. Tant que votre mère reste votre principale source de lien social et émotionnel, il sera très difficile de sortir de cette dynamique.

Vous avez déjà une grande lucidité sur ce qui se joue. Maintenant, il s’agit surtout de consolider progressivement votre autonomie émotionnelle, sans tomber dans la rupture brutale ni dans la culpabilité permanente.

Et surtout : apprendre à ne plus vous sentir responsable de l’état émotionnel de votre mère.

Si vous en ressentez le besoin, je peux vous accompagner dans ce travail autour des limites, de la culpabilité, du trauma complexe et de la séparation émotionnelle.

Bien à vous,

Delphine Bailly
Psychopraticienne

Delphine Bailly Psy sur Clermont

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6 MAI 2026

Bonjour Sonia,

Je suis touchée par votre histoire. En vous lisant, ce qui apparaît avec beaucoup de force, c’est à quel point vous avez dû grandir dans un environnement où vous n’aviez pas de place pour être une enfant. Vous avez dû composer avec des responsabilités, des peurs, des charges émotionnelles et matérielles qui ne vous appartenaient pas.
Votre colère aujourd’hui n’est pas un problème : elle est un signal de vie, un mouvement sain qui dit « quelque chose n’a pas été juste pour moi ».

Dans ce que vous décrivez, il y a plusieurs éléments comme la négligence émotionnelle et la non‑protection, notamment autour de l’inceste et du déni paternel, la confusion des rôles, où vous avez souvent dû être la grande, la confidente, la rassurante, la médiatrice. Il y a aussi la culpabilisation, qui vous a empêchée d’exister pour vous-même et l’instabilité émotionnelle de votre mère, qui vous a obligée à vous adapter en permanence ainsi qu'une forme de dépendance mutuelle, qui s’est installée faute d’autres appuis solides autour de vous.

Tout cela laisse des traces. Votre réaction émotionnelle avec la colère, votre besoin d’espace et besoin de limites est assurément un mouvement de réparation.

En Gestalt thérapie, on regarde comment une relation se construit dans le présent et dans le passé. Et ce que vous décrivez aujourd’hui, c’est une relation où vous sentez encore une forme d’emprise affective, où vous êtes sollicitée au-delà de vos ressources. Votre mère réagit souvent par la peur, la culpabilité ou la victimisation, et vous vous retrouvez coincée entre votre besoin d’autonomie et votre loyauté.

Ce n’est pas « seulement à vous » de travailler. Vous faites déjà un chemin immense depuis des années. Mais vous ne pourrez pas faire le travail à la place de votre mère. Vous pouvez seulement travailler votre manière d’être en lien avec elle, avec les autres, vos limites, vos besoins, vos choix.
Ce que je semble percevoir, c’est que vous êtes déjà en train de sortir d’un système relationnel qui vous a longtemps enfermée. Et sortir d’un système même inconfortable, ça secoue nécessairement, ca fait peur,, cela peut culpabiliser, rajouter de la colère. C'est compréhensible, normal.

Vous avez le droit d’avoir votre espace, de ne pas tout dire, de ne pas être disponible tout le temps, de ne pas être sa confidente,
de ne pas être son soutien émotionnel, de construire votre vie ailleurs, autrement. Vous avez aussi le droit de réduire la fréquence des contacts, de choisir quand vous appelez, et de chercher d’autres appuis que votre mère quand vous n’allez pas bien.
Ce n’est pas un rejet : c’est une réorganisation nécessaire pour vous pour vous sécuriser. Vous n’êtes pas en train de « l’abandonner », vous êtes en train de vous retrouver. Et ça, c’est très précieux pour votre équilibre et avancer vers d'autres champs des possibles en douceur, à votre rythme.

Prenez soin de vous.

Chaleureusement,

Célia Vigouroux - Cabinet INSCIA
Psychopraticienne en Gestalt-thérapie & Facilitatrice PSYCH-K®

Celia Vigouroux Psy sur Saint-Avertin

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6 MAI 2026

Bonjour,

D’abord, merci pour la confiance que vous accordez en écrivant tout cela. Votre message est extrêmement lucide, structuré et profond. On sent aussi à quel point vous avez déjà énormément réfléchi à votre fonctionnement, à celui de votre mère et aux conséquences psychiques de ce que vous avez vécu.

Et je vais vous dire quelque chose d’important :
non, vous ne “focalisez” pas.
Non, vous n’êtes pas “ingrate”.
Et non, votre souffrance ne vient pas uniquement du fait que vous “travaillez mal” vos traumatismes en thérapie.

Ce que vous décrivez ressemble effectivement à une histoire marquée par :
- de la négligence émotionnelle,
- une insécurité relationnelle chronique,
- une absence de véritable espace psychique pour vous construire comme sujet séparé,
- une parentification importante,
- et une confusion des places mère/fille très envahissante.

Votre mère semble avoir été elle-même profondément insécure, angoissée, dépendante affectivement et émotionnellement débordée. Mais un parent en souffrance peut malgré tout avoir des comportements très impactants pour son enfant. Les deux réalités peuvent coexister.

Et ce que vous décrivez autour de l’inceste est particulièrement important.
Le fait d’avoir continué à vous envoyer chez votre père malgré ce contexte, malgré le déni, malgré l’insécurité que cela représentait pour vous, constitue effectivement une forme de défaillance protectrice extrêmement lourde psychiquement pour un enfant.

Le problème, dans beaucoup de relations mère-fille comme celle que vous décrivez, c’est que la mère ne tolère pas réellement la séparation psychique.
Dès que vous essayez de devenir pleinement “vous” :
- prendre votre indépendance,
- avoir vos relations,
- vos espaces,
- vos praticiens,
- votre intimité,
- vos limites,
cela semble activer chez elle énormément d’angoisse, de culpabilité ou un vécu d’abandon.

Et du coup, la relation se remet constamment à tourner autour de ses émotions à elle.

Ce que vous décrivez n’est pas forcément une mère “intrusive” au sens caricatural du terme. Mais il y a visiblement quelque chose de très envahissant psychiquement :
- culpabilisation,
- dépendance émotionnelle,
- difficulté à respecter votre altérité,
- renversement des rôles,
- besoin d’être rassurée par vous,
- difficulté à entendre votre souffrance sans se recentrer sur elle-même.

Et cela crée souvent chez l’enfant devenu adulte une énorme confusion intérieure :
“Ai-je le droit d’exister séparément sans la blesser ?”
“Ai-je le droit de mettre des limites ?”
“Suis-je cruelle si je prends de la distance ?”

Ce que je trouve très fort dans votre message, c’est que malgré votre colère (qui est profondément légitime) vous restez très empathique envers elle. Vous cherchez à comprendre ses traumatismes, ses peurs, ses difficultés financières, son histoire… au point parfois de continuer à porter émotionnellement une partie d’elle.

Mais aujourd’hui, on sent aussi que votre psychisme essaye enfin de récupérer un territoire à vous.
Et cela passe souvent par :
- moins de fusion,
- moins de justification,
- plus d’intimité,
- plus de différenciation,
- plus de limites,
- et parfois accepter que l’autre soit frustré ou triste sans immédiatement réparer ses émotions.

Vous dites quelque chose de très important : vous souhaitez pouvoir traverser vos moments de détresse sans revenir systématiquement vers elle.

Et je pense que c’est effectivement un axe thérapeutique majeur pour vous aujourd’hui. Non pas pour “couper” brutalement avec votre mère, mais pour construire progressivement d’autres appuis :
- liens sociaux,
- sécurité intérieure,
- ressources relationnelles,
- autonomie émotionnelle.

Parce qu’actuellement, votre mère semble être à la fois une source de souffrance, et une figure de régulation émotionnelle.

C’est cela qui rend la séparation psychique si difficile.

Vous n’avez pas à choisir entre :
“ma mère est monstrueuse”
ou
“tout vient de moi”.

La réalité est souvent beaucoup plus complexe.
Votre mère vous aime probablement à sa manière. Mais cela ne retire rien au fait que certaines dynamiques relationnelles ont été profondément insécurisantes, culpabilisantes et traumatiques pour vous.

Et non, le travail ne repose pas uniquement sur vous.
Simplement, vous ne pouvez malheureusement pas obliger votre mère à faire son propre chemin thérapeutique. En revanche, vous pouvez travailler à récupérer votre espace psychique et votre liberté intérieure, sans avoir à attendre qu’elle change complètement pour commencer à exister autrement.

Prenez soin de vous. ☀️

Aurore - OPOP THERAPIE

Aurore ZERGER Psy sur Ars-Laquenexy

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6 MAI 2026

Merci pour ton témoignage. Ce que tu décris est très lourd, et ta colère me semble profondément légitime.

Cette colère n’est peut-être pas “un problème à faire taire”, mais un signal : quelque chose en toi cherche enfin à être reconnu, respecté, séparé. Quand un enfant a dû s’adapter à l’insécurité, à la culpabilité, aux peurs ou aux besoins émotionnels d’un parent, il peut ensuite devenir très difficile, adulte, de poser des limites sans se sentir coupable. La colère est souvent associée à la tristesse ce mécanisme ou après la colère , je suis triste de l avoir été et l inverse ou quand je suis triste la colère apparaît car je suis en colère d être triste ….

Sans poser d’étiquette sur ta mère, ce que tu décris parle beaucoup de confusion des places : l’enfant qui devient soutien, confidente, intermédiaire, rassurante, parfois presque responsable de l’équilibre émotionnel ou matériel du parent. Et cela peut laisser une sensation très forte de ne pas avoir eu assez d’espace pour exister pour soi.

Tu n’as pas à porter seule la culpabilité de ta mère, ses blessures, sa solitude ou ses traumatismes. Tu as le droit d’aimer ta mère et d’avoir besoin de distance. Tu as le droit de reconnaître ce qu’elle a pu faire de bien, tout en nommant ce qui t’a abîmée. Ce n’est pas forcément “l’accuser”, c’est te réapproprier ton histoire.

Le travail en thérapie peut t’aider, oui, mais cela ne veut pas dire que tout est “à toi de digérer” comme si rien ne s’était passé. Ton besoin de limites, d’intimité, de relations à toi, de praticiens à toi, d’une vie qui ne soit pas envahie, est un besoin sain.

Peut-être que le chemin aujourd’hui n’est pas de convaincre ta mère de comprendre parfaitement, mais de commencer à poser des limites concrètes, petites, répétées, même si elle réagit mal. Une limite n’a pas besoin d’être validée par l’autre pour être légitime.

Prends soin de toi. Ta colère peut devenir une force de séparation, de protection et de reconstruction.

Patrick Honorez Psy sur Paris

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6 MAI 2026

Bonjour Sonia,

Votre message est très fort… et très clair. On sent à quel point vous avez déjà beaucoup réfléchi, travaillé sur vous, et combien, malgré tout cela, la relation avec votre mère reste douloureuse, envahissante et compliquée.

Je vais être directe, mais avec beaucoup de respect pour vous :
ce que vous décrivez dépasse largement des “conflits mère-fille”.

Il y a dans votre histoire :

* de la négligence grave (notamment autour de l’inceste que vous avez vécu)
* des renversements de rôles (où vous avez été mise en position de soutenir, rassurer, gérer votre mère)
* de la culpabilisation répétée
* une intrusion dans votre intimité et vos choix
* et une difficulté chronique de sa part à reconnaître pleinement votre vécu sans se recentrer sur elle

Tout cela laisse des traces profondes, et ce que vous nommez aujourd’hui (stress post-traumatique complexe, flashbacks émotionnels) est cohérent avec ce que vous avez traversé.

Dans une approche gestaltiste, on regarderait ce qui se passe dans le lien aujourd’hui. Et ce qui apparaît, c’est une relation où :
votre besoin d’espace, d’autonomie, d’exister par vous-même
entre en conflit avec
son besoin à elle de proximité, de dépendance, parfois de contrôle affectif

Et vous vous retrouvez au milieu, à la fois :

* en colère
* coupable
* encore attachée
* et parfois dépendante quand vous n’allez pas bien

C’est une tension très difficile à vivre.

Vous dites quelque chose de très important :
“je veux avoir mon espace, ma vie, mon intimité”

C’est un besoin légitime et sain. Et poser des limites dans ce type de relation est souvent difficile non pas parce que vous ne savez pas quoi faire, mais parce que cela active :

* la culpabilité
* la peur de blesser
* la peur de perdre le lien
* et des automatismes anciens (prendre soin d’elle, vous adapter…)

Peut-être qu’une première chose importante à remettre en place est ceci :
ce n’est pas à vous de réparer votre mère.
Ni de porter seule la relation.

Vous travaillez déjà en thérapie. Elle, non. Et elle vous renvoie que c’est “à vous de gérer”.
Cela crée un déséquilibre, mais vous ne pouvez pas le corriger seule.

Concernant vos limites, il ne s’agit pas forcément de tout couper, mais de commencer petit et concret :

* ne pas répondre immédiatement à ses messages ou demandes
* choisir quand vous la voyez (et non par défaut ou culpabilité)
* refuser certains sujets (ex : votre vie intime)
* ne plus être intermédiaire avec votre compagnon

Et surtout :
accepter que poser une limite va probablement provoquer une réaction chez elle (culpabilisation, victimisation…).
Cela ne veut pas dire que votre limite est mauvaise.

Il y a aussi un point très important que vous avez déjà identifié :
vous vous tournez vers elle quand vous n’ allez pas bien.

Et ça entretient le lien. Non pas par faiblesse, mais parce que c’est un réflexe construit très tôt.

Peut-être que l’enjeu, doucement, serait de développer d’autres appuis :

* votre thérapeute
* des groupes, activités, lieux de socialisation
* des personnes ressources, même progressivement

Pour ne plus dépendre uniquement d’elle dans ces moments-là.

Enfin, sur votre question : “comment nommer ses comportements ?”
Les mots que vous utilisez sont déjà très justes :
intrusive, culpabilisante, envahissante…
On pourrait aussi parler de difficulté à respecter les frontières, et de dynamique de dépendance affective inversée (parent → enfant).

Peut-être que la question la plus importante aujourd’hui pour vous serait :
qu’est-ce qui me permet de me sentir en sécurité et exister pleinement, même si cela déplaît à ma mère ?

Vous avez déjà fait un travail énorme. Là, il ne s’agit pas de “faire plus”, mais de vous autoriser à vous choisir, petit à petit.

Je vous envoie beaucoup de soutien dans ce chemin, qui est exigeant mais profondément juste

Patricia JOUBERT Psy sur Palaiseau

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