Mon compagnon souffre de TOC et est en dépression, je ne sais plus quoi faire
Bonjour,
Mon compagnon souffre de TOC dits pure-O (même si j’ai l’impression qu’il a des compulsions verbales - il lance des phrases type « je suis qu’une mer** » soudainement et sans contexte) et est en dépression actuellement. Nous sommes ensembles depuis bientôt 7 ans. Nous venons de nous pacser, d’acheter ensemble et projetons de faire des enfants.
Lorsque nous nous sommes rencontrés, il a été honnête sur sa maladie et voyait une psychologue en plus du suivi d’un traitement médicamenteux. Il avait souvent besoin d’en parler avec moi mais ce n’était pas handicapant au quotidien et je me sentais capable de le soutenir en parallèle d’un professionnel. Souffrant moi aussi d’une maladie chronique incurable (pas mentale), je pensais mesurer la difficulté.
Mais il a fait un burn-out en 2023, qui a entrainé une dépression avec de grosses crises ou il me disait qu’il voulait se suicider. Il ne voyait plus la psychologue à ce moment là. Je l’ai encouragé à voir un psy de nouveau , un qui avait d’autres méthodes que la TCC (méthode ACT) car mon compagnon a suivi des TCC de nombreuses fois depuis son enfance et dit que ça n’a aucun effet sur lui. Puis il n’a plus voulu voir le psy, alors je l’ai encouragé à essayer l’hypnose, qu’il a aussi abandonné immédiatement, et j’ai même essayé l’acupuncture (arrêt quasi immédiat aussi, bon peut être avec raison mais j’étais désespérée).
J’ai récemment suggéré l’EMDR (je ne suis pas médecin mais ses tocs ont vraiment l’air d’être liés à des traumatismes d’enfance et il a vraiment eu une enfance difficile) et l’ai convaincu de prendre rdv. Mais la veille, il a annulé le rdv et depuis il s’est braqué. De toutes façons, selon lui, tout ça ne mène à rien et il veut juste mourrir pour que ses pensées s’arrêtent. Il soutient toujours qu’il ne passera pas à l’acte toutefois.
Je ne prétends pas savoir mieux que lui ce qu’il vit, mais j’ai l’impression qu’il n’a jamais vraiment essayé de se soigner (il ne faisait pas les exercices du psy) et qu’il n’en a pas l’intention.
Hier il a eu un épisode violent et a frappé dans la table basse avant de me dire qu’il était seul, que tout le monde s’en foutait de lui, qu’il n’avait jamais eu personne sur qui compter et que rien n’allait et n’irait jamais dans sa vie. Quand j’ai essayé de le calmer et de lui proposer des solutions, il est devenu violent verbalement. Jamais il ne s’était comporté ainsi, c’est un homme doux en temps normal.
Cela m’a profondément blessée car je me démène pour l’aider en permanence. Je l’aime et fait tout mon possible pour lui rendre tout plus agréable, quitte à me négliger largement.
Aujourd’hui j’ai le sentiment d’avoir atteint ma limite et je n’arrive plus à excuser certains mots ou comportements comme je le faisais avant. Je le trouve de plus en plus égoïste, hautain, auto-centré et s’apitoyant sur lui même constamment.
Même si au fond je sais que c’est la situation qui le rend ainsi, qu’il souffre beaucoup et qu’il n’est pas dans son état normal, je n’ai plus de patience et je ne sais pas si je pourrais rester et faire des enfants avec quelqu’un qui ne m’épaulera pas.
Et si je pars, j’aurai l’impression de l’abandonner comme d’autres l’ont fait avant moi. Même si l’on me dit qu’il faut se préserver, je pense que l’amour c’est aussi tenir bon pour l’autre.
Est ce qu’il pourrait spontanément changer d’avis de lui-même concernant les soins ? Est-ce que les thérapies ne marchent vraiment pas sur certaines personnes/certains types de TOC ?
Et quel comportement adopter avec lui ? Quoi que je dise, ça le rend furieux car je « ne comprends rien ». Et si je ne dis rien, c’est interprété comme de l’indifférence et donc un manque d’amour et d’empathie de ma part.